La maladie de Crohn est une affection inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) qui peut toucher l’ensemble du tube digestif. Elle concerne environ 1 personne sur 200 dans les pays occidentaux, principalement des jeunes adultes âgés de 20 à 40 ans. L’inflammation peut toucher tous les segments du tube digestif (de la bouche à l’anus) sans être nécessairement continue.
Zones affectées par la maladie de Crohn
La maladie de Crohn fait partie des MICI. On dirait un personnage de dessin animé mais que nenni, il s’agit d’un acronyme pour « Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin ». Elle touche 4 millions de personnes dans le monde, dont 2 millions en Europe et 150 000 en France.
La maladie de Crohn présente des symptômes variés, intestinaux et extra-intestinaux, rendant parfois le diagnostic complexe. La diarrhée chronique est le principal signe, survenant 5 à 8 fois par jour, parfois accompagnée de saignements. Contrairement à la rectocolite hémorragique (RCH), qui se limite souvent au côlon gauche et évolue par poussées, la maladie de Crohn peut affecter n’importe quelle partie du tube digestif et suit une évolution plus chronique. Les douleurs abdominales, localisées principalement dans la région de l’iléon terminal, sont fréquentes, souvent associées à de la fièvre modérée et à une perte de poids.
Les causes exactes de la maladie restent méconnues, mais plusieurs facteurs sont impliqués. Des mutations génétiques, notamment sur le gène NOD2, perturbent la réponse immunitaire, favorisant une inflammation chronique. Une dysbiose intestinale, caractérisée par une réduction des bactéries anti-inflammatoires comme Faecalibacterium prausnitzii, contribue à la pathologie. Les régimes alimentaires modernes riches en aliments transformés, ainsi que l’exposition précoce aux antibiotiques, aggravent également le risque.
Le diagnostic repose sur des marqueurs inflammatoires, comme la CRP et la calprotectine fécale, ainsi que sur l’endoscopie et les biopsies, révélant des ulcérations caractéristiques et une inflammation transmurale.
Face aux tracas du quotidien, il peut être tentant de chercher de l’aide du côté des compléments alimentaires. Sont-ils vraiment si efficaces? Et surtout, sont-ils dénués de risque?
Malgré cette image de produits naturels qui seraient forcément bénéfiques, les compléments alimentaires contiennent parfois des substances actives loin d’être anodines. Huiles essentielles allergisantes, interactions avec des médicaments, surdosage, risque de contamination pour la spiruline, ingrédients dissimulés, présence d’additif ou d’arômes suspectés d’être à l’origine de troubles, difficulté de traçabilité avec les produits achetés sur internet...
Oui, dans certains cas bien connus. Par exemple, les femmes enceintes sont systématiquement supplémentées en vitamine B9 pour éviter tout risque de malformation neurologique chez le fœtus.
Même si nous ne nous nourrissons pas toujours correctement, la population française dans son ensemble n’a, a priori, aucun besoin d’une supplémentation nutritionnelle particulière, sauf avis contraire d’un professionnel de santé.
Malgré des allégations séduisantes (qui sont, elles, strictement encadrées), il faut avoir en tête que les compléments alimentaires n’ont absolument pas eu à faire la preuve de leur efficacité, contrairement aux médicaments. Pourtant, les fabricants n’hésitent pas à emprunter les codes des médicaments: noms, emballages...
Pour son dernier hors-série, le magazine a analysé 120 compléments alimentaires. Parmi les 120 compléments alimentaires analysés, 59 écopent de la mention «à proscrire» et 50 la mention «faute de mieux». Dans le premier cas, cela signifie que le produit contient «des substances problématiques et (ou) les mises en garde et recommandations sont très insuffisantes», explique 60 Millions de consommateurs. Dans le second cas, cela veut seulement dire que le produit PEUT contenir des substances problématiques.
Alors que les industriels du médicament doivent prouver l’efficacité et l’innocuité de leurs produits par des études cliniques poussées, les fabricants de compléments alimentaires sont largement déchargés de ces contraintes. Mais en pratique, «l’autorité n’est tenue de vérifier ni l’efficacité selon le dosage proposé, ni la sécurité de chaque produit», explique la revue. En l’absence de réponse de la DGCCRF, qui dispose de deux mois pour valider ou non la demande, le produit est automatiquement autorisé.
Dans un communiqué publié le 10 octobre, le Syndicat national des compléments alimentaires (Synadiet) a fait état de son «étonnement» face à ce hors-série. Dans un élan lyrique, il insiste sur le fait que «les compléments alimentaires relèvent de traditions millénaires appartenant au patrimoine de l’humanité».
Infographie sur les probiotiques et leur action
Il est à priori logique de penser qu’une maladie inflammatoire qui atteint le tube digestif pourrait avoir une cause alimentaire et en tous les cas pourrait s’améliorer grâce à un régime. En pratique, la question est de savoir ce qu’il faut manger lorsque l’on est porteur d’une maladie de Crohn ou d’une recto-colite hémorragique. La réponse pourrait être : mangez ce que vous supportez. Cette réponse est certainement le plus souvent juste.
Le malade porteur d’une MICI est bien sûr tenté de rechercher sur Internet les réponses aux questions qu’il se pose concernant son régime. Tout et n’importe quoi circule dans ces informations. Le plus souvent, les conseils diététiques ne sont pas validés sur le plan scientifique où les expériences de chacun sont des cas particuliers et les opinions exprimées par les patients très subjectives.
Il n’y a aucune preuve scientifique indiquant qu’un type d’aliment puisse provoquer ou aggraver une maladie inflammatoire de l’intestin. De multiples régimes ont été proposés aux patients, ils sont inutiles. Le plus souvent, il est injustifié de s’imposer des restrictions alimentaires qui peuvent conduire à un déséquilibre nutritionnel et une perte « de la joie de vivre ».
Cette situation particulière est la seule au cours de laquelle il est nécessaire d’envisager une prise en charge nutritionnelle avec le concours de votre médecin et des nutritionnistes. L’alimentation a en fait trois buts essentiels :
Pas de régime strict ! Mais il faudra essayer de tenir certaines règles pour limiter les effets secondaires de la corticothérapie : limiter les repas trop copieux, éviter les sucreries et limiter les graisses, ne pas ajouter de sel à table, favoriser et augmenter les apports en protéines et en cas de traitement prolonger prévoir un apport supplémentaire en calcium (1 g/j) et en vitamine D (800 UI/j).
Dans certaines formes inflammatoires de l’intestin, on peut observer une diminution voire une perte de l’activité de la lactase qui dégrade le lactose en sucre plus simple. Cet excès de lactose entraîne souvent un inconfort digestif avec ballonnement et accélération du transit. Pour ces patients il faudra limiter voire éviter les produits laitiers frais sauf les fromages.
Dans cette situation heureusement fréquente, puisque tout va bien rien ne vous est interdit. Il est simplement nécessaire d’avoir un apport diététique bien équilibré « méditerranéen » à base de produits frais, de manger calmement en évitant les repas trop copieux au profit de petites collations dans la journée.
La plupart du temps, mangez normalement, ne pensez pas à ce que vous mangez et ne pensez pas que ce que vous mangez est responsable des inconforts que vous pouvez ressentir. Reprenez le pouvoir sur une alimentation plaisir que vous aimez, bien équilibrée, « méditerranéenne » à base de produits frais. Il est important d’avoir une alimentation équilibrée pour ne pas avoir de carence. Dans certaines circonstances, on pourra apporter une supplémentation vitaminique ou en fer après dosage sanguin.
Au moindre symptôme, il est préférable de demander l’avis à votre médecin. Si des douleurs abdominales ou de la diarrhée apparaissent, vous pouvez de vous-même débuter un régime sans résidus. Ne vous imposez pas de restrictions inutiles, mais suivez scrupuleusement les traitements médicamenteux qui vous sont proposés, eux seuls agissent efficacement. L’accompagnement par une diététicienne peut être recommandé.
La réponse est difficile, car sur le plan scientifique, il n’y a pas de preuves établies, mais le témoignage de patients sur l’amélioration de leur qualité de vie pourrait inciter à modifier son mode d’alimentation et surtout son mode de vie accompagné de modifications environnementales plus larges, d’une reprise d’activité physique et d’une meilleure gestion du stress au quotidien.
La nutrition entérale et parentérale relèvent de centres spécialisés, car elles nécessitent une parfaite maîtrise de ces techniques. Une bonne information des patients et de leur entourage permet cependant de rendre ces traitements compatibles avec une vie presque normale. L’administration peut se faire de manière continue (24 heures sur 24) ou discontinue (essentiellement nocturne). Habituellement, leur durée d’utilisation ne dépasse pas 4 à 6 semaines.
Lorsque l’administration doit être prolongée, elle est effectuée à domicile et l’on parle de nutrition artificielle à domicile.
Le traitement nutritionnel peut être mis en place selon trois techniques basées sur des modes d’administration différents : oral, entéral et parentéral.
Le microbiote intestinal représente l’ensemble des micro-organismes présent au sein du tube digestif. II est impliqué de façon bénéfique dans plusieurs fonctions physiologiques : rôle de barrière intestinale, de modulation du système immunitaire ou encore dans la dégradation des fibres et la fermentation des acides gras.
Au cours des maladies inflammatoires chroniques intestinales, il existe un déséquilibre de la composition du microbiote intestinal (dysbiose) qui conduit globalement à une perte des bactéries anti-inflammatoires. Le microbiote intestinal constitue donc une cible thérapeutique intéressante dans les MICI. Il existe plusieurs moyens de manipuler le microbiote intestinal comme les antibiotiques, les prébiotiques ou les probiotiques.
Les probiotiques sont des micro-organismes (bactéries ou levures) ingérés vivants ayant une capacité démontrée scientifiquement à exercer des effets bénéfiques pour la santé de l’hôte.
Les probiotiques peuvent agir directement sur la flore intestinale ou sur la muqueuse intestinale ou indirectement en modifiant l’écosystème intestinal ou le système immunitaire local. Mais leurs actions diffèrent selon les souches.
La survie des probiotiques ingérés varie selon les souches. Certains sont détruits dès leur passage dans l’estomac, car sensibles à l’acidité gastrique et/ou à la bile, tandis que d’autres ont une haute capacité de survie jusque dans les selles. Ils ne colonisent durablement la flore intestinale de l’hôte qu’exceptionnellement.
Leur tolérance est excellente et les effets indésirables comme les infections sont rarissimes.
Les probiotiques peuvent être introduits dans un médicament, un complément alimentaire ou un aliment. Les probiotiques médicamenteux sont étudiés avec la même rigueur scientifique que tout médicament.
Il existe toute une gamme de produits vendus sans ordonnance vantant des effets probiotiques.
Le qualificatif de probiotique est souvent abusivement attribué à certains produits dans la communication au grand public sur des aliments ou compléments alimentaires, ceux-ci pouvant être parfois perçus comme de véritables médicaments. Beaucoup de communications non scientifiques véhiculent des idées non prouvées ou généralisent de façon abusive des résultats d’études scientifiques.
Dans la maladie de Crohn, six études cliniques ont évalué l’effet d’un traitement probiotique ou d’un traitement combiné (médicament plus probiotique) sur la rémission prolongée. Ces études ont été effectuées sur différentes souches : Escherichia coli (une étude), Saccharomyces boulardii (une étude) et Lactobacillus (quatre études). Aucun de ces traitements n’a montré d’effet statistiquement significatif.
Dans la RCH, E. Coli Nissle 1917, probiotique commercialisé en Allemagne sous le nom de Mutaflor, a été comparé au traitement de référence ( 5-ASA) dans 3 études. Son efficacité est considérée comme équivalente au traitement de référence dans la prévention de la rechute de la maladie.
Le VSL#3 (commercialisé sous le nom également de Vivomixx®) est un mélange de 4 souches de lactobacilles (L. casei, L. plantarum, L. acidophilus et L. bulgaricus), 3 souches de bifidobactéries (B. longum, B. breve, et B. infantis) et d’un Streptococcus salivarius thermophilus. Il a prouvé son efficacité dans le traitement et la prévention de la pochite.
Les applications thérapeutiques de l’étude du microbiote intestinal des patients atteints de MICI restent encore limitées à ce jour (aucun véritable probiotique spécifique n’est disponible).
Une fois que la poussée est maîtrisée, il est important de maintenir la phase de rémission aussi longtemps que possible. C'est pendant cette période que l'on va vous proposer de prendre des traitements de fond pour la maladie de Crohn.
Les anti-TNF (infliximab, adalimumab, certolizumab) ou les inhibiteurs de l'IL-12/23 (ustékinumab) sont des biothérapies qui ciblent les molécules responsables de votre inflammation chronique. L'anti-intégrine vedolizumab fait également partie des options disponibles.
Vous vous demandez pourquoi maintenir des traitements pendant les phases de rémission ? Tout simplement parce que cela peut vous éviter de déclencher de nouvelles poussées. Les traitements de fond limitent également les hospitalisations et les opérations.
Dans tous les cas, notez qu’il est indispensable d’avoir un suivi médical régulier avec la maladie de Crohn. Les bilans sanguins, les coloscopies et autres techniques d’imagerie permettent de garder la maladie sous contrôle et de surveiller son évolution.
La chirurgie est uniquement nécessaire en cas de complications de la maladie de Crohn. Sténoses sévères, abcès, fistules, échec des traitements, dans ces cas il peut être indispensable d’avoir recours à la chirurgie.
Pendant les périodes de poussées de la maladie, vous devez soulager votre intestin en réussissant à maintenir un apport calorique adapté à votre poids. Essayez au maximum d’éviter les aliments irritants (graisses, fibres brutes, produits très épicés ou ultra-transformés).
Privilégiez les repas fractionnés et faciles à digérer, comme les purées, les légumes cuits, le riz ou le poulet. Ces aliments digestes apportent de l’énergie sans trop solliciter vos intestins.
L’important est de ne surtout pas vous priver, mais de trouver l’alimentation qui vous apaise. Dans cette optique, n’hésitez pas à tenir un journal de bord de ce que vous mangez pour voir les réactions observées.
Parlez bien de votre alimentation à votre médecin ou un diététicien, car d’une personne à l’autre les besoins nutritionnels peuvent varier.
Une fois que vous n’êtes plus en poussée, attendez un peu pour reprendre une alimentation classique.
Réintroduisez les aliments petit à petit.
Notez que les fibres douces, les fruits et légumes cuits, les légumineuses et les céréales complètes sont excellents pour la santé de votre microbiote intestinal.
Enfin, gardez en tête que chaque personne est différente. Ce qui passe peut être très bien chez vous ne sera pas toléré chez un autre patient.
La malabsorption fréquente dans la maladie de Crohn crée souvent des carences en vitamines et minéraux : vitamine B12, D, fer, zinc, magnésium, etc. Un complément de multivitamines peut vous aider à combler ces déficits.
Bien qu'il n' y ait pas une réponse unique à la question de savoir quels sont les meilleurs probiotiques pour la maladie de Crohn, les témoignages anecdotiques et les recherches en cours suggèrent que les traitements probiotiques et prébiotiques pourraient offrir des avantages potentiels aux personnes atteintes de cette maladie. Lorsqu'il s'agit d'examiner des probiotiques pour la maladie de Crohn ou toute autre maladie intestinale, il est important de se rappeler que chaque individu est unique.
Voici quelques témoignages de personnes vivant avec la maladie de Crohn :
| Complément Alimentaire | Bienfaits Potentiels | Précautions |
|---|---|---|
| L-Glutamine | Amélioration de la santé intestinale | Consulter un médecin avant de commencer |
| Vitamine D | Soutien immunitaire, amélioration de l'absorption du calcium | Surveillance des niveaux de vitamine D |
| Probiotiques | Rééquilibrage de la flore intestinale | Choisir des souches spécifiques |
| Multivitamines | Correction des carences nutritionnelles | Vérifier les interactions médicamenteuses |
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