Casque Colonial "Pain de Sucre": Histoire et Évolution d'un Symbole

L'humanité utilise des couvre-chefs depuis longtemps pour se protéger la tête des agressions extérieures ou par souci esthétique. Depuis l'ancêtre du bonnet de la période antique, de nombreux types de chapeaux ont vu le jour. Le port était la norme dans de nombreuses parties du monde, avant un brusque déclin pendant les années 60. Les chapeaux pour homme sont revisités et deviennent des accessoires de mode dans les années 80-90. Le chapeau a généralement une fonction utilitaire, esthétique ou sociale.

Ce terme vient du mot médiéval « chapel », lui-même issu du latin « caput » (pour tête). Il désigne un couvre-chef porté à l'origine pour se protéger des intempéries ou de l'ensoleillement. Il devient un symbole de nationalité, de branches ou de rang dans le milieu militaire. Il peut aussi être un indicateur de statut social ou du métier du porteur. Aujourd'hui, cet accessoire vestimentaire montre la sensibilité de celui qui le porte et dévoile un aspect de sa personnalité.

Dans l'histoire, le premier grand développement dans l'histoire du chapeau est la découverte du feutre. Ce matériau a l'avantage d'être imperméable. Il protège encore mieux des agressions extérieures et apporte un réel confort.

Les chapeaux font partie de la garde-robe humaine depuis des milliers d'années. Il n'a pas été trouvé de couvre-chef datant de la Préhistoire, mais cet accessoire est toutefois représenté dans une peinture pariétale datant d'environ 15 000 ans av. J.-C. dans une grotte à Lussac-les-Châteaux (centre de la France). On retrouve aussi la représentation d'un homme portant un chapeau de paille de forme conique sur une tombe de Thèbes en Égypte (environ 3200 av. J.-C.).

Le chapeau tel qu'on l'imagine remonte à l'Antiquité. À l'époque, il servait de protection contre les intempéries et comme symbole du statut social. À ses débuts, le chapeau est exclusivement porté par les hommes.

Au fil des siècles, les couvre-chefs ont évolué, reflétant les changements sociaux et culturels. L'époque coloniale a vu l'émergence d'un style vestimentaire distinct, avec le chapeau ou le casque colonial devenant un symbole des représentants des empires jusqu'au 19e siècle.

Vers la fin de l'ère coloniale européenne (première moitié du XX siècle), le casque colonial est devenu la coiffure symbole de l'occupant, porté par les Européens, hommes, femmes et enfants, ainsi que par les missionnaires.

Depuis que la France s'est construit un empire colonial principalement en Afrique et en Asie, l'intendance militaire a toujours fourni à ses troupes des équipements adaptés aux zones chaudes. La protection du crâne n'échappa pas à la règle, bien que ces casques furent conçus plus pour la protection contre le soleil que contre des projectiles à haute vélocité.

Un chapeau, je présume: l'histoire du Casque Colonial

Les Origines Militaires du Casque Colonial

Le premier casque tropical créé pour les troupes françaises dans les colonies fut le modèle 1886, surnommé "pain de sucre" en raison de sa forme. Les corps de gendarmerie en furent dotés. Ce casque, fabriqué en liège recouvert de tissu, arborait à l'avant une grenade métallique.

Casque colonial britannique

Le modèle 1886 restera en dotation au sein des forces française en place en "zone chaude" jusqu'à la fin des années 30, période durant laquelle fut mis au point le casque de liège modèle 31, calqué sur les casques en dotation dans l'armée anglaise.

Certaines armées d'Asie du Sud-Est ont adopté le casque colonial européen (le bodai au Vietnam et le gun knock en Thaïlande).

Évolution et Adaptations du Casque Colonial

Le casque de liège M31 équipa également la Gendarmerie durant les années 30, mais aussi durant la seconde guerre mondiale. Au lendemain de la guerre, ce casque servira notamment lors de la guerre d'Indochine.

C'est pourquoi la société Guéneau-Géno développa à la fin des années 40, un casque destiné au maintien de l'ordre en zones tropicales.

Les unités de la Gendarmerie, tant départementale que mobile, en furent dotées dans les départements et territoires d'outre-mer, ainsi qu'en Afrique noire dans le contexte d'après guerre où émergèrent de nombreux mouvements pour l'indépendance des colonies.

Ce nouveau casque, fabriqué en stratifié polyester doublé de liège, est isotherme, léger, aéré et confortable et offre une bonne protection aux coups. Sa forme circulaire n'est pas sans rappeler le casque plat Mark II britannique.

Les Variantes du Casque Guéneau

Durant sa production, le casque Gueneau de maintien de l'ordre sous les Tropiques évolua peu à peu, donnant ainsi naissance à trois variantes bien distinctes :

  • Premier modèle: Équipé d'une coiffe maintenue par un lacet.
  • Second modèle: Avec une suspension de coiffe rivetée.
  • Troisième version: Comportant tous les éléments intérieurs du sous-casque modèle 51 du troisième type.

Ces casques, destinés à équiper la Gendarmerie en Afrique noire et dans les DOM-TOM (Département d'Outre-mer et Territoire d'Outre-mer), connaîtront un important succès à l'exportation, notamment au Dahomey (devenu le Bénin depuis 30 novembre 1975), au Tchad ou en Côte d'Ivoire, après leur indépendance.

La coque est formée par moulage d'une seule pièce en stratifié polyester dur et rigide et teintée kaki dans la masse. La surface de moulage est fortement grenelée, donnant ainsi au casque un aspect granité, réduisant ainsi les reflets du soleil.

Sur le modèle du second type, la fixation de la coiffe ne s'effectue plus à l'aide d'un lacet et pour cette raison, les douze trous pratiqués sur la périphérie disparaissent. De plus, les deux fentes frontales, permettant la fixation d'un attribut, disparaissent au profit de deux petits pontets métalliques rivetés à l'avant du casque. Ce modèle est désormais muni de deux trous d'aération pratiqués de chaque coté sur le tiers supérieur du casque, qui sont renforcés d'un œillet métallique.

La bombe du modèle de troisième type est d'une fabrication simplifiée et ne présente plus le double fond. La coiffe est constituée par une bande de cuir dont le repli est cousu sur une bande de toile à gros grain. Ainsi doublée, elle s'enfile sur elle-même, ce qui permet le réglage du tour de tête. Six bandes de cuir y sont fixées. Leurs deux extrémités sont repliées et cousues en fourreau. Elles se rejoignent au sommet grâce à un lacet passant dans les six fourreaux supérieurs, constituant ainsi le fond de coiffe.

Le système de lacet de fixation de la coiffe disparaît. La bombe est munie d'un cerclage constitué d'une bande de toile forte de coton, riveté à chaque extrémité des deux bandes de toile, et aussi entre chacune d'elle aux six trous pratiqués sur le pourtour de la coque.

Le maintien sur la tête est assuré par un bandeau de tour de tête, constitué d'une bande de cuir de couleur marron foncé, cousue sur une bande de toile réglable à l'aide d'une boucle à double passant.

Les 1er et second modèle comporte l'étiquette en fine toile du fabricant collé au fond du casque, souvent absente en raison de la fragilité de celle-ci. Cette étiquette comporte la raison sociale de l'entreprise qui est Guéneau - Geno située au 6, Faubourg Saint Honoré à Paris 8ème.

En conclusion, le casque colonial "pain de sucre" et ses évolutions témoignent de l'adaptation des équipements militaires aux conditions climatiques et aux besoins spécifiques des forces coloniales françaises. Son histoire reflète également les changements sociaux et politiques de l'époque, ainsi que l'évolution des techniques de fabrication et des matériaux utilisés.

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