La crise alimentaire de 2007-2008 a marqué un tournant dans l'économie alimentaire mondiale, avec des conséquences désastreuses pour les populations les plus vulnérables. Les prix des denrées alimentaires ont flambé, entraînant des émeutes et des manifestations dans de nombreux pays en développement. Cet article explore les causes profondes de cette crise et ses répercussions sur la sécurité alimentaire mondiale.
Plusieurs facteurs ont convergé pour déclencher la crise alimentaire de 2007-2008 :
Tout comme lors de la crise alimentaire de 2007-2008, la spéculation a été un élément essentiel de cette augmentation. Bien que les pays du G7 et l’Union européenne se soient tous engagés à mettre fin à la spéculation alimentaire en 2009, celle-ci n’a manifestement pas cessé. Les analyses de Lighthouse Reports en 2022 arrivent à la conclusion que « des spéculateurs ont envahi les marchés des denrées alimentaires pour tenter de tirer un profit de l’augmentation des prix. » Pour donner un exemple frappant de cette situation, deux « fonds négociés en bourse » (exchange-traded funds - ETF en anglais) attachés aux denrées alimentaires ont reçu 1,2 milliard de dollars américains d’investissements, soit une augmentation de 600 % par rapport aux 197 millions de dollars reçus pour toute l’année 2021. Selon le New York Times, « en avril 2022, les spéculateurs ont été responsables de 72 % des activités d’achat sur le marché du blé de Paris, soit une augmentation de 25 % par rapport à avant la pandémie.
Le fait qu’une quantité croissante de denrées alimentaires serve à produire des agrocarburants - comme cela avait déjà été constaté durant la crise des prix des produits alimentaires de 2007-2008 - est un autre facteur majeur qui alimente les tensions sur les marchés des denrées alimentaires du monde entier. Les États-Unis produisent chaque année près de 400 millions de tonnes de maïs, mais plus de 40 % de ce maïs - soit 160 millions de tonnes - servent à produire de l’éthanol, tandis que 40 % servent à nourrir le bétail, que 10% sont exportés et que seulement 10 % sont utilisés pour l’alimentation.
Dans beaucoup de pays du Sud, les politiques d’ajustement structurel de la Banque mondiale appliquées à partir des années 80 ont supprimé toutes les mesures favorables au progrès technique et à l’accroissement des rendements agricoles en raison de leur coût budgétaire élevé dans un contexte de déficits publics importants. Il en a résulté une tendance au ralentissement de l’offre. C’est particulièrement visible dans les grandes régions agricoles productives comme la vallée du Gange, mais aussi en Afrique où ces politiques ont accompagné une attitude politique traditionnellement défavorable au monde paysan souvent considéré comme coupable d’arriération technique et intellectuelle, et dès lors très rarement prioritaire dans les choix de développement.
La crise alimentaire de 2007-2008 a eu des conséquences dramatiques à plusieurs niveaux :
De juin 2007 à mars 2008, dans le monde, le prix des denrées alimentaires a augmenté de 55%, provoquant dans plusieurs pays en développement des manifestations contre la vie chère, voire des émeutes. En effet, ce sont les plus pauvres qui dépensent le plus en proportion pour l'achat de nourriture. Ils sont donc les plus sensibles aux augmentations de prix.
Selon le PAM, « les sommes supplémentaires dépensées aujourd’hui pour les frais de fonctionnement auraient permis de nourrir 4 millions de personnes pendant un mois.
La FAO estime qu’entre 691 et 783 millions de personnes dans le monde ont été confrontées à la faim en 2022 et que, en prenant en compte la moyenne (environ 735 millions), ce sont 122 millions de personnes supplémentaires qui ont eu faim en 2022 par rapport à 2019, avant la pandémie mondiale.
Les émeutes de la faim de Haïti à l'Indonésie laissent craindre une instabilité politique croissante qui ne peut qu'aggraver la situation.
En 2022, les bénéfices des quatre plus grandes entreprises de produits alimentaires déjà citées ont atteint près de 20 milliards de dollars américains. Malheureusement, cette année-là, l’organisation d’aide alimentaire n’a pu rassembler que la somme de 14 milliards de dollars.
Face à ces défis, plusieurs pistes de solutions peuvent être envisagées :
Une des mesures clés que les pays peuvent prendre pour faire baisser la pression sur les marchés mondiaux est de limiter la spéculation sur les produits alimentaires, et en particulier de mettre en place des restrictions sur les marchés des contrats à terme où les spéculateurs parient sur les prix futurs.
La stratégie européenne de la Ferme à la Fourchette est nécessaire pour assurer notre sécurité alimentaire et réduire l’impact environnemental de notre système agricole et alimentaire. Elle vise des objectifs environnementaux nécessaires pour produire sur le long terme : elle fixe notamment de réduire de 50% l’usage des pesticides, de 20% l’usage d’engrais, et de consacrer un quart des terres cultivées à l'agriculture biologique à horizon 2030. Elle nous oriente donc vers un modèle plus résilient aux chocs géopolitiques, économiques et climatiques car moins dépendants aux intrants de synthèse.
Comme l’a souligné Oxfam, « les pays riches doivent entendre les demandes des pays du Sud sur la révision du système fiscal international pour le rendre inclusif et plus juste. Cette somme correspond à 236 fois le déficit de financement de l’aide humanitaire en 2023.
| Facteur | Description |
|---|---|
| Croissance Démographique | Augmentation de la population mondiale, exerçant une pression sur les ressources alimentaires. |
| Spéculation Financière | Spéculation sur les marchés des matières premières, augmentant les prix. |
| Agrocarburants | Utilisation des cultures alimentaires pour la production d'agrocarburants. |
| Politiques Agricoles | Politiques d'ajustement structurel réduisant les investissements dans l'agriculture. |
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