L'alimentation locale et solidaire est un enjeu crucial, en particulier dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), où les inégalités sociales et économiques sont particulièrement marquées. De plus en plus de consommateurs se tournent vers les circuits courts alimentaires pour préserver l’environnement. À l’approche des fêtes, profitez de produits de saison, locaux et souvent moins chers. Où trouver une alternative aux supermarchés à côté de chez vous ? Et si l’on rendait l’alimentation saine - première des médecines - accessible à tous ? La crise sanitaire a relancé le débat sur notre autosuffisance alimentaire.
Cet article explore les différentes initiatives et approches qui visent à promouvoir une alimentation saine, durable et accessible à tous, tout en soutenant les producteurs locaux et en renforçant les liens sociaux au sein des communautés.
L'alimentation, bien que non explicitement mentionnée comme un champ de compétence des collectivités, est concernée par de nombreuses politiques publiques telles que l’agriculture, la restauration collective, et l’action sociale. Depuis la loi d'avenir pour l'agriculture de 2014, les collectivités peuvent se doter d’un projet alimentaire territorial pour relocaliser l'agriculture et l'alimentation dans les territoires.
Dès 2010, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale et l’université Paris VI observaient une prévalence de l’insécurité alimentaire notoirement plus élevée dans les quartiers classés en zone urbaine sensible (14,4 %) que dans les autres (5,3 %).
L’insécurité alimentaire est définie comme la situation où la possibilité de s’approvisionner en nourriture suffisante et adéquate d’un point de vue nutritionnel et de façon socialement acceptable est limitée ou incertaine.
Face à la diversité des situations des personnes concernées par la précarité alimentaire en France, de nombreux dispositifs différents d’aide alimentaire se sont développés. Parmi eux, les épiceries sociales et solidaires (ESS) se sont structurées autour d’un principe : proposer en libre-service des denrées contre une participation financière proportionnelle à la valeur des produits. Les épiceries sociales et solidaires s’adressent à des publics ayant des restes à vivre suffisant pour payer une partie de leur alimentation.
Elles permettent aux personnes de choisir librement les produits qu’elles souhaitent consommer dans des conditions d’achats - participation financière, affichage des prix, espace d’encaissement, etc. - qui s’apparentent à celles d’un commerce de proximité. Certaines épiceries sont exclusivement destinées à des personnes en situation de précarité. Les épiceries dites « en mixité de public » proposent à la vente deux types de denrées : des denrées accessibles à tous les publics avec des tarifs différenciés selon les catégories socio-économiques, et des denrées réservées aux publics en situation de précarité (avec parfois des tarifs différenciés également).
L’épicerie fournit des produits en libre choix contre une participation financière, dans un lieu qui se présente comme un commerce de proximité. L’accès à l’épicerie est accordé pour une durée déterminée et éventuellement renouvelable. Les conditions d’accès sont définies par l’épicerie, dans le respect des règles relatives à la lutte contre la précarité alimentaire. L’épicerie propose un temps d’accueil personnalisé. Lieu d’écoute et de convivialité, la confidentialité y est respectée. Elle propose une offre diversifiée de produits.
Voici quelques exemples d'initiatives locales:
L'alimentation durable est au cœur des préoccupations actuelles.
Conçue et mise en œuvre par l’ANCT, cette politique s’appuie sur des moyens d’intervention spécifiques pour favoriser une alimentation durable qui répond aux besoins nutritionnels humains, est sobre en consommation d’énergie et en émissions de gaz à effet de serre, et génère peu de déchets. Elle préserve également les emplois agricoles, assure un revenu équitable pour les producteurs, et soutient le développement local.
Pour répondre à l'insécurité alimentaire dans les quartiers prioritaires, l'ANCT soutient des projets alimentaires territoriaux visant à relocaliser l'agriculture et l'alimentation. Des subventions sont attribuées pour développer des initiatives locales, comme les épiceries solidaires et les jardins partagés. L'ANCT sensibilise également les habitants à une alimentation saine et durable à travers des ateliers et des campagnes d'information. Des partenariats avec des acteurs locaux permettent de renforcer l'accès à des produits frais et de qualité, tout en soutenant les producteurs locaux.
L'ANCT met en place trois axes principaux :
Les initiatives locales jouent un rôle clé dans l'accès à une alimentation saine et durable.
Le marché aux puces des Arnavaux propose des produits frais et variés, mais les commerces en contrebas sont isolés et difficiles d'accès en raison de l'absence de cheminements piétonniers. De plus, la prévalence du surpoids et de l'obésité chez les jeunes est élevée. Pour répondre à ces défis, la boulangerie Pain et Partage, portée par la société coopérative Bou’sol, offre des produits de qualité à des prix accessibles. Des distributions de paniers alimentaires et des animations autour des jardins partagés du centre social sont également mises en place. Un projet alimentaire territorial à l'échelle du département vient compléter ces initiatives.
À Basseau - Grande Garenne, dans le Grand Angoulême, la situation de grande précarité est marquée par 57,2 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Pour répondre à cette problématique, une épicerie sociale et solidaire propose des produits de l'aide alimentaire et de l'agriculture locale. Un projet agricole et alimentaire territorial pour la période 2021-2026 vient renforcer ces actions.
Le programme Opticourses® vise à concilier alimentation de qualité et budget limité. Il s'agit d'un programme de recherche qui a pour objectif d'améliorer la qualité nutritionnelle des achats des ménages en situation de précarité financière sans augmenter leurs dépenses. Le programme accroît la disponibilité et l'attractivité des aliments présentant un bon rapport qualité-prix, notamment par la mise en place d'un système d'étiquetage "manger top". Des ateliers de sensibilisation sont également organisés pour aider les habitants à faire des choix alimentaires plus sains.
Cette charte matérialise notamment la collaboration entre la Chambre d’agriculture 54 et les associations d’aide alimentaire pour l’achat de produits locaux destinés aux dons ou à l’achat à très bas prix dans les épiceries sociales et solidaires. En effet, ces achats bénéficient d’aide publique, un coup de pouce pour les associations en besoins de reconstituer leur stock de denrées alimentaires avant l’hiver et également un coup de pouce à l’agriculture locale, qui connait également des difficultés sur des productions telles que la viande, le lait. Un volume global d’achat d’environ 111 000 euros, non-négligeable pour l’économie agricole locale, est envisagé. Au total, plus de 300 000 euros de subventions pourraient être mobilisés pour passer commande aux producteurs.
L’opération a été menée en plusieurs étapes. Après le recensement des besoins des associations, la Chambre d’agriculture a recherché les exploitations agricoles et les entreprises de transformation qui pourraient approvisionner en produits à tarif acceptable. Pour les entreprises agro-alimentaires, Interbev et Coop de France Grand Est ont été sollicités. La chambre d’agriculture a réalisé un bon de pré-commande avec l’ensemble des produits locaux disponibles, cela a permis de préciser et lancer le dispositif. Afin de faciliter la mise en place de la logistique, un seul point de dépôt a été établi. Les produits sont livrés chaque semaine à la Banque alimentaire à Vandœuvre-Lès-Nancy, jusqu’au mois de mai 2021.
Philippe JULIEN, Président de la banque alimentaire, est satisfait du côté humain de l’opération ; « la banque alimentaire recherchait des œufs, protéine animale peu chère, la proposition de l’agriculteur de Laître-sous-Amance, qui venait de perdre des débouchés, a immédiatement été acceptée ».
De son côté, Robert LAROSE, Président des Restos du Cœur, relève cependant les contradictions entre les achats centralisés de son association et l’approvisionnement de proximité ; « dans les 2 circuits, centrale d’achat national et achat local 54, nous pouvons trouver les mêmes entreprises, mais sans doute pas avec les mêmes produits, c’est compliqué de le faire comprendre à nos acheteurs-négociateurs ».
Les paysan(e)s et les consommateurs ont le même intérêt : des aliments de qualité à un juste prix, en évitant les intervenants (financiers, fournisseurs d’intrants, agro-industrie, distribution) et les divers intermédiaires qui réalisent l’essentiel de la marge. L’association intervient dans ce but au Nord (en Bretagne pour commencer) comme au sud (en Casamance pour commencer). La Solidarité Nord Sud peut favoriser l’économie endogène des deux côtés (basée sur les ressources et besoins locaux) et des échanges équitables entre pays.
La balance commerciale du Sénégal pour l’alimentaire est déficitaire (voir Sika finance) avec des importations qui ne sont couvertes qu’à 50% par les exportations :
Ainsi le Sénégal doit saccager ses ressources halieutiques pour compenser les lacunes de sa production de riz. Cela organise l’émigration puisque les rizières sont abandonnées par les jeunes et des milliers de pêcheurs renonçant à leur activité prennent la mer vers l’émigration.
Malheureusement, la mesure la plus simple consiste à investir dans la production d’engrais (urée produite à partir du gaz) pour inonder le marché national et régional ‘Mali, Burkina) et favoriser le remembrement des terres et détruire la paysannerie rurale attachée aux cultures bio respectant l’environnement. Pêche et agriculture sont engagées dans une mutation qui génère l’exode rural et l’émigration des jeunes au-delà des frontières au péril de leur vie.
En Bretagne, la pêche artisanale périclite en raison des mêmes causes : la pêche industrielle. La région importe chaque année 6000.000 tonnes de soja pour l’élevage de 10 millions de porcs (1 million de tonnes de carcasse).
La nourriture, importée pour l’essentiel, représente les 2/3 des dépenses pour produire cette viande de porcs vendue selon les cours fluctuant de 1,7 à 2 € le kilo puisque le marché dépasse la région et qu’il est orienté par les négociants et abattoirs. En effet, les 9/10 de cette viande sont exportés par quelques abattoirs qui ont le monopole des achats.
Mais entre temps, le lisier rejeté par ces 10 millions de porcs et épandu sur des centaines de milliers d’ha (1 ha par tonne de carcasse), ce qui ruine le littoral. Les petits éleveurs engagés dans cette impasse gagnent le SMIC er leur nombre diminue au bénéfice des plus gros exploitants et des coopératives fournissant l’aliment et les services. L’émigration a déjà eu lieu. Vers les vendeuses, boutiques, magasins des villes du Sénégal.
Elles sont informés des disponibilités. Elles achètent en ligne des produits d’origine locale, paient par mobile hors plateforme (par ex. Chaque producteur a son espace personnel. Il y accède par une application mobile ou par SMS ou par message vocal. Les distributeurs commandent par téléphone ou par Internet.
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