La truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), originaire des bassins versants du Pacifique en Amérique du Nord, est largement élevée à travers le monde. Son élevage s’est développé sur tous les continents, atteignant une production de plus d’un million de tonnes. En Europe, elle est l’espèce d’eau douce la plus cultivée, avec une production annuelle d’environ 400 000 tonnes. Cet article explore en détail les besoins nutritionnels de la truite arc-en-ciel en élevage et les alternatives innovantes pour une alimentation plus durable.
Truite arc-en-ciel
Très grossièrement, l’aliment des truites doit être riche en protéines (entre 40 et 50 % de la matière sèche de la ration ). Ces protéines doivent avoir un profil d’acides aminés essentiels non carencé par rapport aux exigences de la truite. Par ailleurs, cette dernière a besoin d’acides gras de la famille des omégas 3, et plus particulièrement les acides gras EPA (20-5 n3) et DHA (22-6 n3) et des omégas 6 ARA (20-4 n6). Pour les détails, voir le tableau des besoins alimentaire des truites.
En conditions d’élevage, la production de truite dépend exclusivement d’un apport externe d’aliments composés, dont la part dans le coût de production peut aller à plus de 50 %.
Alimentation des truites
Les aliments du commerce contiennent actuellement environ 20% de farines de poisson pour fournir les acides aminés essentiels et 10% d’huiles de poisson pour apporter les acides gras EPA, DHA et ARA. Sachant qu’il faut 5 kg de poisson pour 1 kg de farine de poisson et 20 kg de poisson pour 1 litre d’huile. Soit au final de 2.5 à 3 kg de poissons fourrages pour produire 1 kg de truite.
La consommation de poisson gras une à deux fois par semaine permet de combler les besoins, sous réserve que ces poissons soient nourris avec un aliment suffisamment riche en EPA et DHA. Or la stagnation des captures de poissons fourrage en mer et l’explosion des besoins dans les élevages piscicoles conduisent à proposer un poisson de plus en plus pauvre en EPA et DHA.
Face aux enjeux de durabilité, la recherche d'alternatives aux farines de poisson est cruciale. Plusieurs pistes sont explorées :
Une combinaison vers de farine (pour les protéines) et microalgue (pour EPA, DHA et ARA) peut-elle constituer une ration de substitution à 100% de l’aliment du commerce, tout en garantissant des performances en quantité et qualité acceptables en aquaponie familiale ?
De nombreux travaux de recherche ont été menés pour évaluer l'efficacité d'une large gamme d'ingrédients alternatifs aux végétaux, depuis les ingrédients unicellulaires jusqu'aux sous-produits animaux. L'objectif de cette étude était de tester la pertinence de l'utilisation d'un mélange de levures, de microalgues et d’insectes, pour alimenter des lignées de truites sélectionnées ou non sur leurs performances de croissance avec les régimes végétaux, avec une évaluation des performances et des effets sur le métabolisme des poissons.
Les deux stratégies testées ont permis d'améliorer les performances de croissance des poissons nourris avec des régimes à base de plantes, même si elles n'atteignent pas toujours celles des poissons nourris avec un régime incluant des matières premières d’origine marine. La supplémentation des régimes végétaux par des mélanges d’ingrédients alternatifs, ainsi que la sélection génétique, modifient le profil des métabolites. L’hypothèse est que cette modification métabolique est liée aux altérations du fonctionnement du système digestif, notamment en lien avec le microbiote.
Une étude récente a démontré qu'il était possible de stimuler spécifiquement l’absorption des acides aminés cationiques ajoutés sous forme libre dans les aliments constitués de protéines végétales. En modifiant la recette initiale de l’aliment en apportant un autre petit acide aminé, appelé glycine, les chercheurs ont pu constater que les compléments d’acides aminés cationiques étaient bien mieux assimilés chez les poissons nourris avec le régime enrichi en glycine.
Plusieurs piscicultures s'engagent dans des pratiques d'élevage respectueuses de l'environnement et du bien-être animal. Elles privilégient :
Ces efforts contribuent à réduire l'impact environnemental de l'élevage de la truite arc-en-ciel et à garantir des produits de qualité pour les consommateurs.
| Alternative | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Protéines végétales | Potentiel de réduction de la dépendance aux farines de poisson | Moindre qualité nutritionnelle, nécessite un rééquilibrage en acides aminés |
| Protéines d'insectes | Riches en protéines et acides aminés | Coût de production, acceptabilité par les consommateurs |
| Microalgues | Source d'oméga 3 (EPA et DHA) | Coût de production, impact environnemental de la culture |
| Levures | Source de protéines et de vitamines | Digestibilité, acceptabilité par les poissons |
Elevage de truites
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