La gestion des déchets organiques, et plus particulièrement des restes alimentaires, est devenue un enjeu majeur en France. En effet, ces biodéchets, qui comprennent à la fois les déchets alimentaires (restes de repas, épluchures, marc de café…) et les déchets de jardin (déchets verts), représentent une part importante de nos poubelles et peuvent être valorisés de manière écologique et économique.
Les biodéchets englobent tous les déchets organiques. Dans la nature, les déchets organiques, entièrement biodégradables et compostables, ne sont pas des déchets. A la base même du cycle naturel, nos biodéchets peuvent être transformés en fertilisant naturel renouvelable. En se décomposant, les feuilles mortes en forêt deviennent de l’humus pour nourrir le sol.
A l’heure actuelle, toutefois, ces biodéchets restent très souvent mélangés aux déchets résiduels non triés. En France, la poubelle résiduelle des ménages (tout-venant) contient ainsi un tiers de biodéchets, soit 83 kg / an / habitant·e. Au total, 5,5 millions de tonnes de biodéchets finissent chaque année incinérés ou enfouis au lieu d’être compostés et valorisés.
Incinérer des biodéchets est une aberration. Les biodéchets étant majoritairement composés d’eau, leur incinération consomme plus d’énergie qu’elle n’en produit. De plus, l’incinération contribue au changement climatique : pour chaque tonne de déchets incinérée, au moins une tonne de CO2 est émise.
Mettre en décharge des biodéchets est extrêmement polluant. Lorsqu’ils sont enfouis, les biodéchets fermentent dans les fosses où leur décomposition ne s’effectue pas dans de bonnes conditions et conduit à d’importantes émissions de méthane, un gaz au pouvoir de réchauffement global entre 25 et 30 fois supérieur à celui du CO2.
Au total, près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont gaspillées chaque année en France selon l’Ademe. Outre le gaspillage de ressources naturelles qu’il constitue, le gaspillage alimentaire émet à l’échelle mondiale autant de gaz à effet de serre qu’un pays dont le niveau d’activité se situerait en troisième position mondiale, juste après celui de la Chine et des USA, notamment en raison de l’énergie nécessaire à la production, la transformation ou encore le transport des marchandises périssables.
Le gaspillage alimentaire a lieu à tous les stades de la chaîne de production alimentaire. Il est très visible dans les poubelles des ménages, mais contrairement aux idées reçues, l’essentiel du gaspillage se fait en amont de l’assiette. La lutte contre le gaspillage alimentaire est avant tout un problème lié à l’amont et au système de production alimentaire, fondé sur une offre constante et surabondante.
Depuis 2016, des mesures nationales ont été votées pour lutter contre le gaspillage alimentaire en bout de chaîne, avec notamment l’interdiction de détruire les invendus. Zero Waste France interroge ainsi les limites de ces mesures, qui ne touchent pas au système de production alimentaire global, premier responsable du gaspillage alimentaire. L’association demande à l’Etat d’engager une évaluation des actions menées en vue d’atteindre en 2025 les objectifs de réduction de 50% du gaspillage alimentaire votés dans la loi AGEC. Il est essentiel d’amplifier les efforts à tous les niveaux de la chaîne de production alimentaire.
En 2013, les déchets verts (ou déchets de jardin) produits par les ménages et par les collectivités représentaient 7 millions de tonnes, soit un peu plus de 105 kg par an et par habitant·e selon l’Ademe. En majorité déjà triés à la source via des collectes en porte à porte ou des apports en déchèterie, les déchets verts retournent en grande partie au sol.
L’enjeu pour les collectivités est à la fois de capter ces déchets verts restants, et de réduire la production de ces déchets verts à la source : composés à 60% de tonte de pelouse (une estimation du Réseau Compost Citoyen), ils pourraient directement et simplement nourrir les sols dans les jardins des particuliers. Il en est de même pour les tailles de haies ou de branchages, qui peuvent retourner au sol directement dans les jardins sous forme de broyat dans un compost domestique, ou en tant que paillage.
Comme le souligne le Réseau Compost Citoyen, réutiliser les déchets verts au jardin permet de diminuer les arrosages, d’éviter les allers-retours à la déchetterie, et de limiter l’emploi d’engrais et herbicides. De plus en plus de collectivités sensibilisent et forment leurs habitant·es à la gestion de proximité de ces déchets verts, ou proposent des outils (prêt ou location de broyeurs…) pour permettre cette gestion directement chez soi.
À partir du 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets - qui n’ont donc pas pu être évités - devient obligatoire pour tous les producteurs de déchets. Citoyen·nes et professionnel·les doivent ainsi pouvoir séparer leurs déchets organiques du reste des ordures ménagères. Pour ce qui est des citoyen·nes, ils et elles sont libres de mettre en place une solution dans leur foyer (composteur, lombricomposteur), mais la loi ne les y oblige pas.
Les collectivités sont en première ligne pour permettre la généralisation du tri à la source des biodéchets au 1er janvier 2024. C’est en effet à elles de proposer à leurs habitant·es des solutions adaptées aux différentes typologies d’habitat, et dimensionnées au nombre et à la densité de population. L’État, de son côté, doit lui aussi endosser pleinement son rôle, en accompagnant concrètement les collectivités dans ce déploiement via des soutiens financiers d’ampleur.
Au 31 décembre 2023, l’obligation concerne l’ensemble des professionnel·les produisant des biodéchets. Ils et elles peuvent faire appel à des prestataires privés, ou gérer directement sur site leurs biodéchets, voire demander à leur collectivité si elle a pris des dispositions pour les biodéchets des professionnel·les - sachant que la collectivité n’y est pas obligée, mais peut proposer des solutions aux petits producteurs de biodéchets dans le cadre du service public de gestion des déchets.
Les biodéchets gérés en compostage de proximité (domestique ou collectif) sont compostés directement sur place, ce qui a pour avantage de réduire l’impact carbone lié à leur transport. Il est toutefois nécessaire pour la collectivité d’assurer la formation des habitant·es, et le suivi des différents sites de compostage partagé, pour permettre leur pérennité.
Le compostage consiste en une dégradation des matières organiques, à travers une montée en température. Il est dit “industriel” lorsque le site de compostage traite plusieurs tonnes de biodéchets par an, par opposition au compostage de proximité, mais le processus reste le même. Ce processus permet d’aboutir à un compost riche en azote et en carbone, qui constitue un très bon amendement pour les sols. Le compost stabilisé sur une plateforme de compostage industriel peut ainsi retourner au sol agricole, dans le respect des normes applicables.
Certaines collectivités distribuent des composteurs individuels ou des seaux à biodéchets. Que deviennent les déchets alimentaires compostés ? Si vous disposez d'un jardin ou d'un jardin partagé à proximité, le compost est un fertilisant, il contribue notamment à maintenir la bonne santé du sol. Les biodéchets collectés par la collectivité sont envoyés en compostage industriel ou dans des méthaniseurs : Le compost peut servir aux agriculteurs de la région (et réduira leur dépendance aux engrais chimiques). Dans certaines collectivités, une partie du compost produit est parfois aussi donnée ou vendue aux habitants du territoire qui en font la demande.
La méthanisation est une technique de dégradation des matières organiques, en milieu anaérobie, c’est-à-dire sans oxygène, contrairement au compostage. Elle produit à la fois un biogaz, principalement composé d’un mélange de méthane et de C02, et du digestat, produit humide et stabilisé, qui peut être déposé sur les sols, mais ne contient pas tous les nutriments du compost, puisqu’on en a notamment extrait le méthane. Le digestat est parfois lui-même composté pour un retour au sol de meilleure qualité.
La méthanisation permet de valoriser certains déchets organiques qui ne peuvent pas l’être autrement, comme les déchets de l’industrie agro-alimentaire ou les huiles usagées. Au niveau local, l’arbitrage entre ces deux solutions dépend des spécificités du territoire, notamment la proximité de réseaux de gaz auxquels se raccorder, ainsi que des déchets organiques produits localement par l’agro-industrie.
Zero Waste France recommande de privilégier les méthodes permettant de massifier le traitement des biodéchets à l’échelle la plus locale possible. Une fois collectés, ils sont envoyés dans des unités de méthanisation où ils sont transformés en biogaz, une énergie renouvelable qui alimente notamment les bus et les camions-bennes de la Ville de Paris. Et ce n’est pas tout : ce qui reste du processus, le digestat, est utilisé comme fertilisant par les agriculteurs, remplaçant les engrais chimiques.
Le compostage, lombricompostage et collecte des déchets alimentaires sont trois solutions complémentaires. Il en est de même pour les déchets de préparation liquide tels que les sauces ou les soupes. En effet, les quantités jetées peuvent nuire à la propreté des bornes. collecte des déchets alimentaires. favorise le développement du compostage de proximité.
Dès 2015, une expérimentation a été réalisée dans les cantines du 2e arrondissement. Trois ans plus tard, la Ville a commencé à collecter les déchets alimentaires des établissements qui en produisent plus de dix tonnes par an. par an sont désormais concernés. à faire rouler les bus ou encore les camions-bennes de la Ville de Paris.
Les déchets alimentaires sont les restes issus de la préparation, cuisson et consommation des repas : épluchures, fanes, restes de repas, produits alimentaires périmés sans emballage... Vous n'avez pas de composteur.
Les déchets alimentaires représentent environ un quart du poids total de ta poubelle. En récupérant certains déchets de cuisine et en les mélangeant à tes déchets de jardin, tu peux fabriquer ton propre compost qui servira d’engrais pour ton jardin. Tu vas ainsi réduire le poids de ta poubelle et éviter que ces déchets soient incinérés !
Les déchets de cuisine et les déchets de jardin sont composés de matière organique biodégradable. Dans la nature, la matière organique, d’origine végétale ou animale, se dégrade naturellement pour permettre aux plantes de grandir. Dans le composteur ou dans le centre de compostage, c’est le même principe que dans la nature.
Tu remplis ton composteur avec :
Tu mélanges ensuite régulièrement les déchets pour faire circuler l’air, sinon les mico-organismes sont asphyxiés.
Conservez vos restes dans des boîtes hermétiques pour les manger le lendemain. Découvrez l'empreinte carbone des différents types de repas. L'alimentation pèse lourd dans l'empreinte carbone individuelle des français.
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Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
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