Le secteur du commerce de gros, englobant les entreprises qui achètent aux fabricants pour revendre aux professionnels, est régi par une convention collective nationale (CCN) dédiée. Avec près d’un million de salariés en équivalent temps plein, ce secteur joue un rôle crucial dans la distribution des biens, de l’alimentation aux équipements.
Afin d’adapter le droit du travail aux réalités du terrain, une convention collective a été signée initialement le 23 juin 1970, avec pour identifiant le numéro IDCC 0573. La législation met régulièrement à jour cette convention par des avenants négociés entre les employeurs et les représentants du personnel, afin de s’adapter aux évolutions du secteur et à sa réalité. Le but étant de garantir aux salariés des conditions de travail plus favorables que dans les bases du droit du travail, et cohérentes avec leur quotidien.
Voyons ensemble quelles sociétés sont concernées par la convention collective des commerces de gros. Cette convention s’applique à de nombreuses entreprises, selon leur secteur d’activité et leur code APE (ou NAF). cette convention est l’une des plus larges en France.
La Convention collective nationale du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (IDCC 2216 ; brochure n°3305) a été signée le 12 juillet 2001 et étendue par arrêté du 26 juillet 2002 (1). Elle est généralement plus connue sous les intitulés suivants : Convention collective Commerce alimentaire ; Convention collective de la Grande distribution ; Convention collective des Supermarchés. Dans tous les cas, ces dénominations renvoient à la même convention collective.
Les entreprises concernées sont celles exerçant une activité de commerce de détail ou de commerce de gros à prédominance alimentaire. Elle va donc s'appliquer aux salariés et aux employeurs des magasins tels que Super U, Lidl, Auchan, Aldi, Intermarché, Leclerc, Carrefour, etc., pour ne citer qu'eux.
Selon les dernières données de l'Insee, la Convention collective nationale de la Grande distribution (CCN) couvre environ 754.300 salariés pour 15.670 entreprises, sur l'ensemble du territoire français (2). 📌 Exemples de métiers couverts : directeur(trice) de supermarché, chauffeur-livreur, hôte(sse) de caisse, comptable, responsable de magasin, secrétaire de direction, gardien(ne), etc.
Parmi les actualités de la Convention collective Commerce alimentaire, nous pouvons citer :
L’objectif d’une convention collective est que les entreprises respectent les règles du droit du travail concernant un secteur. Mais elles y trouvent aussi leur compte dans leur organisation quotidienne. La convention collective oblige au suivi d’un référentiel commun au secteur, et cela, quels que soient la zone géographique de l’entreprise, sa taille, ses clients.
Elle facilite la gestion des ressources humaines en formalisant toutes les règles communes au secteur. Elle est un argument important pour recruter et attirer des candidats en mettant en avant les avantages des conditions de travail liées au commerce de gros. La convention collective du commerce de gros assure aussi aux employeurs du secteur une conformité quant aux normes légales et conventionnelles. Ce qui permet de rester serein et, par définition, de limiter les risques de litiges avec les salariés et de sanctions.
La convention collective du commerce de gros s'applique à chaque moment dans la vie de l’entreprise. Voici quelques exemples :
Un salarié du secteur du commerce de gros bénéficie d'un repos quotidien qui doit normalement être de 11 heures consécutives. Néanmoins, il peut être exceptionnellement réduit à 9 heures en cas de forte activité, mais sans que cela ne dépasse 10 fois par an. Concernant le repos hebdomadaire, la durée varie selon le type de secteur :
Pour le secteur non alimentaire, elle est calculée en prenant en compte les 12 salaires mensuels conventionnels de l’année civile écoulée, majorée de 5 à 17 % selon l’ancienneté.
Le calcul est différent pour le secteur alimentaire qui bénéficie d’une garantie annuelle de rémunération pour les salariés ayant travaillé au minimum 1 an dans l’entreprise. De la même manière néanmoins, son montant est égal à la somme des 12 salaires mensuels conventionnels de l'année civile écoulée, en plus d’une majoration de 2 %.
La durée maximale de la semaine de travail est de 44 heures sans pouvoir dépasser 42 heures sur 12 semaines consécutives. La journée de travail ne dépasse pas 10 heures. Elle peut monter à 12 heures, mais seulement jusqu’à 10 fois par an. La semaine reste calée sur 35 heures en principe. Une modulation est possible selon les commandes ou les saisons.
La répartition des plages de travail se veut souple. Cela permet d’ajuster les horaires en fonction des pics d’activité ou des besoins particuliers. Certains employeurs choisissent d’étaler la charge sur toute l’année, alors que d’autres préfèrent suivre un rythme plus traditionnel.
Si le volume d’activité explose, il arrive de devoir prolonger sa journée au-delà du contrat habituel. Ces heures en plus ont des règles précises :
Dès l’embauche, les modalités sont posées : grilles, évolutions, compléments… tout est prévu dans la convention collective. Ainsi, il existe un cadre clair pour chaque métier et qualification, ce qui laisse peu de place à la surprise.
Chaque année, les partenaires sociaux négocient les grilles de salaires applicables au sein des entreprises couvertes par la Convention collective de détail et de gros à prédominance alimentaire. Il est primordial, pour les employeurs de la branche, de respecter ces montants minimaux lorsqu'ils établissent la rémunération de leurs collaborateurs.
Depuis le 1er août 2025, une nouvelle grille de salaires fixée par un avenant du 4 avril 2025 s'applique au sein de la branche (3). 📌 Exemples : un salarié niveau 1 doit percevoir au moins 1.804,87 euros bruts par mois, après sa période d'accueil ; un salarié niveau 5 doit percevoir au moins 2.041,63 euros bruts par mois.
Les avantages ne se limitent pas au salaire de base. On peut toucher diverses primes en lien souvent avec l’ancienneté ou une situation particulière, comme un travail exceptionnel ou un service rendu.Voici quelques exemples de primes et indemnités :
| Catégorie | Type | Montant / Modalités |
|---|---|---|
| Ancienneté / garantie | Secteur non alimentaire : Garantie d’ancienneté | 12 mois de salaire conventionnel x (1 + taux) avec : + 5 % dès 4 ans, + 9 % dès 8 ans, + 13 % dès 12 ans, + 17 % dès 16 ans |
| Ancienneté / garantie | Secteur alimentaire : Garantie annuelle de rémunération | 12 mois de salaire conventionnel x 1,02 (après 1 an d’ancienneté) |
| Froid | Majoration pour travail en chambre froide | + 4 % du salaire conventionnel de niveau I échelon 1 (surgelés/congelés/glaces) |
| Dimanche | Travail habituel | + 10 % du taux horaire (15 % pour secteur surgelés) |
| Dimanche | Travail exceptionnel | + 100 % du taux horaire + jour de repos compensateur (max. |
Chaque année, vous bénéficiez normalement d’une période pour déconnecter : cinq semaines sont prévues. Celles-ci sont accordées selon un calendrier fixé en concertation avec l’employeur, pour privilégier les envies de chacun tout en assurant la continuité de l’activité.
Les absences peuvent être justifiées par différents motifs, comme un arrêt maladie ou un accident. Dans ce secteur, les conditions de travail prennent une place centrale, notamment en ce qui concerne la sécurité et l’hygiène.
Dans certains cas, le salarié peut prétendre à des congés exceptionnels pour événements familiaux, sans retenue de salaire. La Convention collective des Supermarchés prévoit par exemple :
| Événement | Congé attribué |
|---|---|
| Décès du conjoint, du partenaire lié par un pacte civil de solidarité (PACS) | 5 jours ouvrés |
| Décès du père, de la mère, d'un frère, d'une sœur, d'un beau-fils, d'une belle-fille, d'un beau-parent | 3 jours ouvrés |
| Décès d'un grand-parent du salarié ou de son conjoint, d'un beau-frère ou d'une belle-sœur, d'un petit-enfant | 1 jour ouvré |
| Mariage du salarié | 4 jours ouvrés |
Selon l'ancienneté du salarié, d'autres congés exceptionnels et d'autres durées sont prévus par la CCN Grande distribution.
Si les congés payés des salariés de la Grande distribution suivent les conditions légales, ces derniers disposent malgré tout, d'autres avantages liés à leur ancienneté. Effectivement, des congés supplémentaires pour ancienneté leur sont accordés dans les conditions suivantes :
Les conditions de travail prennent une place centrale, notamment en ce qui concerne la sécurité et l’hygiène. Chaque personne dans l’équipe bénéficie d’une attention particulière, que ce soit au niveau de la prévention des risques, de la propreté des espaces ou des différentes protections mises à disposition selon le poste occupé.
En cas d’arrêt, l’employeur a des démarches à respecter et, de votre côté, quelques formalités s’imposent aussi assez rapidement pour que tout se passe bien. Concrètement, le bon réflexe : envoyer le certificat médical sous 48 heures pour déclencher la prise en charge. Grâce à la complémentaire santé obligatoire, la fameuse mutuelle d’entreprise, vos frais médicaux sont compensés dans la limite des garanties prévues.
Voici les dispositions pour les arrêts maladie d'origine non professionnelle :
| Ancienneté | Employés et ouvriers (EO) | Techniciens et agents de maîtrise (TAM) | Cadres |
|---|---|---|---|
| de 1 à 5 ans | 30 jours à 100 % puis 15 jours à 90 % | 55 jours à 100 % | 90 jours à 100 % |
| de 25 à 30 ans | 120 jours à 100 % puis 60 jours à 65 % | 135 jours à 100 % | 150 jours à 100 % |
Voici les dispositions pour les arrêts suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle :
| Ancienneté | Employés et ouvriers (EO) | Techniciens et agents de maîtrise (TAM) | Cadres |
|---|---|---|---|
| 1 mois à 5 ans | 30 jours à 100 % puis 15 jours à 90 % | 60 jours à 100 % | 120 jours à 100 % |
| de 25 à 30 ans | 120 jours à 100 % puis 60 jours à 65 % | 180 jours à 100 % | 210 jours à 100 % |
Voici à quoi ressemble le préavis, selon son parcours dans l’entreprise :
Côté compensation, certains montants sont prévus lorsqu’il faut se dire au revoir :
Attention à ne pas confondre prime de départ et solde de tout compte.
Les préavis de rupture du contrat de travail (licenciement et démission) sont fixés de la façon suivante :
| Catégorie des salariés | Durée du préavis |
|---|---|
| Employés/ouvriers | 1 mois ou 2 mois dès 2 ans d'ancienneté |
| Agents de maîtrise, techniciens | 2 mois |
| Cadres | 3 mois |
Ces préavis ne sont pas applicables lorsque la rupture du contrat de travail est causée par une faute grave ou lourde.
Dès lors que le salarié de la Grande distribution compte 8 mois d'ancienneté auprès de son employeur, il a droit à une indemnité de licenciement dont les montants sont fixés par la Convention collective. Toutefois, le calcul va dépendre du statut cadre ou non cadre du salarié, et de son ancienneté :
| Statut | Ancienneté | Montant de l'indemnité conventionnelle |
|---|---|---|
| Non-cadre (ouvrier, employé, agent de maîtrise, technicien) | Au moins 8 mois | 1/4 de mois par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans ; 1/3 de mois par année d’ancienneté pour les années à partir de 10 ans. |
| Cadre | Entre 8 mois et 5 ans | 1/4 de mois par année de présence. |
| Cadre | Plus de 5 ans | 3/10e de mois par année de présence, pour la tranche jusqu’à 10 ans ; 4/10e de mois par année de présence, pour la tranche de 10 à 20 ans ; 5/10e de mois par année de présence, pour la tranche au-delà de 20 ans. |
L'employeur doit par ailleurs calculer le montant de l'indemnité légale de licenciement. S'il est plus élevé que celui prévu par la convention collective, alors c'est celui-ci qui doit être versé au salarié licencié.
Dans le secteur du commerce de gros, la classification des emplois aide à s’y retrouver parmi toutes les tâches et les responsabilités que l’on peut croiser. Chaque poste est structuré par catégorie, ce qui permet de mieux comprendre où l’on se situe dans l’entreprise et comment progresser. Un système conçu pour reconnaître l’expérience de chacun, et pour accompagner l’évolution professionnelle.
| Catégorie | Niveau | Emplois |
|---|---|---|
| Employé et technicien | Niveau I | Exécution, en application de consignes précises, de tâches simples ne demandant aucune formation spécifique. |
| Employé et technicien | Niveau II | Pratique encadrée d’un savoir-faire acquis par l’expérience ou une formation professionnelle de base. |
| Employé et technicien | Niveau III | Mise en œuvre d’un savoir-faire impliquant maîtrise des procédures et prise d’initiative pour s’adapter aux situations courantes de l’emploi exercé. |
| Employé et technicien | Niveau IV | Mise en œuvre de techniques et de méthodes et prise d’initiative avec l’autonomie nécessaire à la réalisation d’un objectif spécifique à l’emploi. |
| Technicien | Niveau V | Exercice d’une fonction spécifique comportant réalisation de travaux très qualifiés, organisation et relations avec les autres services. |
| Technicien supérieur et Agent de maîtrise | Niveau VI | Exercice de fonctions analogues à celles du niveau V comportant une technicité de niveau supérieur. |
| Cadre | Niveau VII | Premier poste de cadre. Débutant diplômé de l’enseignement supérieur long n’ayant pas ou peu d’expérience professionnelle. |
| Cadre | Niveau VIII | Engage partiellement dans le cadre d’une délégation limitée et dans son domaine d’activité. Gère sous le contrôle correspondant à cette délégation soit une activité bien identifiée soit une spécialisation professionnelle précise, soit d’un ensemble d’activités diversifiées dont il assure la coordination et la liaison avec les autres fonctions. |
| Cadre | Niveau IX | Engage l’entreprise dans le cadre de la large délégation, attachée à son domaine d’activité. Informe la direction de ses réalisations par rapport aux objectifs, en justifie les écarts et propose les décisions correctives. |
| Cadre | Niveau X | Dirige par délégation ou participe à la direction de l’entreprise. |
Les salariés doivent travailler ensemble, avec leurs différences, dans le respect des individus et de leur statut, quel que soit leur sexe, quelles que soient leurs différences." Article 10.4 de la CCN Commerce alimentaire
Pour ce qui est de l'égalité entre les femmes et les hommes, le salaire moyen d'un salarié de la branche de la grande distribution en 2023 s'élevait à 2.270 euros, contre 1.970 euros net pour une salariée, ce qui correspond à un écart de salaires femmes-hommes de 300 euros (2).
Toutefois, les partenaires sociaux de la branche se sont engagés à inscrire l'égalité (notamment de salaire) entre les femmes et les hommes en tant que principe fort dans les relations individuelles et collectives de travail. Ils visent donc :
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