Une étude approfondie sur l'alimentation des troupeaux de dromadaires a été menée dans la zone pastorale d'Agadez au Niger. L'objectif principal était de décrire la composition botanique des rations ingérées par les dromadaires sur les parcours naturels au cours des différentes saisons. Il s'agissait également de déterminer la composition chimique et les valeurs alimentaires des différentes espèces végétales consommées quotidiennement par les dromadaires, afin de comprendre leur apport en énergie et en protéines.
Six troupeaux de dromadaires ont été suivis régulièrement de septembre 2002 à août 2003. La méthode de "collecte de berger" a été utilisée pour étudier la composition botanique du régime alimentaire. Auparavant, les parcours ont été étudiés sur le plan de leur composition floristique en utilisant la méthode des points quadrats alignés.
Le régime du dromadaire comporte des herbacées (graminées et autres) et des ligneux, quelle que soit la saison. Aucun résidu de récolte n'est associé à ce régime. Vingt espèces herbacées ont été décrites sur les différents sites étudiés avec une prédominance des graminées (58,67%).
L'analyse chimique a montré que les plantes consommées avaient un fort taux de matières minérales. En terme d'apport en matière azotée digestible (MAD) ce sont Salvadora persica (159g MAD/kg MS), Maerua crassifolia (148gMAD/kg MS) et Boscia senegalensis(213gMAD/kg MS) qui se sont distinguées.
Trois espèces ligneuses présentent des hautes valeurs énergétiques (UFL) :
Le dromadaire, animal emblématique des régions arides, possède un comportement alimentaire particulier. Il est un "brouteur" qui gère son alimentation en utilisant la variabilité des plantes disponibles dans le désert. Sa physiologie digestive est adaptée à la valorisation des fourrages à faible valeur nutritive.
Plusieurs mécanismes digestifs sont mis en jeu, notamment une flore ruminale qui digère mieux la cellulose, une capacité à recycler l'azote des plantes et un transit digestif très lent. En conséquence, la digestibilité des fourrages pauvres est supérieure à celle observée chez les autres herbivores.
Les relations entre le dromadaire et l'oasis sont complexes. Le dromadaire, animal du nomade, marque les territoires désertiques de sa mobilité, tandis que l'oasis est un point d'attache. Au cours de l'histoire, le dromadaire ne pénétrait en ville que pour les étapes caravanières. Le développement d'un élevage camelin périurbain a modifié les liens entre nomades et sédentaires.
Le dromadaire est un marcheur permanent qui pratique un "pâturage ambulatoire". Son pied est adapté aux terrains sableux. Il a assuré le fret des marchandises dans les déserts pendant des millénaires. Même en dépit de la concurrence du véhicule à moteur, les caravanes de dromadaires subsistent.
En conclusion, l'alimentation du dromadaire est un élément clé de son adaptation à l'environnement désertique. Sa capacité à valoriser les ressources pastorales pauvres et sa relation avec les oasis en font un acteur important des écosystèmes arides.
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