Le faucon pèlerin, de son nom scientifique Falco peregrinus, est un rapace emblématique largement réparti à travers le monde. Son nom, dérivé du latin "falco" signifiant "faux" et "peregrinus" signifiant "étranger" ou "vagabond", reflète à la fois la forme de ses ailes et ses vastes migrations. Associé à des divinités primitives et rendu célèbre par ses piqués à la vitesse du TGV, cet oiseau a toujours fasciné les hommes, qui lui en ont pourtant fait voir de toutes les couleurs.
S’il est un oiseau qui devait jouir d’une protection rapprochée, c’est bien le faucon pèlerin dont les effectifs ont fondu de presque 90 % en quelques décennies seulement. On cite fréquemment le cas de la Finlande qui comptabilisait, il y a 50 ans environ, 3000 spécimens et qui en dénombre aujourd’hui une vingtaine seulement… D’importants programmes de réintroduction ont été mis en place.
On peut l’apercevoir sur tous les continents, Europe, Amérique du nord et du sud, Afrique, Asie, Océanie. Seules les régions trop froides lui sont inhospitalières : Antarctique, extrême nord de l’Europe… Hormis ceux vivant très au nord, les faucons pèlerins ne migrent pas. Il préfère les habitats ouverts et peu boisés qui lui offrent un large champ visuel. Il niche sur les falaises et quelquefois en ville sur des bâtiments de grande hauteur (cathédrale de Limoges par exemple).
Carte de répartition du Faucon pèlerin (source: Wikimedia Commons)
Le faucon pèlerin est quasi exclusivement ornithophage, c'est-à-dire qu'il se nourrit principalement d'oiseaux. Ornithophage, le Faucon pèlerin affectionne des proies dont la taille varie de la Mésange au Pigeon ramier (ou du Roitelet à l’Outarde !).
L’importante différence de taille entre les mâles et les femelles leur permet d’exploiter une gamme de proies plus vaste, et ainsi d’optimiser la recherche de nourriture. Comme l’examen du bec, celui des pattes est un précieux indicateur pour déterminer son régime alimentaire exact.
Les doigts, particulièrement longs, montrent qu’il ne peut se nourrir ni de micromammifères (comme la buse), ni de serpent (comme le circaète Jean-Le-Blanc présent dans la vallée). De même, il ne possède pas de griffes très recourbées comme le balbuzard et donc ne peut attraper des poissons. Son faible poids lui interdit de s’attaquer à des grosses proies, comme les marmottes, qu’il ne pourrait porter.
Le faucon pèlerin capture exclusivement des oiseaux et principalement une dizaine d’espèces, dont le pigeon, l’étourneau, le geai, la grive… Sa meilleure arme de chasse est son œil, particulièrement performant. Utilisant son œil très performant, capable de repérer un pigeon à 8 km, il choisit sa proie.
Puis, il se laisse tomber, adopte une forme aérodynamique en repliant ses ailes et ses pattes. Il atteint communément ainsi une vitesse dépassant les 250 km/h. Quelques observations ont permis d’établir que dans certains cas, il pouvait même atteindre, voire dépasser 400 km/h, lors de piqués verticaux notamment (la vitesse certifiée relevée par National Geographic est de 389 km/h).
Cette vitesse engendre un bruit qui le trahit souvent, aussi, 9 fois sur dix, l’attaque échoue, l’oiseau alerté se laissant choir comme une pierre pour échapper à son prédateur. Si la proie est capturée, après un freinage dantesque, le faucon la tue immédiatement grâce à une petite excroissance située sur le bec supérieur, appelée la dent, qui servira à briser la colonne cervicale.
Sa technique de chasse est à la fois simple et très élaborée. Qui plus est, avec 8 à 10 fois plus de cellules réceptives, il reste très compétitif au crépuscule, moment de chasse privilégié avec le matin. L’œil occupe une grosse partie du crâne ; en proportion, l’œil humain aurait la taille d’un pamplemousse.
C'est sa technique de chasse particulière qui a attiré l'intérêt des fauconniers sur ce rapace. En effet, le faucon pèlerin attaque en plein vol les oiseaux dont il se nourrit. Son attrait pour les falaises lui donne un avantage certain aussi bien pour localiser sa proie que pour piquer sur elle à grande vitesse.
Sa technique de chasse peut varier selon la topographie de la région - plaine ou montagne - et les conditions aérologiques :
La vitesse atteinte par le faucon au cours de ces attaques sur de faibles pentes, est couramment comprise entre 200 et 250 km/h ; cependant, les mesures faites en soufflerie montrent que, sur des trajectoires plus pentues et suffisamment longues, la vitesse pourrait atteindre 400km/h.
Le pourcentage de réussite des attaques est variable selon les régions, la topographie, la saison et les conditions climatiques. Au mieux, pour des oiseaux se déplaçant au-dessus d’un plan d’eau - lac ou bras de mer - ou d’une étendue désertique, le pourcentage est de l’ordre d’une prise pour 5 à 10 échecs. Sur des régions montagneuses et boisées, le taux de réussite tombe à une capture pour 15 à 20 attaques. On est donc loin du taux de réussite extraordinaire et légendaire avancé par certains.
Les Faucons pèlerins se nourrissent presque uniquement d’oiseaux qu’ils capturent en vol. Très exceptionnellement, ils parviennent à attraper une chauve-souris sortant de son abri ou encore une proie au sol. Le système de caméra permet d’étudier précisément l’alimentation des faucons durant la période de nidification.
La diversité des proies prédatées par les faucons est surprenante ! Depuis l’installation du couple au printemps 2004, ce sont au total 65 espèces différentes d’oiseaux qui ont été observées au menu du rapace dont 3 ont été tuées dans le cadre d'un combat territorial. La plus petite des proies, la Fauvette baillarde, pèse une dizaine de grammes, tandis que la plus lourde, le Pigeon ramier, dépasse les 500 gr.
Le Pigeon domestique, qui vit très nombreux en ville, semble être la proie la plus fréquemment capturée par les Pèlerins. Il pèse en moyenne 250 gr. Certaines des proies du Faucon pèlerin de la cathédrale sont sédentaires, comme le Pic épeiche. D’autres sont de grands migrateurs, comme le Bécasseau cocorli qui a certainement été attrapé alors qu’il survolait Bruxelles pendant sa migration, entre l’Afrique et les rives de l’océan Arctique, en Sibérie, où il niche.
Certaines espèces d’oiseaux capturées par les faucons sont communes et répandues comme les merles et les grives, d’autres par contre sont très rares en Belgique et on n’imaginait pas les découvrir à Bruxelles. C’est le cas du Râle des genêts.
Autre résultat observé à la cathédrale : les faucons chassent également la nuit. Etonnant pour un rapace diurne ! C’est manifestement le halo de lumière créé au dessus de la ville par l’éclairage public qui permet cette remarquable adaptation.
Voici une liste non exhaustive des proies du Faucon pèlerin :
| Espèce de proie | Fréquence d'observation |
|---|---|
| Pigeon domestique | Très fréquente |
| Pic épeiche | Sédentaire |
| Bécasseau cocorli | Migratrice |
| Merles et grives | Communes |
| Râle des genêts | Rare en Belgique |
Le faucon pèlerin niche sur les falaises rocheuses, du bord de mer jusqu'à la montagne (jusqu'à plus de 2 000 mètres d’altitude dans les Alpes du Nord). Bien qu’il ne soit pas un nicheur rupestre exclusif, le faucon pèlerin reste cependant largement inféodé aux falaises rocheuses.
Il n’a donc pas de biotope particulier, si ce n’est la présence de sites de reproduction de type rupestre (falaises, bâtiments, carrières, etc.). Les falaises lui servent de site de nidification, de poste d’observation, de lardoire (plateforme utilisée par le faucon pèlerin pour dépecer et manger sa proie) et de dortoir.
L’espèce a également besoin d’une densité de proies suffisante pour assurer sa propre subsistance et celle de ses jeunes. En période d’hivernage, le faucon pèlerin se rencontre aussi dans les plaines, qui servent de haltes migratoires et de sites d’hivernage pour les nombreuses espèces d’oiseaux dont il se nourrit.
Quelques nidifications arboricoles ont été signalées (notamment en Allemagne). Désormais, l’espèce s’installe également dans les villes, dont les sites artificiels (cathédrales, cheminées de centrales, grands bâtiments, cimenteries, etc.) lui rappellent ses sites de prédilection et lui offrent une certaine tranquillité. Plus récemment, des nidifications sur pylônes électriques (dans d’anciens nids de corvidés) ont été détectées.
Faucon pèlerin dans son habitat (source: Parc de Courzieu)
De nombreuses populations autrefois vigoureuses, surtout en Europe et en Amérique du Nord, ont souffert de baisses généralisées et sans précédent du début des années cinquante jusqu’à la fin des années soixante. La rapidité et l’envergure du déclin ont d’abord étonné les ornithologues.
Le pillage des nids et la chasse n’expliquaient pas le phénomène puisque les faucons résistaient à ces assauts depuis déjà une centaine d’années. Les études scientifiques permettent de croire que les pesticides organochlorés (DDT) ou les polluants industriels étaient la cause principale du déclin.
Au sommet de la pyramide alimentaire et essentiellement ornithophage, le pèlerin peut être considéré comme un véritable test biologique de la contamination du milieu. Comme leurs proies s’alimentent d’insectes contaminés, les prédateurs sont exposés à des taux de contamination beaucoup plus élevés qu’elles. Or, de telles concentrations peuvent nuire à la reproduction en entravant le comportement des couples, la formation des coquilles et l’éclosion.
Le taux de reproduction de cette espèce peut donc être affecté, ce qui entraîne le déclin des populations. Au début des années soixante-dix, la France ne comptait plus qu’une centaine de couples nicheurs.
Aujourd'hui, des mesures de protection strictes sont en place, et des programmes de réintroduction ont permis une amélioration de la situation. Le faucon pèlerin reste cependant une espèce à surveiller et à protéger.
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