Alimentation et lymphome: Recommandations pour une nutrition équilibrée

La compréhension du rôle des facteurs nutritionnels chez les patients atteints de cancer, que ce soit pendant ou après les traitements, présente plusieurs spécificités par rapport à l’identification de facteurs en prévention primaire. En France, 19 000 nouveaux cas de cancer peuvent être prévenus par une alimentation en lien avec certaines recommandations qui, selon les scientifiques, ont un impact réel sur l'espérance et la qualité de vie. Aujourd’hui, 20 à 25% des cancers sont attribuables aux facteurs nutritionnels. Chaque année en France, 40 % des cancers seraient causés par des facteurs de risque dits évitables, c’est-à-dire liés à notre mode de vie et notre environnement. Changeons nos habitudes alimentaires!

En France, 58 % des adultes mangent moins de 5 fruits et légumes par jour et 73 % ne consomment pas les quantités recommandées en produits laitiers (Source : Santé publique France - Esteban). Il n’existe pas d’aliment miracle ou « anticancer ». Parce qu'ils contiennent généralement peu ou pas de « substances biologiquement actives », bénéfiques pour la santé, les produits industriels ne peuvent fournir une protection anticancéreuse. De plus, les produits industriels sont généralement riches en énergie et favorisent donc le surpoids et l'obésité, qui sont deux facteurs de risque pour plus d'une dizaine de cancers. Manger sain est synonyme de plaisir et de bien-être pour notre corps. Pratiquer une activité physique régulière est bénéfique pour la santé.

Voici six points clés à retenir:

  • Il n’existe pas d’aliment miracle ou « anticancer ».
  • Manger sain est synonyme de plaisir et de bien-être pour notre corps.
  • Pratiquer une activité physique régulière est bénéfique pour la santé.
  • L’alcool est un cancérogène avéré.

L'alcool est le principal facteur de risque alimentaire de cancer en France. Lorsqu'il est associé au tabac, il joue un rôle important dans le cancer de la langue, de la gorge, du sein et du foie. En France, 7 à 10 % des cancers sont liés à une consommation excessive d'alcool.

L’excès de consommation de viande froide et de viande cuite à haute température, augmentera le risque de cancer de l'intestin. La consommation de viande ne doit pas dépasser 10% de l'apport énergétique quotidien. Directement lié à cette consommation, le surpoids peut entraîner un risque de cancer du sein après la ménopause. Notre conseil : Mangez moins de viande rouge (jusqu'à 500 grammes par semaine), comme le bœuf, le veau, le porc et l'agneau.

De nombreuses études, menées depuis plus de 50 ans, ont montré que les personnes qui consommaient activement des fruits et des légumes développaient moins de cancers des voies digestives (bouche, œsophage, estomac, côlon), des voies respiratoires (bronches et poumon) et du pancréas.

Quelques conseils nutritionnels pour maintenir une alimentation équilibrée lorsque vous êtes atteints de leucémie lymphoïde chronique (LLC). Comment maintenir une alimentation équilibrée durant la maladie ? Certains aliments sont-ils à privilégier ou à éviter ? Quels aliments favoriser en cas de diarrhées, de constipation ou de nausées et vomissements ?

Maintenir une alimentation équilibrée durant la maladie

En règle générale, votre organisme a besoin d’un apport énergétique suffisant mais pas excessif. Ce besoin énergétique, qui est mesuré en calories, varie selon votre taille, votre poids, votre âge et vos activités. Afin d’avoir une alimentation la plus équilibrée possible, il vous est recommandé de suivre ces dix conseils qui relèvent de conseils généraux :

  1. Prenez au moins 3 repas par jour.
  2. Ne mangez pas toujours la même chose : une alimentation variée permet d’éviter les carences.
  3. Mangez des fruits et des légumes.
  4. Si possible, maintenez-vous à un poids stable.
  5. Évitez l’alcool ou consommez-en de façon modérée (car cela peut interférer avec le métabolisme de vos éventuels traitements).
  6. Mâchez bien les aliments.
  7. Ne mangez pas trop rapidement et faites durer vos repas au moins 20 minutes.
  8. Limitez les aliments trop gras, privilégiez les matières grasses d’origine végétales (huile d’olive, margarine, etc.).
  9. Maintenez une bonne hydratation en buvant suffisamment d’eau au cours de la journée (1,5 à 2 litres).
  10. Ne mangez ni trop salé ni trop sucré.

Lorsque vous êtes sous traitement, il est important de ne pas perdre de poids et d’éviter la dénutrition (perte de masse musculaire), que vous soyez en surpoids (excès de masse grasse) ou originellement à un poids « normal ». Une dénutrition survient lorsque les apports énergétiques fournis par votre alimentation ne parviennent plus à couvrir les besoins énergétiques de votre organisme (il est donc possible d’être en surpoids et dénutri).

Afin de fonctionner correctement, votre organisme a besoin de différents nutriments et éléments contenus dans les aliments. Ils sont tous nécessaires :

  • Les protides (protéines): Ils sont indispensables à la fabrication et au renouvellement de vos tissus. On les trouve dans la viande, le poisson, les œufs, les laitages et les fromages, mais aussi dans certains légumes secs et certaines céréales complètes (flocons d’avoine, de sarrasin ou d’épeautre, quinoa, etc.). Après ou pendant certains traitements, votre organisme a un besoin en protéines plus important que d’habitude. Celles-ci permettent de maintenir votre masse musculaire. Cependant, la viande n’est pas la seule source de protéines disponibles. Il existe en effet des protéines animales (viande, œufs, produits laitiers et poissons), mais aussi des protéines végétales (légumineuses, produits céréaliers). Généralement, on considère que les besoins en protéines pour un patient atteint de LLC sont de 1,2 à 1,5 g par kg par jour. Ainsi, un patient de 70 kilos doit par exemple manger 100 g de protéines par jour.
  • Les glucides (ou sucres) et les amidons: Ils représentent la principale source d’énergie de votre organisme. On distingue : les sucres absorbés rapidement par l’estomac (sucre et produits sucrés), les sucres lents (pâtes, riz, pommes de terre, pain, etc.). Vous pouvez être tenté de croire qu’en arrêtant de manger du sucre, vous allez « affamer votre LLC » et la faire régresser. Mais c’est faux. Les cellules tumorales se nourrissent effectivement de glucose. Mais ce ne sont pas les seules : vos cellules immunitaires et musculaires en ont également besoin. Par conséquent, un apport limité en sucre pourrait accélérer la fonte de vos muscles et diminuer vos défenses. Par ailleurs, les alimentations thérapeutiques restrictives (jeûne intermittent, etc.) ne sont pas recommandées. Les données dont dispose la science ne sont pas suffisantes.
  • Les lipides (ou graisses): Leur rôle varie en fonction des acides gras qu’ils contiennent. On distingue : les graisses animales (beurre, saindoux et graisses contenues dans certains aliments comme la viande, la charcuterie, les fromages, etc.), les graisses végétales (huiles, margarines, etc.), les oléagineux (noix, noisettes, amandes, cacahuètes, etc.).
  • Les vitamines et les minéraux: Ils sont indispensables à votre organisme et sont contenus en quantité variable selon les aliments, raison pour laquelle il est important de varier la composition de vos repas. Les vitamines sont en quantité suffisante dans une alimentation équilibrée. Toutefois si vous souhaitez consommer des compléments alimentaires vitaminiques, pensez à demander l’avis de votre médecin car il faut être vigilant aux interactions avec les médicaments de la LLC.
  • L’eau: Cet élément constitue 60 % du poids de votre corps. Elle est éliminée en permanence (par la respiration, la transpiration, les urines, les selles) et doit donc être renouvelée. On estime que 1,5 à 2 litres de liquide par jour sont nécessaires.
  • Les fibres: Elles régulent votre transit intestinal et sont essentiellement contenues dans les légumes et les fruits. Les fibres dures et crues sont connues pour accélérer le transit. Toutefois, lorsqu’elles sont consommées de façon excessive, les fibres ne sont pas toujours bien tolérées.

Si nécessaire, votre médecin peut vous prescrire, pour une période donnée, des compléments nutritionnels afin de couvrir tous vos besoins en nutriments. Ces compléments nutritionnels ont pour vocation de compléter votre alimentation habituelle. Ils ne doivent en aucun cas remplacer les repas. Il est primordial de les consommer en suivant les doses et la fréquence prescrites par votre médecin.

Il est important de maintenir une alimentation équilibrée, malgré la fatigue qui est bien souvent fréquente lorsque l’on est atteint de LLC. Si vous êtes trop fatigué pour vous préparer des repas équilibrés, vous pouvez :

  • Vous faire aider par votre entourage lorsque cela est possible.
  • Utiliser des plats cuisinés tout prêts.
  • Avoir une petite réserve de produits que vous aimez, de façon à pouvoir manger au moment où vous en avez envie, sans avoir à cuisiner.
  • Faire livrer vos repas. Renseignez-vous sur les services de livraison de repas à domicile auprès de votre mairie. Il existe également des applications dédiées.

L’équilibre alimentaire se fait sur plusieurs repas. Manger équilibré, c’est consommer chaque catégorie d’aliments (qui ont tous un apport spécifique) en quantité suffisante et raisonnable.

CatégorieFréquence quotidienneApportSources
Lait et produits laitiers1 fois par repasProtéines, calcium, vitaminesFromages, fromage frais, yaourts, desserts lactés
FéculentsÀ chaque repasÉnergie, fibres, vitamines, minérauxPain, céréales, pâtes, riz, semoule, pomme de terre
Fruits et légumes crûs ou cuits5 portions par jourFibres, vitamines C et B, protéines végétalesFruits et légumes crûs ou cuits
Viandes, poissons, œufsAu moins une fois par jourViandes, poissons, œufs
Matières grassesIncluses à chaque repasPrivilégier les graisses d’origine végétale. Beurre, huile, crème fraîche
Eau1,5 L par jourEau du robinet, eau en bouteille, tisane, thé, café léger, bouillon de légumes. Les autres boissons sont à consommer pour le plaisir, avec modération

Consultez votre hématologue avant tout changement important de votre régime alimentaire et en cas d’effets secondaires digestifs. Il pourra vous proposer des solutions personnalisées afin de gérer votre traitement et votre alimentation.

Certains aliments sont-ils à privilégier ou à éviter si je suis atteint d’une LLC ?

Certains aliments, par exemple le curcuma, sont souvent présentés comme « anticancer ». Cette expression peut laisser croire que la consommation de ces aliments peut empêcher le développement d'un cancer, voire le guérir. Cela est faux et infondé, voire dangereux. Lorsque vous êtes atteint d’une LLC, il n’y a pas d’aliment à privilégier en particulier.

En revanche, lorsque vous êtes sous traitement, il est important de faire attention à certains aliments qui peuvent parfois interagir avec vos médicaments. Votre équipe médicale vous en avertira et vous listera les aliments à éviter. Il est notamment important d’éviter de consommer du pamplemousse qui peut interagir avec certains médicaments, ce qui peut augmenter la fréquence et la gravité des effets indésirables. Le pamplemousse contient des substances appelées « furanocoumarines » situées dans la partie blanche sous l’écorce qui peuvent provoquer des interactions toxiques avec certains médicaments. Le Millepertuis, fréquemment utilisé pour lutter contre les humeurs dépressives, est également à éviter. En effet, cette herbe peut interagir avec certains traitements de la LLC. De même, il est recommandé d’éviter la consommation de thé vert le jour du traitement ainsi que les deux jours qui le précèdent et qui le suivent. En effet, le thé vert peut augmenter la toxicité des traitements de chimiothérapie et réduire l’efficacité de la chimiothérapie ou de la radiothérapie (Réseau NACRe, 2019). Il n’existe actuellement pas de preuve montrant l’effet bénéfique du thé vert pendant le traitement du cancer. Il est recommandé de consommer des compléments alimentaires seulement sur avis médical. Ne pas faire perdre du poids aux patients présentant une surcharge pondérale du fait du risque associé de perte de masse musculaire et de dénutrition.

Diarrhées : les aliments à favoriser

Certains traitements de la LLC peuvent parfois provoquer des diarrhées. En général, votre médecin vous prescrit des traitements anti-diarrhéiques. En plus de cela, il vous est recommandé d’adapter votre alimentation :

  • Pour compenser les pertes d’eau et de minéraux, et éviter la déshydratation, buvez fréquemment de petites quantités de liquide : bouillon de légumes, eau minérale, thé, tisane, boisson à base de cola sans gaz (faire disparaître les bulles en remuant le liquide).
  • Préférez des aliments « constipants », souvent riches en potassium : bouillon et purée de carottes, riz et eau de cuisson du riz, banane, pomme crue râpée finement, tapioca, compote ou gelée de coing, flocons d’avoine cuits, chocolat, etc.
  • Diminuez la consommation d’aliments riches en fibres :
    • Évitez les fruits crus, et les légumes verts cuits (épinards, haricots verts, etc.),
    • Évitez les légumes secs et les légumes flatulents (petits pois, choux, champignons, oignons).
  • Préférez le lait « sans lactose ».
  • Évitez les fromages frais (yaourt, fromage blanc, petits suisses, etc.) et les laitages (crème, flan, œufs à la neige, glace, etc.).
  • Évitez les boissons glacées ou gazeuses et les jus de fruits crus.
  • Limitez les fritures, la charcuterie, les sauces, les graisses cuites, la mayonnaise et la crème fraiche.
  • Préférez les biscottes au pain, évitez les céréales complètes.
  • Évitez les chewing-gums et les bonbons sans sucre qui contiennent du sorbitol qui a un effet laxatif.

Constipation : les aliments à favoriser

Une constipation peut être induite par certains traitements de la LLC (notamment la chimiothérapie) ou par des traitements contre la douleur. Ces conseils alimentaires vous permettront d’atténuer cet effet indésirable :

  • Privilégiez les aliments riches en fibres (légumes verts, fruits crus ou cuits), les fruits secs, le pain aux céréales, les céréales complètes.
  • Prenez un jus de fruits à jeun : jus de pruneaux, pomme, kiwi ou raisin. N’hésitez pas à y ajouter des glaçons pour que la boisson soit très fraîche. Pour rappel, le pamplemousse est à éviter car il peut interagir avec certains de vos traitements.
  • Augmentez la prise de boissons, de préférence froides, et les répartir tout au long de la journée (aux repas et entre les repas).
  • Privilégiez les aliments riches en eau qui ont tendance à aider à la progression des selles dans l’intestin : courgettes, épinards hachés, salade cuite, compote de pommes ou de pruneaux, etc.

Le pruneau est un laxatif naturel, il peut aider à accélérer votre transit et peut être consommé sous plusieurs formes : compotes, jus, etc. Par ailleurs, votre position sur les toilettes est importante et le fait d’avoir les jambes surélevées peut vous aider en cas de constipation.

Nausées : les aliments à favoriser

Durant la prise de certains traitements de la LLC (notamment la chimiothérapie), et malgré les médicaments antiémétiques (contre les vomissements), vous pouvez souffrir de nausées ou de vomissements. Ces conseils alimentaires vous permettront de les atténuer :

  • Autant que possible, éloignez l’alimentation des séances de traitement.
  • Les nausées sont parfois mieux tolérées lorsque l’estomac est plein, pensez à fragmenter votre apport.
  • Au petit-déjeuner, évitez le café au lait, et les préparations riches en lait. Remplacez-les par un thé ou un café léger et manger un morceau de fromage type gruyère.
  • Préférez les aliments lisses et épais : potages épais, purée de pomme de terre ou de légumes, flan, semoule ou tapioca, etc. En effet, les aliments en morceaux augmentent le brassage de l’estomac, ce qui favorise les vomissements, alors que plus les aliments sont homogènes, plus ils passent rapidement dans les intestins.
  • Consommez des aliments froids ou des glaces plutôt que des aliments chauds dont les odeurs peuvent déclencher des nausées.
  • Choisissez des aliments cuits sans graisse et ajoutez du beurre cru après cuisson car les graisses cuites restent plus longtemps dans l’estomac.
  • Buvez souvent par petites quantités et lentement. Dans certains cas, des boissons à base de cola peuvent calmer les nausées.

Bien s'alimenter pendant un cancer

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