Plus d’un adulte sur 10 souffre d’une affection rénale, ce qui équivaut à 850 millions d’individus affectés sur le plan mondial. L’insuffisance rénale chronique affecte profondément la capacité du rein à filtrer efficacement les déchets et les toxines, ce qui entraîne une accumulation dangereuse de substances dans le corps. Face à cette maladie, l’alimentation devient un levier essentiel pour préserver la fonction rénale et ralentir la progression de la pathologie. Avoir une bonne hygiène alimentaire est primordial pour les six millions de Français qui souffrent d’insuffisance rénale. Ainsi, certaines règles diététiques doivent donc être suivies pour conserver un bon état physique, notamment en dialyse, où il est essentiel de bien se nourrir et d’avoir une alimentation variée.
Alors, quels aliments privilégier et quels aliments sont à éviter ? Que boire ? Quels conseils diététiques suivre ? Il faut avant tout éviter les aliments riches en phosphore, potassium, sodium et protéines en excès. L’alimentation occidentale est trop riche en sel et trop pauvre en fibres. L’enjeu en 2025 est d’allier santé et plaisir alimentaire en adoptant une stratégie diététique rigoureuse.
Le phosphore est un minéral essentiel au corps humain, mais en cas d’insuffisance rénale, il devient un facteur de risque majeur puisqu’il s’accumule dans le sang, provoquant des désordres tels que l’ostéodystrophie rénale. Dans l’insuffisance rénale, le sang n’est pas correctement débarrassé du phosphore en trop. Les patients insuffisants rénaux doivent donc limiter les sources alimentaires riches en phosphore très disponible.
Les principales sources de phosphore incluent des produits souvent présents dans les foyers et les repas courants : les produits laitiers (notamment les fromages à pâte dure comme ceux de la marque Président), les fruits de mer, les noix et les graines. Par exemple, un plateau de fromages diversifié avec du Président, bien qu’appétissant, constitue un piège pour les reins. Il est recommandé de limiter les fromages à pâte dure riches en phosphore.
Il est important d’apprendre à lire les étiquettes parce que les additifs figurent dans la liste des ingrédients. L’industrie alimentaire utilise de nombreux additifs contenant du phosphore. Les aliments riches en phosphore sont les produits industriels notamment ceux contenant des additifs, les produits « light », et ceux « allégés en sel » sont donc à éviter.
Le potassium joue un rôle crucial dans le maintien de l’équilibre électrolytique et la fonction cardiaque, mais en cas de dysfonction rénale, il peut se retrouver en excès dans le sang, un état appelé hyperkaliémie, à l’origine de troubles cardiaques graves. « Le potassium est un minéral indispensable, mais il peut s’élever dans le sang en cas d’insuffisance rénale et devenir dangereux pour le cœur quand son taux est très excessif », indique la Fondation du Rein.
La catégorie la plus connue d’aliments à éviter est constituée par les fruits et légumes riches en potassium. Les bananes, souvent perçues comme un fruit sain, sont particulièrement riches et souvent déconseillées. De même, les oranges, épinards, pommes de terre, avocats, et légumes secs comme les lentilles, pois chiches ou haricots doivent être consommés avec extrême prudence. Les pommes, pêches et haricots verts sont considérés comme des aliments pauvres en potassium tandis que les bananes et pommes de terre sont considérées comme des aliments à forte teneur en potassium.
Pour remplacer ces aliments, privilégier les fruits à faible teneur en potassium tels que fraises, pommes, myrtilles et légumes comme les carottes, concombres ou haricots verts. La vigilance sur le potassium nécessite un équilibre délicat, car une carence peut aussi nuire à l’organisme.
Le sodium (une partie du sel) est ajouté à de nombreux aliments préparés ou emballés que vous achetez au supermarché ou au restaurant. Le sodium est largement consommé à travers les aliments industriels, les plats préparés ou les snacks, et son rôle dans l’hypertension artérielle est bien connu.
Les produits comme les sauces Knorr, Maggi, les charcuteries de Charal, les plats cuisinés Carrefour ou même les chips Lay’s contiennent une quantité excessive de sel. Par exemple, les produits industriels comme ceux de Knorr, Maggi ou Carrefour (plats cuisinés), riches en sodium ou en additifs, sont de véritables pièges. Cette vigilance s’applique aussi aux snacks comme les chips Lay’s, ou encore aux produits gourmet salés de Fauchon qui contiennent souvent un excès de sel.
Pour réduire l’apport en sodium, il est conseillé de cuisiner soi-même avec des herbes aromatiques et épices naturelles. Par exemple, du thym, du romarin, ou du curcuma permettent d’assaisonner agréablement sans sel ajouté. Ces précautions sont fondamentales, car 2025 confirme l’importance d’une alimentation pauvre en sodium dans la prévention des complications rénales et cardiovasculaires.
Il y a deux raisons principales qui peuvent conduire à l’établissement d’un régime pauvre en sel : l’existence d’une hypertension, qui est relativement fréquente en dialyse, et la restriction en eau, puisque le sel donne soif. Le sel : sa consommation ne doit pas excéder 6 g par jour, car le sel favorise l’apparition de l’hypertension qui joue un rôle dans la maladie rénale. On n’ajoute donc pas de sel dans ses plats, et on pense à le remplacer par des épices, des herbes aromatiques, des condiments comme exhausteurs de goût. Il faut savoir qu’il est difficile de quantifier sa consommation de sel quotidienne. Mais, rien qu’une baguette de pain en renferme déjà 4 g. La charcuterie : bien que depuis les années 2000, les fabricants de charcuterie ont réduit de 10 à 15 % la teneur en sel, mieux vaut en consommer le moins souvent possible. Les poissons fumés contiennent eux aussi des teneurs en sel élevées.
Les protéines animales sont à la fois une source indispensable de nutriments et un facteur de charge pour les reins. En cas d’insuffisance rénale, il est conseillé de limiter ses apports en protéines animales. Une consommation excessive de protéines augmente la charge de travail du rein et la production de déchets azotés, ce qui peut accélérer la dégradation rénale.
« Lorsqu’on est porteur d’une insuffisance rénale, il ne faut pas dépasser 0,6 g à 0, 8 g maximum de protéines animales par jour et par kilo de poids corporel », afin de ne pas surcharger les reins en déchets azotés comme l’urée. On privilégie les protéines végétales. Les végétaux ont aussi comme avantage d’être alcalinisant, quand les viandes sont plutôt acidifiantes. Les légumineuses comme le soja sont une source intéressante de protéines végétales, mais doivent parfois être limitées si les taux de phosphore et de potassium sont élevés.
Il est donc recommandé de limiter les apports en protéines, mais sans compromettre l’état nutritionnel global du patient. En pratique, cela signifie modérer la consommation de viandes rouges, en particulier celles de ruminants proposées par Charal (bœuf, agneau), ainsi que limiter les produits transformés riches en protéines. Cette stratégie réduit la production de déchets azotés et facilite le travail du rein. Le suivi diététique est important car l’équilibre entre besoins protéiques et conservation rénale est subtil et individuel. Cette approche est détaillée dans de nombreuses ressources professionnelles comme celles de la Fondation du Rein ou sur le site Nephronor.
La viande peut être coupée en morceaux et bouillie dans l’eau pendant 10 à 20 minutes. Le blanc d’oeuf contient beaucoup de protéines et ne contient ni phosphore ni cholestérol. Pour faire une pâte feuilletée, ou une omelette, vous pouvez utiliser 1 oeuf entier et 1 blanc d’oeuf. Pour préparer des boulettes de viande, le blanc d’oeuf suffit.
Outre les macros-nutriments précités, d’autres catégories d’aliments et substances doivent être évitées pour leur toxicité ou leur effet délétère sur les reins. Une attention particulière doit être portée aux aliments dits gourmet salés, à l’image des produits Fauchon, souvent générateurs d’excès de sodium et d’additifs.
Il convient de respecter également certaines règles générales :
« On boit une eau de source ou minérale peu minéralisée. L’utilisation d’eau du robinet est tout à fait convenable, très économique et évite la consommation de bouteilles en plastique nocives pour l’environnement », rappelle le Dr Decourt. « En stade 3 et plus d’insuffisance rénale, il peut être intéressant, sur conseil de son médecin uniquement, de se tourner vers une eau bicarbonatée afin d’alcaliniser l’organisme », précise le néphrologue. Parmi les eaux minéralisées bicarbonatées, on trouve Vichy Célestins, Saint-Yorre, Arvie, Contrex, Hepar.
Certaines mesures permettent de limiter la sensation de soif, comme manger peu salé. Ces restrictions en liquides peuvent être difficiles à supporter, car on ne boit pas « à sa soif ».
Côté mode de cuisson, « on privilégie la cuisson à l’eau, en papillote ou à la vapeur ».
Il existe des médicaments spécifiques, appelés chélateurs, qui peuvent empêcher l’absorption intestinale du potassium et du phosphore et donc être utilisés en complément du régime alimentaire.
Tant qu’une fonction rénale résiduelle est préservée, ce qui est souvent le cas, de manière durable, en dialyse péritonéale, le régime est plus souple. En revanche, la solution de dialyse péritonéale contient du sucre, ce qui impose une limitation des apports en sucre (sauf chez la personne âgée). Pour éviter la dénutrition, le patient en hémodialyse ou en dialyse péritonéale doit avoir des apports énergétiques et protidiques corrects.
La première heure d’hémodialyse permet de profiter des aliments habituellement limités, très salés ou riches en potassium principalement. En effet ces minéraux seront éliminés durant la suite du traitement.
Le diététicien peut ajuster la consommation de phosphore en fonction du stade de la maladie et offrir des alternatives savoureuses. Par exemple, certains patients remplacent aisément les noix par des pommes ou des légumes pauvres en phosphore.
| Nutriment | Aliments à Privilégier | Aliments à Éviter |
|---|---|---|
| Phosphore | Fromages frais faibles en phosphore | Fromages à pâte dure, abats, poissons en conserve, aliments industriels avec additifs phosphatés |
| Potassium | Fraises, pommes, myrtilles, carottes, concombres, haricots verts | Bananes, oranges, épinards, pommes de terre, avocats, lentilles, pois chiches, haricots |
| Sodium | Aliments préparés à la maison avec herbes et épices naturelles | Sauces industrielles (Knorr, Maggi), charcuteries, plats cuisinés, chips Lay's |
| Protéines | Protéines végétales (soja, légumineuses avec modération) | Viandes rouges (bœuf, agneau), produits transformés riches en protéines |
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