L'alimentation des ovins est un aspect crucial de l'élevage, influençant directement la santé, la croissance et la qualité de la viande produite. Les aliments doivent apporter aux animaux les composants utiles à leurs fonctions vitales et à leur croissance. Les ovins se nourrissent essentiellement de végétaux.
En France, l'élevage ovin est très diversifié, avec autant de systèmes d’élevage que de contextes climatiques et agronomiques. On trouve trois grandes finalités à l’élevage ovin : élever des moutons pour leur lait, les élever pour la viande ou encore élever des moutons pour leur laine. Nous axerons donc ce guide sur la conduite des élevages de brebis allaitantes et donc sur l’ovin viande.
Chaque jour, l’animal doit consommer la quantité d’aliments nécessaire pour couvrir ses besoins : cette quantité est appelée la ration. L’éleveur, qui connaît ses animaux et sait évaluer leurs besoins, va régulièrement adapter la ration qu’il leur distribue. En particulier, il va la compléter avec des aliments concentrés, d’origine végétale et minérale. Une grande partie des compléments de nature végétale est produite sur l’exploitation, notamment les céréales.
La ration alimentaire est essentiellement constituée de fourrages. Il en existe plusieurs types qui se distinguent par leur mode de conservation :
L’herbe tient une place prépondérante dans l'alimentation des ovins (60% en moyenne). Les fourrages ne couvrent pas toujours tous les besoins des ovins.
Un complément protéique est apporté par les tourteaux, obtenus à partir des graines de plantes oléagineuses comme le soja, le lin, le tournesol ou encore le colza, après extraction de l’huile. Un complément énergétique est apporté par des céréales riches en glucides telles que le blé, l’orge et le maïs ou d’autres végétaux tels que les betteraves sous forme de pulpe. Des compléments minéraux (calcium, phosphore) et vitaminiques peuvent être apportés.
À la naissance, les agneaux boivent le colostrum, c’est-à-dire le premier lait riche en anticorps maternels qui protègent contre diverses infections. Au bout de quelques jours d’allaitement maternel, les agneaux issus d’élevages laitiers consomment un lactoremplaceur - aliment d’allaitement complet et équilibré - qui est un mélange composé de poudre de lait et de compléments nutritionnels, dilué dans de l’eau chaude.
Les agneaux sélectionnés pour leur qualité bouchère, en revanche, tètent le lait de leur mère jusqu’au sevrage. A la naissance, chez le jeune agneau comme chez le jeune veau, seule la caillette est développée et leur permet de digérer le lait ou lactoremplaceur qu’ils tètent. Le système digestif de ruminant deviendra fonctionnel au fur et à mesure de l’introduction de végétaux fibreux dans leur régime alimentaire.
Après le sevrage, l’agneau valorise aussi bien une alimentation concentrée riche en céréales qu’une alimentation exclusivement à base d’herbe. Les agneaux sont nourris avec des fourrages verts ou des fourrages conservés : foin, paille, maïs-ensilage. Leur aliment de complément est, dans la plupart des cas, constitué de céréales, avec de la graine de soja déshuilée appelée tourteau de soja, aliment très riche en protéines.
Ces agneaux sont essentiellement produits dans les zones herbagères du Nord et de l’Ouest du Massif Central. Ils naissent à la fin de l’hiver et tètent leur mère pendant environ trois mois ou plus. Leurs premiers jours se passent en bergerie, le reste de leur existence au pâturage. La plupart sont nourris à l’herbe exclusivement, parfois avec un peu de complémentation en céréales (quelques kilos). Ils sont abattus entre 35 et 40 kg (les mâles étant en général abattus plus lourds) vers 4 à 5 mois d’âge ; cette durée d’engraissement peut s’allonger.
Certains (moins de 20 % d’entre eux) sont aussi élevés en bergerie. Certaines techniques visent également à engraisser en bergerie les agneaux ayant les plus faibles poids au sevrage.
L'agneau de bergerie est un mode d'élevage très vaste car il se retrouve dans des situations très diverses. Les plus classiques sont les suivantes :
Tous les agneaux commencent par téter leur mère et passent le plus souvent entre 2 et 3 mois sous leur mère en bergerie. Déjà sous la mère, ils se sont habitués à consommer de l'aliment solide, en général un mélange céréales-soja (1 kg de soja pour 5 kg de céréales environ). Avant le sevrage, cette consommation peut atteindre 15 kg par agneau. Après le sevrage, ils consomment du foin (10 à 15 kg) ou de la paille et des concentrés, là encore le plus souvent un mélange céréales-soja. Un complément minéral vitaminé leur est aussi distribué.
Cette consommation jusqu'à l'abattage (à 4 mois environ) est de l'ordre de 55 kg dont 8 kg de soja. Selon les conditions d'élevage cela peut être moins ou beaucoup plus. Cela dépend aussi du type racial de l'agneau, car il existe des races lourdes et des races légères.
Dans cette situation, certains consomment de l'aliment du commerce distribué en granulé. Ces aliments formulés en usine peuvent être de composition variée, avec en général plus de matières premières que dans le cas d'un mélange fabriqué à la ferme par l'éleveur (céréales-soja).
L'envolée du prix des aliments a fortement fragilisé les systèmes de production ovins viande. L'objectif de cette brochure, qui se veut avant tout pratique, est de faire le point sur les bases de l'alimentation des ovins viande, notamment à partir des résultats des essais réalisés ces dix dernières années.
Pour actualiser les connaissances, l’Institut de l’élevage a analysé les consommations de fourrages et d’aliments concentrés de 477 exploitations ovines suivies dans le cadre du dispositif Réseaux d’Élevage conduit en partenariat avec les Chambres d’Agriculture et les organismes techniques. Cette étude dégage deux grands résultats : l’herbe occupe 83 % de la ration et les ateliers ovins jouissent d’une importante autonomie avec près de 88 % des aliments qui sont produits et consommés sur l’exploitation.
Il existe en France, une grande diversité dans les élevages ovins fortement liée à la diversité des territoires. Pour les élevages ovins viandes, on retrouve deux grands types.
Toutefois des troupes ovines élevées à l’herbe viennent de plus en plus compléter les paysages de grandes cultures. L’élevage ovin peut jouer un rôle important dans les exploitations en polyculture en valorisant les prairies en tête de rotation ainsi que les couverts des intercultures.
On retrouve également de plus en plus des troupeaux d’ovins utilisés en écopâturage (des “moutondeuses”) qui est un mode d’entretien écologique d’espaces verts par le pâturage d’animaux herbivores mais cette méthode n’a pas pour objectif premier d’être productive du point de vue agricole.
La place de l'élevage dans les fermes actuelles est beaucoup questionnée notamment pour ses impacts écologiques.
| Type d'Aliment | Description | Exemples |
|---|---|---|
| Fourrages Verts | Aliments pâturés directement par les animaux. | Herbe, luzerne, colza |
| Fourrages Secs | Aliments récoltés et séchés pour l'hiver. | Foin, paille |
| Fourrages Ensilés | Aliments stockés et conservés par acidification. | Ensilage de maïs, d'herbe |
| Enrubannage | Fourrages plus ou moins séchés, conservés sous film plastique. | Enrubannage d'herbe, de légumineuses |
| Compléments Protéiques | Aliments riches en protéines. | Tourteaux de soja, de lin, de tournesol, de colza |
| Compléments Énergétiques | Aliments riches en énergie. | Blé, orge, maïs, pulpe de betterave |
| Compléments Minéraux et Vitaminiques | Apports de minéraux et vitamines essentiels. | Calcium, phosphore |
tags: #alimentation #ovin #viande
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