Bar-le-Duc : Histoire et Éclat d'une Ville d'Art et de Pains

Bar-le-Duc, une ville de 14 000 habitants (18 000 pour l'agglomération), est l'ancienne capitale du Duché de Bar. De cette époque faste, Bar-le-Duc a conservé toute sa magnificence et son élégance. C'est d'ailleurs l'une des rares villes de la région Grand Est à bénéficier du précieux label Ville d'Art et d'Histoire.

Bar-le-Duc jouit d'une ville haute et d'une ville basse ayant chacune leur personnalité. Les façades en pierre blonde de la ville haute lui donnent un air presque méridional. Avec son long Boulevard de La Rochelle, la ville basse est quant à elle plus active et plus commerçante.

Pour les plus gourmands, sachez que la spécialité de Bar-le-Duc est la confiture de groseilles épépinées à la plume d'oie. On raconte que cette confiture était le péché mignon d'Alfred Hitchcock... Peut-être pour sa couleur rouge!

Mais au-delà de sa confiture, Bar-le-Duc est une ville riche en histoire et en culture. Voici un aperçu de ce que vous pouvez y découvrir :

Découverte de Bar-le-Duc : Parcours et Monuments

La carte de Bar-le-Duc comporte un parcours rouge (principal) de 4 km à pied (retour inclus) et un parcours vert. Les lieux en rouge sont présentés dans le sens de visite.

Théâtre de Bar-le-Duc

Sur la façade, remarquez l'inscription ˝Café des Oiseaux˝; il s'agissait d'un café logé derrière le théâtre et auquel les clients accédaient par un couloir situé à droite du théâtre. Très populaire, ce café présentait une collection de 5·000 animaux naturalisés (collection dispersée après la Première Guerre Mondiale) et comportait une fontaine en son centre (transférée sur l'esplanade du château). L'origine du théâtre remonte au 18e siècle, mais il fut remanié à plusieurs reprises, notamment pour des raisons de sécurité. L'édifice actuel date de 1850. C'est dans ce théâtre que fut projeté le premier film de cinéma dans la ville, en 1896.

Le Château des Ducs de Bar

Ce bâtiment (Neuf-Castel) du 16e siècle est le seul vestige de l'ancien château des ducs de Bar, dont le roi Louis XIV ordonna la destruction au 17e siècle. Installé sur un piton rocheux dominant la ville, le château d'origine fut édifié au 10e siècle, mais il fut beaucoup agrandi et embelli au 13e siècle (et au 15e siècle), lorsque les comtes de Bar fixèrent leur cour dans la ville aux dépends de la ville de Mousson.

Au 17e siècle, le duc de Bar (Henri II) s'opposa au roi de France (Louis XIV) auquel il faisait en principe allégeance. Les troupes françaises occupèrent la ville et Louis XIV fit détruire le château.

Depuis l'esplanade du château, profitez d'un beau panorama sur Bar-le-Duc.

La Tour de l'Horloge

La tour doit son nom à la grosse horloge installée à la fin du 14e siècle.

Rue des Ducs

Cette rue aristocratique était prisée par les nobles qui y firent construire de belles demeures et hôtels particuliers. Sur la place, au n° 12, belle maison Renaissance du 16e siècle (Maison Morel), et au n° 3, vestiges des anciennes halles du Moyen-Âge.

Canal des Usines

Outre la régulation du débit de la rivière Ornain, ce canal avait pour fonction d’alimenter en eau le nouveau quartier du Bourg, bâti sur la rive gauche, et de développer les activités artisanales, comme la tannerie.

Parc de l'Hôtel de Ville

Ce joli parc arboré, traversé par un canal (Canal des Usines), est orné de plusieurs œuvres d'art et d'un temple circulaire à colonnes doriques. Le kiosque à musique date de 1887 alors que les grilles et la porte monumentale datent de 1891. L'élégant hôtel de ville date quant à lui de 1803. Avant d'héberger la mairie en 1868, le bâtiment appartenait au maréchal Oudinot qui y reçut l’empereur Napoléon à plusieurs reprises.

Boulevard de la Rochelle

Principale artère commerçante de la ville. Sur le boulevard, au numéro 32, remarquez l'hôtel des postes. Ce magnifique château de style Belle Époque fut construit au début du 20e siècle. Appartenant à un banquier local, le château disposait d'un confort optimal, avec ascenseur, téléphone, chauffage, eau chaude, et électricité à tous les étages! Il abrite aujourd'hui une médiathèque.

Église Notre-Dame

Souvent remaniée au fil des siècles, l’église est un mélange de styles architecturaux. À l’intérieur, œuvres d’artistes locaux. Lorsque elle fut inaugurée en 1880, cette église ne comportait que le cœur (≡ là où se place le prêtre) et le transept (≡ grande allée se prolongeant de chaque côté du chœur). L'église mêle les styles néo-byzantin (≡ imitant le style byzantin du 6e au 15e siècle) et néo-roman (≡ imitant le style roman du 10e au 12e siècle).

Monument à Michaux

Devant l'église, remarquez la fontaine et son abondance de poissons. Sur le monument, remarquez l'ange joufflu placé devant un vélocipède. La sculpture en bronze n'est pas d'origine, puisque l'original fut fondu par les Allemands en 1942 afin de fabriquer des armes.

Pour créer leur vélocipède, les Michaux eurent l'idée d'ajouter des pédales sur une draisienne (ancêtre de la bicyclette que l'on faisait avancer par l'action alternative des pieds sur le sol). Les pédales des vélocipèdes étaient fixées directement sur la roue.

Pont de la Chapelle

La particularité de ce pont est la chapelle qui se trouve sur l'une de ses piles. L'origine du pont remonte aux premiers siècles de notre ère; il était alors en bois. Le pont de pierre, tel que nous le connaissons, fut érigé au 14e siècle, mais comme il fut totalement détruit en 1944 par les Allemands, il s'agit d'une reconstitution.

La statue de la Vierge à l'Enfant qui se trouve dans la chapelle date du 17e siècle, elle provient de l'une des portes des anciens remparts.

Bar-le-Duc pendant la Première Guerre Mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, et notamment pendant la bataille de Verdun, Bar-le-Duc joue un rôle essentiel et crucial dans la logistique militaire. La ville accueille alors des hôpitaux militaires, des dépôts et des centres de repos pour les soldats.

Dès la mobilisation partielle ordonnée à la fin de juillet 1914, affluèrent à la mairie les demandes de subsistance de la part des familles dont le chef était appelé sous les drapeaux. Un service de bons de pain fut mis en place, mais après la mobilisation générale, il devint nécessaire de procéder à la distribution quotidienne de vivres aux familles nécessiteuses. Les fourneaux économiques populaires furent créés et une souscription fut lancée.

Durant la bataille de la Marne, en septembre 1914, la ville ne connut pas l'invasion mais en éprouva les sensations. La canonnade assourdissante fit voler en éclats, ou tout au moins, étoila la plupart des vitres. Jour et nuit, les canons et les caissons sillonnaient les rues en convois incessants. Si l'ennemi n'entra pas dans la cité, l'angoisse y était extrême. Isolés du reste du monde, les habitants souffraient du manque d'informations.

Les bombardements de Bar commencèrent réellement en 1915. La cité intéressait l'état-major ennemi, en raison des services de ravitaillement et d'étapes dont elle était un centre important. Le 11 octobre, une pluie de fléchettes fut semée par deux avions. Elles portaient, gravée, une inscription facétieuse : « Invention française, fabrication allemande ».

Le bombardement le plus meurtrier eut lieu le 1er juin 1916, jour de l'Ascension. Soixante-quatre habitants trouvèrent la mort. Des obsèques solennelles eurent lieu deux jours plus tard, transformant la place Exelmans en un temple immense.

Le Renouveau de la Boulangerie Artisanale

Il aura fallu le décret "pain" du 13 septembre 1993 pour relancer un artisanat en décrépitude, dominé par une baguette blanche, insipide et "lessivée". Afin de protéger l'appellation "pain de tradition française", la "baguette tradition" fut instaurée avec un cahier des charges strict : farine pure sans additifs, pétrissage, fermentation longue.

Eric Kayser, à la tête de plus de 60 commerces à travers le monde, fut l'un des premiers à développer la recette et à la propager. Parallèlement, des noms devenus célèbres comme Poilâne, Ganachaud ou Poujauran réhabilitaient la noblesse du levain.

Steven Laurence Kaplan, historien américain francophile, estime que la méconnaissance de l'art du pain est l'un des plus gros problèmes du secteur aujourd'hui : "Il y a une grande ignorance des deux côtés, se lamente-t-il. Le consommateur ne comprend pas ce qu'il mange, préférant le mou et le pas cuit, alors que c'est dans la cuisson et la croûte que tous les arômes s'expriment, et le boulanger ne sait pas parler de ce qu'il fait, ni de l'histoire qu'il y a derrière son pain."

Le public doit comprendre que le pain n'est pas seulement un accompagnement ou un pousse-sauce, poursuit Steven Kaplan. C'est un produit qui a un statut gastronomique en soi, une valeur patrimoniale, ancrée dans la culture.

A l'autre bout de la capitale, Dominique Saibron, boulanger autodidacte passé par la pâtisserie trois étoiles et par Carrefour (pour qui il a créé la fameuse "boule bio"), est un passionné du levain, qu'il agrémente de miel et d'épices. Mais c'est surtout les fermentations longues qui font la volupté de ses produits car, explique-t-il, "c'est ainsi que se développent les arômes".

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