Dans la vie, que l’on soit confiné ou non, on se lance parfois dans des projets aussi étranges qu’inutiles… C’est mon cas avec l’idée que je me suis mise en tête de ressusciter un vieux mac comme cet Apple iMac G5 17″, une aventure un peu particulière que je vais vous conter dans cet article !
Tout a commencé un soir, dans mon lit (non, ce n’est pas ce à quoi vous pensez) alors que je parcourais des annonces sur leboncoin à la recherche comme je le fais souvent de matériel hifi vintage. Sauf que cette fois, je tombe sur une annonce très courte du genre : « Vend en l’état vieux mac G5 qui marche pas qui affiche un point d’interrogation au démarrage ».
Avec juste une photo aussi floue que mal cadrée mais suffisante pour :
Tout connaisseur de vieux mac (et même de récents il me semble) sait qu’un point d’interrogation au démarrage est synonyme d’un mac qui ne trouve pas de disque de démarrage donc soit :
Si vous avez ça au boot d’un mac, c’est qu’il ne trouve pas le système d’exploitation.
Le vendeur se trouvant à moins de 5 minutes à pied de chez moi, je me dis que moi qui ai toujours aimé le style unique des vieux macs et de cette génération d’iMac G5 (j’en ai eu plusieurs mais toujours en Intel) c’était l’occasion de m’offrir à moindre frais mon premier G5 !
Un jour et 15€ plus tard j’étais donc en le nouveau propriétaire d’un vieux mac qui marche pas d’un magnifique iMac G5 17″ 1.6GHZ - 1.5go de ram (upgradé donc) et Geforce FX5200. Wow !
L’imac a donc été upgradé puisqu’il dispose de 1,5go au lieu des 512mo d’origine.
Le premier démarrage se passe normalement, j’ai le droit au fameux « BOIING » caractéristique d’Apple au boot et… Je remarque très rapidement que s’il y a effectivement un point d’interrogation à l’écran, il y a aussi un bruit anormal : un clac clac clac permanent dès la mise sous tension.
L’explication logique est bien sur celle d’un disque dur défaillant qui concorde très bien avec le point d’interrogation au boot. J’éteins donc ce vieux mac bruyant pour l’ouvrir et m’apprête à changer le disque dur.
L’occasion de constater que si les macs récents sont devenus une tannée pas possible à ouvrir, un vieux mac comme l’iMac G5 lui s’ouvre en 30s avec 3 vis ! Pas de ventouses ou sèche cheveux pour décoller un écran collé, pas de spatules de chantier ou autre accessoires étranges utilisés par les bidouilleurs. 3 vis et on tire, un vieux mac ça s’ouvre plus vite qu’une tour de PC !
Bref, encore 3 vis plus tard, le disque dur est dehors : Un Seagate Barracuda 7200.7 80GO étonnamment en SATA (Serial ATA donc relativement moderne). Je le remplace par un des nombreux disques en ma possession, parfaitement fonctionnels mais remplacés par des SSD autrement plus performants.
Je remonte le tout, démarre et… toujours le même bruit (et le même « ? » mais ça c’est normal le disque étant formaté) ! Ben alors, mon disque est HS aussi? Je le remplace par encore un autre disque avec… exactement le même résultat.
Je sors donc un tournevis que je mets… au bout de l’oreille (technique de mécanicien) histoire de déterminer précisément d’où vient le bruit car comme ça et même si mes oreilles audiophiles ont de l’expérience pas évident de savoir de quel composant ça vient. On voit bien que le ventilateur est sous le radiateur et souffle à travers.
Bon vu que c’est bruit mécanique il n’y a guère le choix en fait : pas beaucoup de choses bougent dans un vieux mac et encore moins dans un iMac G5 modèle de miniaturisation. Une fois le disque dur écarté, il ne reste plus que les ventilateurs et le lecteur optique (que j’écarte tout de suite car le bruit est présent dès l’initialisation de l’imac G5).
J’entame donc le démontage du ventilateur du CPU (le fameux G5) et c’est une vraie galère : on sent que c’est le tout premier iMac avec carte mère au dos d’un LCD et la conception n’est pas forcément des plus logiques ni des plus simples d’accès. Oui il faut enlever la carte mère pour sortir le ventilo du CPU… bien joué Apple.
J’y arrive tant bien que mal et quelle ne fut pas ma surprise de retrouver… des bouts de métal fondus venant probablement du radiateur dans le ventilateur ! Mais… Mais qu’est ce que c’est que cette merde ?! Et je vous passe la poussière accumulée en 15ans… Les fameux clac clac c’était… le ventilo qui était coincé par des bouts de métal à l’intérieur et qui bougeait donc sur quelques millimètres de gauche à droite !
Bien sur je démonte et nettoie tout mais je reste inquiet… Si du métal a fondu c’est qu’il a du connaitre des températures d’utilisation totalement anormales ! Je n’ai tout simplement jamais vu ça en 20ans de bidouillage de vieux macs, PC ou tout objet électronique qu’un appareil surchauffe au point de fondre tout en restant fonctionnel ! Et c’est pas un tout petit bout que j’ai retrouvé hein !
Mes cours de physique n’étant pas tous récents et voulant tout de même comprendre ce qui se passe, je vais donc vérifier les points de fusion des différents métaux et bien m’en a pris car l’aluminium fond à plus de 600° et le cuivre à plus de 1000° ! 600° dans un ancien iMac G5? Tout simplement impossible : le plastique aurait fondu bien avant même sans contact direct et l’électronique et principalement les condensateurs auraient lâché, or l’iMac fonctionne parfaitement.
Une folle histoire que la remise en route de cet ancien mac que je vous disais ! Dans le tableau du lien ci-dessus on voit que la température de fusion la moins élevée est celle de l’étain : 271°. Bon ça reste HYPER ELEVE mais il y a une certaine logique : les bouts de métal récupérés ressemblent en effet à de l’étain et celui-ci est utilisé pour les soudures qui ont le sait peuvent lâcher dans des conditions extrêmes.
Il y a même certaines techniques consistant à mettre des cartes mères ou graphiques deffectueuses au four pendant quelques minutes pour légérement faire fondre l’étain et donc rétablir les soudures qui ont lâché. Ca reste donc pour moi faute d’une meilleure explication l’épilogue de cette histoire : de l’étain fondu en grande quantité dans le ventilo l’empêchait de tourner ce qui privait mon vieil iMac G5 de son refroidissement.
Et bien que cela veuille en théorie dire que des soudures ont lâché, tout fonctionne normalement sur l’iMac et rien ne m’est resté dans les mains lors du démontage.
Je remets le disque d’origine, remonte le tout puis lance une installation de Mac OS X 10.5 dénommé Léopard et qui est la dernière version de Mac OS supportée par ce vieux mac à l’architecture Power PC. Le formatage du disque se passe bien finalement c’était donc simplement la partition qui était corrompue ou effacée par l’ancien proprio, tant mieux pour moi.
Bon, faut qu’on avance, on n’a même pas installé Mac OS encore… mais avant cela, il faut d’abord répondre à une question qui va justement conditionner la suite.
C’est joli tout ça mais on va en faire quoi de ce vieux mac chaud comme un adolescent le premier samedi du mois ? S’il est clairement largué pour certains usages, un vieux mac comme notre iMac G5 peut parfaitement encore servir à faire plein de choses y compris sur un plan professionnel.
Evidemment, la thématique du blog étant la HIFI et l’audiophilie, vous imaginez bien que je ne suis pas très objectif et que c’est pour ce dernier usage que je compte recycler mon iMac G5. Ca me fera donc une 10ème source de musique dématérialisée pour la maison. C’est madame qui va être ravie (ironie, quand tu nous tiens).
Les hauts parleurs intégrés sur l’imac G5 valent mieux que ceux présents dans bien des télévisions vendues aujourd’hui ! Non bien sur, la véritable raison pour laquelle j’ai souhaité recycler cet iMac G5 c’est tout simplement « pour le plaisir » ainsi que pour compléter ma collection dédiée au vieux mac. En ce sens, un iMac G5 est totalement dépassé d’un point de vue technique mais reste selon moi, esthétiquement toujours très moderne et autrement plus intéressant d’un point de vue du design qu’un PC.
Pendant qu’il encore était ouvert j’ai également envisagé upgrader ce vieux mac mais je n’ai finalement rien changé à la configuration :
Je garde donc les barrettes d’origine à savoir une 512mo et une 1go.
3 possibilités s’offrent à vous pour l’OS si vous aussi vous souhaitez vous lancer dans cette aventure aussi passionnante qu’inutile de restaurer un vieux mac :
C’est la version la plus moderne dispo pour Power PC (Pour ceux qui l’ignorent Power PC = les macs avec processeur G3, G4 et G5 - après Apple est passé à une architecture x86 classique). Installer linux sur un vieux mac G5 est possible, surtout en choisissant Lubuntu qui est la version Ubuntu basée sur LXDE, un environnement graphique très léger et parfaitement adapté à un vieux mac ou PC.
Lubuntu est très bien dans l’absolu (je l’ai sur plusieurs pc portables encore plus vieux) mais ne présente aucun intérêt ici sur ce vieux mac, en particulier si je veux garder le coté authentique. Il n’y a aucun programme utile pour moi qu’il n’y aurait pas sous Mac OS… à part un navigateur moderne ce qui ne convient de toute façon pas à notre vieux mac car trop ancien pour offrir une expérience fluide sur le web.
Autre solution, installer Mac OS 10.4 qui était livré par défaut avec la machine. C’est le plus réactif et fonctionne très bien avec mon iMac G5 puisque conçu pour… Le souci de 10.4 c’est qu’il est très vieux, les dernières versions des programmes dispo sont bien moins récentes que pour Leopard et esthétiquement il fait un peu daté.
Je vous épargne le suspens, c’est l’OS que j’ai choisi pour redonner vie à mon vieux mac. Je trouve qu’il est encore très présentable pour un OS de 2007 et présente l’avantage de faire tourner des versions bien plus modernes des applications utiles sur cet imac :
Des navigateurs web modernes : Tenfourfox et Webkit. Franchement, on n’a pas du tout l’impression d’utiliser un vieux coucou le finder de Leopard est parfaitement moderne.
Globalement, l’iMac G5 s’en sort super bien avec iTunes 9.0. L’interface d’iTunes n’a pas beaucoup changé et reste infiniment plus moderne qu’un Foobar 2000 par exemple, l’affichage des pochettes est fluide et l’expérience utilisateur global est très satisfaisante. J’ai toujours aimé l’interface graphique épurée d’itunes, plusieurs années plus tard, elle n’a pas pris une ride !
Seul bémol qui valait déjà à l’époque et qui est encore plus vrai maintenant que son utilisation s’est totalement démocratisée : iTunes ne lit pas les fichiers flac. Il faut donc soit une conversion en MP3 320kbps (ce que j’ai choisi vu l’utilisation très occasionnelle et le besoin de place sur le disque 80go d’origine) ou en ALAC, le cousin Apple du FLAC qui présente exactement les mêmes particularités + celle d’être lisible sur iTunes donc.
Mais bon, il faut convertir… quand on a 10 albums ça va, quand on a comme moi plus de 5000 c’est juste pas envisageable ! J’ai donc une sélection de mes albums préférés en MP3 320kbps, le tout tient en 40go et me sert sur mes smartphones, voitures et toutes les utilisations ou l’exigence de qualité audio est moindre que dans mon salon ou bureau.
De plus, l’iMac G5 dispose d’une sortie audio sur la même prise jack qui fait à la fois numérique et analogique si on ne veut pas utiliser le chip son de la carte mère mais très sincèrement c’est superfétatoire ici ! Apple a toujours utilisé des puces sonores de grande qualité y compris sur un vieux mac comme celui-ci.
Entrée micro, prise casque / optique, mini dvi, 3 usb 2.0, 2 Firewire 400, Ethernet 1GB et… MODEM 56K V92 POPOPOW! La sortie Toslink est donc utile pour relier directement à un ampli si celui-ci dispose d’une entrée SPDIF par exemple.
Il est évidemment également possible de brancher un DAC sur la prise USB et vous aurez fait d’un vieux coucou une solution très qualitative pour un prix dérisoire ! Pour l’occasion, j’ai ressorti mon iPod 4G qui se marrie très bien avec l’imac et que j’ai synchronisé avec iTunes et me revoilà plongé dans le monde de la musique numérique du début des années 2000 : grand moment de nostalgie.
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