Comment organiser une distribution alimentaire : Guide complet

Les colis alimentaires sont des paniers garnis de denrées alimentaires, composés de produits frais ou de produits non périssables comme des conserves, des produits secs et parfois, certains produits d’hygiène. Ces paquets permettent habituellement aux bénéficiaires de pouvoir réchauffer ou de cuisiner un repas sain et équilibré. Alors, comment fonctionne le système des colis alimentaires ?

Fonctionnement de la distribution solidaire

Cette forme de distribution solidaire est réalisée à titre gratuit, sans contrepartie. Elle repose sur :

  • Les dons alimentaires réunis lors de collectes auprès des particuliers, des entreprises, des supermarchés ou des producteurs locaux.
  • La récupération des invendus de la grande distribution, des épiceries, des supérettes ou des agriculteurs.

Les vivres sont ensuite triés par des bénévoles ou des salariés, puis les produits sont envoyés à des centaines de centres de distribution (associations, organisations caritatives, banques alimentaires, épiceries solidaires ou centres communautaires locaux), qui les stockent dans des conditions optimales.

Qui sont les bénéficiaires et comment y accéder ?

Ce sont généralement les travailleurs sociaux et leurs partenaires, tels que les centres communaux d’action sociale (CCAS) ou les espaces solidarité insertion (ESI), qui orientent les personnes dans le besoin vers les lieux de distribution des aliments. Pour bénéficier de colis alimentaires, les personnes démunies peuvent directement s’inscrire auprès des associations et des organisations. Certains points de distribution sont fixes, il suffit donc de s’y présenter aux jours et aux horaires prévus afin de recevoir son panier alimentaire.

Pourquoi la distribution de colis alimentaires est-elle importante ?

La distribution de colis alimentaires est d’abord un moyen de fournir une source régulière et fiable de nourriture à ceux qui en ont le plus besoin. Cette forme d’aide alimentaire propose un accès à une quantité suffisante de nourriture saine et équilibrée, ce qui permet de réduire la faim, de prévenir la malnutrition et les maladies. En recevant des colis alimentaires, les familles ont aussi la possibilité de mieux gérer leurs finances. La distribution de colis est d’ailleurs un excellent moyen pour les équipes d’établir un contact avec les personnes vulnérables et de leur proposer des mesures d’accompagnement complémentaires.

Exemple concret : La Mie de Pain

La Mie de Pain distribue des colis alimentaires tous les dimanches midi au sein des locaux de la Mairie du 5ème arrondissement de Paris, en face du Panthéon. Les repas sont confectionnés à la cuisine centrale de l’association dans le 13ème, mis en barquette puis livrés sur place la veille. Ils sont ensuite réchauffés le matin même. Une distribution de produits d’hygiène a également lieu.

Lutte contre le gaspillage alimentaire et loi Egalim

Le gaspillage en restauration collective peut constituer jusqu’à près du tiers des repas préparés. Pour le limiter, la loi Egalim oblige depuis 2018 les établissements qui servent plus de 3 000 repas par jour à s’engager dans une politique de partenariat avec au moins une association d’aide alimentaire afin de donner leurs excédents. Les excédents de repas représentent les produits et plats non servis, encore bons à consommer. Ainsi, seules les denrées et les préparations de repas respectant les normes réglementaires et sanitaires peuvent être données. Ce sont des quantités importantes dont la redistribution gagnerait à être optimisée.

Sur le terrain, deux débouchés sont observés : soit la vente au personnel de l’établissement, à des collaborateurs ou à l’extérieur ; soit le don, défiscalisé ou non, à des associations d’aide alimentaire. Cette distribution peut se faire directement, ou avec l’aide d’intermédiaires (services rémunérés ou associatifs), avec ou sans application numérique. Redistribuer les excédents contribue directement à réduire le gaspillage alimentaire.

C'est le cas, par exemple, lorsque les restes de service bons à consommer sont redistribués à des associations d'aide alimentaire ou proposés aux convives, lorsque les restes d'assiette sont emportés dans un emballage à emporter, lorsque l'excédent est transformé (compotes, purées, etc.).

Hiérarchie des usages

La directive cadre des déchets européenne de 2008 a inspiré la définition de la hiérarchie des actions, inscrite dans la loi dite Garot de 2016, à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire :

  1. La prévention doit primer.
  2. Ensuite l’alimentation humaine par le don ou la transformation.
  3. Puis l’alimentation animale.
  4. En dernier lieu la valorisation énergétique (méthanisation…) ou matière (compostage).

Un atelier cuisine à la Banque Alimentaire de Nancy et sa région

Défis et solutions pour une meilleure redistribution

L’étude pointe la difficulté pour les intermédiaires logistiques à identifier les sources et estimer leurs volumes et localisation : bien souvent les quantités d’excédents ne sont pas documentées par la restauration collective, et ceci même quand les intermédiaires mettent à disposition un outil informatique de suivi.

Les acteurs de la restauration collective manquent, quant à eux, d’information sur les intermédiaires et associations d’aide alimentaire présents dans leur périmètre géographique. Or cette connaissance est déterminante dans la mise en œuvre d’une collaboration de don.

Dans un peu plus de la moitié des cas étudiés, la collaboration a été initiée par un tiers, un agent ou un projet politique.

Les auteurs de l’étude préconisent ainsi de mieux piloter les excédents - quels produits ? dans quelles quantités ? quand et où ? - et de mieux identifier la diversité des « receveurs » présents dans le voisinage, en qualifiant leurs besoins pour adapter les dons. Cela relève d’une ingénierie territoriale encore inexistante aujourd’hui. Les collectivités locales pourraient accompagner la structuration de ces nouvelles filières au titre du développement économique, de la restauration collective ou de l’action sociale.

Structurer et pérenniser les filières

Les modèles économiques actuels sont variés mais fragiles car ils reposent majoritairement sur de la défiscalisation ou sur des subventions non pérennes. La plupart des cuisines centrales agissent pour réduire leur gaspillage, mais le coût réel du gaspillage effectif reste mal connu pour les collectivités comme pour les opérateurs de la restauration.

Valoriser financièrement les excédents se heurte encore à une méfiance des acteurs de ces filières. Leur jugement moral sur ce qu’il est bon ou non de faire avec des excédents diffère.

Redistribuer les excédents nécessite des moyens humains et matériels (camions frigorifiques, chambres froides…) pour les associations comme pour la restauration collective. Les difficultés logistiques et l’irrégularité des quantités rendent la gestion complexe. La culture de la prévention des risques est parfois pointée comme un frein.

Lorsque des interlocuteurs sont bien identifiés, avec un temps dédié et un protocole bien établi, tant dans les cuisines centrales que dans les associations, cela fonctionne bien sans intermédiaire. Dans d’autres cas, la présence d’intermédiaires peut alléger les charges pour les donneurs et les receveurs, et apporter des outils et une expertise aux donateurs.

Ces difficultés font que la loi Egalim n’est pas le moteur principal de l’organisation de ces filières de don ou de valorisation, en particulier parce qu’elle est insuffisamment relayée par des actions d’accompagnement.

Une structuration pérenne des filières passe par un accompagnement de la restauration collective mais également des associations d’aide alimentaire: formation à la maîtrise des risques dans la chaîne alimentaire, habilitation à utiliser ces excédents, réorganisation des approvisionnements. L’État et les collectivités peuvent avoir un rôle d’intermédiation, de communication et garantir le cadre.

4 grandes catégories de restauration collective

  • Restauration scolaire : crèche, maternelle, primaire, collège, lycée, université
  • Restauration médico-sociale : hôpitaux, maisons de retraite
  • Restauration d’entreprise
  • Autres : centres de vacances, armée, prisons

Règles d'hygiène et de sécurité alimentaire

Les conditions particulières de préparation de repas ou de distribution de denrées alimentaires (sandwichs, brochettes, etc.…) sont propices aux toxi-infections alimentaires collectives. Des conditions défavorables peuvent en particulier être réunies en période estivale compte tenu de la température extérieure. Il est donc nécessaire que les prescriptions réglementaires soient respectées et les bonnes pratiques d’hygiène appliquées.

Une attention particulière sera accordée à la préparation non-habituelle de denrées alimentaires par une association. Des précautions devront être prises car cette activité (repas associatifs, vente à emporter ;…) peut concerner de nombreux participants ou acheteurs et les quantités de nourriture à préparer sont importantes. Ces volumes entraînent des durées de montée en température et de refroidissement des denrées très longues si le matériel utilisé n'est pas adapté. Les denrées peuvent alors passer un temps suffisant aux températures critiques pour entraîner un développement microbien susceptible d'entraîner une intoxication alimentaire.

Il est très vivement recommandé de :

  • Protéger des contaminations les aliments après leur cuisson. Ils peuvent, selon leur nature, être mis par exemple dans des boites ou recouverts de film étirable alimentaire ou de papier d’aluminium alimentaire.
  • La chaîne du froid doit être respectée.
  • Entreposer, avant consommation, les produits qui nécessitent une conservation au froid dans un réfrigérateur lorsque cet équipement existe. À défaut, les produits sont laissés dans la caisse glacière ou le sac isotherme jusqu’au dernier moment.
  • Collecter les détritus et ordures ménagères dans un récipient équipé d’un sac étanche et d’un couvercle, en un lieu éloigné du lieu de préparation du repas et évacués rapidement.

Une toxi-infection alimentaire collective se définit par l'apparition d'au moins 2 cas similaires d'une symptomatologie, en général gastro-intestinale, dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire. En cas de suspicion de toxi-infection alimentaire, seul un médecin peut en juger et il doit donc être le premier contacté par les malades. Une procédure d'action entre l'ARS et la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations est mise en place ensuite pour réaliser une enquête épidémiologique pour déterminer la cause de l'intoxication.

Dons alimentaires et réglementations

Le don alimentaire permet de fournir des denrées alimentaires aux associations caritatives. Ces collectes ne portent que sur des produits non périssables, vendus à température ambiante (pâtes et riz, pâtisseries de type cakes ou biscuits, fruits et légumes en conserve, terrines et pâtés stérilisés, lait UHT…).

Au-delà d'un seuil réglementaire de 400 m², les super et hypermarchés sont tenus de proposer un conventionnement avec une association d’aide alimentaire pour définir les modalités de don de leurs invendus. Il en est de même pour les opérateurs de restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, et les opérateurs de l’industrie agroalimentaire et du commerce de gros ayant un chiffre d’affaire supérieur à 50 millions d’euros.

Les denrées périssables qui sont données dans ce cadre doivent l'être au moins 48 heures avant l'échéance de leur date limite de consommation (DLC), sauf si la convention fixe un délai plus court.

  • Pour les établissements agréés : toutes les denrées peuvent être données, dès lors qu’elles sont définies comme telles dans leur plan de maîtrise sanitaire.
  • Pour les opérateurs de la restauration collective : les denrées préemballées, ainsi que les excédents et les préparation culinaire élaborées à l’avance. Exemple : un bac gastronomique conservé au froid ou au chaud et non présenté aux convives peut être donné.

Erreur d'étiquetage, mauvais calibrage… Les entreprises agro-alimentaires peuvent être amenées à gérer des produits non-conformes à leurs exigences qualité, mais pour autant non dangereux pour la santé du consommateur.

À réception, les bénévoles et employés des associations vérifient le respect des règles d'hygiène et plusieurs éléments. La date limite de consommation, ou DLC, ne doit pas être dépassée. Elle est mentionnée après la mention « À consommer avant le… », à ne pas confondre avec la DDM (date de durabilité minimale : « à consommer de préférence avant… »).

L'importance de l'accueil et de l'accompagnement

Pour recevoir l’aide alimentaire sous forme de panier-repas, il faut s’inscrire chaque année et justifier de l’insuffisance de ses ressources. L’inscription est un moment difficile mais important qui demande une écoute chaleureuse. C’est le premier pas vers l’insertion. En effet, grâce aux renseignements recueillis, on identifiera quelles sont les autres besoins de la personne accueillie: logement, emploi, illettrisme, santé…

En revanche, pour bénéficier d’un repas chaud en centre ou auprès d’un Camion du Cœur, aucun justificatif de ressources n’est alors demandé.

Distributions alimentaires de rue : règles et principes

Afin de garantir le bien-être et la sécurité de tous, toute distribution alimentaire de rue nécessite la prise en compte d’un certain nombre de règles. Les intervenants sont garants de la sécurité des usagers et organisent ainsi les files d’attente afin d’éviter les phénomènes de foule vers le lieu de distribution et les bagarres qui peuvent surgir sur les questions de priorité de passage et dans les situations où les denrées distribuées sont insuffisantes.

Les intervenants organisent leur distribution en évitant les attroupements ou le stationnement de véhicules sur la voie publique. Ils veillent à ne pas mettre en danger les bénéficiaires de la distribution et les usagers de la route tout en garantissant la libre circulation des piétons.

Au-delà de la distribution des denrées, les intervenants doivent également assurer par tout moyen la récupération des déchets qui en découlent (aliments, assiettes, verres, couverts….). En effet ces déchets peuvent nuire à la propreté de l’espace public et entretenir la prolifération des rongeurs.

Toute personne a le droit de bénéficier d’une aide alimentaire. Les distributions de rue ont un caractère inconditionnel et non discriminant. Elles s’adressent à toutes personnes quels que soient leur origine, leur sexe, leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses, leur appartenance culturelle ou à un groupe social déterminé.

L’accueil réservé aux personnes venant chercher de l’aide est bienveillant et garantit le respect mutuel et la dignité des personnes. Les distributions de rue s’inscrivent dans le respect du principe de laïcité et de neutralité politique.

La Ville de Paris invite les intervenants à adopter une démarche de dialogue et de travail en réseau, en coordination avec les autres acteurs de l’aide alimentaire distribuée en rue.

Aide alimentaire pour les étudiants

Les Restos du Coeur de Paris en partenariat avec le CROUS de Paris et avec le soutien de la Ville de Paris ont ouvert un centre d’accueil et d’aide alimentaire dédié aux étudiant·e·s. L’aide alimentaire est proposée gratuitement aux étudiant·e·s ayant un logement à Paris (75) et répondant aux critères de plafond de ressources des Restos du Coeur de Paris. Elle permet de composer un colis alimentaire avec les produits proposés (laits, conserves, pâtes, riz, desserts, etc….

Cop1 est une association d’aide “par les étudiants, pour les étudiants“. Tout cela permet, non seulement, d’apporter une aide d’urgence à des étudiants précaires, mais également de favoriser le lien social. De nouveaux paniers sont mis en ligne chaque dimanche.

L’accès au Centre de Distribution des Restos du Cœur de Paris nécessite une inscription qui a lieu sur place au cours d’un entretien avec un bénévole des Restos. Ce moment d’échange permet aussi d’aborder d’éventuels besoins d’accompagnement, au-delà de l’alimentation. Documents sur les revenus et les charges correspondant à votre situation.

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