L'alimentation du poulain de 18 mois : Guide complet pour une croissance saine et équilibrée

L’alimentation du cheval joue un rôle fondamental dans la santé et le bien-être des chevaux, quel que soit leur âge, leur usage ou leur environnement. Une bonne alimentation quotidienne influence directement le comportement, l’état musculaire, le poids et la prévention de nombreux problèmes de santé. En élevage, en loisir ou en sport, la ration doit être pensée comme un ensemble d’éléments complémentaires adaptés à chaque profil de cheval.

Nourrir un poulain est un équilibre délicat qui demande une compréhension approfondie de ses besoins précis et des diverses étapes de son développement. L’alimentation doit être ajustée à chaque phase de développement, en tenant compte de l’âge, du poids, de la race et du niveau d’activité de votre jeune cheval.

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Les besoins nutritionnels du poulain de 18 mois

Le poulain en pleine croissance possède des besoins nutritionnels bien spécifiques, distincts de ceux du cheval adulte. Il est primordial de comprendre ces exigences pour garantir un développement harmonieux et prévenir les carences ou les excès qui pourraient impacter sa santé à long terme.

Les nutriments indispensables pour le poulain en pleine croissance englobent l’énergie, les protéines, les minéraux, les vitamines et les fibres. Chaque nutriment joue un rôle vital dans le développement du poulain, et un équilibre correct est fondamental pour une croissance optimale. Il est essentiel de veiller à ce qu’il soit correctement nourri.

  • Énergie: Un apport calorique ajusté à chaque étape du développement est capital pour soutenir le développement et l’activité du poulain. Les besoins varient notablement en fonction de l’âge, du poids et du niveau d’activité.
  • Protéines: Les protéines sont indispensables à la construction musculaire et tissulaire. La qualité des protéines est primordiale, en mettant l’accent sur les acides aminés essentiels.
  • Calcium et Phosphore: Un ratio et une disponibilité adéquats sont essentiels pour la solidité osseuse. Un rapport calcium/phosphore idéal se situe entre 1,5:1 et 2:1.
  • Cuivre et Zinc: Cruciaux dans la formation du cartilage et la prévention des troubles ostéo-articulaires.
  • Manganèse: Impliqué dans le métabolisme des glucides et des lipides.
  • Sélénium et Vitamine E: Antioxydants, assurant une protection contre le stress oxydatif.
  • Vitamines: La vitamine A, D, E et les vitamines du groupe B sont essentielles pour le métabolisme et la croissance.
  • Fibres: Primordiales pour la santé digestive, particulièrement après le sevrage.

Les étapes clés de la nutrition du poulain

Les besoins nutritionnels varient fortement selon l’âge, le sexe, l’activité et le stade physiologique du cheval. Une ration universelle n’existe pas. La précision est la clé de la réussite !

  • Colostrum dans les premières heures de vie pour l’immunité
  • Lait maternel comme base jusqu’au sevrage
  • Introduction progressive d’un aliment starter riche en protéines, minéraux et vitamines
  • Surveillance du rapport calcium/phosphore pour éviter les troubles ostéo-articulaires

Une croissance trop rapide ou mal équilibrée peut provoquer des pathologies irréversibles. Mieux vaut viser la régularité que la précipitation ! On évitera toujours la prise de poids d’un poulain qui peut être néfaste pour sa croissance !

Besoins quantitatifs

Voir les tables INRA (Nutrition et alimentation des chevaux,W. Martin-Rosset- QUAE 2012)

  • Entre 0 et 2 mois :
    • 0,039 UFC à 0,044 UFC/kg PV
    • 4 à 4,5 g de MADC/kg de PV (pour des croissances de 1200 à 1500 g/jour)
  • Entre 3 et 6 mois :
    • 0,023 à 0,024 UFC/Kg PV
    • 2,4 à 2,6 g de MADC/Kg de PV (pour des croissances de 750 à 1000g/j)

Besoins qualitatifs

Protéines

Le poulain a besoin de protéines de qualité. En effet, le cheval est incapable de synthétiser les Acides Aminés Indispensables (AAI). La majeure partie de ces Acides Aminés proviennent de la digestion des aliments dans l'intestin grêle. Dans le gros intestin, une quantité d'Acides Aminés d'origine microbienne est absorbée, bien pourvue en AAI. Cependant chez le jeune poulain, l'absorption dans le gros intestin est faible, d'où l'importance de l'apport d'AAI extérieurs. La Lysine est un des AAI les plus indispensables.

Besoin en lysine :

  • De 3 à 6 mois : 0,054 % du besoin en MADC
  • De 6 à 12 mois : 0,087 %
  • Au-delà : 0,105 % du besoin en MADC

Le gain de poids vif est élevé (+18%) lorsque le poulain est complémenté avec 2 kg d'aliment concentré à partir de l'âge de 4 mois. Lorsque l'apport de protéines est constitué de poudre de lait ou de lactosérum comparée à du soja, le gain moyen quotidien est supérieur.

Minéraux

Calcium et Phosphore : Un déséquilibre du rapport Ca/P restant dans la fourchette de 1,5 à 2 n'aurait pas d'effet sur l'apparition d'ostéochondrose. Cuivre : en revanche, un déficit en cuivre (Cu) est connu comme un facteur favorisant l'apparition de lésions ostéo-articulaires. Le cuivre intervient dans la synthèse de nombreux tissus (tendons) et conditionne le développement et la résistance de l'os en stimulant la formation de fibres de collagène et le métabolisme osseux. Les recherches récentes montrent qu'une teneur minimum de 15 ppm (partie par millions) dans la ration est nécessaire, soit 1 mg de Cu/ kg d'aliment sec. ex : ration totale de 7 kg de MS => 105 mg de Cu.

Chez la jument, dès le 7ème mois de gestation, les besoins de Cu sont de : 32 ppm/kg de ration, soit 32 mg x 12 (kg de MS) = 384 mg de Cu.

  • Fer : les besoins sont de 50 mg par kg de MSI (Matière Sèche Ingérée).
  • Zinc : nécessaire à l'ossification, il protège des troubles ostéo-articulaires. Recommandations : 80 à 100 mg/kg soir 560 à 700 mg/animal/jour. Le rapport Zn/Cu de la ration doit toujours être voisin de 5.
  • Sélénium : anti-oxydant protégeant les cellules des phénomènes de dégénérescence, il intervient aussi dans l'ossification. Besoin de 0,1 à 0,2 ppm, soit pour un poulain sevré : 1,4 mg/jour/animal. Attention, les fourrages sont souvent très carencés.

Vitamine A : besoin de 35 000 - 40 000 UI/Animal/jour (UI : unité internationale). Les carotènes présents dans les fourrages secs sont plutôt mal valorisés par le cheval.

Vitamine D : elle intervient dans l'ostéogenèse en stimulant la synthèse des matières protéiques de l'os en favorisant la fixation du calcium. Par contre, l'excès est aussi nuisible que la carence rare chez les chevaux conduits à l'extérieur.

Vitamine E : besoin de 20 UI/100 kg de PV soit 50 à 60 UI/Al/jour. La vitamine E agit en synergie avec le sélénium et dans le maintien de l'intégrité musculaire.

Les différents types d'aliments pour le poulain de 18 mois

L’alimentation équestre repose sur différents types d’aliments qui doivent être sélectionnés et distribués selon des règles précises pour garantir une nutrition équilibrée.

Le fourrage

Le fourrage constitue l’élément fondamental du régime alimentaire équin. Le foin de prairie naturelle, composé principalement de graminées, apporte les fibres indispensables au bon fonctionnement digestif. Un cheval consomme entre 1,5 et 2 kg de foin par 100 kg de poids vif par jour.

Le fourrage constitue la base de l’alimentation équine apportant des fibres essentielles et indispensables au bon fonctionnement digestif et à la prévention des coliques, des diarrhées et des ulcères.

Qu'il soit transformé en foin de prairie, de ray Grass, de luzerne, d'un mélange de différentes herbes séchées ou en version enrubannage, il devra Toujours être de très bonne qualité ce qui signifie:

  • le moins poussiéreux possible
  • bien conservé, sans moisissures pour éviter quelconque trouble digestif
  • adapté aux chevaux sensibles aux troubles respiratoires, type emphysème ou au SME (syndrome métabolique équin)

Un fourrage trop sucré peut provoquer, chez un cheval, différents problèmes ou aggraver certaines pathologies comme la fourbure ou le cushing (maladie endocrinienne). De même qu’un foin poussiéreux ou moisi peut générer des problèmes respiratoires

Les céréales

Les céréales fournissent l’énergie sous forme d’amidon. L’avoine, très digestible, contient 11-12% de protéines et 5-6% de matières grasses. L’orge, plus dense énergétiquement, nécessite d’être aplatie ou concassée. Le maïs, très énergétique, doit être distribué avec parcimonie.

Les céréales, les granulés ou les floconnés sont utilisés pour compléter la ration lorsque le fourrage ne suffit pas.

Les granulés et floconnés

Les granulés et floconnés présentent l’avantage d’être équilibrés et faciles à distribuer. Leur composition varie selon leur destination (entretien, sport, élevage). Les granulés contiennent généralement 12-14% de protéines et sont enrichis en minéraux. Les floconnés, plus appétents, conservent mieux les vitamines.

Les aliments industriels se déclinent aujourd’hui en une large gamme de produits adaptés aux besoins spécifiques de chaque cheval quel que soit son âge, sa discipline et son état général.

Les compléments minéraux et vitaminés (CMV)

Les minéraux compensent les carences des fourrages. Un complément minéral vitaminé (CMV) apporte calcium, phosphore, magnésium, oligo-éléments et vitamines. Le sel, indispensable, est fourni sous forme de pierre à lécher ou de sel en poudre. Dosage du CMV : 100-150g/jour pour un cheval adulte.

Les compléments alimentaires permettent d’ajuster la ration :

  • vitamines
  • oligo-éléments
  • cmv (complément minéral vitaminé)

Ils soutiennent la santé générale, la récupération musculaire, et préviennent les carences responsables de fonte musculaire ou de baisse de poids et d’état.

Le Cheval sait se réguler naturellement dans ses besoins de base, l’idéal est de mettre à disposition des pierres de sel toutes simples et sans apport de sucre, comme la mélasse, ou des apports de colorant, de goûts….néfaste pour la santé de votre cheval !

Un cheval en déshydratation génère un déficit en électrolytes responsable d’une baisse de performance certes ! Mais surtout des troubles de spasme musculaire récurrent, de crampes, d’ulcères, de coliques, de coup de sang, de dysfonction nerveuse, de nervosité, d’épuisement et certain chevaux ont le hoquet, ce qui n’est pas du tout commun !

Les bonnes pratiques pour l'alimentation du poulain

L’équilibre alimentaire d’un cheval repose sur des règles précises qui, lorsqu’elles sont respectées, permettent d’éviter de nombreux troubles digestifs et métaboliques.

  • Le fractionnement des repas représente une nécessité physiologique pour le système digestif du cheval. La distribution quotidienne doit comprendre au minimum 3 repas espacés de 4 à 6 heures.
  • L’eau doit être disponible en permanence, propre et tempérée. Un cheval a besoin de 40 à 50 litres d’eau par jour pour son bon fonctionnement.
  • Tout changement dans l’alimentation nécessite une période d’adaptation de 10 à 15 jours minimum. Cette règle s’applique aux modifications de fourrage comme de concentrés.

Transition alimentaire progressive

La transition vers un nouvel aliment doit se faire graduellement, sur une période de 7 à 10 jours. Le remplacement de l’ancien aliment par le nouveau doit être progressif. Une transition en douceur contribue à éviter les problèmes de digestion chez le poulain.

  • Jours 1-3: Introduire 25% du nouvel aliment, en conservant 75% de l’ancien.
  • Jours 4-6: Passer à 50% du nouvel aliment et 50% de l’ancien.
  • Jours 7-9: Augmenter à 75% du nouvel aliment, et diminuer l’ancien à 25%.
  • Jour 10: Le poulain peut recevoir 100% du nouvel aliment.

Quantités et distribution

Les quantités d’aliments doivent être ajustées selon l’âge, le poids et l’état physique du poulain. Il est préférable de répartir la ration quotidienne en plusieurs repas (au moins deux) pour faciliter la digestion et l’absorption des nutriments.

Le foin de bonne qualité est indispensable à la santé digestive du poulain. Il doit être proposé à volonté ou en quantité suffisante. L’accès à de l’eau propre et fraîche doit être permanent.

Alimentation et pathologies : prévenir les problèmes

Une alimentation mal adaptée peut être à l’origine de nombreux problèmes :

  • Trouble digestif
  • diarrhées plus ou moins chroniques
  • ulcères gastriques
  • fourbure
  • troubles respiratoires - musculaires
  • aggravation du cushing ou du SME (syndrome métabolique équin)

Surveillance de la croissance et du développement

Le suivi attentif de la croissance et du développement du poulain est essentiel pour identifier rapidement tout signe de problème alimentaire. Une intervention précoce peut prévenir des complications graves et assurer un développement harmonieux.

Signes à surveiller :

  • Diarrhées, coliques récurrentes.
  • Difficulté à prendre du poids, retard de croissance.
  • Boiteries, problèmes articulaires.
  • Poil de mauvaise qualité, perte d’appétit soudaine.

En cas de coliques ou de diarrhées, il est crucial d’adapter l’alimentation et de prendre l’avis d’un vétérinaire. Les problèmes ostéo-articulaires peuvent nécessiter un ajustement de l’apport en minéraux et oligo-éléments.

Les aliments Reverdy pour le poulain

Reverdy propose un ensemble d’aliments spécialement conçus pour satisfaire les besoins nutritionnels des poulains pendant leur croissance. Ces aliments sont élaborés à partir d’ingrédients de premier choix et enrichis en vitamines et minéraux essentiels pour favoriser une croissance harmonieuse et un développement optimal.

  • Reverdy Starter: Aliment de premier âge, facilitant la transition du lait maternel vers l’alimentation solide. Formule riche en protéines et en énergie, facile à digérer pour les jeunes poulains.
  • Reverdy Croissance: Aliment de croissance, adapté aux besoins des poulains âgés de 6 à 18 mois. Contient des niveaux élevés de calcium et de phosphore pour soutenir une ossature solide.
  • Reverdy Eleveur: Aliment polyvalent convenant aux poulains, aux juments en gestation et à celles qui allaitent. Offre une formule équilibrée pour répondre aux besoins nutritionnels de la mère et de son poulain.
  • Reverdy Ophy (complément): Un complément nutritionnel pour soutenir la fonction articulaire des jeunes chevaux.

La sélection et l’utilisation des aliments Reverdy doivent être déterminées en fonction des besoins individuels de chaque poulain. Différents éléments sont à considérer, notamment l’âge, le poids, la race, l’état de santé et le niveau d’activité.

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