Chaîne Alimentaire en Forêt Tropicale : Exemples et Enjeux

En écologie, le terme "chaîne alimentaire" désigne une succession de relations alimentaires existant entre les organismes (bactéries, végétaux, animaux) vivant dans un même écosystème. La notion de chaîne alimentaire est très importante pour comprendre les relations d'interdépendance qui existent entre les différents organismes peuplant un écosystème.

Diminuer la population d'une proie, par exemple, aura un impact négatif sur toutes les espèces qui s'en nourrissent ; à l'inverse, diminuer la population d'un prédateur aura pour conséquence une prolifération de ses proies. On associe souvent la place d'un organisme dans une chaîne alimentaire à son niveau trophique (producteur, consommateur primaire, secondaire, etc.). D'autre part, les chaînes alimentaires peuvent se croiser : une espèce peut, par exemple, se nourrir de juvéniles d'espèces qui sont normalement situés après lui dans la chaîne alimentaire.

Pour bien comprendre ces dynamiques, il est essentiel de se pencher sur l'environnement particulier des forêts tropicales.

La Jungle : Un Écosystème Unique

Le terme « jungle » désignait à l’origine une forme de végétation typique de l’Inde, caractérisée par une large proportion d’arbres d’aspect irrégulier. Par extension, il fait désormais référence à un certain type de forêt. On parle généralement de jungle pour désigner une partie de la forêt tropicale humide.

Sous les tropiques, les rayons du soleil frappent le sol à la verticale, ce qui permet de maintenir en permanence des températures élevées. Dans ces conditions, les jungles ne connaissent pas l’alternance des saisons. Résultat, la chaleur entraîne chaque jour l’évaporation d’une grande quantité d’eau qui se condense en nuages au-dessus de la canopée et favorise les précipitations quotidiennes. Les conditions idéales au développement d’une faune et d’une flore paradisiaques.

Au sommet, les arbres les plus imposants, dont certains peuvent mesurer jusqu’à 100 mètres de haut, forment la canopée. Ce sont eux qui reçoivent directement la lumière du soleil. Plus bas, dans les strates inférieures, la végétation est également partout. Dans la jungle, le vide n’a pas sa place.

Entre les teintes rougeoyantes des heliconias et les étranges pétales boursouflés des tulipes perroquet, tout s’est recouvert de mousse, y compris les roches et les carapaces de certains animaux. Au ras du sol, la lumière peine à se frayer un chemin et l’obscurité est constante. Les plantes et les arbustes varient de quelques centimètres à quelques mètres de haut et se sont dotés de feuilles larges capables de capter le moindre rayon du soleil.

Dans la jungle, où les ressources abondent mais ne s’obtiennent qu’au prix d’une lutte sans merci, chacun a développé les mécanismes destinés à assurer sa propre survie. Sur l’île de Bornéo par exemple, au cœur de la jungle malaise, pousse la rafflésie, une fleur parasite pouvant atteindre jusqu’à 1 mètre de diamètre et peser jusqu’à 10 kilos !

Quant au sous-sol, il reste le théâtre de la décomposition des animaux et des végétaux morts par les mousses, les champignons et les micro-organismes. La matière organique ainsi créée contient tous les nutriments essentiels au développement des plantes.

Pyramide trophique illustrant les niveaux d'énergie dans une chaîne alimentaire.

Biodiversité et Vie dans la Jungle

On prête aux populations autochtones qui y résident encore un passé agité, entouré de mystères. Quoi qu’il en soit, l’Homme ne fait ici que figure de minorité au cœur d’une biodiversité florissante. Dans la jungle amazonienne, près de 70% des animaux vivent dans la canopée parmi lesquels une large diversité d’oiseaux. Chimpanzé, nasique, mandrill, maki catta, et bien sûr le singe hurleur, reconnu pour être l’animal le plus bruyant au monde avec un cri portant jusqu’à près de 5 km.

Une vie bouillonnante que l’on retrouve également sous les flots. L’Amazone abrite en effet quelques milliers d’espèces sous-marines en tous genres qui ont su s’adapter à leur milieu au fil du temps. Raies d’eau douce, caïmans, dauphins roses ou gris se pressent aussi dans le lit du fleuve tout comme les piranhas, mondialement reconnus pour être de redoutables prédateurs.

Continuellement humide, entourée de la vaste quantité de vapeur d’eau qu’elle produit, la jungle est une alliée indispensable dans la régulation du climat et la lutte contre le réchauffement climatique. Des missions essentielles que la jungle ne peut assurer que grâce au maintien de sa biodiversité qui est, comme nous l’avons vu, tout à fait extraordinaire. En Amazonie ou à Bornéo par exemple, les jungles accueillent parfois plus d’espèces d’arbres différentes sur un demi-kilomètre carré que dans toutes les forêts tempérées d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie réunies !

Dans la jungle, les découvertes ne s’arrêtent jamais puisque de nouvelles espèces animales et végétales continuent d’être recensées chaque année, à raison d’environ 8 par an. Des êtres vivants souvent étonnants et dont les glandes ou les molécules sont dotées de propriétés thérapeutiques, sédatives, anti-inflammatoires, parmi de nombreux autres bienfaits. Aussi les plus petits mammifères et les insectes sont-ils passés maîtres dans l’art du camouflage.

Les plantes carnivores par exemple, indissociables de l’écosystème de la jungle, bouleversent les sens avec leurs couleurs et leurs parfums irrésistibles. Mais le camouflage ne suffit pas toujours et les animaux de la jungle ont développé pour survivre des mécanismes de défense et d’attaque tout à fait étonnants. Les prédateurs de leur côté se sont dotés de sens ultra développés mais aussi parfois de détecteurs thermiques, ultraviolets ou de systèmes à micro-ondes.

Par exemple, les bactéries, les micro-organismes et les insectes présents dans le sous-sol de la jungle comme les termites se nourrissent des plantes et des animaux morts. Mais les insectes entrent également dans le régime alimentaire de bon nombre de mammifères et notamment des primates qui de leur côté participent activement à la dissémination des graines.

En parallèle du travail des pollinisateurs tels que le colibri par exemple qui se régale du nectar des fleurs, les singes, les oiseaux et de nombreux animaux de toutes tailles aident en effet à la propagation des graines en consommant des fruits et en se déplaçant à travers la jungle.

Autrement dit, la jungle est tout sauf un espace figé.

Animation - les chaînes alimentaires

Menaces et Conservation

Et pourtant, même au cœur de la jungle la plus épaisse, les bouleversements climatiques laissent déjà leur marque. Un effet d’autant plus préoccupant que la jungle est également soumise à d’autres menaces. Là où les jungles du monde correspondaient à l’origine à de vastes étendues sauvages très peu touchées par l’Homme, on constate qu’elles sont aujourd’hui de plus en plus morcelées au profit de l’agriculture et de l’aménagement urbain.

Pourtant, en dépit des interdictions, les projets d’aménagement se poursuivent et la déforestation ne cesse de gagner du terrain. Le procédé n’épargne aucune jungle de la planète. À cela s’ajoutent parfois d’anciennes superstitions qui pèsent un peu plus lourds encore sur la survie des espèces. Avec sa fourrure sombre, ses yeux rouges et ses longs doigts griffus, l’aye-aye est un étrange primate que l’on peut observer la nuit dans les forêts de Madagascar.

Des menaces qui n’épargnent pas non plus les plus gros félins comme le guépard ou la panthère, tous deux réduits à de simples trophées de chasse ou tués pour leur peau. Pour d’autres espèces comme le gecko à crête que l’on retrouve en Nouvelle-Calédonie, la menace est beaucoup plus insidieuse et prend la forme d’autres animaux comme la fourmi de feu.

Quant aux plantes, le bilan est tout aussi préoccupant. Certaines formes d’hibiscus sont d’ores et déjà considérées comme vulnérables tandis que l’acajou des Antilles ou le ficus reculent régulièrement du fait de leur exploitation massive ou de la perte de leur habitat.

On les imagine généralement vierges et totalement préservées de l’action humaine pourtant, rares sont les jungles du monde à être encore vraiment intactes.

Royaume absolu de la végétation où chaque instant est une lutte pour survivre, la jungle est l’un des plus parfaits exemples de la capacité de résilience de la nature. Ici, plantes à fleurs, arbustes, arbres, insectes, oiseaux et mammifères font preuve d’une imagination extraordinaire, résultat de millions d’années de perfectionnement.

Malgré tout, même l’écosystème le plus performant a ses limites, et les jungles du monde sont de plus en plus poussées au-delà des leurs.

Les forêts tropicales regroupent toutes les zones boisées situées entre les tropiques du Cancer et du Capricorne. Elles couvrent environ 35 % des terres émergées intertropicales et représentent presque la moitié des forêts du monde. Les principaux massifs sont l’Amazonie, la forêt du bassin du Congo et celle d’Asie du Sud-Est.

Théoriquement, une forêt primaire est le fruit d’une dynamique naturelle multiséculaire dont l’humain serait exclu. En réalité, la présence de l’homme est attestée de longue date par de nombreux vestiges archéologiques, y compris dans les grands massifs forestiers comme l’Amazonie ou le bassin du Congo.

Ces habitants peuvent exploiter le bois ou pratiquer l’agriculture itinérante en défrichant la forêt. Une dynamique forestière naturelle se réinstalle après l’abandon de ces cultures temporaires. Cette nouvelle forêt est constituée d’espèces pionnières à croissance rapide et porte le nom de forêt secondaire.

Après plusieurs siècles, sa composition floristique et sa structure redeviennent semblables à celles des forêts primaires.

Pour accélérer le retour de la forêt, pour améliorer sa productivité ou recréer un environnement forestier, l’homme plante des arbres. Ces plantations forestières comportant généralement un nombre réduit d’espèces souvent sélectionnées, plus aisées à gérer et plus productives.

Diversité des Forêts Tropicales

Lorsqu’on pense aux forêts tropicales, la jungle et sa végétation luxuriante nous viennent immédiatement à l’esprit. Mais, au-delà du cliché, les forêts tropicales nous réservent bien des surprises dont la première reste leur extrême diversité. Le terme de « forêt tropicale » désigne, en fait, toutes les zones boisées situées entre les tropiques du Cancer et du Capricorne.

La forêt dense humide. Les arbres y sont immenses et empêchent la lumière d’arriver au sol. Dans le sous-bois, les jeunes arbres et arbustes sont peu nombreux. Dès qu’un géant de la forêt meurt et tombe, il entraîne d’autres arbres dans sa chute. Une trouée s’ouvre dans laquelle une compétition farouche pour la lumière va commencer.

Il existe deux sortes de forêts sèches : les forêts denses, rares, et les forêts claires, beaucoup plus fréquentes. Les arbres y sont petits, les troncs massifs et courts. Ils dépassent rarement 20 mètres de hauteur. Leur sous-bois contient de nombreux arbustes.

Ces forêts sont souvent menacées par des incendies ravageurs. On trouve ces forêts dans les zones avec une période sèche bien marquée. Elles sont situées en Afrique, dans les zones soudano-guinéenne et zambienne, sur la côte ouest de Madagascar, en Inde, dans la péninsule indochinoise et en Amérique tropicale.

Les mangroves sont des forêts qui vivent entre eau de mer et eau douce dans la zone de marée. Leurs arbres, dont les fameux palétuviers, ont élaboré diverses stratégies pour gagner du terrain sur l’eau : longues racines qui descendent des branches et s’ancrent dans la vase, germination des fruits sur l’arbre avec une racine en forme de lame de couteau, fruit flottant…

Les mangroves sont parmi les écosystèmes les plus productifs en biomasse de notre planète.

Les forêts de montagne baignent dans les nuages et les troncs sont couverts d’épiphytes : lichens, mousses, broméliacées… La taille des arbres et des feuilles se réduit progressivement et les troncs deviennent de plus en plus tortueux.

À mesure que l’altitude augmente, prédominent des arbres à feuilles persistantes, comme les conifères, puis la forêt disparaît au profit de formations herbacées et buissonnantes.

Les savanes ne sont pas des forêts, puisqu’elles sont essentiellement constituées d’herbes. Cependant, elles peuvent accueillir des arbres ou des arbustes.

On parle alors de savanes arborées ou arbustives, parfois difficilement distinguables de certaines forêts claires, comme le « cerradão » brésilien.

Ressources et Services des Forêts Tropicales

Chasse et cueillette sont les formes les plus anciennes d’utilisation de la forêt tropicale. Bien après, la forêt est devenue une réserve de terres agricoles pour la culture itinérante sur brûlis. La pratique du pâturage et de l’élevage du bétail s’est également développée dans les forêts sèches et les savanes arborées.

La forêt tropicale fournit encore aux populations du gibier, des fruits, des résines, des fibres, du fourrage, des médicaments, des colorants… et bien évidemment du bois.

Dans les grandes villes d’Afrique tropicale comme Kinshasa, Niamey ou Ouagadougou, le bois est d’abord une ressource énergétique, utilisée pour cuire les aliments. Il provient essentiellement de plantations villageoises traditionnelles.

Aujourd’hui, de grands groupes sidérurgiques utilisent du charbon de bois à la place du charbon fossile, ils investissent dans des plantations d’eucalyptus, notamment au Brésil.

Le bois d’œuvre provient encore principalement des forêts naturelles, mais également d’espèces plantées comme les pins tropicaux, les tecks, les eucalyptus et les acajous.

Beaucoup de bois tropicaux ont une valeur élevée pour la construction de charpentes, de meubles ou de parquets, et font l’objet d’un commerce international.

La pâte à papier est le principal débouché des plantations forestières, car les industriels ont besoin d’un produit calibré, aux propriétés homogènes. 30 % de la pâte à papier mondiale provient des plantations d’eucalyptus.

La consommation annuelle de papier et de carton est d’environ 60 kg par habitant dans le monde, 170 kg en France. Elle augmente d’environ 3 % par an. Il serait impossible de la satisfaire en utilisant uniquement les forêts naturelles.

Toutes les parties des arbres sont utiles. Les fines branches sont utilisées en vannerie. Les feuilles sont mangées en légumes ou utilisées comme condiment dans les sauces, comme celles du baobab, riches en calcium.

Quand l’herbe manque en fin de saison sèche, les feuilles de nombreux arbres et les gousses, comme celles du faidherbia, complètent l’alimentation du bétail. Les écorces servent à fabriquer cordes et tissus, et entrent souvent dans la composition de médicaments.

La sève de boswellia fournit l’encens, celle de certains acacias, la gomme arabique, et celle de l’hévéa du latex, qui peut être transformé en caoutchouc. Le fruit de vitellaria donne le beurre de karité, connu pour ses vertus alimentaires et cosmétiques. La noix de cola a des effets toniques. La liste est longue…

40 % à 70 % des médicaments actuels sont issus ou synthétisés à partir de substances naturelles, dont beaucoup proviennent des forêts tropicales. En Amazonie, les graines de l’andiroba (Carapa guianensis) renferment une huile aux propriétés antimoustiques et cicatrisantes ; le tronc de la copaiba (Copaifera reticulata) contient une oléorésine puissamment cicatrisante, aux propriétés antiseptiques et anti-inflammatoires.

Services Écosystémiques

La forêt ne fournit pas que du bois, des fruits, de la viande de brousse ou des médicaments. Elle apporte aussi d’autres bénéfices, moins visibles, mais qui participent au bien-être général des humains : ce sont les services environnementaux.

Les racines de certains arbres vivent en symbiose avec des bactéries qui améliorent la fertilité du sol. Elles favorisent l’infiltration d’eau de pluie qui recharge ainsi les nappes phréatiques et limite l’érosion et les glissements de terrain. En brisant les vagues, les mangroves et les forêts littorales tropicales protègent les populations lors des tempêtes. En retenant l’humidité, les forêts régulent le climat localement.

Par exemple, si l’Amazonie disparaissait, le climat du continent sud-américain connaîtrait des changements majeurs avec de longues périodes de sécheresse. Ces services sont encore mal connus, et d’autres peuvent être répertoriés à l’avenir. Les forêts jouent également un rôle important dans l’agrément des paysages et dans le maintien de la biodiversité animale et végétale.

Grâce à la photosynthèse, les feuilles des arbres libèrent l’oxygène indispensable à toute vie sur terre, mais surtout, elles captent et stockent le carbone atmosphérique dans les différentes parties de l’arbre. Pour produire un mètre cube de bois, un arbre transforme une tonne de gaz carbonique et participe ainsi à l’atténuation du changement climatique. La séquestration du carbone est reconnue comme un service environnemental.

Les paiements pour services environnementaux existent depuis longtemps, mais leur mondialisation est récente. Le principe est le suivant : les bénéficiaires des services environnementaux payent les propriétaires ou les usagers locaux s’ils adoptent des pratiques qui préservent ou qui restaurent l’écosystème.

Par exemple, une collectivité finance un boisement en amont pour éviter l’érosion en aval. Le contrat porte soit sur une surface, qui peut être une aire protégée, soit sur un produit, où le consommateur paye une prime « verte » pour un bien produit selon des normes environnementales, soit encore sur des restrictions d’usage, par exemple l’interdiction de la chasse aux grands singes.

Si le principe de ces paiements est simple, leur mise en œuvre est beaucoup plus complexe. Dans le cas des gorilles, combien faut-il payer pour leur protection et celle de leur habitat ? Est-ce la valeur du kilo de viande sur le marché ? La valeur des arbres que l’on aurait pu vendre en abattant la forêt ? Celle des circuits touristiques que l’on pourrait organiser ? Ou bien la somme de tout cela ? Et qui doit payer.

Le matériau bois est peu gourmand en énergie « grise », qui est la somme des énergies nécessaires à sa production, à sa fabrication, à son utilisation et enfin à son recyclage en fin de vie. Il consomme 4 fois moins d’énergie que le béton, 200 fois moins que l’aluminium, et jusqu’à 4 000 fois moins que la fibre de carbone. De plus, les produits de traitement du bois, de collage ou ceux utilisés pour la finition sont de plus en plus respectueux de l’environnement.

L’arbre, en poussant, accumule également le carbone de l’atmosphère dans le bois. Lorsque le bois est transformé en matériau, il conserve pendant de nombreuses années le carbone qu’il a piégé, alors que s’il est brûlé, il relâche ce même carbone dans l’atmosphère.

Il est capital de bien connaître les essences tropicales et leurs propriétés pour réaliser des produits en bois performants et adaptés aux besoins. Les bois tropicaux possèdent souvent une durabilité naturelle. Leur étude permet d’identifier les composés chimiques à l’origine de cette incroyable résistance aux agressions.

De plus, les populations qui exploitent les forêts naturelles pour leur bois ont tout intérêt à diversifier les essences commercialisées grâce à des espèces peu utilisées. D’une part pour optimiser la valorisation des surfaces exploitées en tirant le meilleur parti des essences jusqu’à présent délaissées telles que le monghinza, le niové, ou encore l’okan, d’autre part, pour limiter la pression sur les essences phares telles que le sapelli, l’ayous ou l’iroko.

Matière première d’une infinité d’objets, des archets aux charpentes, les essences tropicales sont employées dans tous les domaines de l’activité humaine. Le teck contient des composés phénoliques qui le rendent extrêmement résistant aux champignons et aux termites. Pour cette raison, ainsi que pour ses qualités esthétiques, la demande mondiale ne cesse d’augmenter.

Originaire de la région indo-birmane, il a été surexploité dans son milieu naturel. Il provient aujourd’hui de 3 à 4 millions d’hectares de plantations situées dans toutes les zones tropicales, principalement en Asie. Les variétés sélectionnées peuvent être coupées au bout de 15 à 20 ans dans de bonnes conditions de croissance, mais dès 10 ans il est possible de valoriser les bois d’éclaircie. Le bois de teck certifié garantit que l’arbre est issu d’une forêt gérée de façon durable.

L’azobé est un bois très lourd, qui ne flotte pas. Il est utilisé dans les travaux hydrauliques et pour les traverses, grâce à sa grande résistance, en particulier aux tarets, des mollusques bivalves qui s’attaquent aux bois immergés. On le rencontre en Afrique de l’Ouest et du Centre. Les ébènes, dont les teintes évoluent du noir le plus uniforme aux bruns foncés, sont utilisées en placages, notamment pour les instruments de musique de luxe. On lui doit le mot « ébéniste ». Ils sont présents dans toutes les zones tropicales.

L’amarante est un bois luxueux, à la couleur violacée, très prisé en ébénisterie. On le trouve en Amérique du Sud tropicale.

Le cedro dégage une odeur forte et agréable, c’est le bois des boîtes à cigares. Il provient d’Amérique latine et de la Caraïbe.

L’amourette, un bois brun-rouge violacé aux nombreuses taches foncées, sert à la fabrication des archets. Il est originaire d’Amérique latine.

Le tali est un bois lourd, dur et très résistant. Il a longtemps été employé en Europe, avant le béton, pour les traverses de chemin de fer et il l’est encore en Afrique.

tags: #chaine #alimentaire #foret #tropicale #exemples

Articles populaires: