Allergie à l'iode : symptômes, causes et traitements

L'expression « allergie à l'iode » est fréquemment utilisée dans la pratique médicale, mais elle véhicule une fausse information car l’allergie à l’iode n’existe pas. Il est important de rappeler qu'en réalité, il n’y a pas de lien : ces allergies sont différentes et indépendantes les unes des autres.

En conclusion, bien que l’idée d’une « allergie à l’iode » soit largement répandue, il est crucial de comprendre qu’il s’agit en réalité d’une réaction allergique aux agents de contraste iodés utilisés en imagerie médicale, et non à l’iode lui-même.

Alors pourquoi parle-t-on d’allergie à l’iode? Le plus souvent par ignorance ou pour simplifier les choses : c’est plus facile de demander si vous êtes allergique à l’iode que de demander si vous avez déjà présenté une réaction adverse à un produit de contraste radiologique iodé (PCRi).

L’iode est un élément essentiel à la vie, et sert principalement à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Un manque d’iode engendre la formation d’un goître et peut entrainer une hypothyroïdie.

L’iode est un élément indispensable pour notre organisme. S’il n’est pas naturellement présent dans le corps humain, il est en revanche nécessaire à la synthèse des hormones thyroïdiennes.

Tout le monde ingère de l’iode dans sa diète, ne serait-ce que le sel iodé consommé. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande aux adultes de plus de 18 ans d'en absorber au moins 150 µg par jour.

L'iode est un oligo-élément essentiel au fonctionnement de l'organisme. Mais en excès, il est responsable d'une hyperthyroïdie, plus rarement d'une hypothyroïdie.

Un apport externe, par le biais de l’alimentation, s’avère nécessaire, pour assurer les besoins quotidiens (100 µg/jour).

Une personne peut être allergique indépendamment, aux poissons et crustacés, aux antiseptiques iodés et aux produits de contraste iodés. Cependant, dans de très rares cas, il est possible d’être allergique à plusieurs de ces substances à la fois, bien qu’elles puissent être indépendantes les unes des autres.

Si vous êtes « étiqueté » à tort « allergique à l’iode », on pourrait vous priver d’une injection de PCI dans le cadre d’un examen.

Si vous faite une réaction à un produit, il est fortement conseillé de noter la référence du produit concerné et de prendre un rendez vous chez un allergologue pour préciser l’origine de cette allergie et afin de statuer définitivement sur les possibilités ou non d’utiliser certaines molécules.

Il est important pour les patients de signaler toute réaction antérieure à un agent de contraste iodé aux secrétaires ou aux manipulateurs en radiologie.

Si vous pensez être allergique à un produit de contraste, il est important de consulter un allergologue ou un médecin spécialisé dans les allergies pour un diagnostic précis.

Il est également important de noter que l’allergie à l’iode ne signifie pas que vous devez éviter tous les produits contenant de l’iode. Dans de nombreux cas, les avantages médicaux de l’utilisation de produits contenant de l’iode l’emportent sur les risques d’une réaction allergique.

Les symptômes de l’allergie peuvent varier d’une personne à l’autre, mais ils peuvent inclure des éruptions cutanées, des démangeaisons, des difficultés respiratoires, des nausées et des vomissements.

En cas de réaction suite à la consommation de poissons ou de crustacés, ou après l’application d’un antiseptique iodé, ou lors d’une injection de produit de contraste iodé, il est indispensable de réaliser un bilan allergologique afin de savoir si la réaction était liée à une allergie et quel produit est responsable de l’allergie.

Qu'est-ce que l'iode?

L’iode est un micronutriment essentiel au bon fonctionnement du corps humain. On le retrouve notamment dans la composition des hormones thyroïdiennes, qui assurent de multiples fonctions dans l’organisme (régulation de la température corporelle, croissance, développement du système nerveux, etc.).

L’allergie à l’iode existe-t-elle vraiment?

Non. L’iode est un élément indispensable à l’être humain. Une allergie à l’iode est donc impossible.

Mais… même si l’allergie à l’iode n’existe pas, on peut tout de même être allergique à des produits (médicaments ou aliments) qui en contiennent.

Comme nous le verrons plus loin, le système immunitaire ne réagit pas à l’iode à proprement parler, mais bien à des substances allergènes retrouvées dans ces produits.

Allergie à l'iode DEBUNKAGE en 2 minutes

Produits contenant de l’iode et réactions allergiques

Ce qui est souvent confondu avec une allergie à l’iode, ce sont en fait des réactions allergiques aux agents de contraste iodés utilisés lors de certains examens d’imagerie médicale, tels que l’angiographie ou le scanner avec injection de produit de contraste. Ces réactions sont généralement dues à différents composants présents dans l’agent de contraste iodé.

Si vous avez présenté une réaction d’allure allergique dans les suites d’un examen d’imagerie (notamment scanner), un bilan allergologique est fortement recommandé.

Les véritables allergies cachées derrière cet abus de langage sont les allergies aux poissons et crustacés, les allergies aux antiseptiques iodés ou aux produits de contraste iodés. Cette notion d’« allergie à l’iode » impliquerait que l’atome d’iode soit l’allergène, c’est-à-dire que l’iode serait responsable de la survenue de l’allergie.

De plus, il faut savoir que l’iode est un élément naturel de notre environnement et est essentiel à la vie : en effet l’iode est indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes.

Nous en ingérons quotidiennement dans la nourriture, par exemple dans le sel iodé et il est nécessaire d’en absorber au moins 150 µg par jour.

Les aliments. Les poissons, les fruits de mer et le sel de table ont tous quelque chose en commun : on y retrouve de l’iode. Les œufs, le porc, les épinards et le lait en contiennent également.

Les produits de contraste iodés (PCI). Il s’agit de substances utilisées en radiologie et en imagerie médicale qui, lorsqu’elles sont injectées à un patient, permettent de mieux visualiser certaines parties du corps telles que les organes ou les vaisseaux sanguins.

Les désinfectants à base d’iode. Les propriétés désinfectantes et antibactériennes de l’iode sont connues depuis longtemps. Ainsi, plusieurs antiseptiques retrouvés sur le marché contiennent de l’iode. C’est le cas par exemple de la Bétadine® et de la Proviodine®.

Rappelons que l’iode n’est pas en cause dans l’apparition de réactions allergiques à ces différents produits et que les substances allergènes diffèrent d’un produit à l’autre. Ainsi, une personne peut par exemple réagir à un PCI et pouvoir consommer sans problème des fruits de mer.

Il est courant d’entendre parler d’une prétendue « allergie à l’iode », en particulier dans le contexte de l’utilisation d’agents de contraste iodés en imagerie médicale.

Particulièrement en radiologie on se fait demander si on est allergique à l’iode ou aux fruits de mer.

Les PCRi sont des molécules contenant plusieurs atomes de carbone, et aussi de l’oxygène, de l’hydrogène, de l’azote, et en général de 3 à parfois 6 atomes d’iode.

Le contenu en carbone de ces molécules est beaucoup plus important que le contenu en iode, alors pourquoi ne parle-t-on pas d’allergie au carbone?

On ne doit plus utiliser la dénomination “ allergie à l’iode ” mais plutôt celle “ d’allergie ou d’hypersensibilité aux PCRi ”.

Réactions allergiques aux désinfectants à base d’iode

Oui. La plupart des antiseptiques à base d’iode contiennent de la povidone. C’est cette substance, et non pas l’iode, qui est responsable de l’apparition des symptômes d’allergie.

On estime qu’une allergie de contact apparaîtrait chez 0,4 % des individus utilisant ce type de produits. Les réactions se limiteraient le plus souvent à de l’eczéma, quoique l’on ait rapporté des réactions sévères et des décès dans la littérature.

Réactions allergiques aux PCI

Oui. Au cours des dernières décennies, plusieurs études ont rapporté des effets secondaires suivant l’administration de PCI.

En moyenne, ces effets surviennent chez 1 % à 12 % des personnes à qui l’on injecte ce type de médicaments. Si l’on se concentre sur les réactions allergiques sévères et potentiellement mortelles, on parle plutôt d’une incidence variant entre 0,04 % et 0,22 % selon le médicament utilisé.

Il est à noter que l’iode n’est pas en cause dans l’apparition d’une allergie aux PCI. Par contre, on n’a pas encore identifié la ou les substances allergènes.

Les réactions immédiates (urticaire/asthme/anaphylaxie) aux PCRi surviennent chez environ 2% des patients recevant un PCRi ionique (premières molécules fabriquées), et chez environ 0.5% des patients recevant les molécules non ioniques (de fabrication plus récente).

Des réactions anaphylactiques très sévères surviennent chez environ 0.2% des patients recevant un PCRi ionique, et chez 0.04% de ceux recevant un PCRi non ionique.

Les facteurs de risques associés à ces réactions sont : le sexe féminin, l’asthme (surtout si mal contrôlé au moment du test), et une histoire de réaction préalable à un PCRi.

La prise de médication bêta-bloquante ou la présence de pathologie cardiaque ne sont pas associées à un risque accru de réaction, mais à un risque de réaction plus sévère.

Le mécanisme de ces réactions est le plus souvent du à un effet direct de la molécule de PCRi (et non pas des atomes d’iode) sur les mastocytes (cellules impliquées dans la réponse allergique) entraînant leur dégranulation (libération de diverses substances dont l’histamine qui cause la réaction allergique) : on parle souvent de pseudo-allergie.

Environ 2% des patients recevant un PCRi vont présenter une réaction retardée, survenant de 1 heure à une semaine après avoir reçu le PCRi : il s’agit le plus souvent d’une éruption cutanée (médié par des globules blancs : les lymphocytes) d’intensité légère à modérée, et évoluant sur quelques jours.

Pour une réaction telle un rash maculo-papuleux léger à modéré, il faut bien évaluer le risque/bénéfice avant de procéder.

Il faut aussi utiliser un PCRi différent de celui utilisé lors de la réaction antérieure : si une évaluation allergique déjà a été faite, il faut utiliser un PCRi qui a testé négatif à la lecture tardive.

Qu’un bref rapport de la réaction soit remis au patient lors de son départ de la radiologie, incluant le nom du produit utilisé, une brève description de la réaction et du traitement donné.

Allergie aux PCI et allergie aux fruits de mer : existe-t-il un lien?

Non. La confusion s’est installée dans les années 1970, alors qu’une étude montrait que 6 % des individus présentant une réaction allergique sévère à un PCI étaient également allergiques aux fruits de mer. Dans cette même étude, on concluait aussi que 6 % de ceux qui réagissaient aux PCI étaient asthmatiques, que 7 % d’entre eux avaient déjà présenté une urticaire de cause inconnue et que 6 % vivaient avec une allergie quelconque.

L’histoire ne dit cependant pas que l’allergie aux fruits de mer était la seule à constituer une catégorie à part entière dans l’étude. Les résultats, combinés au fait que l’on retrouve de l’iode autant dans les fruits de mer que dans les PCI, ont donc probablement favorisé la naissance du mythe de l’allergie à l’iode.

Aujourd’hui, on sait que la présence d’une allergie alimentaire, que ce soit aux fruits de mer, aux œufs, au lait de vache ou à un autre aliment, constitue un facteur de risque dans l’apparition d’une allergie aux PCI.

Tout compte fait, Alice n’est pas allergique à l’iode, mais bien à une substance contenue dans le médicament qu’on lui a injecté. L’allergie à l’iode, tout comme l’association entre l’allergie aux PCI et aux fruits de mer, relève donc du mythe.

Excès d'iode

Un excès d'iode est responsable dans la plupart des cas d'une hyperthyroïdie, dans des cas plus rares d'une hypothyroïdie.

La glande thyroïde contient la majeure partie de l'iode dans l'organisme.

L'excès d'iode induit dans la majorité des cas une hyperthyroïdie - excès d'hormones thyroïdiennes dans l'organisme - mais peut aussi, plus rarement, être à l'origine d'une hypothyroïdie.

"L'iode en excès inhibe dans ce cas la synthèse des hormones thyroïdiennes.

Pour vérifier indirectement l'excès d'iode, on procède à un dosage des hormones TSH (thyroid stimulating hormone), T3 (triiodothyronine) et T4 (thyroxine) dans le sang via une prise de sang.

On peut aussi directement doser l'iode dans les urines, ou bilan de iodurie.

Le dosage de l'iodurie permet d'apprécier la suffisance des apports, de rechercher une surcharge (permettre le diagnostic d'une saturation) et surtout la désaturation".

Traitement

Le traitement consiste à modifier son régime alimentaire : sel de mer non-enrichi en iode, réduction de la consommation de fruits de mer, les algues, les yaourts...

Utiliser un PCRi non-ionique et iso-osmolaire, particulièrement chez les patients à plus haut risque (asthmatique, patient sous bêta-bloqueur, patient avec pathologie cardiaque).

Réactions cutanées d’hypersensibilité retardée (HSR)

Des réactions cutanées d’hypersensibilité retardée (HSR) survenant avec les produits de contraste iodés (PCI), utilisés en imagerie médicale, continuent d’être déclarées à l’ANSM.

Ces réactions sont, le plus souvent, non graves et se caractérisent par des démangeaisons et des rougeurs sur la peau, survenant quelques heures à plusieurs jours après l’injection du PCI, et guérissant en une à plusieurs semaines.

Un produit de contraste est une substance injectable ou administrée par voie entérale (tube digestif), orale ou rectale utilisée en imagerie médicale, lors d’un scanner par exemple.

Une réaction d'HSR survient de plus d’une heure jusqu’à plusieurs jours après l’exposition à une substance allergène ou à un médicament.

Ce type de réaction fait intervenir des cellules de défense de notre corps (notamment les lymphocytes T) qui déclenchent une réponse immunitaire retardée.

Dans la plupart des cas, cela se traduit par des rougeurs et des démangeaisons au niveau de la peau.

Conduite à tenir devant une réaction d’hypersensibilité retardée :

  • Utilisez des dermocorticoïdes pour lutter contre les signes allergiques non graves.
  • Si une réaction allergique est grave, elle peut nécessiter une hospitalisation rapide.
  • Comment s’assurer de la nature allergique de la réaction cutanée ?
  • En cas de survenue d’une réaction cutanée, quelle que soit sa sévérité, ou d’un prurit, possiblement liés à l’administration d’un PCI, il est recommandé de mener un bilan allergologique a posteriori portant sur les différentes classes de PCI et non seulement sur le PCI administré, afin de confirmer la nature allergique de la réaction et de sécuriser les procédures radiologiques ultérieures (contre-indication de certains PCI, proposition d’alternatives) ; compte tenu du risque de réactions croisées avec tous les PCI pour les réactions d’HSR.
  • Informez votre patient des résultats du bilan allergologique et des PCI testés positifs, qui lui seront désormais contre-indiqués, et de ceux pour lesquels le test est négatif et qui pourront lui être administrés à l’avenir.
  • Avant l’examen, informez votre médecin si vous avez déjà fait une réaction après l’administration d’un PCI (éruption cutanée, démangeaisons de la peau) ou si vous avez une hypersensibilité connue à un PCI (bilan allergologique).
  • Si, jusqu’à plusieurs jours après l’administration du PCI, vous notez l’apparition d’une éruption cutanée, si vous souffrez de démangeaisons de la peau, alors contactez immédiatement votre médecin : ces manifestations peuvent être liées à l’administration du PCI.
  • Apprenez à reconnaitre les signes et symptômes des formes sévères d’HSR comme décrites ci-dessus.
  • Informez votre patient du risque de HSR, notamment en cas d’éruption cutanée, pouvant survenir à distance de l’administration d’un produit de contraste iodé (PCI).

Pendant l’examen :

  • Vérifiez les antécédents allergiques du patient.
  • Renseignez le nom du PCI administré et le numéro de lot sur le compte rendu de radiologie pour retracer dans le dossier patient l’historique des expositions à des PCI.

Aliments à éviter en cas d'hypersensibilité

Si vous présentez des réactions allergiques mineures après une première ingestion, évitez :

  • les poissons et fruits de mer ;
  • les produits dérivés, tels que les beurres de crabe, de homard, les farines de poisson ;
  • les poissons en conserve, les huiles de poisson et de foie de morue…

En effet, plus vous aurez de contact avec les agents allergènes, plus les réactions seront importantes.

L’iode est présent dans :

  • le sel de mer (jamais mis en cause dans le cadre de réactions allergiques) ;
  • la majorité des poissons (morue, hareng fumé, saumon, aiglefin…) ;
  • les fruits de mer (langoustines, crevettes, coques, moules, huîtres, homards, crabes…) ;
  • les algues (aliments et compléments alimentaires).
Produit Risque de réaction allergique Alternative
Produits de contraste iodés (PCI) Élevé PCI non-ioniques et iso-osmolaires
Antiseptiques à base d'iode Modéré Antiseptiques sans iode
Fruits de mer et poissons Variable Autres sources de protéines
Sel de mer Faible Sel non iodé

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