La pilule contraceptive est un médicament couramment utilisé, mais ses interactions avec d'autres substances sont souvent négligées. Consommée par une Française sur trois, elle peut avoir des contre-indications et des interactions avec d'autres traitements. Pour éviter les grossesses non désirées, il est crucial de prendre des précautions lors de la prescription. Cet article examine les médicaments et les compléments alimentaires qui peuvent réduire l'efficacité de cette contraception, avec l'expertise du Dr Justine Hugon-Rodin, gynécologue-médicale à l'hôpital Port-Royal (Paris).
Les antibiotiques sont largement utilisés en France, avec 143 millions de boîtes vendues chaque année. Certaines familles d'antibiotiques peuvent réduire l'efficacité d'une contraception hormonale. Bien qu'une controverse agite la communauté scientifique sur les types d'antibiotiques en cause, le Dr Hugon-Rodin se veut rassurante : "Les antibiotiques concernés ne sont pas largement utilisés".
La rifampicine (Rifadine®, Rimactan®) est connue pour réduire l'efficacité de la pilule œstro-progestative en agissant sur les cytochromes, des enzymes impliquées dans l'assimilation des médicaments par le foie. D'autres antibiotiques, comme l'amoxicilline (Augmentin®), l'ampicilline (Unacim®) ou les tétracyclines (doxycycline, lysocline), peuvent diminuer l'absorption des hormones. Un mécanisme suspecté est la perturbation de la flore intestinale par les antibiotiques, influençant ainsi l'absorption hormonale, comme souligné dans un article de la Revue Médicale Suisse.
Cependant, la Haute Autorité de Santé (HAS) ne juge pas nécessaire de prendre une deuxième contraception dans la majorité des cas de prescriptions d'antibiotiques.
| Antibiotique | Nom Commercial | Impact sur la Pilule |
|---|---|---|
| Rifampicine | Rifadine®, Rimactan® | Réduit l'efficacité |
| Amoxicilline | Augmentin® | Diminution de l'absorption des hormones |
| Ampicilline | Unacim® | Diminution de l'absorption des hormones |
| Tétracyclines (Doxycycline, Lysocline) | Divers | Diminution de l'absorption des hormones |
Plusieurs antiépileptiques, utilisés pour prévenir les crises d'épilepsie, ne sont pas toujours compatibles avec une contraception hormonale. Parmi ceux-ci, on trouve le phénobarbital (Alepsal®, Aparoxal®, etc), le topiramate (Epitomax®) et la carbamazépine (Tégrétol®). Ces médicaments sont des inducteurs enzymatiques, activant la dégradation d'autres médicaments et réduisant leur efficacité.
"Quand un traitement a une vraie interaction, la pilule risque d'être moins efficace", indique Justine Hugon-Rodin. Il est crucial de vérifier la compatibilité entre le traitement antiépileptique et la pilule, en adaptant le type de contraception et le dosage si nécessaire.
Certaines spécialités antituberculeuses et antivirales, y compris les antirétroviraux contre le VIH, sont difficilement compatibles avec une contraception orale. C'est le cas de la rifabutine (Ansatipine®) et de la rifampicine (Rifadine®, Rimactan®), ainsi que des anti-protéases comme le ritonavir (Norvir®) ou l'atazanavir (Reyataz®). Les femmes prenant ces médicaments reçoivent généralement des contraceptions non hormonales ou des doses plus élevées d'hormones contraceptives pour compenser la réduction du taux d'œstrogènes dans le sang.
Tous les médicaments agissant sur l'efficacité de la pilule ne sont pas soumis à prescription. Les adeptes de la phytothérapie doivent être prudents, car toutes les préparations ne sont pas compatibles avec les hormones contraceptives.
Le millepertuis (herbe de la Saint-Jean ou Hypericum perforatum) réduit notablement l'impact des pilules oestro-progestatives. L'ANSM a émis plusieurs rappels à l'ordre concernant cette interaction, qui diminue les concentrations plasmatiques et l'effet thérapeutique des médicaments. Une étude de l'université de l'Utah (États-Unis) estime cette réduction entre 13 et 15 %.
De même, le charbon actif, souvent administré en cas de surdose de médicaments, peut absorber les hormones contraceptives. "La prise simultanée de charbon activé et de contraceptifs oraux (pilule) pourrait réduire l'efficacité des contraceptifs oraux", précise une notice d'utilisation. Une méthode de contraception supplémentaire est alors nécessaire.
Quatre médicaments, prescrits de manière chronique ou ponctuelle, doivent attirer l'attention : la dihydroergotamine (Ikaran Gé®) - un antimigraineux -, le modafinil (Modiodal®) - un psychostimulant -, la colestyramine (Questran®) - un hypolipémiant - et la griséofulvine (Fulcine®, Griséfuline®) - un antifongique.
Tous ont tendance à réduire l'efficacité de la pilule contraceptive car ils sont des inducteurs enzymatiques. Le Dr Justine Hugon-Rodin souligne qu'il est essentiel de vérifier les risques d'interaction avec tout médicament, car une grossesse non désirée est une préoccupation majeure pour les femmes sous contraception.
En cas de diarrhée, la pilule est considérée comme inefficace. Les laxatifs doivent également être pris avec précaution, car des selles trop abondantes peuvent empêcher l'assimilation complète des substances actives. Il est recommandé d'attendre plusieurs heures entre la prise du contraceptif et celle du laxatif.
Les interactions entre médicaments et hormones contraceptives concernent toutes les contraceptions hormonales, y compris les implants, patchs et anneaux. Une modification de la contraception ou du dosage peut être nécessaire. La prise d'un second contraceptif en complément, comme un préservatif ou un spermicide, peut être recommandée.
Le Dr Justine Hugon-Rodin insiste sur l'importance de parler de contraception lors de toute prescription. "Par expérience, les femmes citent souvent tous les médicaments sauf leur pilule, quand on leur pose la question", souligne la gynécologue. Il est crucial de lire attentivement la notice d'information des médicaments pour identifier les risques de perte d'efficacité.
La pilule contraceptive peut induire des carences en micronutriments. En diffusant des hormones artificielles dans l’organisme, elle demande un surtravail au foie, qui surconsomme certains micronutriments. Si les apports quotidiens en micronutriments ne sont pas augmentés, des carences peuvent rapidement se créer.
La pilule peut également diminuer ou perturber l’assimilation des nutriments au niveau du système digestif, impactant le bon fonctionnement du corps. Les micronutriments impactés incluent le magnésium, le zinc, l’iode, le sélénium, les vitamines B, la vitamine E et la vitamine C. À l’inverse, la prise de pilule peut aussi mener à un excès de cuivre.
Les carences en micronutriments peuvent générer fatigue, inflammation, baisse de l’immunité, risques accrus de maladies cardiovasculaires, stress, dépression et complications lors de la grossesse ou de l’accouchement.
Des solutions existent pour pallier ces carences. Augmenter les quantités nécessaires de micronutriments par l’alimentation est une première étape. Selon les besoins, une complémentation peut être envisagée. Il existe des compléments multivitamines qui peuvent venir en renfort de l’alimentation, pour pallier à l’impact de la pilule.
L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et de la santé) alerte sur les dangers des compléments alimentaires, soulignant qu’un excès de vitamines et minéraux présente un risque. À la différence des médicaments, leurs fabricants n’ont pas à demander d’autorisation de mise sur le marché, et leurs principes actifs ne sont pas toujours bien connus.
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