L'Alimentation Optimale Pendant les 1000 Premiers Jours de Bébé : Guide Complet

Les 1000 premiers jours de la vie d'un enfant, de la conception à son deuxième anniversaire, représentent une période cruciale pour son développement et sa santé future. De nombreuses études ont démontré que l’organisme du bébé, dès la grossesse, est particulièrement sensible à son environnement. Tout ce qu’il va vivre durant ces premiers jours peut influencer sa santé pour la vie. Durant cette temporalité, il y a une forte sensibilité aux facteurs extérieurs, notamment l’alimentation, qui peuvent favoriser ou freiner la traduction de nos gènes en protéines utiles pour le corps. Bien se nourrir pendant les 1000 premiers jours est donc indispensable.

Ce guide vous fournira des informations détaillées et des recommandations pratiques pour assurer une alimentation optimale à votre enfant pendant cette période déterminante.

Diversification alimentaire : à quel âge et par quel aliment commencer ?- La Maison des maternelles

L'Importance de l'Alimentation Pendant la Grossesse

Vouloir ou attendre un bébé est une bonne occasion de faire le point sur nos habitudes alimentaires. Avoir une alimentation équilibrée et variée permet de couvrir les besoins nutritionnels de bébé pendant la grossesse. Cela favorise son bon développement, et les effets bénéfiques se poursuivent même jusqu’à l’âge adulte. On peut noter nos habitudes alimentaires, pendant une semaine par exemple.

Voici quelques recommandations spécifiques pour l'alimentation pendant la grossesse :

  • Augmenter et varier les fruits et légumes: Cela permet de faire le plein de vitamines, minéraux et fibres. On privilégie les produits locaux et de saison et on les choisit bio si possible. On peut manger plus de légumes aux repas, en crudités et en accompagnement.
  • Augmenter les légumes secs: lentilles, haricots secs, pois chiches, pois cassés…. Ils sont riches en fibres, des minéraux et ils apportent aussi des minéraux et des protéines. Là aussi, les choisir bio si possible. Nous pouvons en manger au moins 2 fois par semaine, en accompagnement de viande, volaille, poisson… Ils peuvent également être consommés seuls, avec des légumes ou des produits céréaliers (pâtes, riz ou semoule).
  • Les féculents « complets » ou « semi-complets »: comme le pain complet, le riz complet, la semoule complète, les pâtes complètes…, au choix au moins une fois par jour, sont naturellement riches en fibres. Les fibres sont toujours utiles pendant la grossesse, surtout si le transit est un peu difficile.
  • Le poisson cuit à coeur: est un très bon moyen d’apporter à bébé des protéines, des vitamines, des minéraux et oligoéléments (iode, zinc, cuivre, sélénium, fluor). Il peut être consommé frais, surgelé ou en conserve. On en consomme deux fois par semaine, dont une fois du poisson gras (comme les sardines, le maquereau, le hareng, le saumon…) qui est riche en Oméga-3. Les Oméga-3 sont utiles pour le développement du cerveau du bébé. Comme certains poissons peuvent contenir des polluants, il est recommandé de varier les espèces.
  • Consommer suffisamment de produits laitiers: (lait, yaourts, fromages, fromage blanc…) : 2 par jour pour les adultes et 3 pour les enfants. Pendant la grossesse, on recommande 3 produits laitiers par jour, en évitant le lait cru et les fromages au lait cru.

De plus, il est important de :

  • Augmenter les apports en calcium : les besoins sont accrus à partir du 6e mois de grossesse.
  • Vérifier les apports en iode : les besoins augmentent en fin de grossesse (risques de troubles thyroïdiens chez la mère et de troubles du développement chez l’enfant). Une alimentation riche en produits iodés permet de couvrir les besoins naturellement (produits laitiers, crustacés, poissons marins, œufs et sel iodés).
  • S’assurer un apport suffisant en folates (vitamine B9) : Idéalement, les apports en folates doivent être couverts en amont du projet de grossesse et au début de la grossesse afin de prévenir le risque de malformations embryonnaires ou de retard de développement. Une supplémentation sur prescription médicale est souvent conseillée dès l’arrêt de la contraception.
  • Augmenter si besoin les apports en vitamine D : indissociable du calcium, cette vitamine est indispensable pour la santé maternelle et du fœtus.

Les matières grasses ajoutées comme le beurre, les huiles végétales apportent de l’énergie, des vitamines et des acides gras. Elles sont à consommer tous les jours, mais en petite quantité et en évitant les cuissons à haute température.

Concernant la viande et les apports en protéines, il est recommandé de privilégier la volaille et de limiter les autres viandes, comme le porc, le bœuf, le veau, le mouton, l’agneau, les abats.. maximum 500 g par semaine.

Limiter les produits salés et le sel : pour un adulte, cela signifie de ne pas consommer plus de 5g de sel par jour. On ne met pas du tout de sel pour les aliments proposés à un enfant de moins de 1 an. Pour cela, on limite l’achat d’aliments riches en sel : plats préparés, charcuteries, biscuits apéritifs, snacks, certains fromages… Quand on met un peu de sel, on le choisit avec de l'iode. Pendant la grossesse et après, l’iode est un élément essentiel au bon fonctionnement de la thyroïde.

On privilégie dès que possible le « fait maison » avec des produits frais de saison ou des aliments peu transformés comme les légumes nature déjà découpés, les filets de poisson nature… Les assaisonner et les cuisiner soi-même.

FOCUS bien-être: Manger mieux est bénéfique pour nous et pour bébé. Bouger plus l'est aussi ! Avant, pendant la grossesse et après, pratiquer une activité physique et limiter le temps passé assise est bon pour la santé et pour le moral.

L'Allaitement Maternel : L'Aliment de Référence

L’allaitement maternel est une source de bienfaits pour l’enfant et sa mère. Le lait maternel permet de prévenir certaines infections, en particulier les infections gastro-intestinales, respiratoires ou ORL comme les otites. L’allaitement permet à l’enfant de développer ses goûts au gré de l’alimentation de sa mère. Pour aider bébé à avoir une bonne santé, il est recommandé de privilégier le plus longtemps possible l’allaitement maternel exclusif, qui reste l’aliment de référence du bébé.

L’OMS et le Programme national nutrition santé (PNNS) recommandent d’ailleurs l’allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois de l’enfant. En effet, l’allaitement diminue la mortalité des enfants, en particulier dans les pays en voie de développement, mais diminue aussi le risque de développer des affections respiratoires et gastro-intestinales dans les premières semaines de vie. Pour les nouveau-nés prématurés, qui constituent une population fragile, le lait maternel est particulièrement recommandé car il diminue le risque de pathologies qui leur sont propres.

Le lait reste très important dans l’alimentation de bébé, même s'il est en pleine diversification alimentaire. Au début, sur au moins 2 des 4 repas de la journée, bébé ne prendra que du lait. Si on le souhaite, on peut continuer à l'allaiter, c’est très bon pour bébé ! Sinon, on choisit du « lait 2ème âge ».

« On constate un effet dose, plus l’allaitement est long, plus les effets bénéfiques de l’allaitement sont importants. Cela ne fait aucun doute, c’est bien le lait maternel qui est le meilleur allié pour la santé du bébé ! »

Le lait maternel est composé de macronutriments : protéines, lipides, glucides, mais aussi de bien d’autres molécules : des oligosaccharides, des immunoglobulines, des ARN non codants et même un microbiome (ensemble de microorganismes). Des chercheurs ont montré par exemple que des anticorps anti SARS-CoV-2 étaient présents dans le lait maternel de mamans ayant contracté le Covid-19 pendant leur grossesse ou juste avant l’accouchement.

Comment l’alimentation de la mère influence-t-il la composition du lait maternel ? « Nos travaux montrent que l’alimentation de la mère n’influe pas sur la teneur en protéines du lait maternel ; ce qui est vraiment démontré, c’est l’effet sur la composition en lipides du lait », explique Clair-Yves Boquien. La consommation de poissons gras par exemple (saumon, sardine, maquereau, etc.) augmente la teneur en oméga 3 dans le lait maternel. Il y a donc un levier pour augmenter la teneur en oméga 3 du lait maternel, qui n’est pas élevée sans supplémentation. Alors que les oméga 3 sont importants, particulièrement chez le bébé en pleine croissance, une augmentation de leur teneur dans le lait maternel ne peut donc qu’être bénéfique pour la santé du bébé.

La période post-partum et l’allaitement sont des moments privilégiés où les jeunes parents découvrent leur nouveau-né. L’alimentation joue un rôle primordial pour aider la jeune mère à retrouver son énergie, d’autant plus, si elle désire nourrir son bébé au sein. Une alimentation de type « méditerranéenne » par exemple, a des propriétés anti-inflammatoires intéressantes.

Les conseils concernant l’alimentation des femmes allaitantes sont assez similaires à ceux adressés à la femme enceinte. A noter toutefois, la part de produits riches en calcium est à augmenter. Les légumes à goût fort, comme le chou-fleur, sont à consommer avec modération car ils peuvent modifier le goût du lait. (Le goût du lait change tout le temps en fonction de la maman et le chou-fleur permettant d’apporter des microbiotes intéressant, c’est bien d’en consommer même pendant l’allaitement après tout est une question de dosage, peut-être pas tous les jours….). Il est conseillé à la femme qui allaite de fractionner ses repas et de prévoir des collations légères dans la journée.

Lipides et Allaitement: L’étude clinique ALLAITEMENT, promue par le CHU de Rennes et soutenue par la région Bretagne, vise à étoffer les connaissances scientifiques en matière de nutrition périnatale. Parmi les nombreux constituants précieux du lait maternel, l’étude ALLAITEMENT s’est particulièrement intéressée aux lipides qui peuvent se retrouver dans des proportions différentes selon les choix alimentaires de la maman. Des apports équilibrés en lipides sont importants à cette période car ils contribuent à un développement optimal des systèmes nerveux et immunitaires du bébé. Les lipides appelés aussi « matières grasses », ont encore parfois mauvaise presse, souvent liés à la prise de poids et pourtant… ils sont très importants et indissociables d’une alimentation équilibrée, d’autant plus pour bébé ! Ils jouent un rôle fondamental sur le métabolisme du jeune enfant en étant notamment la première source d’énergie. Ils sont, entre autres, des composants des membranes cellulaires dont nos bébés ont cruellement besoin dans la période des 1000 premiers jours de vie où ils passent de 1 à 500 milliards de cellules. Ils contribuent aussi à un développement optimal de leurs systèmes nerveux et immunitaires ; ils interviennent dans les connexions neuronales (libération de neurotransmetteurs) ainsi que dans le transport de vitamines (A, D, E et K) ou encore la synthèse d’hormones. Dernièrement il a été montré que les lipides interviendraient dans la régulation de certains gènes.

Parmi les lipides, les acides gras oméga 3 ont montré un intérêt particulier en période périnatale. De multiples études scientifiques ont démontré qu’une alimentation équilibrée en oméga 3 améliore les fonctions cognitives des bébés et leur sommeil. À l’âge de 12 mois, 99% des bébés seraient carencés en oméga 3, si précieux pour la rétine et le cerveau !

L’ajout systématique de matières grasses dans les repas de bébé peut provenir de sources animales (viande, poisson, œuf, beurre…) ou végétales. On peut privilégier les filières dont l’alimentation des animaux a été optimisée par la consommation d’oméga-3 via des graines de lin, de luzerne ou plus de pâturage (filières Bleu-Blanc-Cœur). Les oméga-3 consommés naturellement par les animaux se retrouvent dans la chair animale et aussi dans les œufs et les produits laitiers, le beurre et la crème fraîche qu’ils produisent. Concernant les huiles végétales, il est recommandé de privilégier des huiles vierges première pression à froid et bio si possible, et de les conserver à l’abri de la lumière ou d’une source de chaleur. On peut utiliser des huiles végétales riches en oméga-3, comme l’huile de colza, de noix, de lin, de chanvre ou de cameline par exemple. Il est aussi encouragé de proposer à bébé, dès le début de sa diversification alimentaire, des purées d’oléagineux (amandes, noisettes, noix…), pour compléter les apports en lipides et diminuer les risques d’allergies ultérieur. Aucune matière grasse n’a une composition nutritionnelle idéale donc il est préférable de varier ! Sur la semaine, on peut privilégier les sources animales et végétales d’oméga 3 sur la moitié du temps et alterner avec d’autres types de matières grasses.

La Diversification Alimentaire : Découverte de Nouveaux Goûts

Après l’allaitement exclusif, il faut introduire progressivement les aliments à partir de 4-6 mois en complément du lait (maternel ou infantile) pour éviter les carences en fer et acides gras essentiels. Cette période de diversification est essentielle et doit être particulièrement attentive: une alimentation saine et équilibrée doit être proposée au bébé afin d’éduquer ses préférences et comportements alimentaires.

Entre 4 et 6 mois, c’est le bon moment pour commencer ce que l’on appelle « la diversification alimentaire ». Il est recommandé de débuter la diversification alimentaire entre 4 à 6 mois. Certains bébés sont attirés par les nouveaux goûts dès 4 mois. Pas d’inquiétude : chacun son moment ! On se souvient simplement qu’après 6 mois, le lait seul ne suffit plus.

Passés les 4 premiers mois de vie, bébé entre dans la période magique et tant attendue de la diversification ! Entre 0 et 2 ans, l’enfant découvre le monde qui l’entoure et s’éveille gustativement. Il forme sa palette de goût déjà pendant sa vie intra-utérine, puis à travers l’allaitement et la diversification.

Aujourd’hui, on sait qu’un bébé peut commencer à découvrir toutes les familles d’aliments entre 4 et 6 mois, y compris ceux qui peuvent provoquer une allergie (œuf, arachide, poudre d’amandes ou de noisettes…). Pareil pour le gluten. On peut utiliser les mêmes produits frais que pour toute la famille, en préférant le bio si possible pour les fruits et légumes, les légumes secs et les féculents complets. Les petits pots du commerce sont pratiques quand on n’a pas le temps de cuisiner, hors domicile, en voyage… mais ils offrent moins de variété que le fait maison.

Entre 4 et 6 mois, l'alimentation de bébé est particulière : il mange à la cuillère des purées ou compotes très lisses. Pour cela, on cuit les aliments tout simplement à l’eau, sans sel. Comme bébé mange de toutes petites quantités, on n'hésite pas à cuisiner plus et à congeler le surplus dans un bac à glaçons. Il faut alors le consommer dans les deux mois. Pour ne pas se tromper, on peut mettre le bac à glaçon dans une poche datée et identifiée.

Entre 4 et 6 mois, le but n’est pas de remplacer les tétées mais de faire découvrir à bébé de nouveaux goûts et de nouvelles odeurs. Pour l'alimentation de bébé, mieux vaut la variété que la quantité. Pendant les premières semaines, quelques cuillères à café de purée ou de compote chaque jour suffisent. Ensuite, on peut augmenter les quantités progressivement.

Après 6 mois, la découverte de l’alimentation continue, avec de nouvelles textures, de nouvelles associations d'aliments, de nouveaux rythmes, et des quantités qui augmentent. Quand bébé est bien à l’aise avec les purées lisses, on peut progressivement lui proposer de nouvelles textures d’aliments. L’idée est de passer d’une nourriture toute molle, qui s’avale sans effort de mastication, à une nourriture plus consistante que bébé va transformer avant de l’avaler. On peut donc commencer par mixer les purées et les compotes un peu moins lisses qu’avant. Ensuite, on pourra proposer des consistances plus variées, avec des petits morceaux hachés ou écrasés. C’est aussi l’âge où bébé peut commencer à manger des fruits crus à condition qu’ils soient bien mûrs.

Bébé peut accepter plus facilement de nouveaux aliments, s’il les attrape lui-même et cherche à se nourrir seul. On veille à ce que bébé soit bien assis et on est bien attentif à lui pendant tout le temps de son repas.

Comment savoir si mon bébé a assez mangé ? Au début, c'est nous qui donnons à manger à bébé. Puis, dès que c’est possible, c’est une bonne idée de le laisser manger lui-même avec ses doigts. Très vite on peut aussi lui proposer de boire à la tasse, au verre, ou encore de tenir la cuillère tout seul.

FOCUS bien-être: A l’heure du repas comme à beaucoup d’autres moments, bébé a besoin de toute notre attention. Alors il est préférable d’éteindre la télé et de laisser son téléphone à distance.

Conseils et Astuces

Voici quelques conseils supplémentaires pour une alimentation réussie pendant les 1000 premiers jours :

  • Faire confiance à son enfant: il connaît ses besoins !
  • Proposer sans jamais forcer: la règle à tout âge est de proposer sans jamais forcer. Le temps du repas est un temps d’échange, un moment de connexion avec bébé. A chaque fois que c’est possible pour nous, on prend le temps pour être bien attentif aux réactions de bébé face à nos propositions de nourriture.
  • Observer bébé et ses réactions: s’il ne veut pas manger, c’est peut-être qu’il n’a plus faim ou qu’il est surpris par un nouvel aliment, un nouveau goût. Si c’est le cas, on lui re-proposera une prochaine fois en sachant qu’il faut souvent présenter plusieurs fois le même aliment (parfois jusqu’à 10 !), pour que l’enfant l’accepte et commence à y prendre plaisir.
  • Encourager et parler à bébé: quand il sourit et se régale d’un nouveau goût, on l’encourage, on lui parle de ce qu’il mange, sa couleur, son odeur, sa texture.

Il est essentiel d’éviter l’exposition des enfants en bas âge aux substances chimiques et aux agents toxiques; celles-ci ayant un impact défavorable sur sa santé future. Cette sensibilité est augmentée lorsque l’enfant à un poids faible.

Il est également important de maintenir un apport laitier suffisant (au moins 500ml/jour) et d’éviter le passage au lait de vache avant l’âge de 3 ans. Il faut continuer la supplémentation en vitamine D.

N'oubliez pas que l’introduction d’une variété alimentaire entre 4-6 et 12 mois est un vrai plus ! Les aliments qui sont consommés pendant la diversification permettraient le développement des préférences alimentaires à long terme.

En suivant ces recommandations, vous offrirez à votre enfant les meilleures bases pour une vie saine et épanouie.

N'oubliez pas que cette information est un guide et ne remplace pas les conseils d'un professionnel de la santé. Consultez toujours votre médecin ou un nutritionniste pour des conseils personnalisés.

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