Antibiotiques pour Porcs : Types, Utilisation et Réduction

Depuis une dizaine d'années, l'utilisation des antibiotiques dans l'élevage porcin a connu une diminution notable. Cette tendance s'inscrit dans une démarche globale de réduction de l'exposition aux antibiotiques, impulsée par les plans EcoAntibio et soutenue par les professionnels du secteur.

Tout d’abord, il convient de rappeler que l’usage des antibiotiques ne se fait pas directement dans la charcuterie mais chez l’animal, en amont de la transformation en produit charcutier, pour lui permettre de guérir d’une maladie infectieuse. Dans tous les cas, il n’y a pas d’antibiotique dans les viandes ou dans les charcuteries. Même dans les élevages dits conventionnels (classiques), un délai doit être respecté entre le moment où l’animal reçoit des antibiotiques et le moment où il est abattu afin de ne pas présenter de résidus dans les viandes.

Les rôles et les méthodes d’utilisation des antibiotiques dans l’élevage porcin .

Diminution de l'Exposition aux Antibiotiques

Ces 5 dernières années, une diminution progressive de l’Alea est observée pour la majorité des familles d’antibiotiques. Pour certaines familles, la demande de réduction a même été atteinte, c'est le cas des Fluoroquinolones et des céphalosporines.

Le second plan Ecoantibio avait fixé l’objectif d’une réduction de 50 % en cinq ans de l’exposition à la colistine en filières bovine, porcine et avicole, en prenant comme référence l’Alea moyen 2014-2015. Cet objectif a été atteint en 2020, avec une baisse de 66,6 % de l’exposition pour ces trois filières. En 2021, le niveau de diminution par rapport à cet Alea moyen pour les porcs est de 76 % ; il est de 68,4 % pour les volailles et 47,2 % pour les bovins.

Ces 10 dernières années, de fortes diminutions d’exposition ont été observées pour les polypeptides (- 84,1 %), tétracyclines (- 55,3 %), sulfamides et triméthoprime (- 63,9 %) et macrolides (- 55,1 %).

Entre 2020 et 2021, l’exposition aux antibiotiques a principalement diminué pour les sulfamides (- 19,6 %) et triméthoprime (- 19,7 %).

Macrolides : Une Évolution des Pratiques

Sur cette période, la diminution de l’exposition aux macrolides est de 6,6 %, avec une modification des pratiques : l’exposition par voie orale a diminué de 44,6 % depuis 2016, alors que l’exposition par voie parentérale a augmenté de 57,9 %. Les injectables contenant de la tulathromycine représentent près de la moitié de l’exposition aux macrolides en 2021.

Fluoroquinolones et Céphalosporines : Objectif Atteint

La loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt du 13 octobre 2014 avait fixé un objectif de réduction de 25 % en trois ans de l’utilisation des antibiotiques appartenant aux familles des fluoroquinolones et des céphalosporines de 3 e et 4 e générations (l’année 2013 étant l’année de référence). Cet objectif a été atteint et largement dépassé en 2016. Toutes espèces animales confondues, l’exposition aux fluoroquinolones et aux céphalosporines de dernières générations est relativement stable depuis 2017.

Depuis 2011, les plans EcoAntibio incitent à la réduction de l’usage des antibiotiques.

Même si nous en avons très peu entendu parler dans les médias, il faut noter que le plan EcoAntibo a été largement respecté. Ces chiffres n’ont pu être obtenus que grâce aux actions des éleveurs et des professionnels de l’élevage.

L’objectif n’est pas d’interdire totalement l’usage d’antibiotiques, mais de le réduire de manière responsable et durable.

L’utilisation des antibiotiques en élevage de porcs en France a diminué de 40% entre 2011 et 2017. L’objectif de baisse de 25% du plan Ecoantibio 1 a largement été dépassé grâce à la mobilisation des éleveurs, des techniciens et des vétérinaires. Bravo !

Les dépenses de santé, dans les élevages naisseur-engraisseurs, ont largement diminuées jusqu’en 2011.

En 2022, le nombre de jours de traitement pour ces trois stades physiologiques est quasi équivalent, avec, pour la première fois depuis 2010, une légère progression pour les porcelets sous la mère.

En 2022 seulement 1 % des élevages avaient eu recours à ce type de traitement en post-sevrage.

En 2017, les moyens diagnostics sont importants, ce qui permet de faire des investigations assez précises.

Panel Inaporc : Suivi de l'Usage des Antibiotiques

Le panel Inaporc, initié par l’interprofession nationale porcine, permet de suivre de près l’usage des antibiotiques dans les élevages porcins. Cette étude détaille les catégories d’animaux destinataires et les motifs de traitement, offrant ainsi une vision précise des évolutions depuis 2010.

Cette 5e édition reconduite en 2022 s’est appuyée sur le tirage au sort de 440 éleveurs de porcs dans la base de données BDPORC. Le taux de participation a atteint 55 % des élevages éligibles avec 129 éleveurs impliqués. Cet échantillon est représentatif de la production française selon trois critères : l’orientation des élevages, leur taille et la région de production.

Depuis sa création, le panel Inaporc a adopté une méthodologie constante pour assurer la comparabilité des résultats au fil des années. Chaque édition repose sur un échantillon représentatif d’élevages porcins de France métropolitaine (hors Corse), sélectionnés aléatoirement dans la base de données BDporc. Pour l’édition 2022, 448 élevages ont été tirés au sort, anticipant les refus de participation et les données non exploitables. Le panel final était constitué de 129 élevages. La collecte des données sur les acquisitions d’antibiotiques a été réalisée auprès des vétérinaires et fabricants d’aliments désignés par les éleveurs participants. Une enquête téléphonique a ensuite permis de préciser les catégories d’animaux traités et les motifs de traitement. Le panel final a été testé pour sa représentativité par rapport à la production porcine française, en se basant sur trois critères : la localisation (Bretagne vs.

Les résultats de 2022 montrent une baisse significative des usages d’antibiotiques, notamment en post-sevrage, où elle atteint 92 %. Les truies et les porcelets sous la mère ont également vu leur usage diminuer, bien que moins fortement.

Les usages ont diminué de 92 % depuis 2010 et de 64 % entre 2019 et 2022. Cette baisse coïncide avec une réduction drastique des prémélanges médicamenteux (-98 % en 12 ans).

Aujourd’hui, Les formes pharmaceutiques les plus utilisées à ce stade physiologique sont les poudres et solutions orales. Les pénicillines restent les antibiotiques les plus utilisés en 2022, malgré une baisse de 42 % sur 12 ans. La colistine, deuxième famille la plus utilisée en 2022 alors qu’autrefois elle était la plus utilisée, représente 25 % des usages, avec 36 % des élevages concernés. Le principal motif de traitement en post-sevrage est désormais respiratoire. Il représente 43 % des usages, devant les troubles digestifs qui ont significativement diminué.

La forte réduction de l’usage de colistine pour les troubles digestifs montre que ces problèmes sont mieux gérés par des mesures préventives comme la vaccination, l’alimentation ou la conduite d’élevage.

Les résultats par catégorie d’animaux montrent que la baisse des usages d’antibiotiques en filière porcine entre 2010 et 2022 s’explique surtout par les diminutions chez les porcs en post-sevrage. L’usage pour les truies et les porcelets sous la mère a aussi diminué mais moins fortement.

La différence majeure tient au recours des antibiotiques durant la vie de l’animal. Dans les élevages BIO : 3 traitements antibiotiques sont autorisés au cours de la vie de la truie, et 1 traitement est autorisé pour les porcs charcutiers.

Utilisation par Catégorie d'Animaux

Porcelets en Maternité : Les Plus Utilisateurs

En 2022, les porcelets sous la mère sont les animaux dont le nombre de jours de traitement est le plus élevé, malgré une diminution de 46 % depuis 2010. En cause, une hausse non significative de 59 % a été observée depuis 2019.

Cette tendance est due à l’augmentation de 25 % du nombre de jours de traitement par injectables, sans que le nombre de traitements administrés augmente. Il s’agit essentiellement d’antibiotiques à longue action (macrolides, pénicillines et colistine).

Elle est aussi liée à la forte augmentation de l’usage des poudres et solutions orales dans trois des élevages enquêtés qui ont utilisé de façon atypique et importante de la tétracycline et de la colistine pour des troubles digestifs.

Cet usage marginal témoigne de deux tendances fortes : d’une part, les indicateurs sont tellement bas que quelques comportements extrêmes impactent la moyenne du panel Inaporc. D’autre part, certaines pratiques atypiques restent à corriger au cas par cas sur le terrain.

Truies : La Baisse la Plus Timide

Les poudres, pâtes et solutions orales sont les formes pharmaceutiques les plus utilisées, bien que seulement 28 % des élevages les utilisent. Leur usage a diminué de 17 % depuis 2010 mais est en hausse non significative de 12 % sur les trois dernières années. Ce sont principalement les tétracyclines et les TMP-sulfa qui sont majoritairement utilisés pour lutter contre des problèmes uro-génitaux.

Cet usage laisse penser que les problèmes liés à la leptospirose étaient toujours d’actualité dans les élevages du panel Inaporc malgré l’autorisation de mise sur le marché d’un vaccin en 2021. Les effets de ce nouveau vaccin sur une baisse d’usage de la tétracycline seront peut-être plus visibles dans les années à venir.

Sur les truies, les injectables ont diminué de 46 % en douze ans. Mais plus de 90 % des élevages les utilisent encore. Sur la même période, les prémélanges dans l’aliment ont diminué de 97 %, avec seulement 3 % des élevages concernés en 2022.

Depuis 2010, l’usage global d’antibiotiques chez les truies a baissé de 60 %.

Engraissement : Une Utilisation de Plus en Plus Ponctuelle

L’usage global d’antibiotiques chez les porcs en engraissement a connu une baisse significative de 91 % entre 2010 et 2022, poursuivie entre 2019 et 2022 avec une réduction de 50 %. Les porcs sont majoritairement traités avec des poudres et des solutions orales. Les tétracyclines concernaient presque la moitié des usages en 2022. Les macrolides sont la seconde famille d’antibiotiques concernée par une réduction significative.

Plus d’Élevages Sans Antibiotiques Dès le Sevrage

Le taux d’élevages utilisateurs d’antibiotiques reste élevé pour les truies et les porcelets sous la mère, en raison de leur sensibilité aux infections uro-génitales et digestives. En revanche, il n’est que de 69 % en post-sevrage et 59 % en engraissement. Ce résultat coïncide avec le développement de cahiers des charges limitant l’usage d’antibiotiques à partir du sevrage.

L’importance du nettoyage-désinfection des locaux d’élevage dans la maîtrise des pathologies porcines a été maintes fois mise en avant.

Il est inconcevable de traiter des animaux sans avoir identifier les agents pathogènes. Les statuts immunitaire et sanitaire d’un élevage sont toujours en équilibre, du fait de la présence d’animaux ayant différents stades physiologiques.

C’est en réalité beaucoup plus difficile à mettre en place que l’on ne le croit, car les 2 étapes les plus délicates pour les porcelets sont celles de la naissance, et du sevrage : ils sont davantage susceptibles de tomber malades à ces moments clés (ils se créent leurs propres anticorps).

Alternatives aux Antibiotiques

Malgré toutes les mesures prises il restera certaines pathologies à prévenir ou à traiter. Dans de nombreux cas il est possible de recourir à des produits alternatifs pour éviter l’usage d’un antibiotique. Il convient néanmoins de choisir avec votre vétérinaire le bon produit adapté à la situation et de bien l’utiliser.

En effet toutes les méthodes de prévention et les méthodes alternatives de soin (vaccination, homéopathie, phytothérapie, probiotiques, huiles essentielles…) coûtent cher !

Néanmoins le produit idéal pour remplacer l’antibiotique, c’est-à-dire un produit efficace, peu toxique et économique n’a pas encore été trouvé.

  • Diagnostic précis : Le premier est le diagnostic qui reste une étape essentielle et indispensable pour soigner ou prévenir une maladie. Pour appliquer la bonne stratégie il faut bien connaître son ennemi. Les laboratoires d’analyse ont réalisé des progrès considérables dans ce domaine. L’arrivée de nouvelles technologies a permis d’améliorer la précision du diagnostic. ( PCR, Spectrométrie de masse, Séquenceur haut débit ….).
  • Analyse du microbiote : Il est possible maintenant d’analyser le microbiote intestinal d’un porcelet dont on connait le rôle essentiel sur l’immunité et la santé de l’animal. Mesurer l’effet d’un produit sur la flore intestinale permettra à terme de mieux évaluer son efficacité.
  • Biosécurité renforcée : Le deuxième point est la biosécurité, c’est-à-dire la protection de l’élevage. Des progrès importants ont été réalisés dans ce domaine également, mais la menace de nouvelles épidémies ( PPA DEP Influenza ..) nous obligent à maintenir la pression et à renforcer ces mesures : l’hygiène reste la meilleure prévention en élevage.

Synthèse Elevage propose également un produit formulé pour limiter le développement des bactéries (Campylobacter, Salmo­nelles, E.

Synthèse Elevage propose deux formules de complexes d’acides organiques à distribuer dans l’eau de boisson des porcelets sevrés (ACIDOFLORE® et BICIDAL®). Ces complexes d’acides sont efficaces en fonction de la dose d’acides apportée.

Les bioflavonoïdes, sont des huiles essentielles qui fragilisent les parois cellulaires des bactéries.

Synthèse Elevage a développé toute une gamme de produits à base d’extraits de plantes sélectionnés pour leurs propriétés digestives, anti-stress, hépato-protectrices, favorisant le tarissement, etc.

Les huiles essentielles sont des principes actifs concentrés. Une huile essentielle est toujours composée de différentes matières actives. De ce fait, il est important d’avoir une « carte d’identité » des huiles essentielles que l’on appelle le chémotype.

Ces alternatives sont en plein développement en médecine humaine. Leur étude est un domaine de recherche très actif pour leur application en médecine. Des applications sont envisagées non seulement dans le domaine médical mais aussi vétérinaire, agricole ou environnemental.

Au vu de l’affaire des œufs contaminés au Fipronil, cet été, il est fortement recommandé de prêter attention aux informations fournies sur les étiquettes, de les conserver, de les noter dans votre registre d’élevage.

Une thèse vétérinaire (Cillineau, 2016) précise que les alternatives aux antibiotiques sont perçues comme ayant le meilleur rapport coût-efficacité faisant référence à des pratiques bien connues des éleveurs (qualité d’eau de boisson, soins aux porcelets, nettoyage-désinfection, qualité de l’aliment, immunité, facteurs d’ambiance).

Amoxicilline : Un Antibiotique Couramment Utilisé

L'amoxicilline est un antibiotique couramment utilisé en médecine vétérinaire pour traiter diverses infections chez les porcs, les veaux et les volailles. Voici des informations importantes concernant son utilisation :

Indications d'utilisation par espèce :

  • Porcins : Prévention en milieu infecté et traitement des infections respiratoires et digestives dues à des germes sensibles à l'amoxicilline.
  • Veau : Prévention en milieu infecté et traitement des infections respiratoires et digestives dues à des germes sensibles à l'amoxicilline.
  • Volaille : Prévention en milieu infecté et traitement des infections respiratoires et digestives dues à des germes sensibles à l'amoxicilline.

Voie d'administration et posologie :

  • Voie d'administration : Orale, à diluer dans l'eau de boisson ou dans l'aliment liquide.
  • Posologie : 10 mg d'amoxicilline par kg de poids vif par jour, pendant 5 jours, soit 10 g de produit pour 100 kg de poids vif pendant 5 jours. La dose peut être augmentée dans les cas graves.

Contre-indications :

  • Intolérance aux pénicillines.
  • Ne pas administrer aux volailles pondeuses dont les œufs sont destinés à la consommation humaine.
  • Ne pas administrer aux cobayes, aux lapins, aux hamsters ou gerbilles.
  • Ne pas utiliser chez les animaux présentant une insuffisance rénale sévère accompagnée d'anurie ou d'oligurie.

Mises en garde particulières :

  • Une utilisation inappropriée de la spécialité peut augmenter la prévalence de la résistance des bactéries à l'amoxicilline et peut diminuer son efficacité.
  • Les pénicillines et les céphalosporines peuvent entraîner des réactions d'hypersensibilité (allergie).

Interactions médicamenteuses :

  • L'effet bactéricide de l'amoxicilline est neutralisé par l'utilisation simultanée de molécules à action bactériostatique (macrolides, sulfonamides et tétracyclines).

Pharmacodynamie :

  • L'amoxicilline est un antibiotique à large spectre qui empêche la formation de la paroi bactérienne.

Pratiques des Bons Éleveurs pour Réduire l'Utilisation des Antibiotiques

Cette étude explore les pratiques et stratégies mises en œuvre par des bons éleveurs (faibles consommateurs d’antibiotiques) pour diminuer l'utilisation d'antibiotiques dans les élevages porcins. L'étude se base sur des enquêtes réalisées auprès d'éleveurs de porcs en Bretagne, identifiés pour leur efficacité dans la réduction des antibiotiques. Les pratiques documentées incluent des mesures préventives, des ajustements dans l'alimentation, et une amélioration des conditions de vie des animaux.

  • Hygiène et Biosécurité : Les éleveurs adoptent des protocoles stricts de nettoyage et de désinfection pour prévenir l'introduction et la propagation des agents pathogènes. L'accès aux zones de production est contrôlé et des zones de quarantaine sont utilisées pour les nouveaux arrivants.
  • Nutrition : L'optimisation de la nutrition, avec des régimes alimentaires adaptés aux besoins spécifiques des animaux, joue un rôle crucial. Des suppléments tels que des probiotiques et des acides organiques sont utilisés pour renforcer le système immunitaire des porcs.
  • Gestion du Troupeau : Une surveillance constante et des interventions précoces sont essentielles.
  • Environnement et Bien-être Animal : L'amélioration des conditions de logement, avec des espaces plus propres et bien ventilés, contribue à réduire le stress et les maladies chez les porcs.

Les éleveurs participants ont observé une réduction notable de l'utilisation d'antibiotiques, tout en maintenant des performances de production élevées. Cette synthèse montre que la réduction des antibiotiques en élevage de porc est réalisable grâce à une gestion intégrée et proactive.

En conclusion, la réduction de l'utilisation des antibiotiques dans l'élevage porcin est un défi complexe qui nécessite une approche multifactorielle. Les efforts déployés par les éleveurs, les vétérinaires et les pouvoirs publics ont permis de réaliser des progrès significatifs, mais il reste encore beaucoup à faire pour garantir la santé des animaux et la sécurité des consommateurs.

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