La dénutrition de la personne âgée constitue un problème majeur de santé publique, touchant entre 4 à 10 % des seniors vivant à domicile et 15 à 38 % des résidents en institution. Souvent sous-estimée, cette condition qui affaiblit le corps, peut conduire à une perte progressive d’autonomie. Il est donc important de veiller à ce que les personnes âgées conservent une alimentation équilibrée afin de conserver leur autonomie et de limiter les pathologies liées la vieillesse.
La dénutrition de la personne âgée se caractérise par un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de l’organisme. Elle survient lorsqu’un senior ne consomme pas suffisamment de calories, de protéines, de vitamines et de minéraux pour maintenir ses fonctions vitales, soutenir sa masse musculaire et assurer le bon fonctionnement de ses organes.
Trop souvent ignorée, la dénutrition entraîne une perte des réserves musculaires et aggrave un état de fragilité chez la personne âgée. Parmi les seniors dépendants pour leur alimentation, 7 seniors sur 10 ne mangeraient pas assez pour couvrir leurs besoins nutritionnels, essentiellement car ces personnes ne sont pas en capacité de consommer les portions correspondant à leurs besoins nutritionnels, faute d’appétit. Afin de prévenir la dénutrition chez ces seniors en baisse d’appétit, il est essentiel d’enrichir leur alimentation pour leur permettre de couvrir leurs besoins nutritionnels.
Il est important de garder une alimentation diversifiée et équilibrée.
Une alimentation riche en nutriments essentiels soutient la masse musculaire, réduit les risques de fragilité et contribue à l’autonomie.
Les nutriments comme les vitamines (A, C, D) et les minéraux (zinc, sélénium) aident à protéger l’organisme contre les infections.
Une alimentation adaptée contribue à limiter les risques de maladies chroniques, comme l’ostéoporose ou les troubles cardiovasculaires.
Les changements liés au vieillissement, comme une diminution de l’appétit ou des problèmes de mastication, peuvent réduire l’apport alimentaire et entraîner une perte de poids ou une fatigue accrue.
Le meilleur traitement contre la malnutrition ou la dénutrition des personnes âgées reste la prévention.
La base de la prévention passe par des repas complets, riches en protéines (viandes maigres, œufs, légumineuses, poisson), en calories et en nutriments essentiels. Pour répondre aux besoins des personnes âgées, il est nécessaire de privilégier :
Préférez des repas légers et réguliers avec des collations en milieu de matinée et d’après-midi pour compléter les apports nutritionnels.
Ajoutez des aliments riches en calories et en nutriments dans les plats : lait en poudre, fromage râpé, crème, ou huiles végétales. Les repas peuvent être enrichis sans augmenter leur volume :
Veiller à avoir une alimentation équilibrée, diversifiée et régulière pour éviter la monotonie et retrouver l’envie de manger.
Les personnes âgées ressentent souvent moins la soif. Encouragez-les à boire au moins 1,5 litre d’eau par jour, sous forme d’eau, de tisanes, de bouillons ou de soupes. La déshydratation est fréquente chez les personnes âgées et peut aggraver la dénutrition.
Incitez-les à boire 1,5 litre d’eau par jour sous différentes formes : soupes, tisanes, jus de fruits.
Proposez des aliments riches en eau comme les concombres, les pastèques, ou les yaourts.
Établissez des rappels réguliers pour encourager à boire, surtout en période de forte chaleur.
L’alimentation ne fait pas tout. Une activité physique régulière, même modérée, est essentielle pour stimuler l’appétit, renforcer les muscles et maintenir la mobilité.
Une simple marche quotidienne ou des exercices doux à domicile suffisent souvent. L’exercice, même modéré, comme la marche, le jardinage ou la gymnastique douce, permet de préserver la masse musculaire, de stimuler l’appétit et de ralentir la fonte musculaire.
Si une perte de poids inexpliquée ou des difficultés alimentaires persistent, il est essentiel de consulter un médecin ou un diététicien. En cas de perte de poids anormale, consultez votre médecin.
Identifier les signes de dénutrition chez la personne âgée est essentiel pour éviter qu’elle ne s’aggrave et entraîne des complications sérieuses. Plusieurs symptômes peuvent alerter sur un apport alimentaire insuffisant chez une personne âgée : perte d’appétit, amaigrissement, diminution de la force musculaire, fatigue physique, diminution de l’activité physique, mauvaise récupération physique, œdèmes… Il ne faut pas hésiter à consulter rapidement un médecin.
La dénutrition ou la malnutrition chez les personnes âgées s’explique par plusieurs facteurs.
D’abord, l’environnement joue un rôle capital dans le rapport à la nourriture. Pour une personne seule et isolée, le moment du repas n’est plus un moment de plaisir ou de convivialité et n’incite ni à cuisiner, ni à manger. Pour les personnes âgées en perte d’autonomie physique, les courses, la préparation des repas, et parfois même la prise des repas sont autant de difficultés qui peuvent faire obstacle à une alimentation régulière et équilibrée.
Les troubles digestifs comme les reflux gastriques, les ulcères ou les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin peuvent réduire l’appétit ou provoquer une malabsorption des nutriments. Ces conditions entraînent une carence énergétique et aggravent la dénutrition chez les personnes âgées.
Des problèmes bucco-dentaires (perte de dents, douleurs) ou des troubles de la déglutition (dysphagie) compliquent la consommation d’aliments solides ou liquides. Ces difficultés incitent souvent les personnes âgées à réduire leurs repas ou à éviter certains aliments essentiels, accentuant leur fragilité.
L’isolement social est un facteur majeur de la dénutrition. Manger seul réduit le plaisir des repas, ce qui entraîne une diminution de la fréquence ou de la quantité des repas. Les personnes âgées isolées ont également moins tendance à cuisiner des repas équilibrés.
La dépression, fréquente chez les personnes âgées peut entraîner une perte d’appétit, des troubles du sommeil, et une fatigue accrue, ce qui impacte directement leur apport nutritionnel. Les changements d’humeur et de comportement aggravent souvent la dénutrition s’ils ne sont pas détectés à temps.
Certains médicaments, comme les traitements pour les maladies chroniques, ont des effets secondaires qui réduisent l’appétit ou modifient le goût des aliments. De plus, les régimes alimentaires restrictifs (faibles en sel, en sucre, ou en graisses) peuvent diminuer le plaisir de manger et contribuer à des carences nutritionnelles.
Si vous rencontrez des difficultés pour faire vos courses ou dans la préparation de vos repas, des solutions existent :
Selon votre situation, des aides financières peuvent être demandées pour financer une partie des frais de portage de repas ou d’aide à domicile.
Les proches jouent un rôle clé pour prévenir et combattre la dénutrition chez les personnes âgées. Ils peuvent détecter les signaux d’alerte, encourager de meilleures habitudes alimentaires et s’appuyer sur des professionnels pour un accompagnement optimal.
Le partage des repas pour éviter l’isolement. Manger seul peut réduire l’envie de se nourrir. Partager des repas avec la personne âgée favorise une ambiance conviviale, redonnant du plaisir à manger tout en créant un moment de lien social.
Si l’appétit est réduit, proposez plusieurs petits repas ou collations répartis sur la journée. Des aliments riches en calories et nutriments, comme des purées enrichies ou des smoothies, permettent de combler les besoins sans surcharger les repas.
La prise en charge de la dénutrition repose sur des traitements adaptés à la gravité de la situation et aux besoins spécifiques des personnes âgées. Elle inclut des évaluations médicales, des compléments nutritionnels, et parfois une hospitalisation.
L’évaluation de la dénutrition est essentielle pour déterminer le niveau de gravité et choisir les solutions appropriées. Elle inclut :
Cette évaluation est généralement réalisée par un médecin généraliste ou un nutritionniste.
Lorsque l’alimentation seule ne suffit pas à combler les besoins, les compléments nutritionnels sont prescrits pour enrichir l’apport calorique et lutter contre les carences.
Compléments hypercaloriques : Fournissent une grande quantité d’énergie en petit volume, idéal pour les patients ayant un faible appétit.
Compléments hyperprotéinés : Aident à préserver la masse musculaire et à renforcer l’immunité.
Compléments spécifiques : Enrichis en vitamines ou minéraux pour combler des carences ciblées.
Proposez-les en complément des repas principaux, comme collation ou boisson enrichie. Alternez les saveurs et textures pour éviter une monotonie alimentaire. Consultez un diététicien pour intégrer ces compléments dans un plan nutritionnel équilibré.
Une hospitalisation peut être nécessaire en cas de dénutrition sévère ou si la prise alimentaire devient impossible.
Tableau récapitulatif des recommandations nutritionnelles pour les seniors :
| Nutriment | Recommandations | Sources alimentaires |
|---|---|---|
| Protéines | 1.2 g par kg de poids corporel | Viandes maigres, œufs, poissons, légumineuses |
| Calcium | 1200 mg par jour | Produits laitiers, légumes verts |
| Vitamine D | 800 UI par jour | Poissons gras, œufs, suppléments |
| Fibres | 25-30 g par jour | Fruits, légumes, céréales complètes |
| Eau | 1.5 litres par jour | Eau, soupes, tisanes, jus de fruits |
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