La Définition du Concept de "Barbecue Chef Gang" en Haïti

Depuis des décennies, Haïti est plongé dans la violence, et la situation s'est aggravée ces dernières semaines. Selon l'ONU, plus de 8 400 personnes ont été victimes de la violence des gangs en 2023, ayant été tuées, blessées ou enlevées, ce qui représente une augmentation de 122 % par rapport à 2022. Haïti est confrontée à une réalité où la guerre civile semble être un horizon proche.

Depuis 2024, 1193 personnes ont été tuées à cause des violences des gangs. Pour Jean-Marie Théodat, il s'agit d'une "situation de pays en guerre, alors qu'il n'y a ni conflit ethnique, ni conflit religieux, ni conflit territorial, ni même guerre de classe en Haïti... C'est la première fois qu'on perd vraiment, complètement espoir". Wilsot Louis décrit la situation comme "inédite au sens que c'est la première fois que ce que l'on pourrait considérer comme un banditisme de type mafieux arrive à mettre à genoux des institutions républicaines dans un état établi, reconnu".

Les gangs contrôleraient aujourd'hui une large portion du territoire haïtien. Dans le désordre, des chefs de gangs tâchent d’apparaître comme des forces politiques, se donnent des atours de redresseurs de torts ou de justiciers.

Un ancien policier devenu chef de gang qui rêve désormais d’un destin politique. Sur son T-shirt on peut lire "dans l’union notre force est là" ou "Vivre ensemble". Mais à la ceinture, Jimmy Cherizier alias "Barbecue" ne quitte jamais son pistolet-mitrailleur.

Cet article explore la définition du concept de "barbecue chef gang" en Haïti, où des gangs armés exercent une influence considérable. Il examine les enjeux de la délinquance, de la violence et du terrorisme dans le pays.

À l’heure où les gangs tiennent la capitale, du moins dans ses quartiers nord et sud, coupant les accès aux routes desservant le pays, nous avons demandé à Emmelie Prophète ce qu'écrire sur ces gangs signifie, et vivre dans ce contexte, aussi, un roman aussi juste, humain et beau.

Jimmy Chérizier, alias Barbecue, chef de gang en Haïti. Source: Le Point

A. La Lutte Contre la Délinquance en Haïti

La France s’est engagée depuis quatre ans et demi dans une politique résolue de lutte contre l’insécurité. Pour autant, les violences urbaines du mois de novembre 2005 nous ont rappelé que l’effort devait être maintenu, amplifié et diversifié. En effet, ces événements n’ont fait que révéler une réalité que beaucoup d’élus locaux pouvaient déjà ressentir : celle de la transformation de la délinquance, devenue plus violente et plus jeune.

Pourtant, si chacun s’accorde sur la priorité à donner à la prévention de la délinquance, de nombreuses divisions persistent sur les modalités concrètes de mise en œuvre. La prévention peut en effet avoir plusieurs acceptions. Ces trois niveaux de prévention ne sont pas antinomiques mais doivent être associés.

Le Gouvernement a donc décidé de déposer un projet de loi sur la prévention de la délinquance afin de refonder les outils dont nous disposons dans ce domaine. Cependant, la priorité portée sur la prévention a conduit à l’adoption d’autres textes qui, associés au présent projet de loi, donneront un cadre global et cohérent à la nouvelle politique de prévention de la délinquance. Ainsi, il est aujourd’hui important d’apporter les outils nécessaires à la mise en œuvre d’une politique hardie de prévention de la délinquance, ce que permet ce projet de loi, déposé le 28 juin 2006 sur le bureau du Sénat qui l’a adopté le 21 septembre 2006.

1. Une Politique Déterminée de Lutte Contre la Délinquance

La lutte contre l’insécurité a constitué l’une des principales priorités de la majorité élue en 2002. Au niveau du pilotage tout d’abord, une véritable révolution a eu lieu avec la mise en œuvre, enfin, d’une politique unifiée de sécurité intérieure.

Ainsi, pour la première fois, le décret du 15 mai 2002 relatif aux attributions du ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales dispose que « pour l’exercice de ses missions de sécurité intérieure, le ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales est responsable de l’emploi des services de la gendarmerie nationale ».

Cette rationalisation s’est par ailleurs traduite par le redéploiement des zones de compétence entre la police et la gendarmerie, attendu depuis si longtemps. Il était en effet impératif d’adapter la carte des circonscriptions à la réalité de la délinquance. Cette nécessité était au demeurant inscrite dans la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité de janvier 1995 et avait été réaffirmée dans le rapport remis par Roland Carraz et Jean-Jacques Hyest au Premier ministre en 1998, mais auquel aucune suite n’avait été donnée.

Dans le domaine budgétaire, le rapprochement police/gendarmerie s’est traduit très concrètement par la création d’une mission interministérielle unique « sécurité » regroupant les programmes police nationale et gendarmerie nationale.

Contrairement à certaines affirmations, la police de proximité n’a pas été supprimée, mais profondément réformée. Une police de proximité doit être une police aux services des citoyens et qui assure sa sécurité. On ne peut donc pas évaluer son efficacité au regard du nombre d’implantations de la police et de la gendarmerie, mais à la présence effective des forces de l’ordre pour lutter contre la criminalité, par un travail de voie publique, notamment en période nocturne.

Depuis 2002, la police de proximité a donc été réformée afin d’apporter davantage de « sécurité de proximité », en développant les capacités d’investigation et la présence aux heures les plus sensibles, en particulier la nuit. C’est pourquoi un rééquilibrage du dispositif de la sécurité publique, privilégiant les principes de mutualisation et de mobilité des moyens au travers de la fusion ou de la suppression de secteurs, a été engagé depuis la fin 2002.

Cela a permis de renforcer une action judiciaire de proximité. En effet, la répression de la délinquance est la mission de tout policier ou de tout gendarme, et non des seuls services de police judiciaire spécialisée.

Des adaptations opérationnelles ont également été mises en œuvre pour mieux lutter contre la délinquance. C’est par exemple le cas de la nouvelle doctrine d’emplois des CRS et des gendarmes mobiles, formalisée dans l’instruction du 30 octobre 2002 commune à l’emploi des forces mobiles de la police et de la gendarmerie nationales.

Cette doctrine consiste à utiliser ces forces au plus près du terrain, leur emploi étant déconcentré au niveau des préfets des zones de défense, afin qu’elles contribuent davantage à la lutte contre la délinquance.

Dans le domaine crucial de la lutte contre l’économie souterraine, la mise en place des GIR (groupes d’intervention régionaux), dès 2002, a permis d’apporter une réponse concrète à la lutte contre l’économie souterraine et les différentes formes de délinquance organisée, en associant dans une même structure, dans chaque région, des policiers, des gendarmes, des douaniers, des fonctionnaires des services fiscaux, des fonctionnaires de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, de la direction du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, soit 1 398 personnes sur l’ensemble du territoire.

2. Réponses Législatives à l’Impunité

Plusieurs lois ont été adoptées pour renforcer la lutte contre la délinquance et la criminalité :

  • La loi du 9 septembre 2002 d’orientation et de programmation pour la justice a doté la justice de moyens budgétaires et juridiques pour simplifier la procédure pénale et accroître son efficacité.
  • La loi du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, dite loi « Perben II », a institué la procédure dite du « plaider coupable » et le fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).
  • La loi du 12 décembre 2005 sur le traitement de la récidive vise à réprimer plus durement les auteurs des faits commis en état de récidive légale et a instauré les moyens d’une réelle prévention de la récidive.

B. Les Nouveaux Visages de la Délinquance Exigent Une Réponse Plus Diversifiée

1. La Forte Progression des « Violences Non Crapuleuses »

Avec 411 350 atteintes volontaires à l’intégrité physique constatées en 2005 par les services de police et les unités de gendarmerie, soit une hausse de 5 % par rapport à 2004, le seuil de 400 000 a été pour la première fois franchi.

L’évolution est encore plus marquée pour les violences dites « non crapuleuses », qui n’ont pas pour objet principal l’accaparement d’un bien. Le nombre de faits constatés de coups et violences volontaires, qui représentent 4 violences physiques non crapuleuses sur 5, a quant à lui doublé au cours des dix dernières années, passant de 75 000 en 1996 à 150 000 en 2005, et 80 000 au premier semestre de 2006.

2. La Progression de la Délinquance de Mineurs de Plus en Plus Jeunes

En 2005, 193 663 mineurs ont été mis en cause, représentant 18 % des personnes mises en cause par les services de police et de gendarmerie. Cela représente une hausse de 5 % par rapport à 2004.

Sur un an, l’augmentation des faits commis par des mineurs constituant des atteintes aux biens se concentre sur trois types d’infractions : les vols à l’étalage, vols violents sans arme et les destructions et dégradations. Ces dernières ont connu une hausse de 10 % en un an, les incidents violents de novembre 2005 n’y étant sans doute pas étrangers.

Les mineurs représentent 30 % des mis en cause pour atteinte aux biens et près de 50% pour les vols à la tire.

On constate un rajeunissement de l’âge d’entrée des mineurs dans la délinquance : tandis que la part des mineurs de 16 à 18 ans régresse régulièrement, celle des 14-16 ans reste stable et celle des moins de 13 ans augmente.

C. Le Terrorisme en Haïti: Une Analyse Juridique

En novembre 2020, le gouvernement haïtien a publié un décret renforçant la sécurité publique, instituant des "actes de terrorisme" comme infraction. Bien que cela ait été initialement rejeté par certains juristes et politiciens, le terme est réapparu en mai 2025, lorsque le département d'État américain a désigné certains gangs comme organisations terroristes.

Il faut par conséquent différencier la définition du terrorisme du point de vue des relations diplomatiques de celle plus juridique intégrée par l’État haïtien dans sa législation pénale afin de pouvoir lutter contre certaines formes de criminalité qui détruisent de plus en plus, non seulement les structures étatiques, mais la communauté nationale dans son ensemble.

I. La Législation Haïtienne sur le Terrorisme

Pour sanctionner pénalement un comportement, il faut une loi. C’est en ce sens, pour se conformer à cette obligation, que le législateur a introduit le mot terrorisme dans la législation haïtienne. L’adoption en 2013 de la Loi sanctionnant le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme marque la première étape de la transposition de cette notion dans le droit positif haïtien.

Le décret du 26 novembre 2020 pour le renforcement de la sécurité publique reste le texte le plus important concernant la répression du terrorisme. Le législateur définit le terrorisme à l’article 1 dudit décret comme un ensemble d’infractions de droit commun qu’il a listées, commises en relation avec une entreprise individuelle ou collective, dans l’objectif de troubler, au nom d’une cause affirmée ou non par la terreur, l’ordre et la paix publics.

II. Les Actes Matériels du Terrorisme

Un acte terroriste est, avant tout, une infraction de droit commun. En effet, pour être qualifié de terrorisme, l’acte matériel doit avoir été commis dans un contexte terroriste avec l’objectif bien déterminé de troubler l’ordre public. Encore faut-il que tout ait été fait de manière intentionnelle.

Les actes matériels du terrorisme regroupent un ensemble de comportements déjà réprimés par le droit pénal. Ces infractions dites de référence à la qualification de terrorisme requièrent de leurs auteurs une action positive.

La qualification de l’infraction terroriste nécessite une démarche en plusieurs étapes dont la première consiste à vérifier rigoureusement l’existence de l’infraction de référence en cause ; ensuite, il s’agit de déterminer que l’infraction a été commise dans le cadre d’une entreprise terroriste.

Qu’elle soit individuelle ou collective, l’entreprise terroriste doit, selon la définition retenue à l’article 1er du décret de 2020, avoir pour objectif de troubler, au nom d’une cause affirmée ou non par la terreur, l’ordre et la paix publics. Le Nouveau Code pénal en son article 647 reprend cette condition en ajoutant deux mots : intimidation puis l’adverbe gravement.

En tout état de cause, l’auteur de l’acte de terrorisme, agissant seul ou en groupe, doit le faire de manière consciente et volontaire. Le terrorisme n’est donc caractérisé que si l’infraction de droit commun de référence a été réalisée dans les conditions de sa constitution, mais en relation avec une entreprise qui se donne pour objectif de troubler par l’intimidation ou la terreur, l’ordre et la paix publics.

Ainsi, contrairement à des positions populaires exprimées dans les médias haïtiens dans le passé lors de la publication par le feu président Jovenel Moïse du décret de 2020 intégrant le terrorisme comme infraction à part entière dans le droit haïtien, le simple fait pour un individu de placer et de brûler des pneus sur la chaussée ne peut aucunement à lui seul être considéré comme un acte de terrorisme au sens de cette nouvelle législation.

L’importance de la distinction entre terrorisme et les infractions de droit commun réside dans le fait que leur régime est fondamentalement distinct tant au niveau des peines qu’à celui de la procédure. Les peines prévues pour le terrorisme sont plus lourdes.

Situation chaotique en Haïti. Source: Le Nouvelliste

En conclusion, la situation en Haïti est complexe et nécessite une approche multidimensionnelle pour lutter contre la délinquance, la violence et le terrorisme. Les efforts doivent se concentrer sur la prévention, la répression et la réforme du système judiciaire.

Haïti : violence extrême des gangs

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