Pourquoi est-il si difficile de casser un spaghetti en deux ? La science a la réponse

Qui l'eût cru ? Le spaghetti obsède les scientifiques depuis près de cent ans. Quiconque a, pour une raison ou une autre, dû casser des spaghettis avant de les cuire le sait : couper ces pâtes en deux morceaux nets est impossible. Au mieux, l'on obtient trois morceaux. Cependant, la science est venue à votre rescousse. Après des décennies de recherches, la réponse est dans une rotation.

En effet, si vous tentez de casser un spaghetti, vous constaterez qu’il se casse systématiquement en trois morceaux car une onde de surcourbure se propage dans le spaghetti lors de la flexion ce qui va occasionner une cassure supplémentaire. Mais alors, comment faire pour le casser en deux ? Des scientifiques se sont penchés sur le sujet, et la méthode qui fonctionne, c’est tout simplement de les torsader.

Découvrons ensemble l'histoire de cette énigme et la solution scientifique pour la résoudre.

Le mystère du spaghetti, un défi scientifique de longue date

Le spaghetti passionne les scientifiques depuis longtemps. En 1939 déjà, le prix Nobel Richard Feynman a passé des soirées à tenter de comprendre pourquoi ces segments de pâtes sèches se coupent systématiquement en trois à cinq segments.

Comment casser un spaghetti en seulement deux morceaux ?

Il y a même un prix Nobel de physique, Richard Feynman, qui a travaillé là-dessus. Si vous essayez d’en casser un en le tordant, il se brisera toujours en trois morceaux ou plus…mais jamais en deux !

En 2005, des chercheurs français de l’université Pierre et Marie Curie ont résolu l’énigme : au moment où on courbe le spaghetti, dès la première brisure, il se forme une onde, élastique, de flexion, qui se propage à travers la tige, de bout en bout, torsion qui déclenche de nouvelles cassures !

L'étude de 2005 : la dynamique du spaghetti

Les physiciens français Basile Audoly et Sébastien Neukirch -université Paris-VI- ont rendu publics les résultats de leur étude sur la dynamique du spaghetti : quand une tige est pliée au-delà de sa limite de courbure, il y a bel et bien, au point le plus bombé, une cassure unique. Or, celle-ci génère des ondes élastiques tout le long du spaghetti, ce qui déclenche de nouvelles ruptures. Ceci explique l'impossibilité de n'obtenir que deux morceaux. Cette découverte leur a valu un Ig Nobel, des prix pastiches récompensant les recherches scientifiques les plus absurdes "mais quand même utiles".

La solution : la torsion

Finalement, il y a trois ans, ce sont des chercheurs du M.I.T. (la prestigieuse université américaine) qui ont découvert le moyen d’en finir avec cette « malédiction de la nouille » !

La découverte du MIT : Tordre pour mieux casser

Un duo d'étudiants du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a approfondi ces études. Ronald Heisser et Vishal Patil, aidés de Norbert Stoop et Emmanuel Villermaux, ont publié mi-août dans le Proceedings of the National Academy of Sciences leur trouvaille : pour casser un spaghetti en deux, il faut d'abord le tourner sur lui-même à presque 360° puis le plier doucement. La torsion permet en fait de fragiliser la tige et, lorsque la coupure s'effectue, elle évite l'effet des ondes élastiques repérées par les Français en 2005.

L’énergie de torsion se diffuse avant celle de la flexion, et permet donc de dissiper l’énergie de cette dernière et ainsi éviter les cassures supplémentaires.

Des mois de tests ont été nécessaires pour confirmer cela, et des centaines de pâtes -"Barilla n°5 et n°7", plus précisément- ont été tordues et brisées. Des images et graphiques sur le site du MIT montrent clairement les effets.

Conséquences au-delà de la cuisine

Si cela peut sembler cocasse, il n'en demeure pas moins que l'explication scientifique a un impact réel, outre en cuisine, sur les tiges en divers matériaux, les nanotubes et même en biologie (les microtubules notamment). Le modèle mathématique peut servir pour déterminer le degré exact de torsion nécessaire à une brisure nette.

Implications culturelles et controverses culinaires

Reste que, trouvaille scientifique ou non, il est considéré comme un sacrilège par les Italiens de couper les pâtes avant de les cuire, et même après. Dans certaines régions d'Asie, cela est même vu -selon les nouilles - comme un porte-malheur, le symbole d'une vie écourtée.

Voici un récapitulatif des différentes études et découvertes mentionnées dans l'article :

Année Chercheurs Découverte
1939 Richard Feynman Observation que les spaghettis se cassent en 3-5 morceaux
2005 Basile Audoly et Sébastien Neukirch Explication de la propagation des ondes élastiques causant des cassures multiples
Mi-août Ronald Heisser et Vishal Patil, Norbert Stoop et Emmanuel Villermaux Pour casser un spaghetti en deux, il faut d'abord le tourner sur lui-même à presque 360° puis le plier doucement.

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