Terre de traditions et de saveurs authentiques, la Bretagne est le paradis des amateurs de crêpes et de galettes. Des crêperies bretonnes sont appréciées des gourmets, chez nous comme dans le monde entier. Mais avant de faire leur entrée dans les commerces, galettes et crêpes ont été un plat domestique à la base de l’alimentation des campagnes. S'il est une spécialité culinaire reconnue comme bien bretonne sur l’ensemble de notre territoire, et même en dehors de nos frontières, ce sont les galettes et les crêpes.
Découvrons ensemble l'histoire et les traditions qui entourent ce plat emblématique, ainsi que quelques adresses incontournables pour déguster les meilleures crêpes de la région.
Bretagne gallèsante et Bretagne bretonnante possèdent la même richesse de vocabulaire et d’expressions populaires concernant la fabrication et la consommation de ce plat typique. On remarquera d’ailleurs que le breton, en général, ne retient pour les nommer que le terme de krampouezh, c’est-à-dire de crêpes, qu’elles soient de froment, krampouezh gwinizh, ou de sarrasin, krampouezh ed du. Car, en effet, la galette est gallèse. Elle tire son nom de sa forme arrondie comme un galet, et elle n’est que de blé noir, bié naï. On la distingue donc de la crêpe qui n’est que de froment à l’est du pays. Assez curieusement, la galette, dans le secteur autour de Lamballe, est appelée la gaofe. Elle n’a pourtant rien à voir, bien sûr, avec la gaufre française.
Un point commun entre nos deux Bretagnes concerne la première galette ou crêpe. Généralement ratée, elle est donnée aux animaux domestiques, partie intégrante de la famille : ar grampouezhenn gentañ evit ar c’hazh pe evit ar c’hi/Pe da gement loen a vez en ti/la première crêpe est pour le chat ou le chien ou tout autre animal de la maison.
Au fur et à mesure que les galettes ou crêpes sont faites, on les pose sur une sorte de claie en bois, le marc’h-krampouezh en breton, le chevalet, et de même le ch’va à galettes en gallo, ou encore la héchette. Les familles étaient grandes, il y avait du monde sur la gâche et on en faisait de bonnes héchées, un ilinad ou une coudée disaient encore les bretonnants. Chacun pouvait aller se faire une graisséye, c’est-à-dire en beurrer une. Puis, recouvertes d’un linge, les galettes qui n’étaient pas mangées restaient sur ce support et chacun pouvait se servir, par exemple le lendemain, au petit-déjeuner. Certains gourmands en prenaient deux à la fois, c’est ce que l’on appelait, en breton, ur pleg-saoz, un pli anglais. Une réminiscence, sans doute, d’une époque où les Anglais s’approchaient de nos côtes pour commettre des larcins.
Ventre affamé n’a point d’oreilles, dit-on, et celui qui mangeait une dizaine de galettes ne trouvait pas qu’il en avait eu suffisamment si l’on en croit cette devinette qui entraîne un calcul mental :
Me n’am eus bet tamm d’am c’hoan/Nemet ur grampouezhenn hag unan/Ur grampouezhenn hag unan hante/Ur grampouezhnn ha teir hante/An hini domm, an hini yen/Hag an hini dostañ d’al lien.
Je n’ai rien eu à souper/qu’une crêpe et une autre/une crêpe et une et demie/une crêpe et trois demies/la froide et la chaude/Et la plus proche du torchon. Cela fait donc, au total, dix galettes. Quant à la dernière, sa taille varie en fonction de ce qui reste de pâte : An hini diwezhañ a vez kourt pe lourt pe vent d’ar re all/la dernière galette est courte ou lourde ou de la taille des autres. Selon les lieux, elle porte en gallo les jolis noms de gaofillon, gallichon, catichon, greton ou crêpichon.
De part et d’autre d’une ligne fictive allant de Plouha à Rhuys, on a d’abord la jatte, ar bezel en breton et l’orseu en gallo, dans laquelle on fait la pâte, nommée respectivement an toaz, et la basse que l’on verse à la louche, al loa-boud, ar gloge en breton ou la poche en gallo. Puis, le râteau pour étaler la pâte, ar rozell d’un côté et le rouable de l’autre. Ensuite, c’est la spatule, ar sklisenn ou ar spanell chez les uns et la tournette, tournéouère, tchillette, ou encore palitchette chez les autres.
En pays gallo, on ajoute sur le trépied la ferrette, une plaque de tôle trouée pour éviter le contact direct de la flamme avec le galetier, la tjeule, ou le gaoferoué des gallèsants et le billig, gleurc’h, ou min krampouezh des bretonnants. On graisse cette tuile avec un chiffon, le graissoué, fritou en gallo et lardig en breton.
Si les convives se régalaient à table, ce n’était pas une partie de plaisir pour la maîtresse de maison… Elle passait en effet des heures pliée en deux devant la galetière posée sur le trépied, dans l’âtre. Elle était là dans son rôle, affirmant son rang et son autorité dans la maison. Et c’est pourquoi l’on disait en Haute-Bretagne qu’il ne fallait pas plus de femme dans l’hôté que d’gaoferoué, allusion aux relations d’autrefois entre la belle-mère et sa bru. Pas question pour la première de s’effacer devant la pièce rapportée !
C’est là en effet que se logeait le beurre, le meilleur. N’eus ket bet kât plac’h re goant ebet na grampouezhenn re druz ebet/on n’a jamais trouvé une fille trop belle et une crêpe trop beurrée, disait-on.
En dehors du vendredi, et afin de respecter les traditions imposées par les anciens, qui vivaient encore à l’époque sous le même toit que les jeunes ménages, ou dans la maison d’à côté, les crêpes arrivaient sur la table à l’occasion de dates précises du calendrier.
Aujourd’hui, la crêpe roulée et mangée à la main est reine dans les nombreuses fêtes populaires de Bretagne.
Aujourd’hui, jour de chandeleur, nous sommes censés manger des crêpes. Mais au fait, pourquoi ? En y regardant bien : 1) la forme (un disque doré comme le soleil), 2) la saison (on espère la fin de l’hiver), c’est clair, nos ancêtres se sont dit qu’en faisant des crêpes, ils se mettraient dans les petits papiers des dieux. D’ailleurs, à défaut, la récolte de blé serait foutue !
Nous les Bretons, on n’y a pas échappé (aux crêpes, pas aux travaux des champs - quoique…). Et moi en tant que fille de meunier et petite-fille d’une mamie délicieuse (photo), reine des douceurs, je suis accro.
Pas trop empotées et pourvues d’une certaine mémoire des gestes ancestraux, on a filé à la tienda du coin. Leche, huevos, harina, azucar… C’est pas compliqué. Vamos ! On mélange tout ça. Vous êtes cap’ ! Vous voulez la liste des ingrédients, la voilà :
Vous avez vu ? Cette recette utilise de l’eau ! Sacrilège ? Non. Vous pouvez aussi mettre un coup de cid’, de gnôle ou de rhum - ou pour les vegan, mettre du lait végétal. Vous pouvez aussi remplacer la farine de froment par de la farine de châtaigne ou de riz. Libertad ! Je ne vous donne pas le nombre de calories, c’est secret défense !
Si malgré mes conseils, vous hésitez à vous lancer, j’ai deux suggestions :
- vous initier à la fabrication en faisant une formation à l’école de maître crêpier de Rennes. Et là, les entreprises ne manquent pas, à Saint-Malo, à Brocéliande, à Hédé (Génération Galettes), à Taupont, à Binic, à Landelau, à Pontrieux, j’en ai découvert plein dans le cadre de mon travail.
Que vous soyez adepte de la galette saucisse, d’une complète généreuse ou d’une crêpe au caramel beurre salé, la région regorge d’adresses gourmandes qui subliment cet art culinaire.
Nichée dans une superbe maison à colombages du centre historique de Rennes, La Saint-Georges revisite la tradition bretonne avec une touche d’originalité. Son concept unique ? Des galettes portant le nom de George(s) célèbres, comme la George Harrison, mariant Sainte-Maure AOP et lard, ou la Georges Pompidou, audacieuse avec son duo poulet-ananas. La qualité des ingrédients, le soin apporté aux associations de saveurs et l’accueil chaleureux en font une adresse incontournable.
Où ? Centre historique de Rennes.
À deux pas de l’abbatiale Saint-Maurice, cette crêperie traditionnelle célèbre avec passion les saveurs bretonnes dans une ambiance conviviale. Sa carte met à l’honneur des galettes généreuses et bien garnies, comme la Paysanne à la saucisse fumée ou la Laïta, riche en fruits de mer. Les amateurs de crêpes sucrées se régaleront avec des associations gourmandes, du sorbet poire au coulis de framboise jusqu’au classique pommes-caramel beurre salé.
Où ? Près de l’abbatiale Saint-Maurice.
À Saint-Malo, Grain Noir se distingue par son exigence sur la qualité des ingrédients et son savoir-faire breton authentique. Ici, les galettes sont préparées avec une farine bio locale et garnies de produits sélectionnés avec soin, comme la savoureuse andouille de Dinan ou la délicate truite bretonne. La pâte, fine et croustillante, sublime chaque bouchée, et les amateurs de sucré ne résisteront pas à la crêpe au caramel beurre salé maison.
Où ? Saint-Malo.
À Cancale, face aux flots, Breizh Café incarne l’excellence de la crêpe bretonne sous la houlette de Bertrand Larcher. Ici, tout est pensé pour sublimer le sarrasin et le froment : des ingrédients rigoureusement sélectionnés, une maîtrise parfaite de la cuisson et des associations savoureuses, comme une galette complète magnifiée par l’artichaut breton ou une crêpe au yuzu et zestes d’orange caramélisés, flambée au Grand Marnier.
Où ? Cancale, face aux flots.
Entre le port et l’église, La Cassonade s’impose comme la crêperie incontournable de l’île de Batz, plébiscitée par les habitants eux-mêmes. Ici, les galettes et crêpes sont préparées avec une farine bio, garantissant une texture et un goût authentiques. Parmi les spécialités, la Batz’tate, garnie de pommes de terre, séduit les amateurs de saveurs rustiques, tandis que la crêpe signature, la Cassonade, allie avec gourmandise pommes cuites, miel et sucre brun.
Où ? Île de Batz, entre le port et l’église.
À Roscoff, Ti Saozon est une véritable plongée dans l’âme bretonne, loin des décors artificiels. Installée dans une charmante maison du XVIIe siècle aux pierres apparentes et à la cheminée accueillante, cette crêperie mise sur l’authenticité et la qualité des produits régionaux. La carte, volontairement courte, met en avant des saveurs locales, comme une galette dorée et croustillante garnie d’une compotée d’oignons de Roscoff et d’andouille de Guéméné grillée. En dessert, la crêpe Suzette revisitée, moelleuse et flambée au Grand Marnier, séduit les gourmands.
Où ? Roscoff.
À Sauzon, sur le quai, Les Embruns est une adresse familiale où l’on déguste des galettes croustillantes et généreusement garnies dans un cadre rustique et chaleureux. La qualité est au rendez-vous avec des ingrédients soigneusement sélectionnés et une farine bretonne bio, moulue à la meule de pierre, qui apporte une texture et un goût authentiques.
Où ? Sauzon, sur le quai.
Institution quimpéroise depuis 70 ans, Au Vieux Quimper continue de régaler les amateurs de crêpes et galettes avec le même savoir-faire, malgré son déménagement rue des Boucheries. Si le cadre évolue, la qualité reste inchangée : des galettes croustillantes et généreusement garnies, préparées dans le respect de la tradition bretonne.
Où ? Quimper, rue des Boucheries.
À Camaret-sur-Mer, La Marine séduit par son charme authentique et sa façade rose éclatante sur les quais. Ce bistrot-crêperie convivial propose des galettes et crêpes préparées avec soin, avec des suggestions du jour affichées à l’ardoise. L’ambiance y est chaleureuse, rythmée par un accueil cordial et des soirées musicales animées.
Où ? Camaret-sur-Mer, sur les quais.
À Binic-Étables-sur-Mer, La Crêperie de l’Ic offre un voyage dans le temps avec son décor vintage mêlant meubles d’antan et casseroles au mur. Ici, la tradition règne en maître, aussi bien dans l’atmosphère que dans l’assiette, avec des galettes savoureuses comme celle à l’andouille et à l’oignon confit, ou des crêpes gourmandes au beurre salé local.
Où ? Binic-Étables-sur-Mer.
Si vous êtes à la recherche d’idées pour votre prochaine virée dans les Côtes d’Armor et plus particulièrement près de la Baie de Saint-Brieuc, vous êtes au bon endroit ! Située sur la côte nord de la Bretagne, cette petite ville de pêcheurs est pleine de charme et d’histoire. Que vous soyez intéressé par la culture, la nature ou simplement par la détente sur la plage, la station balnéaire a quelque chose à offrir à tout le monde.
Binic-Etables-sur-Mer n’est pas seulement une station balnéaire avec des plages entourées de falaises découpées. C’est aussi un camaïeu d’ambiances de quartiers aux atmosphères variées, avec tous les ingrédients pour passer un séjour insolite en Bretagne !
Le port de Binic offre une vue imprenable sur la mer et les alentours. C’est le cœur de la ville et, de par sa situation géographique exceptionnelle, vous pouvez profiter des paysages marins en vous promenant sur les quais à n’importe quelle période de l’année.
À deux pas des plages de la Banche et de l'Avant Port, de nombreux restaurants, bars et boutiques vous accueillent toute l'année, face à la mer.
Bourg agréable à l’ambiance village avec ses commerces de proximité et son petit marché alimentaire deux fois par semaine… Situé à seulement quelques encablures de la plage des Godelins et de la plage du Moulin ! En flânant dans les rues, vous passerez devant le café librairie le Tagarin.
Rares sont les jours où il pleut en Bretagne et si d’aventure la météo devient capricieuse, c’est l’occasion rêvée pour tester la visite parapluie de l’Office de Tourisme de Binic-Etables-sur-Mer!
Casque audio sur les oreilles, c’est parti pour une découverte en autonomie de l’histoire de la grande pêche, épisode incontournable de l’histoire locale. Anecdotes, croyances et légendes bretonnes ruissellent dans les oreilles comme la bruine sur le parapluie transparent prêté par l’Office de Tourisme.
Au terme du voyage, vous voilà revenus au port, pas peu fiers d’avoir affronté les éléments et ce fameux crachin breton ! Ça mérite bien une récompense gourmande et au chaud, dans l’un des nombreux cafés présents sur place. Bien au sec, vous pourrez imaginer la ville telle qu’elle était jadis, au temps de cette fameuse grande pêche.
Il pleut rarement toute la journée. La proximité immédiate de la mer rend le temps très changeant. Notez que la marée influe souvent sur la météo et que le changement de marée annonce souvent un changement de couleur du ciel !
La visite parapluie est une autre façon de découvrir Binic, même par temps pluvieux. Alors, prêts à savourer les délices de la Bretagne, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau ?
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Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
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