Guide d'Alimentation Sans Soja : Alternatives et Bienfaits

Le soja est souvent perçu comme un symbole des dérives du système alimentaire actuel. Pour beaucoup, ce mot évoque la déforestation de l’Amazonie, les voyages transatlantiques et les élevages industriels, qui sont néfastes pour notre environnement, notre santé et le bien-être animal.

Malgré ces préoccupations, cette plante a pris une telle place dans l’alimentation des animaux d’élevage que peu d’agriculteurs parviennent à s’en défaire. Vincent Delobel, éleveur caprin bio à Tournai, a relevé ce défi.

L'histoire du soja dans l'alimentation animale

Dans le cadre de la Révolution verte qui suit la Seconde Guerre mondiale, des accords de commerce entre l’Europe et les Amériques transforment radicalement les paysages agricoles des deux continents. Le bétail quitte les prairies pour s’entasser dans des fermes-usines ; sa nouvelle alimentation se constitue de maïs européen, pour l’énergie, et de soja américain, pour les protéines.

« On demande à l’Europe de cultiver du maïs en masse, qui n’apporte pas du tout de protéines, alors que l’herbe est équilibrée, elle apporte des protéines et de l’énergie », précise Vincent Delobel. Ce choix politique s’explique par la haute rentabilité du maïs propice à l’exportation et par le profil nutritionnel idéal du soja. Alors que d’autres légumineuses n’en apportent qu’une partie, le soja contient à lui seul les huit acides aminés essentiels au bon fonctionnement de l’organisme des ruminants.

Pourquoi réduire ou éliminer le soja ?

Le soja n’est absolument pas nécessaire, on l’a introduit récemment afin d’atteindre des objectifs de production très poussés. La forte volatilité du marché du soja et la volonté d’accroitre son autonomie protéique poussent certains éleveurs à se poser la question de la place du tourteau de soja dans la ration de leurs vaches.

La guerre en Ukraine renforce les tensions sur l’ensemble des marchés. Dans ce contexte, mi-mars, l’Argentine, premier exportateur mondial de soja, décidait de suspendre ses exportations de tourteaux et d’huile : la hausse des prix fut immédiate. Pour rappel, cette origine représente près de 17 % des importations françaises de tourteau de soja.

Depuis début avril, le prix du soja évolue en nette baisse. Face à cette forte volatilité des cours, bon nombre d’agriculteurs cherchent à réduire la part du soja dans la ration de leurs vaches. En effet, le tourteau de soja présente un grand intérêt nutritionnel grâce à ses très hautes teneurs en énergie et en protéines.

Alternatives au Soja dans l'Alimentation Animale

Difficile, parce qu’exigeant une nouvelle organisation, le remplacement du soja dans l’alimentation animale est pourtant loin d’être impossible. Les éleveurs bio le prouvent au quotidien.

Alternative of soya bean for fattening broilers

Diverses études ont imaginé des scénarii de substitution, notamment en France, championne européenne de l’élevage Hors sol. Un rapport, publié en janvier dernier par le WWF France et l’Enesad (Etablissement national d’enseignement supérieur agronomique de Dijon) souligne que « si les jachères obligatoires sont supprimées et les objectifs du plan biocarburant pour 2010 appliqués (7 % d’incorporation), l’augmentation des surfaces en oléo-protéagineux (colza et tournesol, riches en protéines, ndlr) pourrait se chiffrer à 1,5 million d’hectares, ce qui permettrait de diviser par deux les besoins en tourteaux de soja ».

Les tourteaux d’oléagineux ne sont pas les seules alternatives envisageables. Pour remplacer le soja, il y a aussi les légumineuses à graines (pois, féverole, lupin) et les légumineuses fourragères (luzerne, trèfles, sainfoin, lotier).

« La mise en culture de toutes ces alternatives dans les rotations céréalières présente des intérêts agronomiques et environnementaux : diversification des cultures, amélioration de la structure du sol, apport d’azote par les légumineuses permettant de diminuer les quantités d’engrais à apporter », précise encore le rapport WWF/Enesad. « De plus, hormis le colza et le pois, très sensibles aux maladies et aux ravageurs, ces cultures nécessitent peu d’interventions et peu de traitements phytosanitaires.

Philippe Desbrosses, agriculteur, auteur d’une thèse de doctorat sur le lupin, a été l’un des principaux acteurs de la tentative de réintroduction du lupin en France au début des années 1980.

« Lorsque l’on réalise que le lupin, par exemple, peut non seulement diminuer nos importations de soja mais aussi diminuer notablement notre consommation d’engrais chimiques et de produits phytosanitaires, on comprend aisément les barrages mis en place depuis 20 ans face à cette opportunité. Les lobbies industriels sont très puissants, et ils influencent nos hommes politiques. Les firmes qui commercialisent des OGM ne voient pas non plus d’un bon oeil ces possibilités de remplacement du soja dans l’alimentation du bétail. »

Pour Philippe Desbrosses, il ne reste maintenant qu’à attendre « l ’apogée de la crise alimentaire, et la rélocalisation de l’agriculture, qui s’imposera alors.

Stratégies pour Remplacer le Tourteau de Soja

Mais quelle stratégie adopter pour remplacer cet aliment ?

  • Apporter davantage de tourteau de colza ?
  • Implanter des dérobées ?
  • Miser sur un ensilage d’herbe de meilleure qualité ?

Pour ajuster l’équilibre entre les différents éléments, le prix ne doit pas être le seul critère. Vient ensuite le calcul de la matière sèche à ingérer, fourrages et concentrés. Pour que le rumen fonctionne correctement, tout est question d’équilibre.

De par ses qualités nutritionnelles, le tourteau de colza reste une alternative de choix au soja dans l’alimentation des bovins. L’institut technique Arvalis table sur l’équivalence suivante : 1 kg de tourteau de soja = 1,5 kg de tourteau de colza (ne pas dépasser 4 Kg/VL/J car ça provoque des acides éruciques).

Augmenter la quantité d’herbe dans la ration grâce à l'implantation de dérobées sur l'exploitation. Si le choix des mélanges est aujourd’hui très large (céréales, protéagineux, trèfles...), le coût de la semence peut être un critère de choix décisif. Opter pour des semences de ferme peut être une solution.

Pourquoi de pas porter une attention particulière à la qualité de l’ensilage d’herbe ? Une pratique qui consiste avant tout à récolter au moment opportun pour améliorer sa teneur en protéines et en énergie.

L’implantation des légumineuses type luzerne permet de diminuer la part de concentrés Azoté.

Il n’est pas toujours facile de quantifier la pertinence économique des rations. Le logiciel Isalim est là pour vous aider. En quelques clics, il permet d’évaluer les valeurs nutritionnelles de rations existantes mais aussi de tester celles de nouveaux mélanges. Cet outil offre la possibilité d’équilibrer les rations de base tout en établissant des plans de complémentation ou d’engraissement.

L'exemple de Serge : une ferme sans soja

Chez Serge, paysan dans le Sud-ouest de la France, les 50 cochons élevés chaque année n’ingèrent pas un tourteau de soja : « Nous leur donnons un mélange à base d’avoine, de triticale ou de blé et de pois ou de féverole. Nous achetons 40 % de l’orge consommé. Tout le reste est produit sur la ferme. »

Avant 1993, la ferme de 60 hectares de Serge et de ses deux associés n’élevait que des porcs, en hors-sol, nourris à 100 % par des céréales, achetés, et du soja, acheté lui aussi, et importé.

« Nous ne nous sommes pas contentés de supprimer le soja pour nos porcs, reprend Serge. Nous avons repensé la globalité de notre activité et sommes passés en polyculture élevage bio, avec transformation et vente directe de tous nos produits : huile de tournesol, pain, viande fraîche et charcuterie. Cette diversification de notre activité était indispensable pour garantir une rémunération correcte. Nous avons augmenté notre temps de travail, mais sécurisé notre rémunération, puisque nous fixons nous mêmes les prix et sommes en vente directe. »

Impacts Écologiques et Alternatives Végétales

D’un point de vue écologique, la production de viandes participe donc activement au réchauffement climatique. C’est sans compter ses effets sur la déforestation afin de planter le soja OGM pour nourrir ces animaux. Saviez-vous que pour produire 1 kg de bœuf, il faut 15300 litres d’eau ?

Les légumineuses telles que les pois, lentilles, haricots, etc. nous sont aussi profitables. Elles contiennent protéines, glucides, fibres, minéraux et vitamines. Leur faible teneur en gras saturés n’apporte au corps humain que du bon cholestérol. Lentes à digérer, elles créent une sensation de satiété et aident à combattre la faim dans les régions plus pauvres du monde.

Alimentation Végétarienne et Végane Sans Soja

Adopter un mode de vie végan peut être une démarche motivée par de nombreuses raisons : le bien-être animal, les préoccupations environnementales, ou tout simplement pour améliorer sa santé. Cependant, lorsqu’on est allergique au soja ou que l’on souhaite simplement éviter cette légumineuse, cela peut paraître compliqué. Le soja est souvent considéré comme une source essentielle de protéines pour les végans.

Toutefois, certaines personnes peuvent y être intolérantes ou allergiques. D’un point de vue écologique, la culture intensive du soja a également un impact sur l’environnement. Alors que ces informations peuvent sembler décourageantes, prenez soin de noter qu’il existe des alternatives au soja pour les personnes qui choisissent un régime végan.

Les haricots, les lentilles et les pois sont d’excellentes sources de protéines. La clé pour remplacer efficacement le soja dans son alimentation est la variété. En combinant différents aliments, vous pouvez obtenir tous les acides aminés essentiels dont votre corps a besoin.

Pour commencer à manger végan et sans soja, prenez soin de bien planifier ses repas. Avec un peu d’organisation, manger végan sans soja devient plus facile au quotidien. Veiller à ses apports en vitamines et nutriments essentiels est primordial pour maintenir sa santé sur le long terme.

Cuisiner végan sans soja peut donc être une aventure culinaire passionnante, pleine de nouvelles saveurs. Pour conclure, manger végan sans soja est tout à fait possible avec une bonne planification et une alimentation variée. Les alternatives aux protéines de soja sont nombreuses : légumineuses, céréales complètes, graines et noix.

L’important est aussi de veiller à ses apports en vitamines B12, d et en oméga-3.

Bienfaits d'une Alimentation Sans Viande

Face aux enjeux écologiques, nous sommes de plus en plus conscients de la nécessité d’adapter notre alimentation, et notamment de réduire notre consommation de viande. Santé, écologie, bien-être animal, les bienfaits d’une alimentation sans viande sont nombreux. N’oubliez pas : adopter une alimentation végétarienne demande à adapter le contenu de son assiette afin d’éviter les carences.

C’est un fait : la production massive de viande a un véritable impact sur notre planète. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production de viande a considérablement augmenté depuis ces dernières années. Ensuite, selon le rapport Tackling Climate Change Through Livestock du FAO publié en 2013, l’élevage est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet à l’échelle mondiale.

Réduire sa consommation de viande, c’est agir pour l’environnement, mais pas que ! En effet, plusieurs études ont démontré que le régime végétarien et qu’une alimentation moins riche en viandes permettent de diminuer le risque de certaines maladies cardiovasculaires.

Tout est une question d’équilibre pour éviter les carences ou anémies, et profiter de tous les bienfaits d’une cuisine sans viande. Précisons aussi qu’il existe plusieurs types d’alimentation sans viande : du végétarisme non strict (consommation d’œufs, de produits laitiers…), au végétalisme strict (aucun aliment, même dérivé, d’origine animale).

Il existe également le flexitarisme où l’on continue de manger des aliments d’origine animale, mais dont on réduit la consommation au profit d’aliments végétaux. À vous de choisir celle qui vous convient.

Oui ! Absolument ! Il est cependant nécessaire de trouver un équilibre alimentaire nouveau afin de ne pas être carencé en protéines, en vitamines (D, B12…) et minéraux essentiels (fer, iode…). Mangés dans des quantités justes et adaptées, certains aliments végétariens permettent de pallier les carences. Tout est une question d’équilibre !

À noter qu’il est possible de prendre du poids lors de votre transition vers le végétarisme si vous n’adaptez pas bien votre alimentation. Par ailleurs, soyez vigilants aux aliments ultra-transformés végétaux et sans viande. Ils font également légion dans le rayon bio et végétarien des grandes surfaces. Derrière des packagings verts et aux couleurs vegan friendly se cachent parfois des compositions bien louches !

Manger sans viande n’est pas synonyme d’ennui ! Il existe en effet de nombreuses alternatives sans viande, gourmandes et savoureuses.

En plus d’une indispensable désintensification des élevages, et de la relocalisation du marché de l’alimentation, il faut absolument revoir nos habitudes de consommation, en commençant par diminuer notre consommation de viande, pour la remplacer par des protéines végétales (lentilles, pois, fèves, haricots secs, etc).

Tableau des Alternatives au Soja

Alternative Avantages Inconvénients
Tourteau de colza Bonne source de protéines, alternative de choix au soja Ne pas dépasser 4 Kg/VL/J (provoque des acides éruciques)
Légumineuses à graines (pois, féverole, lupin) Intérêts agronomiques et environnementaux, diversification des cultures, amélioration de la structure du sol, apport d’azote Colza et pois sensibles aux maladies et aux ravageurs
Légumineuses fourragères (luzerne, trèfles, sainfoin, lotier) Intérêts agronomiques et environnementaux, diversification des cultures, amélioration de la structure du sol, apport d’azote Peuvent nécessiter une gestion attentive pour éviter les problèmes de pâturage

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