L'expression française "Être comme un coq en pâte": Origine et signification

L'expression "être comme un coq en pâte" est une locution française imagée qui signifie avoir une vie confortable, être à l’abri du besoin et des soucis. Généralement, la formule désigne une personne aisée qui mène une existence douillette, qui a tout à disposition. Se trouvant dans une situation de satiété, “un coq en pâte” est entouré de soins, choyé, dorloté, bien traité. On peut dire de cet heureux individu, évoluant dans le confort et l’abondance, qu’il “se la coule douce”.

Fier, bravache, matinal, flamboyant, bruyant, combattif… comptent parmi les traits distinctifs -supposés ou réels - que l’on prête au coq. Doté d’un caractère bien trempé, l’emblème de la France a inspiré plusieurs expressions du langage populaire.

L’expression “être comme un coq en pâte” (et ses variantes : “heureux comme un coq en pâte“ ; “vivre comme un coq en pâte”) signifie avoir une vie confortable, être à l’abri du besoin et des soucis.

On trouve des locutions équivalentes - et parfois cocasses - dans d’autres langues.

Les Secrets De La Langue Française : Comme un coq en pâte

Origines historiques de l'expression

Au Moyen Âge, le roi de la basse-cour pouvait constituer une source de revenu importante dans le milieu de la paysannerie. Pour exhiber leur fière allure et leur plumage coloré lors des concours agricoles, les coqs étaient entretenus avec égard, tels de petits monarques. Plus un animal remportait de prix, plus sa valeur marchande augmentait.

Afin de faire saliver le chaland, l’oiseau exposé sur les étals devait donner envie, c’est pourquoi il était choyé, reposé et bien nourri par son éleveur. Le coq était également transporté avec beaucoup de précaution pour ne pas risquer d’altérer sa chair et son éclat.

C’est donc installé dans une confortable cage, un panier ou autre bagage que le fringant volatile arrivait sur le marché. La locution “être comme un coq en pâte” émane du contexte que nous venons de décrire et plus précisément, des formules employées à cette époque-là.

Un "coq de panier" ou "coq de bagage" faisait en effet référence à un animal particulièrement bien soigné dans le but d’augmenter sa valeur. Le terme “pâte” s’est introduit au XVIIe siècle avec pour effet de renforcer l'idée de confort, comme évoqué dans la première édition du dictionnaire de l’Académie française (1694) : « On dit proverbialement d’un homme qui est fort à son aise dans quelque lieu, qu’Il est là comme un coq en pâte. Quelques-uns le disent aussi d’un homme qui est enveloppé d’oreillers, de couvertures, etc. en sorte qu’il ne peut se remuer qu’avec peine.

Pourquoi le mot “pâte” a été choisi ? Le coq serait-il engraissé au pâté pour conserver sa prestance et sa tendreté ? Serait-il cuit dans une pâte ou un pâté ? La pâte en question serait une lotion spécifique confectionnée par les éleveurs. L’expression “comme un coq en pâte“ reflète l’image d’une volaille enroulée dans une pâte (feuilletée par exemple) prendrait d’abord la direction du four avant d’être posée sur la table des nobles.

Contre toute attente, il semblerait que l’oiseau n’ait jamais été cuisiné en pâte. En revanche, les seigneurs raffolaient de pâtés en croûte. Au Moyen Âge, il faut savoir que la croûte ne se destinait pas à la consommation mais contribuait à une bonne cuisson et une meilleure conservation. Au fil des décennies, les pâtissiers ont élaboré une pâte comestible. Si aujourd’hui cette préparation est particulièrement prisée - car elle maintient l’humidité et les arômes - elle ne renferme jamais un pâté de coq. Hormis au vin, cette volaille n’est quasiment plus consommée de nos jours car sa chair ferme et son parfum fort ne sont pas au goût de tous.

André Gide, lui, s’est inspiré de l’expression “comme un coq en pâte” pour créer le mot “coqempâté” au sens de vivre dans l’aisance, de bien manger au point de s’empâter (prendre du poids) : « Hier, jeudi, Francis Jammes et sa jeune femme sont venus déjeuner. J'ai été les chercher à l'arrivée du train de Soissons. J'ai trouvé un Jammes très épaissi, très coqempâté par le mariage.

D’hier à aujourd’hui, d’autres auteurs ont employé la locution dans leurs œuvres littéraires.

Exemples d'utilisation de l'expression

  • « Mme de Brissac voit très-facilement le comte de Guiche chez elle : il n’y a point d’autre façon ; on ne les voit guère ailleurs. Elle ne va point souvent chez M. de la Rochefoucauld ; Mme de la Fayette est à sa petite campagne : je ne vois aucune liaison entre eux et cette duchesse. Cette dernière contemple son essence comme un coq en pâte : vous souvient-il de cette folie ?
  • « J'étais comme un coq en pâte. On me fêtait. On ne me perdait pas un moment sans me regretter. J'étais leur petit Rameau, leur joli Rameau.
  • «… aujourd'hui, au lieu de vivre en pétrousquin avec un tas d'imbéciles, tu vivrais comme un coq en pâte, au coin d'un bon feu, et tu ferais ton piquet avec les ratichons.
  • « Calvâsse! vraiment? Je croyais que les correspondants parlementaires étaient détendus comme des coqs en pâte.
  • « J'ai entendu ce reproche que la société traite mieux ses délinquants que ses honnêtes gens. Et que les détenus, en somme, sont en prison comme des coqs en pâte.

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