Les compléments alimentaires sont largement consommés, malgré les messages de prudence des autorités de santé. Ils sont nombreux : vitamines, minéraux, acides aminés, Oméga 3, extraits de plantes, entre autres. Il est crucial de comprendre leur impact potentiel, particulièrement pendant les traitements contre le cancer.
Aucun complément alimentaire n’a d’effet bénéfique prouvé pour traiter le cancer. Cet article répond à l’infox qui affirme que certains compléments alimentaires auraient un effet bénéfique sur les traitements contre les cancers.
Les experts estiment que dans l’état actuel des connaissances scientifiques, il n’est pas possible d’affirmer qu’un complément alimentaire peut lutter contre la maladie cancéreuse ou améliorer l’effet des traitements.
Quelques études ne font que suggérer un impact potentiellement positif de compléments alimentaires sur certains aspects du cancer. Mais elles sont rares, souvent menées sur un faible nombre de personnes donc sans réelle valeur probante, et peu détaillées.
La prise de compléments alimentaires pendant un cancer peut s’avérer dangereuse et réduire l’efficacité des traitements anticancéreux.
L’analyse d’études scientifiques robustes montre que la consommation de certains compléments alimentaires peut être dangereuse dans le cadre des soins du cancer. Par exemple, ceux à base de soja peuvent interférer dans le traitement de certains cancers du sein et les antioxydants pourraient avoir un effet protecteur des cellules cancéreuses ou réduire l’efficacité des traitements.
D’autres effets nocifs ont également été détectés avec la vitamine E ainsi que le fer, l’acide folique et le sélénium à doses élevées.
Il n’est pas recommandé aux personnes atteintes de cancer de prendre des compléments alimentaires sans en discuter au préalable avec l’équipe médicale en charge du traitement. Les apports nécessaires doivent être prioritairement assurés par l’alimentation.
Suite à leur consommation, l'activité du médicament anticancéreux, son absorption par l'organisme ou son élimination peuvent être modifiées. Ses effets peuvent alors être exacerbés, provoquant des toxicités potentiellement graves, ou à l'inverse diminués ou ralentis, rendant le traitement moins efficace. L'interaction peut également accentuer certains effets indésirables.
La liste des aliments et plantes susceptibles d'interagir avec les médicaments est longue. Les doses élevées contenues dans les compléments alimentaires favorisent ces interactions. Ainsi, comme le rappelle l'Institut National du cancer : « La prise de compléments alimentaires pendant un cancer peut s'avérer dangereuse et réduire l'efficacité des traitements anticancéreux.
Bien qu'ils paraissent sans danger, les compléments alimentaires peuvent interagir avec les traitements. En raison des doses souvent bien supérieures à celles naturellement présentes dans les aliments, ils peuvent entraîner des risques, même si l'aliment d'origine reste généralement sans danger dans le cadre d'une alimentation équilibrée.
La nutrition a un impact sur la réussite du traitement et le pronostic du cancer du sein ainsi que sur la qualité de vie des patientes. Des recommandations nutritionnelles dans la prise en charge du cancer du sein, destinées aux professionnels de la santé, ont été élaborées dans le cadre des recommandations pour la pratique clinique (RPC) Nice - St-Paul de Vence, par le groupe de travail Nutrition, sous la coordination de l'Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support (AFSOS).
Les apports alimentaires en acides gras oméga-3 au diagnostic de cancer et dans les suites ne doivent pas être inférieurs à 1% de l’apport énergétique, avec 250 mg d’EPA et 250 mg de DHA par jour (grade B).
Les apports alimentaires en DHA avant et pendant chimiothérapie et radiothérapie doivent atteindre 1,8g par jour (grade B).
Le recours à des compléments alimentaires peut être nécessaire afin d’obtenir ce niveau d’apport de 1,8g. En effet l’Anses recommande de limiter la consommation de poissons à 2-3 portions par semaine, dont 1-2 poissons gras, en variant les espèces et les lieux d’approvisionnement (grade B).
Les premiers compléments alimentaires santé à consommer sont les fruits et les légumes. La nutrition a un impact sur la réussite du traitement et le pronostic du cancer du sein ainsi que sur la qualité de vie des patientes.
Une consultation de diététique, individuelle et gratuite, pourra être prescrite par votre oncologue, avant, pendant et après les traitements. En principe, l’établissement dans lequel vous êtes suivi dispose d’un diététicien spécialisé en oncologie. Au cours de la consultation, le diététicien réalisera un bilan nutritionnel et vous proposera une prise en charge adaptée. Dans ce bilan, tous les paramètres de la dénutrition seront recherchés, puis transmis au médecin, qui établira une prescription.
Continuer de bien manger quand on est malade passe par la mise en oeuvre de solutions culinaires simples, saines et rapides qui permettent de conserver le plus longtemps possible le plaisir d’être à table. N’hésitez pas à solliciter vos proches, souvent plus ravis que vous ne l’imaginez de se montrer utiles.
« D’une manière générale, il convient de suivre les recommandations de l’Institut national du cancer (INCa - Nutrition et prévention primaire des cancers, juin 2015), indique le Dr Mathilde Touvier*. Donc, consommer au moins 5 portions de fruits et légumes par jour, des fibres alimentaires en abondance, 3 produits laitiers, pratiquer une activité physique, maintenir un poids normal et, si possible, allaiter pour se protéger du cancer du sein.
Ces compléments alimentaires sont vendus sans ordonnance sous la forme de gélules, pastilles, comprimés, ampoules ou encore sachets de poudre. « Il y a encore trop peu d’études et de réponses sur les effets secondaires à long terme de ces produits, poursuit le Dr Touvier. On sait qu’ils peuvent interférer de façon indésirable avec la prise de certains médicaments. On recommande également aux patients atteints ou à risque de cancers hormono-dépendants d’éviter ceux à base de phyto-oestrogènes. En outre, les compléments alimentaires à base de produits naturels comme le gattilier, la DHEA, le trèfle rouge, la luzerne, le soja, l’igname sauvage, le cohosh noir, l’huile de lin et l’échinacée seraient contre-indiqués chez les patients atteints de cancers gynécologiques, du sein, de la prostate, des testicules ou de leucémies.
NON. Il faut éviter toute automédication. Nous vous déconseillons de prendre tous compléments alimentaires en libre accès en pharmacie (curcuma, ail, vitamines etc) pendant les traitements. Il est essentiel de demander l’avis de votre oncologue avant, et de lui informer sur tout ce que vous prenez à côté (homéopathie, huiles essentielles etc).
Il n’est pas conseillé de perdre du poids pendant les traitements surtout avec un régime restrictif. La perte de poids souvent observée du fait d’une perte d’appétit, correspond bien souvent à une fonte musculaire, délétère pendant les traitements.
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