Les 1000 premiers jours de la vie d'un enfant, de la conception à son deuxième anniversaire, représentent une période cruciale pour son développement et sa santé future. De nombreuses études ont démontré que l’organisme du bébé, dès la grossesse, est particulièrement sensible à son environnement. Tout ce qu’il va vivre durant ces premiers jours peut influencer sa santé pour la vie. Durant cette temporalité, il y a une forte sensibilité aux facteurs extérieurs, notamment l’alimentation, qui peuvent favoriser ou freiner la traduction de nos gènes en protéines utiles pour le corps. Bien se nourrir pendant les 1000 premiers jours est donc indispensable.
Ce guide vous fournira des informations détaillées et des recommandations pratiques pour assurer une alimentation optimale à votre enfant pendant cette période déterminante.
Vouloir ou attendre un bébé est une bonne occasion de faire le point sur nos habitudes alimentaires. Avoir une alimentation équilibrée et variée permet de couvrir les besoins nutritionnels de bébé pendant la grossesse. Cela favorise son bon développement, et les effets bénéfiques se poursuivent même jusqu’à l’âge adulte. On peut noter nos habitudes alimentaires, pendant une semaine par exemple.
Voici quelques recommandations spécifiques pour l'alimentation pendant la grossesse :
De plus, il est important de :
Les matières grasses ajoutées comme le beurre, les huiles végétales apportent de l’énergie, des vitamines et des acides gras. Elles sont à consommer tous les jours, mais en petite quantité et en évitant les cuissons à haute température.
Concernant la viande et les apports en protéines, il est recommandé de privilégier la volaille et de limiter les autres viandes, comme le porc, le bœuf, le veau, le mouton, l’agneau, les abats.. maximum 500 g par semaine.
Limiter les produits salés et le sel : pour un adulte, cela signifie de ne pas consommer plus de 5g de sel par jour. On ne met pas du tout de sel pour les aliments proposés à un enfant de moins de 1 an. Pour cela, on limite l’achat d’aliments riches en sel : plats préparés, charcuteries, biscuits apéritifs, snacks, certains fromages… Quand on met un peu de sel, on le choisit avec de l'iode. Pendant la grossesse et après, l’iode est un élément essentiel au bon fonctionnement de la thyroïde.
On privilégie dès que possible le « fait maison » avec des produits frais de saison ou des aliments peu transformés comme les légumes nature déjà découpés, les filets de poisson nature… Les assaisonner et les cuisiner soi-même.
FOCUS bien-être: Manger mieux est bénéfique pour nous et pour bébé. Bouger plus l'est aussi ! Avant, pendant la grossesse et après, pratiquer une activité physique et limiter le temps passé assise est bon pour la santé et pour le moral.
L’allaitement maternel est une source de bienfaits pour l’enfant et sa mère. Le lait maternel permet de prévenir certaines infections, en particulier les infections gastro-intestinales, respiratoires ou ORL comme les otites. L’allaitement permet à l’enfant de développer ses goûts au gré de l’alimentation de sa mère. Pour aider bébé à avoir une bonne santé, il est recommandé de privilégier le plus longtemps possible l’allaitement maternel exclusif, qui reste l’aliment de référence du bébé.
L’OMS et le Programme national nutrition santé (PNNS) recommandent d’ailleurs l’allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois de l’enfant. En effet, l’allaitement diminue la mortalité des enfants, en particulier dans les pays en voie de développement, mais diminue aussi le risque de développer des affections respiratoires et gastro-intestinales dans les premières semaines de vie. Pour les nouveau-nés prématurés, qui constituent une population fragile, le lait maternel est particulièrement recommandé car il diminue le risque de pathologies qui leur sont propres.
Le lait reste très important dans l’alimentation de bébé, même s'il est en pleine diversification alimentaire. Au début, sur au moins 2 des 4 repas de la journée, bébé ne prendra que du lait. Si on le souhaite, on peut continuer à l'allaiter, c’est très bon pour bébé ! Sinon, on choisit du « lait 2ème âge ».
« On constate un effet dose, plus l’allaitement est long, plus les effets bénéfiques de l’allaitement sont importants. Cela ne fait aucun doute, c’est bien le lait maternel qui est le meilleur allié pour la santé du bébé ! »
Le lait maternel est composé de macronutriments : protéines, lipides, glucides, mais aussi de bien d’autres molécules : des oligosaccharides, des immunoglobulines, des ARN non codants et même un microbiome (ensemble de microorganismes). Des chercheurs ont montré par exemple que des anticorps anti SARS-CoV-2 étaient présents dans le lait maternel de mamans ayant contracté le Covid-19 pendant leur grossesse ou juste avant l’accouchement.
Comment l’alimentation de la mère influence-t-il la composition du lait maternel ? « Nos travaux montrent que l’alimentation de la mère n’influe pas sur la teneur en protéines du lait maternel ; ce qui est vraiment démontré, c’est l’effet sur la composition en lipides du lait », explique Clair-Yves Boquien. La consommation de poissons gras par exemple (saumon, sardine, maquereau, etc.) augmente la teneur en oméga 3 dans le lait maternel. Il y a donc un levier pour augmenter la teneur en oméga 3 du lait maternel, qui n’est pas élevée sans supplémentation. Alors que les oméga 3 sont importants, particulièrement chez le bébé en pleine croissance, une augmentation de leur teneur dans le lait maternel ne peut donc qu’être bénéfique pour la santé du bébé.
La période post-partum et l’allaitement sont des moments privilégiés où les jeunes parents découvrent leur nouveau-né. L’alimentation joue un rôle primordial pour aider la jeune mère à retrouver son énergie, d’autant plus, si elle désire nourrir son bébé au sein. Une alimentation de type « méditerranéenne » par exemple, a des propriétés anti-inflammatoires intéressantes.
Les conseils concernant l’alimentation des femmes allaitantes sont assez similaires à ceux adressés à la femme enceinte. A noter toutefois, la part de produits riches en calcium est à augmenter. Les légumes à goût fort, comme le chou-fleur, sont à consommer avec modération car ils peuvent modifier le goût du lait. (Le goût du lait change tout le temps en fonction de la maman et le chou-fleur permettant d’apporter des microbiotes intéressant, c’est bien d’en consommer même pendant l’allaitement après tout est une question de dosage, peut-être pas tous les jours….). Il est conseillé à la femme qui allaite de fractionner ses repas et de prévoir des collations légères dans la journée.
Lipides et Allaitement: L’étude clinique ALLAITEMENT, promue par le CHU de Rennes et soutenue par la région Bretagne, vise à étoffer les connaissances scientifiques en matière de nutrition périnatale. Parmi les nombreux constituants précieux du lait maternel, l’étude ALLAITEMENT s’est particulièrement intéressée aux lipides qui peuvent se retrouver dans des proportions différentes selon les choix alimentaires de la maman. Des apports équilibrés en lipides sont importants à cette période car ils contribuent à un développement optimal des systèmes nerveux et immunitaires du bébé. Les lipides appelés aussi « matières grasses », ont encore parfois mauvaise presse, souvent liés à la prise de poids et pourtant… ils sont très importants et indissociables d’une alimentation équilibrée, d’autant plus pour bébé ! Ils jouent un rôle fondamental sur le métabolisme du jeune enfant en étant notamment la première source d’énergie. Ils sont, entre autres, des composants des membranes cellulaires dont nos bébés ont cruellement besoin dans la période des 1000 premiers jours de vie où ils passent de 1 à 500 milliards de cellules. Ils contribuent aussi à un développement optimal de leurs systèmes nerveux et immunitaires ; ils interviennent dans les connexions neuronales (libération de neurotransmetteurs) ainsi que dans le transport de vitamines (A, D, E et K) ou encore la synthèse d’hormones. Dernièrement il a été montré que les lipides interviendraient dans la régulation de certains gènes.
Parmi les lipides, les acides gras oméga 3 ont montré un intérêt particulier en période périnatale. De multiples études scientifiques ont démontré qu’une alimentation équilibrée en oméga 3 améliore les fonctions cognitives des bébés et leur sommeil. À l’âge de 12 mois, 99% des bébés seraient carencés en oméga 3, si précieux pour la rétine et le cerveau !
L’ajout systématique de matières grasses dans les repas de bébé peut provenir de sources animales (viande, poisson, œuf, beurre…) ou végétales. On peut privilégier les filières dont l’alimentation des animaux a été optimisée par la consommation d’oméga-3 via des graines de lin, de luzerne ou plus de pâturage (filières Bleu-Blanc-Cœur). Les oméga-3 consommés naturellement par les animaux se retrouvent dans la chair animale et aussi dans les œufs et les produits laitiers, le beurre et la crème fraîche qu’ils produisent. Concernant les huiles végétales, il est recommandé de privilégier des huiles vierges première pression à froid et bio si possible, et de les conserver à l’abri de la lumière ou d’une source de chaleur. On peut utiliser des huiles végétales riches en oméga-3, comme l’huile de colza, de noix, de lin, de chanvre ou de cameline par exemple. Il est aussi encouragé de proposer à bébé, dès le début de sa diversification alimentaire, des purées d’oléagineux (amandes, noisettes, noix…), pour compléter les apports en lipides et diminuer les risques d’allergies ultérieur. Aucune matière grasse n’a une composition nutritionnelle idéale donc il est préférable de varier ! Sur la semaine, on peut privilégier les sources animales et végétales d’oméga 3 sur la moitié du temps et alterner avec d’autres types de matières grasses.
Après l’allaitement exclusif, il faut introduire progressivement les aliments à partir de 4-6 mois en complément du lait (maternel ou infantile) pour éviter les carences en fer et acides gras essentiels. Cette période de diversification est essentielle et doit être particulièrement attentive: une alimentation saine et équilibrée doit être proposée au bébé afin d’éduquer ses préférences et comportements alimentaires.
Entre 4 et 6 mois, c’est le bon moment pour commencer ce que l’on appelle « la diversification alimentaire ». Il est recommandé de débuter la diversification alimentaire entre 4 à 6 mois. Certains bébés sont attirés par les nouveaux goûts dès 4 mois. Pas d’inquiétude : chacun son moment ! On se souvient simplement qu’après 6 mois, le lait seul ne suffit plus.
Passés les 4 premiers mois de vie, bébé entre dans la période magique et tant attendue de la diversification ! Entre 0 et 2 ans, l’enfant découvre le monde qui l’entoure et s’éveille gustativement. Il forme sa palette de goût déjà pendant sa vie intra-utérine, puis à travers l’allaitement et la diversification.
Aujourd’hui, on sait qu’un bébé peut commencer à découvrir toutes les familles d’aliments entre 4 et 6 mois, y compris ceux qui peuvent provoquer une allergie (œuf, arachide, poudre d’amandes ou de noisettes…). Pareil pour le gluten. On peut utiliser les mêmes produits frais que pour toute la famille, en préférant le bio si possible pour les fruits et légumes, les légumes secs et les féculents complets. Les petits pots du commerce sont pratiques quand on n’a pas le temps de cuisiner, hors domicile, en voyage… mais ils offrent moins de variété que le fait maison.
Entre 4 et 6 mois, l'alimentation de bébé est particulière : il mange à la cuillère des purées ou compotes très lisses. Pour cela, on cuit les aliments tout simplement à l’eau, sans sel. Comme bébé mange de toutes petites quantités, on n'hésite pas à cuisiner plus et à congeler le surplus dans un bac à glaçons. Il faut alors le consommer dans les deux mois. Pour ne pas se tromper, on peut mettre le bac à glaçon dans une poche datée et identifiée.
Entre 4 et 6 mois, le but n’est pas de remplacer les tétées mais de faire découvrir à bébé de nouveaux goûts et de nouvelles odeurs. Pour l'alimentation de bébé, mieux vaut la variété que la quantité. Pendant les premières semaines, quelques cuillères à café de purée ou de compote chaque jour suffisent. Ensuite, on peut augmenter les quantités progressivement.
Après 6 mois, la découverte de l’alimentation continue, avec de nouvelles textures, de nouvelles associations d'aliments, de nouveaux rythmes, et des quantités qui augmentent. Quand bébé est bien à l’aise avec les purées lisses, on peut progressivement lui proposer de nouvelles textures d’aliments. L’idée est de passer d’une nourriture toute molle, qui s’avale sans effort de mastication, à une nourriture plus consistante que bébé va transformer avant de l’avaler. On peut donc commencer par mixer les purées et les compotes un peu moins lisses qu’avant. Ensuite, on pourra proposer des consistances plus variées, avec des petits morceaux hachés ou écrasés. C’est aussi l’âge où bébé peut commencer à manger des fruits crus à condition qu’ils soient bien mûrs.
Bébé peut accepter plus facilement de nouveaux aliments, s’il les attrape lui-même et cherche à se nourrir seul. On veille à ce que bébé soit bien assis et on est bien attentif à lui pendant tout le temps de son repas.
Comment savoir si mon bébé a assez mangé ? Au début, c'est nous qui donnons à manger à bébé. Puis, dès que c’est possible, c’est une bonne idée de le laisser manger lui-même avec ses doigts. Très vite on peut aussi lui proposer de boire à la tasse, au verre, ou encore de tenir la cuillère tout seul.
FOCUS bien-être: A l’heure du repas comme à beaucoup d’autres moments, bébé a besoin de toute notre attention. Alors il est préférable d’éteindre la télé et de laisser son téléphone à distance.
Voici quelques conseils supplémentaires pour une alimentation réussie pendant les 1000 premiers jours :
Il est essentiel d’éviter l’exposition des enfants en bas âge aux substances chimiques et aux agents toxiques; celles-ci ayant un impact défavorable sur sa santé future. Cette sensibilité est augmentée lorsque l’enfant à un poids faible.
Il est également important de maintenir un apport laitier suffisant (au moins 500ml/jour) et d’éviter le passage au lait de vache avant l’âge de 3 ans. Il faut continuer la supplémentation en vitamine D.
N'oubliez pas que l’introduction d’une variété alimentaire entre 4-6 et 12 mois est un vrai plus ! Les aliments qui sont consommés pendant la diversification permettraient le développement des préférences alimentaires à long terme.
En suivant ces recommandations, vous offrirez à votre enfant les meilleures bases pour une vie saine et épanouie.
N'oubliez pas que cette information est un guide et ne remplace pas les conseils d'un professionnel de la santé. Consultez toujours votre médecin ou un nutritionniste pour des conseils personnalisés.
tags: #alimentation #1000 #premiers #jours #recommandations
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic