Consommation de Viande en Chine : Chiffres Clés et Tendances

La Chine, avec son 1,39 milliard d’habitants, est un acteur majeur du marché mondial de la viande. La consommation de viande en Chine a connu une transformation significative au cours des dernières décennies, influencée par divers facteurs tels que l'évolution des revenus, l'urbanisation et les problèmes sanitaires affectant l'élevage porcin. Cet article explore les chiffres clés et les tendances de la consommation de viande en Chine, en mettant l'accent sur la viande bovine et de volailles.

Évolution de la Consommation de Viande Bovine

Depuis le début des années 2000, la consommation de viande bovine en Chine n'a cessé d'augmenter. Entre 2009 et 2019, cette croissance a été de +10 %, portant la consommation à 6,8 kg équivalent carcasse par habitant et par an. En 2019, la hausse de la consommation a été fortement tirée par le manque de viande porcine, première viande consommée par les Chinois, en raison de la pandémie de peste porcine africaine (PPA) qui sévit en Asie.

La Chine est le quatrième producteur mondial de viande bovine, mais surtout le premier pays importateur de la planète. En 2019, le pays totalisait 23 % des importations mondiales de viande bovine, pour un total de 8,2 milliards de dollars (soit la moitié des importations chinoises de viande, en valeur). Les importations représentent ainsi 30 % de l’offre de viande bovine en Chine.

Selon Jean-Marc Chaumet, de l’Idele, cette dépendance n’est pas un problème car la viande bovine n’est pas un produit de consommation de base pour la Chine, à la différence du porc.

La Chine n'étant pas à la recherche d'autosuffisance, elle a progressivement ouvert ses frontières aux importations de viande bovine. Ainsi, en 2018, 14 pays étaient autorisés à exporter de la viande bovine en Chine, un chiffre passé à 19 pays en mai 2019, puis 26 pays en juin 2020. Cependant, il est essentiel de considérer le nombre d'abattoirs agréés au sein de chaque pays autorisé.

Malgré la crise sanitaire, les importations chinoises ont poursuivi leur progression sur la période janvier-avril 2020, avec une augmentation de + 53 % par rapport à 2019. Cependant, la consommation a clairement diminué pendant le confinement, car la viande bovine est essentiellement consommée hors domicile.

« Le véritable moteur des marchés mondiaux du bœuf est l’envolée de la demande asiatique, sans précédent côté chinois », expliquent les agroéconomistes de l’Institut de l’élevage.

La consommation moyenne de viande bovine est passée de 4 kilos équivalent carcasse par habitant et par an en 2001 à 6,3 en 2018 : soit + 30 % en 10 ans et + 10 % en 4 ans. Pour autant, cet aliment demeure un produit onéreux, avoisinant 15 euros du kilo l’an dernier dans les grandes surfaces du pays. Toutefois, à la faveur de la hausse de leur pouvoir d’achat, une partie des Chinois apprécient de mettre plus fréquemment de la viande bovine à leur menu.

En 2018, les importations en Chine continentale (hors Hong Kong) ont bondi de 50 % par rapport à 2017, pour atteindre 1,3 million de tonnes équivalent carcasse. À ces volumes, s’ajoutent ceux acheminés via Hong Kong, qui ont progressé de 10 % par rapport à 2017 (573 000 tonnes équivalent carcasse). Enfin, il ne faut pas oublier les flux « gris » car théoriquement illégaux en provenance d’Inde, qui rejoignent la Chine via le Vietnam.

Pour satisfaire à ses besoins croissants, la Chine ouvre de plus en plus largement ses frontières. Neuf autres pays (Canada, États-Unis, Afrique du Sud, Costa-Rica, Chili, Irlande, Belarus, Mexique et France) se sont partagé l’an dernier le reste du gâteau.

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Tendances Générales de la Consommation de Viande

La consommation mondiale de viande a doublé depuis les années 1990, bien plus rapidement que l’augmentation de la population. En Chine, la consommation de viande par habitant (65 kg en 2022) a quadruplé en 40 ans. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a alerté dès 2006 sur le risque que fait peser cette hausse de la demande sur la sécurité alimentaire mondiale.

Selon les projections de la FAO, la consommation mondiale de protéines carnées aura augmenté de 9 % en 2032 par rapport à 2022 (+43 millions de tonnes). Cette augmentation devrait être principalement le fait des pays asiatiques (+26 millions de tonnes), notamment la Chine, et des pays du continent américain (10 millions de tonnes). Une partie de cette évolution tient à la transformation des régimes alimentaires, influencée par l’amélioration des revenus et l’urbanisation.

Dans les pays à revenus élevés, la consommation de viande atteint un plafond et se stabilise sous l’effet des changements de comportements alimentaires. L’augmentation globale constatée concerne majoritairement la consommation de volailles, d’une part car c’est une des viandes les moins coûteuses et d’autre part car les volailles sont considérées par les consommateurs comme des produits sains, faciles à cuisiner et peu émetteurs de gaz à effet de serre. Enfin, la viande de volaille n’est pas soumise à des interdits religieux, contrairement au porc ou au bœuf.

Le Rôle de la Volaille dans la Consommation de Viande en Chine

La Chine arrive désormais en première position des pays producteurs de viande de volailles, avec une production de 24,4 millions de tonnes en 2023, soit 17,5 % du total mondial. Ce pays, qui occupait jusqu’à récemment le deuxième rang derrière les États-Unis, a enregistré un doublement de sa production intérieure entre 2000 et 2023.

Avec 25,1 millions de tonnes en 2023, la Chine est le premier pays consommateur de viande de volailles devant les États-Unis (19,9 millions de tonnes) et l’UE-27 (12,5 millions de tonnes), même si la consommation de viande porcine y est nettement supérieure (59 millions de tonnes en 2023). Rapportée par habitant et par an, la consommation chinoise de viande de volailles reste faible (environ 18 kg) comparativement à celle constatée ailleurs, comme aux États-Unis (60 kg, toutes volailles confondues) ou au Brésil (50 kg).

Le développement de la production chinoise de viande de volailles vise d’abord à fournir un marché domestique en forte croissance. La production chinoise de viande de volailles combine plusieurs filières distinctes :

  • Des poulets de souche blanche (33 % de la production nationale de volailles)
  • Des poulets de souches colorées (22 %)
  • Des poulets issus de souches hybrides (4 %)
  • Des poules de réforme (5 %), des oies (9 %) et des canards (27 %)

Importations Agroalimentaires en Chine

En 2024, la Chine a importé pour 188 milliards d’euros de produits agricoles et agroalimentaires. Ce chiffre impressionnant traduit une réalité structurelle : malgré sa volonté de tendre vers l’autosuffisance, la Chine doit s’appuyer sur l’import pour nourrir sa population de 1,4 milliard d’habitants.

25 % de ses importations viennent du Brésil, principal fournisseur de soja et de viandes, 12 % des États-Unis, et 8 % de l’Union européenne. Les produits transformés, intégrant plats préparés, conserves, sauces, charcuteries, représentent 45% des importations agroalimentaires chinoises.

Le marché chinois des produits alimentaires importés affiche une croissance annuelle de 15 %, bien au-dessus de la moyenne mondiale de 4 %. Parmi les produits importés, le secteur de la viande et de la charcuterie connait une forte progression avec 6,6 millions de tonnes en 2023, soit plus de +2,25 % par rapport à l’année précédente.

Tableau Récapitulatif de la Production de Viande de Volailles en 2023

Pays Production (millions de tonnes) % du total mondial
Chine 24,4 17,5 %
États-Unis 23,3 16,7 %
Brésil 15,2 10,8 %
UE-27 13,5 9,7 %

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