À la simple évocation du mot "ferme", enfants comme adultes pensent immédiatement aux différents animaux qui y vivent. Parmi ces animaux stars, le cochon figure régulièrement parmi les premiers cités. Mais la truie n’a pas le temps de plaisanter : entre gestation, mise-bas, allaitement et éducation, elle gère sa dizaine de porcelets comme une professionnelle.
Alors, quel est le nom de la femelle du cochon ? La réponse est simple : la truie. Mais il y a beaucoup plus à savoir sur cet animal fascinant et son rôle dans l'élevage porcin.
La femelle du cochon s’appelle truie. Du bas latin « troia » féminin de l’expression « porcus trojanus », autrement dit « porc troyen » c’est-à-dire « porc farci », par référence… au cheval de Troie de la légende qui, à sa manière, était farci !
Appelée truie, la femelle du cochon présente un aspect robuste et massif. Elle peut mesurer entre 1,2 et 1,5 m de long et peser de 150 à 250 kg, voire davantage selon la race. Sa peau - rose, noire, brune ou tachetée - revêt une fine couche de poils raides. La truie possède 12 à 14 mamelles le long du ventre, qui lui permettent d’allaiter sa progéniture. Sa tête large et pourvue d’un groin mobile l’aide à fouiller le sol à la recherche de nourriture (racines, insectes, vers et autres petits aliments naturels quand elle vit en liberté).
Une coche désigne une jeune femelle qui n’a pas encore eu de portée. Elle est encore en train de grandir et d’atteindre sa maturité sexuelle, se différenciant ainsi de la truie par son jeune âge et son peu d’expérience. Chez certaines races (comme les Landrace ou Large White), une coche peut devenir mature dès l’âge de 9 mois, tandis que d’autres races (Duroc, le Piétrain) nécessitent 1 à 2 mois de plus.
Une femelle qui met bas pour la première fois devient officiellement une truie. Cette première expérience maternelle se révèle cruciale en permettant à l’éleveur de mesurer la capacité de l’animal à prendre soin de ses petits et à gérer la maternité.
La truie accomplit une gestation d’environ 115 jours, pendant lesquels entre 8 et 14 porcelets se forment progressivement dans son ventre. Durant cette période, son alimentation revêt une importance capitale car un apport suffisant en protéines, vitamines et minéraux s’impose pour sa santé et le développement des petits. À savoir qu’une truie peut avoir jusqu’à 2 portées par an.
Dans les élevages modernes, les femelles gestantes sont logées dans des espaces calmes, souvent séparés des verrats et des autres truies, afin de limiter le stress, facteur pouvant déclencher des fausses couches ou compromettre la survie des porcelets. Aujourd’hui, de nombreux éleveurs utilisent des capteurs et des caméras pour suivre l’activité de la femelle et détecter les signes annonciateurs de la mise bas.
La mise bas se tient généralement dans une caisse de maternité ou un nid aménagé avec de la paille ou d’autres matériaux doux. Dès la naissance, la truie nettoie ses petits, les stimule et les guide vers ses mamelles. Les premières heures sont essentielles car les nouveaux-nés doivent téter rapidement pour recevoir le colostrum, ce lait riche en anticorps qui les aide à grandir dans de bonnes conditions.
Tout au long de l’allaitement, la truie se montre très protectrice, gardant sa progéniture près d’elle et repoussant tout intrus. Elle peut aussi faire preuve de comportements étonnamment maternels comme pousser délicatement un porcelet plus faible sous une lampe chauffante pour qu’il se réchauffe, le replacer près de ses mamelles pour qu’il puisse téter, ou rester penchée sur un jeune malade pour le protéger de sa fratrie plus vigoureuse.
Voici un récapitulatif des termes associés au cochon :
Le tableau suivant donne un aperçu de l'étymologie des différents mots connus en français pour désigner le porc.
| Origine | Étymon | Individu | Adulte | Jeune |
|---|---|---|---|---|
| Latin | porcus, porc domestique | porc, pourcel, pourceau | porcelet | |
| Latin | porcus singularis, puis porc | sanglier, mâle sauvage et solitaire | sanglier (m.) | |
| Latin | sus, porc sauvage ou domestique | suie (f.) | ||
| Latin | nutritem | nourrain, nourrin | ||
| Bas latin | troia, féminin tiré de l'expression (porcus) troianus concernant une recette de porc farci. | truie (f.) | ||
| Ancien Bas-francique (attesté v. 800) | lêha (puis laye en français) | laie (f.) |
Anecdote : Pline rapporte d’ailleurs que de grands débats avaient lieu pour savoir laquelle était la meilleure : la vulve de truie nullipare (qui n’a pas encore mis bas), celle de la truie primi-parturiente (qui met bas pour la première fois) ou celle de la truie multi-parturiente (qui a eu plusieurs portées).
Carte de la production porcine dans l'Ohio, États-Unis.
Des études ont montré que les truies sont particulièrement intelligentes, capables de reconnaître leurs congénères et de se souvenir des interactions passées avec elles. Par exemple, si une femelle a déjà eu un conflit avec une autre, elle peut garder ses distances, grogner ou adopter une attitude défensive lors d’une nouvelle rencontre, et éviter ainsi une confrontation directe.
Les truies savent résoudre des problèmes simples, comme trouver de la nourriture cachée ou apprendre en imitant certains comportements de leurs congénères, par exemple appuyer sur un levier pour obtenir une récompense. Leur mémoire leur permet de se souvenir de routines, de trajets dans l’enclos ou de lieux sûrs pour leurs porcelets.
Entre coche, cochonne et porc, le vocabulaire autour du cochon peut surprendre et prêter à sourire.
En théorie, le cochon est l’animal vivant sur pied et le porc l’animal abattu et apprêté pour la boucherie. La femelle du cochon s’appelle truie.
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