Au cœur des débats contemporains sur l'avenir de notre planète, l'alimentation durable émerge comme un enjeu majeur. L’alimentation durable ne se limite pas simplement à ce que nous mettons dans nos assiettes. Elle englobe une dimension globale allant de la préservation des sols, de l'eau et de la biodiversité, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en passant par une éthique de production respectueuse des êtres vivants et des écosystèmes. L'alimentation durable, c'est l'ensemble des pratiques alimentaires qui visent à nourrir les êtres humains en qualité et en quantité suffisante, aujourd’hui et demain, dans le respect de l’environnement, en étant accessible économiquement et rémunératrice sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.
Dans cette dynamique, les collectivités jouent un rôle prépondérant. Actrices de premier plan, elles ont la capacité d'orienter, de soutenir et d'impulser des initiatives locales. Elles sont souvent le premier échelon d'interaction avec les citoyens, possédant ainsi un levier d’action direct pour sensibiliser, éduquer et initier des changements concrets. Il est alors essentiel de comprendre et de souligner l'importance de cette synergie entre l'enjeu mondial de l'alimentation durable et l'action proactive des collectivités pour construire un avenir plus respectueux et harmonieux.
L'alimentation est un enjeu crucial dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), où les inégalités sociales et économiques sont particulièrement marquées. Conçue et mise en œuvre par l’ANCT, cette politique s’appuie sur des moyens d’intervention spécifiques pour favoriser une alimentation durable qui répond aux besoins nutritionnels humains, est sobre en consommation d’énergie et en émissions de gaz à effet de serre, et génère peu de déchets. Elle préserve également les emplois agricoles, assure un revenu équitable pour les producteurs, et soutient le développement local.
L’alimentation est un des déterminants majeurs de la santé et de la lutte contre la précarité. Elle joue également un rôle essentiel sur les questions d’identité, de lien social et familial, de plaisir, de culture et d’appartenance. La politique de lutte contre la précarité alimentaire menée par l’État vise à favoriser l’accès à une alimentation sûre, diversifiée, de bonne qualité et en quantité suffisante aux personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale.
L’alimentation constitue un secteur-clé de la transition écologique mais elle comporte également des enjeux stratégiques en matière économique, sociologique, culturel et sanitaire. À tous les échelons de la chaîne alimentaire - du producteur au consommateur, via différentes étapes de transformation, de distribution, de transport et de restauration - se posent les questions déterminantes de compétitivité, de juste rémunération, d’accessibilité ou d’emplois.
Sur le plan sanitaire, l’alimentation joue un rôle fondamental pour une population en bonne santé. Pourtant, dans les pays industrialisés, le développement de maladies en lien direct avec nos comportements alimentaires est aujourd’hui avéré. Cancer, maladies cardio-vasculaires, obésité, diabète… La nutrition représente le premier facteur de risque de perte d’années de vie en bonne santé (31 %), devant le tabac et l’alcool (IHME, 2017). En parallèle, la précarité alimentaire s’intensifie : une fréquentation en hausse des organismes d’aide alimentaire (entre 2 et 4 millions de bénéficiaires en 2021 en croisant les différentes sources disponibles1) en atteste.
Depuis 2018, le Code d’action sociale et des familles (CASF) définit la lutte contre la précarité alimentaire comme suit :
« La lutte contre la précarité alimentaire vise à favoriser l'accès à une alimentation sûre, diversifiée, de bonne qualité et en quantité suffisante aux personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale. Elle s'inscrit dans le respect du principe de dignité des personnes. Elle participe à la reconnaissance et au développement des capacités des personnes à agir pour elles-mêmes et dans leur environnement. » (article L-266-1 du CASF)
L'aide alimentaire a pour objet la fourniture de denrées alimentaires aux personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale, assortie de la proposition d'un accompagnement. Cette aide, qui vise à répondre aux besoins en volume, tout en prenant en compte, dans la mesure du possible, des critères de qualité des denrées alimentaires, est apportée tant par l'Union européenne que par l'Etat ou toute autre personne morale. » (article L-266-2 du CASF)
Les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation des ménages français représentent un quart de leur empreinte carbone. Mais toutes les étapes de la chaîne alimentaire n’ont pas le même impact.
La manière dont nous produisons, consommons et jetons notre nourriture à des répercussions profondes sur notre environnement. À titre d'exemple, ¼ de l’empreinte carbone d’un Français est liée à son alimentation. La majorité de ces émissions provient de l'étape de production agricole. Mais l'impact ne s'arrête pas là. Notre alimentation a également des conséquences sur les ressources en eau, avec des systèmes d'irrigation gourmands et une contamination des cours d'eau par les pesticides et les engrais. Les sols, fondamentaux pour une agriculture pérenne, sont appauvris et érodés, mettant en péril leur capacité à nourrir les générations futures. Quant à la biodiversité, elle est mise à mal par la monoculture, l'utilisation de pesticides, la destruction des habitats naturels et les pratiques de pêche destructrices.
Sur le plan environnemental, avec un quart de l’empreinte carbone des Français, l’alimentation constitue le premier poste responsable des émissions de gaz à effet de serre (GES), du même ordre de grandeur que le transport ou le logement. Les impacts sont également importants sur les enjeux de l’eau, des sols, de l’air et de la biodiversité.
Il est possible de réduire significativement l’impact de nos besoins alimentaires sur l’environnement tout en produisant une nourriture saine et accessible à tous. Cela passe par :
Plusieurs organisations et stratégies internationales, européennes et françaises encadrent les enjeux de l'alimentation durable :
Voici quelques textes structurants :
La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC-2024) marque un tournant. Elle prévoit notamment :
Pour répondre à l'insécurité alimentaire dans les quartiers prioritaires, l'ANCT soutient des projets alimentaires territoriaux visant à relocaliser l'agriculture et l'alimentation. Des subventions sont attribuées pour développer des initiatives locales, comme les épiceries solidaires et les jardins partagés. L'ANCT sensibilise également les habitants à une alimentation saine et durable à travers des ateliers et des campagnes d'information. Des partenariats avec des acteurs locaux permettent de renforcer l'accès à des produits frais et de qualité, tout en soutenant les producteurs locaux.
L'ANCT a mis en place trois axes principaux :
Le programme Opticourses® vise à concilier alimentation de qualité et budget limité. Il s'agit d'un programme de recherche qui a pour objectif d'améliorer la qualité nutritionnelle des achats des ménages en situation de précarité financière sans augmenter leurs dépenses. Le programme accroît la disponibilité et l'attractivité des aliments présentant un bon rapport qualité-prix, notamment par la mise en place d'un système d'étiquetage "manger top". Des ateliers de sensibilisation sont également organisés pour aider les habitants à faire des choix alimentaires plus sains.
À Basseau - Grande Garenne, dans le Grand Angoulême, la situation de grande précarité est marquée par 57,2 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Pour répondre à cette problématique, une épicerie sociale et solidaire propose des produits de l'aide alimentaire et de l'agriculture locale. Un projet agricole et alimentaire territorial pour la période 2021-2026 vient renforcer ces actions.
La coordination est assurée par Cocolupa, le Comité national de coordination de la lutte contre la précarité alimentaire, une instance créée par l’État en 2020 qui rassemble les divers types d’acteurs de la lutte contre la précarité alimentaire.
L’État soutient financièrement les structures habilitées au titre de l’aide alimentaire par le biais du programme 304 « Inclusion sociale et protection des personnes », qui comprend :
Des crédits européens sont également alloués à la lutte contre la précarité alimentaire en France via le Fonds social européen +.
Les dispositifs de l’État pour lutter contre la précarité alimentaire proposent des solutions adaptées à la diversité des situations de précarité alimentaire et des contextes territoriaux. Ces solutions sont respectueuses de la dignité des bénéficiaires et de leurs attentes.
Les différents dispositifs incluent :
Des programmes spécifiques existent pour les bébés (Programme Malin, Pacte pour les premiers pas), les enfants (petits-déjeuners à l’école, tarification sociale dans les cantines, dispositifs « Fruits et légumes à l’école » et « Lait et produits laitiers à l’école ») et les étudiants (repas au Crous à 1€).
Le programme Mieux manger pour tous (MMPT), inscrit dans le Pacte des solidarités, vise à renforcer la qualité de l’aide alimentaire, réduire l’impact environnemental du système d’aide alimentaire et permettre le renforcement et l’évolution des dispositifs locaux de lutte contre la précarité alimentaire.
Dans le cadre d’un exercice de prospective intitulé Transition(s) 2050, l’ADEME a exploré différents scénarios pour atteindre la neutralité carbone en France d’ici 25 ans. Dans les quatre chemins proposés, nos pratiques alimentaires sont grandement transformées, et le contenu de nos assiettes en forte évolution.
En activant plus ou moins les trois mêmes leviers d’actions, l’ADEME a défini trois scénarios de sobriété pour aller vers une consommation durable et une consommation responsable, associés à des objectifs :
L'ADEME, à travers le programme Territoire Engagé Transition Écologique, occupe une position centrale dans la promotion et le soutien des actions en faveur de la transition écologique, notamment celles centrées sur l'alimentation durable.
La restauration collective joue un rôle pivot dans les systèmes alimentaires territoriaux. Il s'agit d'une interface essentielle entre les producteurs locaux et un grand nombre de consommateurs, favorisant ainsi la consommation de produits locaux, de saison, et souvent de meilleure qualité. De plus, la restauration collective a le pouvoir de sensibiliser un large public à l'alimentation durable.
Dans le contexte des EHPAD, la restauration prend une importance particulière. Il s'agit non seulement de fournir des repas équilibrés et adaptés aux besoins nutritionnels spécifiques des résidents, mais aussi de créer des moments de plaisir et de sociabilité. En favorisant une alimentation locale et durable, les EHPAD peuvent non seulement améliorer la qualité des repas, mais aussi participer activement à la dynamique économique et écologique de leur territoire.
Les cantines scolaires touchent chaque jour des millions d'élèves, devenant ainsi un acteur majeur de l'éducation alimentaire. Depuis début 2022, elles ont l’obligation de faire évoluer leurs menus pour répondre aux objectifs des lois EGAlim et Climat & Résilience : un repas végétarien par semaine, 50% de produits de qualité ou durables (dont 20% de produits bios), plan de lutte contre le gaspillage alimentaire… En mettant l'accent sur des produits locaux, biologiques et de saison, elles ont la possibilité de former les palais des jeunes générations à des goûts authentiques tout en les sensibilisant aux enjeux environnementaux.
La Ville d'Avignon a entrepris une démarche exemplaire contre le gaspillage alimentaire depuis la municipalisation de son service de restauration scolaire en 2015. La Mission Zéro Gaspi comprend des actions variées telles que des pesées des déchets, la création de commissions anti-gaspillage, la formation des agents de la restauration, et l'introduction d'appréciations menus quotidiennes.
Nos territoires font face à une série de vulnérabilités qui menacent leur capacité à répondre aux besoins alimentaires de leurs habitants. Les changements climatiques, la dépendance aux importations, la concentration des terres agricoles et la perte de biodiversité sont autant de facteurs qui accentuent la fragilité des systèmes alimentaires locaux.
Être résilient, c'est avoir la capacité de s'adapter et de répondre efficacement à des chocs, qu'ils soient d'ordre naturel, économique ou sanitaire. Pour les systèmes alimentaires, cela signifie diversifier les sources d'approvisionnement, valoriser les savoir-faire locaux, réduire le gaspillage alimentaire et promouvoir des pratiques agricoles durables et respectueuses de l'environnement.
L'ADEME (Agence de la Transition Écologique) s'est penchée sur la question cruciale de la résilience alimentaire face aux enjeux contemporains. À travers plusieurs études conduites au niveau régional, l'Agence a mis en lumière les fragilités de nos systèmes alimentaires actuels, tout en proposant des pistes d'actions pour renforcer leur robustesse.
L’Agenda 2030 s’appuie sur le constat d’un monde de plus en plus interdépendant. Ce qui se passe là-bas a des impacts ici. Il s’agit dès lors de renforcer à l’échelle mondiale la sécurité alimentaire et nutritionnelle, par un appui à un développement rural inclusif, à l’agriculture familiale à travers une intensification agroécologique et par un soutien aux filières vivrières et d’élevage durables.
Le deuxième objectif vise à éradiquer la faim et la malnutrition en garantissant l’accès à une alimentation sûre, nutritive et suffisante pour tous. Il appelle à la mise en place de systèmes de production alimentaire et de pratiques agricoles durables et résilientes. L’ODD2 ne pourra être atteint que si les cibles de plusieurs autres ODD sont également atteintes.
Il existe différentes philosophies d’action pour contribuer à l’objectif d’une alimentation saine et durable accessible à tous d’un point de vue budgétaire :
Prendre en compte l’inclusion sociale de manière plus large est indispensable pour mettre en œuvre la transition alimentaire. Il faut éviter des stigmatisations bloquantes et diffuser une vision prospective claire et opérationnelle de la manière dont pourrait être menée une transition alimentaire accessible à l’ensemble des consommateurs.
En synthèse, la transition vers une alimentation durable est un défi collectif auquel nous devons nous atteler. La politique de l’alimentation a pour finalités « d’assurer à la population l’accès à une alimentation sûre, saine, diversifiée, de bonne qualité et en quantité suffisante, produite dans des conditions économiquement et socialement acceptables par tous, favorisant l’emploi, la protection de l’environnement et des paysages et contribuant à l’atténuation et à l’adaptation aux effets du changement climatique ».
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