L'Alimentation du Taureau : Types d'Aliments et Besoins Nutritionnels

L'alimentation des bovins, et plus généralement des ruminants, est essentiellement constituée de fourrage. Chaque jour, l’animal doit consommer la quantité d’aliments nécessaire pour couvrir ses besoins : cette quantité est appelée la ration. A chaque étape de la filière, les professionnels s'engagent pour garantir aux consommateurs une viande bovine de bonne qualité. A ce titre, les éleveurs respectent des normes exigeantes notamment pour la nourriture qu’ils distribuent à leurs animaux. En France, les viandes bovines proviennent d’animaux nourris exclusivement de végétaux et de compléments minéraux.

L’apport de compléments alimentaires aux fourrages est encadré par une règlementation rigoureuse, tant à l’échelon national qu’européen. La réglementation impose un étiquetage précis de tous les produits achetés par l’éleveur et destinés à l’alimentation des animaux.

Pour éviter tout risque de contamination des bovins par l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), l’utilisation de farines animales est interdite dans leur alimentation. De plus, l’ajout d’additifs à action anabolisante ou antibiotique dans les aliments distribués aux bovins est interdit.

La culture, l’importation et l’utilisation de plantes génétiquement modifiées pour l’alimentation animale sont soumises à une règlementation très stricte : seules certaines variétés sont autorisées après évaluation réalisée au cas par cas par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), et par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA). Leur utilisation est ensuite soumise à des règles précises de traçabilité et d’étiquetage et à un contrôle rigoureux de la part des Pouvoirs Publics.

Par ailleurs, les compléments alimentaires commercialisés peuvent être fabriqués à partir de plantes génétiquement modifiées importées de pays où leur culture est autorisée comme c’est le cas pour le soja. Ils sont soumis à un étiquetage informatif obligatoire, précisant la présence d’un organisme génétiquement modifié ou d’un de ses dérivés, dès lors que leur quantité est supérieure à 0,9 %.

Types d'Aliments pour Bovins

En France, pour les bovins, la majeure partie de la ration provient de l’herbe des prairies naturelles et de végétaux cultivés sur l’exploitation. Ces animaux à croissance lente, engraissés jusqu’à l’âge de trois ans en moyenne, donnent une viande de qualité réputée.

La ration alimentaire des bovins, et plus généralement des ruminants, est essentiellement constituée de fourrage. Il existe en plusieurs types, qui se distinguent par leur mode de conservation :

  • Les fourrages verts directement pâturés par les animaux pendant la belle saison : herbe, luzerne, colza, etc.
  • Les fourrages récoltés et conservés pour une consommation pendant l’hiver :
    • Les fourrages secs comme le foin (herbe fauchée puis séchée sur le pré avant sa récolte), ou encore la paille.
    • Les fourrages ensilés, stockés après broyage dans un silo et conservés par acidification en l’absence d’oxygène : ensilage de maïs, d’herbe, ou occasionnellement de sorgho ou de pulpe de betterave.
    • Les fourrages plus ou moins séchés, conservés à l’abri de l’air dans un film plastique, que les éleveurs appellent l’enrubannage d’herbe ou de légumineuses. C’est un produit intermédiaire entre un foin et un ensilage.

L’herbe tient une place prépondérante dans l'alimentation des bovins (60 % en moyenne). Les fourrages ne couvrent pas toujours tous les besoins des bovins.

L’éleveur va régulièrement adapter la ration qu’il leur distribue. En particulier, il va la compléter avec des aliments concentrés, d’origine végétale et minérale. Une grande partie des compléments de nature végétale est produite sur l’exploitation, notamment les céréales.

  • Complément protéique : Apporté par les tourteaux, obtenus à partir des graines de plantes oléagineuses comme le soja, le lin, le tournesol ou encore le colza, après extraction de l’huile.
  • Complément énergétique : Apporté par des céréales riches en glucides telles que le blé, l’orge et le maïs ou d’autres végétaux tels que les betteraves sous forme de pulpe.
  • Compléments minéraux et vitaminiques : Calcium, phosphore, etc.

Enfin, l’éleveur met à disposition des animaux, au pré ou à l’étable, de l’eau potable et propre.

Les minéraux et vitamines sont distribués dans l'eau de boisson

Les Besoins Alimentaires Spécifiques

Les bovins mâles issus du troupeau français peuvent avoir plusieurs destinées :

  • Soit orientés vers la production de veau de boucherie.
  • Soit castrés pour une faible proportion d'entre eux pour faire des bœufs.
  • Soit engraissés pour être abattus jeunes vers 18 mois pour produire du "taurillon".

La production de taurillons donne une viande peu colorée. Elle est majoritairement destinée au marché export. Leur alimentation est assez standardisée. Les trois quarts des jeunes bovins produits dans notre pays sont alimentés avec des aliments comportant du maïs-fourrage (plante entière).

Alimentation des Vaches Laitières

L’alimentation des vaches laitières se partage en 3 périodes :

  • La période d’élevage qui se termine avec le premier vêlage et pendant lequel l’alimentation de la génisse est du même type que celle des génisse de race à viande.
  • La période de production laitière pendant laquelle l’alimentation est plus abondante et plus concentrée en énergie avec les 3/4 de la ration constituée de fourrages (herbe et maïs principalement) et le quart restant de céréales et végétaux riches en protéines.
  • La période de finition qui a pour objectif de préparer la vache « réformée » avant l’abattage avec une nourriture plus énergétique constituée pour presque un tiers de céréales et végétaux riches en protéines.

Alimentation des Vaches Allaitantes

Pour les vaches allaitantes, les périodes se ressemblent si ce n’est que la période de production consiste pour la vache à porter et allaiter son veau. Ayant un besoin énergétique moindre, son alimentation est davantage basée sur les fourrages que celle des vaches laitières. Sur cette période, les vaches passent 60 à 80 % de l’année au pâturage, le plus souvent avec de l’herbe seule.

Optimisation de l'Engraissement des Bovins

L’engraissement de bovins nécessite une alimentation riche en énergie et en protéines pour assurer un gain de croît et un état de finition suffisants. L’utilisation de concentrés répond à cet objectif, mais rend les systèmes dépendants envers cette matière première achetée ou produite sur l’exploitation. Des marges de manœuvre existent néanmoins pour limiter le recours aux concentrés. Le levier d’action prioritaire est de maîtriser au mieux la qualité de l’ensilage de maïs.

Pendant l’engraissement, il est recommandé d’apporter entre 90 et 95 PDI/UF pour les jeunes bovins de races laitières, entre 100 et 105 g de PDI/UF pour les JB de races allaitantes et entre 90 et 100 g de PDI/UF pour les femelles en finition.

Équivalences entre différents aliments énergétiques et le blé

Aliments (kg brut) Remplace (en kg brut) Intérêts et limites
1 kg de triticale 1 kg de blé Équivalent au blé
1 kg d'orge 0,91 kg de blé Moins acidogène, seule en complément de l’ensilage possible mais indice de consommation détérioré de 10 à 15 %
1 kg de maïs grain 1,04 kg de blé Riche en énergie, en sec : distribuer aplati, en humide à 65 % MS et moins : broyer à la récolte et ensiler, en humide à 70 % MS : stocker entier et inerter (absence d’air : big-bags,…), indice de consommation amélioré
1 kg de betteraves fourragères 0,15 kg de blé Appétent, riche en énergie, 3 à 4 kg de MS/j en complément de l’ensilage de maïs, entières ou coupées, performances équivalentes
1 kg de pulpe surpressée 0,22 kg de blé Appétent, riche en énergie, utilisable en plat unique avec apport de fourrages. Riche en Ca, pauvre en P, adapter l’AMV, bonnes performances
1 kg de pulpe déshydratée 0,85 kg de blé
1 kg de pommes de terre 0,24 kg de blé Appétent, riche en énergie, riche en amidon, limiter l’apport à 15-20 kg bruts/JB et apport indispensable de fibres. Co-produits intéressants.

Équivalences entre différents aliments azotés et le tourteau de soja

Aliments (brut) Remplace le tourteau de soja 48 (brut) Remplace le tourteau de colza (brut) Intérêts et limites
Tourteau de colza 1,5 kg _ Peut remplacer en totalité le soja, entraine une légère baisse énergétique de la ration, mais les performances zootechniques sont très proches.
Tourteau tournesol non décortiqué* 1,9 kg 1,2 kg Peut remplacer en totalité le soja et le colza, mais pauvre en énergie. Entraîne une dilution énergétique de la ration et une baisse des performances. Riche en cellulose.
Tourteau de lin expeller 1,5 kg 1,0 kg Peut remplacer en totalité le soja et le colza, plus riche en énergie que le tourteau de colza. Améliore les performances et l’efficacité alimentaire.
Pois, féverole crue 2,9-3,1 kg pour le pois
2,3 kg pour la féverole
1,9-2 kg pour le pois
1,5 kg pour la féverole
Peuvent remplacer en totalité le soja et le colza, teneur en UFV proche du tourteau de soja mais supérieure au colza. Distribuer aplati, avec un fourrage grossier (paille). Maintien des performances et de l’efficacité alimentaire. S’assurer de la valeur alimentaire des graines toastées (écart valeurs INRA 2007). A privilégier sur des rations à base d’herbe.
Graine de lin 2,3 kg 1,5 kg Remplacement partiel du soja mais total du colza car forte teneur en matière grasse qui limite les quantités distribuées à 1,5 kg. Riche en énergie. A distribuer aplatie.

Conduite de l’engraissement des femelles en plusieurs phases

La finition des femelles peut être scindée en plusieurs phases :

  • Pré-engraissement : les femelles reçoivent une ration fibreuse à base d’herbe pâturée ou conservée.
  • Engraissement (ou finition) : une ration plus dense en concentrés, notamment en énergie. Ce levier réduit la croissance pendant la 1ère phase, allongeant ainsi la durée de finition. La dépendance envers le correcteur azoté est réduite, mais le besoin en concentré énergétique est augmenté.

Pour atteindre et maintenir des croissances élevées au pâturage, il est nécessaire d’offrir une herbe de qualité. Un pâturage précoce au printemps jusqu’au stade « épi à 10 cm », puis de repousses feuillues de moins de 6 semaines assurent une croissance de 1000 g/j ou plus en vaches de réforme et génisses à l’engrais, sans ajout de concentré.

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