Les selles sont un véritable reflet de notre santé digestive. Leur aspect, leur couleur et leur texture nous renseignent sur la manière dont notre système digestif assimile et élimine les nutriments. Même si parler des selles reste tabou, c’est un sujet qui nous concerne tous. L’aspect de nos selles peut donner de précieuses informations sur notre état de santé : couleur, forme, fréquence ou odeur peuvent refléter le fonctionnement de notre digestion, de notre alimentation, voire de notre système immunitaire. Il est important d'être attentifs aux troubles digestifs. Pour vous permettre de repérer des troubles intestinaux et savoir quand consulter un médecin, voici un guide dédié aux selles et aux modifications les plus courantes à surveiller.
Parmi les troubles courants, les selles grasses, de type 5 sur l’échelle de Bristol aussi appelées stéatorrhée, traduisent souvent un déséquilibre du métabolisme des graisses et un manque de bile. Ce symptôme s’accompagne fréquemment d’une sensation de lourdeur digestive, de ballonnements et parfois de fatigue après les repas. En naturopathie, les selles grasses sont un signal d’alerte à écouter : elles indiquent que l’assimilation des graisses est incomplète, soit à cause d’une insuffisance digestive, d’une atteinte intestinale, soit d’une faiblesse hépatique ou biliaire.
Il faut savoir qu’en matière de santé nos selles sont d’excellentes indicatrices. Un transit normal est entre 3 selles par jour et 3 selles par semaine. Les matières fécales sont simplement les résidus de la digestion qui n’ont pas été absorbés par notre organisme. Elles sont dirigées vers notre côlon avant d’être évacuées.
Notre corps est une magnifique machine. Nous possédons plusieurs microbiotes. Un pour la peau, un pour les organes génitaux, les poumons, la bouche … et un pour le microbiote intestinal. Ce dernier est certainement le plus étudié et le plus connu aujourd’hui. Nous l’appelons aussi la flore intestinale, ou l’écosystème bactérien. Son rôle est principalement métabolique. Il a un rôle primordial dans la digestion. Un microbiote déséquilibré, aussi appelé dysbiose peut se traduire par des crampes abdominales, un ventre gonflé, de la fatigue, des ballonnements, ou des troubles de la digestion. Mais aussi si nous n’allons pas à la selle régulièrement et si nos selles sont liquides. L’alimentation est la cause la plus fréquentes des selle molles. Notre santé est dans notre assiette. Avoir des selles molles n’est pas nécessairement inquiétant. Notre transit est géré par notre alimentation.
Si vous avez bu trop d’alcool, si vous avez mangé des fruits ou des légumes en trop grande quantité, si vous avez consommé des produits laitiers, si vous vous sentez stressé ou lors d’un traitement médical avec prise d’antibiotiques, vos selles peuvent devenir molles. Le cycle menstruel chez les femmes peut également perturber le transit, on l’appelle la « diarrhée menstruelle ». Essayez de diminuer les quantités de nourriture lors de la prise de vos repas. Il vaut mieux fractionner ses repas et les prendre en plusieurs fois. Il est également important de manger léger, et de boire beaucoup d’eau. En effet, les selles contiennent 75 % d’eau, lors de selles molles pour éviter la déshydratation il faut beaucoup boire. Boire oui, mais pas de caféine ni d’alcool !
Une selle grasse se reconnaît à son aspect : elle est pâle, volumineuse, molle, malodorante, parfois huileuse et peut flotter dans l’eau. Cela reflète une mauvaise digestion ou une mauvaise absorption des lipides (graisses). Normalement, les graisses alimentaires sont émulsionnées par la bile (produite par le foie et stockée dans la vésicule biliaire), puis dégradées par les enzymes pancréatiques. En cas de perturbation de ce processus, les graisses ne sont pas correctement absorbées dans l’intestin grêle et se retrouvent dans les selles. Si vous vous retrouvez dans cette situation prenez vite rendez-vous pour agir efficacement.
Si vos selles paraissent grasses, flottent et peinent à disparaître avec la chasse d’eau, cela peut être le signe d’une trop forte proportion de graisses dans les selles, appelée stéatorrhée. Ceci peut être dû à un excès de lipides dans votre alimentation ou traduire une mauvaise digestion des aliments gras. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène. Il peut s’agir d’un dysfonctionnement du pancréas qui est l’organe responsable de la sécrétion des lipases et des enzymes chargées de diluer les graisses pour les rendre consommables par les intestins. Les autres symptômes fréquents de malabsorption des graisses sont les flatulences, les crampes abdominales, la diarrhée et la perte de poids. Si cela vous arrive, parlez-en avec un médecin.
La stéatorrhée ne se rencontre uniquement dans la maladie de Crohn en cas d’atteintes étendues ou de résections de l’intestin grêle. Le diagnostic de stéatorrhée peut être évoqué si les selles sont entourées d’une auréole grasse, mais il ne peut être affirmé qu’après un bilan digestif précis.
Si cette stéatorrhée est modérée, elle ne demande pas de régime spécial. Si elle est importante, des conseils diététiques supplémentaires seront nécessaires comme des choix alimentaires issus du régime d’épargne intestinale afin de limiter le travail digestif et une modification de l’apport en matières grasses afin de réduire le volume de graisses à émettre. En pratique, les graisses d’assaisonnement usuelles (beurre, margarine, huiles etc.) tout comme celles constitutives de certains aliments (lait et ses dérivés, viande, œufs…) sont insuffisamment absorbées et seront donc émises dans les selles. Il faut réduire la quantité des graisses utilisées pour la préparation des repas, mais en maintenant une petite ration de beurre frais.
Il est possible de remplacer par des graisses d’absorption plus facile : les triglycérides à chaînes moyennes, désignées souvent par le sigle TCM, disponibles dans le commerce, sur commande, sous forme d’huiles ou de margarines. Leur prix de revient est assez élevé et leur remboursement est autorisé après entente préalable. La stéatorrhée ne disparaît pas toujours avec ce régime, mais, l’absorption des graisses étant meilleure, elle tend à diminuer. La sensation de faim s’apaise et le poids augmente.
Au long cours, la stéatorrhée peut entraîner l’apparition de calculs urinaires. Deux raisons sont avancées : comme dans toutes les diarrhées, une partie de l’eau est éliminée par les selles, ce qui réduit le flux urinaire, augmente la concentration de l’urine, favorise la formation de calculs. De plus, dans la stéatorrhée, les graisses perdues dans les selles entraînent avec elles du calcium; les oxalates, qui se fixent normalement sur le calcium dans l’intestin, ne trouvant plus leur substrat physiologique arrivent au rein en plus grande quantité, et, dans une urine déjà concentrée du fait de la diarrhée, provoquent la précipitation de cristaux, puis la formation de calculs.
Pour parer à cette éventualité, on peut réduire les aliments contenant beaucoup d’oxalates : par exemple les betteraves rouges, l’oseille, la rhubarbe, les épinards, les asperges… mais aussi le thé et le chocolat. Cette restriction supplémentaire est lourde et il paraît préférable, au lieu de les interdire, d’ajouter à l’alimentation 500 à 1000 mg de calcium en comprimés qui auraient le même rôle préventif, à condition que la consommation de boissons reste suffisante.
L’application de ce régime dans la diarrhée avec stéatorrhée est complexe puisqu’il associe des restrictions de la consommation et des fruits, et des légumes, et des graisses.
Certaines pathologies chroniques du tube digestif perturbent l’absorption des graisses. Une visite chez le gastro-hépato-entéroplogue est primordial pour écarter toute maladie.
Il s’agit d’une intolérance au gluten, provoquant une inflammation de la muqueuse intestinale. Les villosités, chargées d’absorber les nutriments, s’atrophient, entraînant une malabsorption. Résultat : les graisses ne sont plus correctement assimilées, et les selles deviennent grasses et volumineuses. D’autres symptômes accompagnent souvent ce trouble : fatigue chronique, carences en vitamines et minéraux, ballonnements, perte de poids et troubles cutanés.
C’est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) qui peut toucher l’ensemble du tube digestif. L’inflammation endommage la muqueuse et perturbe l’absorption des nutriments, dont les graisses. Chez ces personnes, les selles grasses s’accompagnent souvent de douleurs abdominales, crampes, diarrhées et fatigue intense. L’approche naturopathique visera ici à apaiser l’inflammation, réparer la muqueuse et rééquilibrer le microbiote.
Les sensations de lourdeur digestive Les selles grasses s’accompagnent souvent de digestions longues et pesantes :
Ces symptômes traduisent une faiblesse hépatobiliaire : le foie produit mal la bile, ou la vésicule biliaire la libère difficilement. Sans cette bile, les graisses stagnent, irritent le tube digestif et perturbent l’équilibre intestinal.
Le foie est un organe central de la digestion. Il assure la détoxification du sang, la transformation des nutriments et la production de bile, indispensable à la digestion des graisses. La bile agit comme un savon naturel : elle émulsionne les lipides, facilitant ainsi l’action des enzymes pancréatiques.
Lorsque le foie est fatigué - par un mode de vie déséquilibré, une alimentation trop riche, le stress ou des médicaments - la sécrétion biliaire diminue. On parle alors d’insuffisance hépatique fonctionnelle. Ce ralentissement provoque :
Une faiblesse hépatique est une cause très fréquente de selles grasses.
Parmi les plantes majeures pour accompagner les troubles biliaires, la fumeterre (Fumaria officinalis) occupe une place de choix. Elle est cholérétique (stimule la production de bile) et cholagogue (facilite son évacuation). Sa particularité est de réguler la sécrétion biliaire : elle agit dans les deux sens, stimulant quand il y a stagnation, apaisant en cas d’hyperactivité.
Cette plante est donc idéale en cas de :
La fumeterre peut être utilisée sous forme de tisane, d’extrait fluide, ou de teinture mère (sur conseil d’un professionnel de santé).
En cas de diarrhée, il est crucial de prendre des mesures pour compenser les pertes hydriques et nutritionnelles. Voici quelques recommandations :
Privilégier les matières grasses crues car lorsqu’elles sont cuites elles deviennent toxiques pour la muqueuse intestinale. Veiller, en plus, à limiter votre consommation de graisses saturées (« mauvaises » pour le système cardiovasculaire) qui se trouvent dans les fromages, les viandes, le beurre, la mayonnaise, le chocolat le saindoux et le suif. Et privilégier les graisses insaturées (« bonnes » pour le système cardiovasculaire) qui se trouvent dans les poissons gras (saumon, anguille, maquereau, sardines) et dans les huiles végétales (olive, colza, noix, soja). En pratique cela équivaut à une micro-tablette de beurre (10 g environ) au petit déjeuner et 1 à 2 cuillère(s) à soupe d’huile par personne et par repas.
Faites attention à ne pas trop consommer de chocolat, d’alcool, d’épices, de poivre, de cornichons, de câpres, de moutarde, de vinaigre, d’alcool et de tabac car ils sont tous des irritants pour la muqueuse intestinale.
De même, si vous espérez diminuer votre fréquence de selles en arrêtant de manger vous vous trompez. Pas tous (Liste d’aliments conseillés et déconseillés) car certains contiennent de la pectine, une fibre qui a pour action de ralentir le transit. « Les matières grasses, comme le lait, ne contiennent pas de fibres. Vous pouvez garder les matières grasses dans votre alimentation spécifique (avec modération) mais ne les consommez surtout pas cuites.
Manger du riz, de la soupe, des pommes de terre à la vapeur et des viandes blanches dites « maigres ». Cependant, on évite les viandes rouges, les fruits et légumes crus, car ils contiennent beaucoup de fibres qui accélèrent le transit, et les plats trop gras, trop sucrés ou trop épicés. Enfin, on fuit les aliments transformés et ultra-transformés, car ils renferment beaucoup de glucides.
Privilégier les aliments raffinés à chaque repas comme du pain blanc, des pâtes, de la semoule et des légumes cuits comme les betteraves, les carottes et les courgettes.
Manger des bananes bien mûres, car elles contiennent de la pectine qui absorbe les excès de liquide dans les intestins, ce qui permettra d’atténuer les selles molles.
Apporter des aliments fermentés à vos repas, ils sont riches en acides aminés, en antioxydants, en protéines et en vitamines.
L'échelle de Bristol
Adopter de bonnes habitudes au quotidien permet souvent d’éviter les troubles digestifs, qu’il s’agisse de constipation, de diarrhée ou de ballonnements. Une hygiène de vie équilibrée contribue à réguler le transit et à préserver la santé de votre système digestif.
Les fibres jouent un rôle essentiel dans la régulation du transit. On les trouve dans les fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes et fruits secs. Pour un bon équilibre, privilégiez un apport progressif afin d’éviter les ballonnements.
L’eau facilite le passage des selles dans l’intestin et prévient la constipation. Essayez de boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour, davantage en cas de forte chaleur ou d’activité physique.
L’activité physique stimule naturellement le transit intestinal. Une simple marche quotidienne de 30 minutes ou quelques exercices doux comme le yoga ou la natation peuvent suffire à améliorer la digestion.
Ne vous retenez pas lorsque vous ressentez le besoin d’aller à la selle : cela peut aggraver une constipation. Essayez de vous rendre aux toilettes à heures régulières, notamment après les repas, lorsque l’intestin est naturellement plus actif.
Le stress influence directement le fonctionnement intestinal. Des techniques de relaxation, comme la respiration, la méditation ou la cohérence cardiaque, peuvent aider à réduire les troubles digestifs fonctionnels.
Limitez la consommation d’alcool, café, aliments ultra-transformés ou très gras, qui peuvent irriter le système digestif et perturber le transit.
En cas de troubles persistants malgré ces mesures, vous pouvez en parler à un médecin pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé et déterminer si un suivi médical ou des examens complémentaires sont nécessaires.
Voici un tableau récapitulatif des aliments à privilégier et à éviter en cas de diarrhée :
| Aliments Conseillés en Cas de Diarrhée | Aliments à Éviter en Cas de Diarrhée |
|---|---|
| Yaourt nature, fromage à pâte dure | Tous les laits, crème dessert |
| Toutes les volailles, tous les poissons, œuf, bœuf | Viandes et poissons fumés, charcuteries, fritures, plats en sauce |
| Pâtes, riz, semoule, pommes de terre | Légumineuses (lentilles haricots rouge…), pains complets ou aux céréales |
| Légumes cuits : carotte, courgette, haricot vert, aubergine, betterave | Tous les autres légumes |
| Banane, poire, coing en compote ou confiture mi cuite si possible | Tous les autres fruits, fruits secs |
| Eau du robinet | Eaux riches en magnésium, sodas, café, thé |
| Huiles végétales, thym, laurier, cumin | Matières grasses cuites, vinaigre, moutarde, mayonnaise, crème fraiche, persil, épices, poivre |
tags: #alimentation #grasse #et #selles
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic