Intoxication Alimentaire chez les Vaches : Causes et Symptômes

L'intoxication alimentaire chez les vaches peut être causée par divers facteurs, allant des mycotoxines aux plantes toxiques en passant par des aliments mal conservés. Il est crucial de comprendre les causes, les symptômes et les mesures préventives pour assurer la santé et la productivité des bovins.

Les Mycotoxines

Les mycotoxines sont des substances toxiques produites par des champignons, notamment lors de la croissance végétative des plants de maïs et céréales (Fusariose). Même si les ruminants sont moins sensibles que les monogastriques, elles ont potentiellement un impact sur les performances des bovins.

Chez les bovins adultes, il y a environ 7 kg de microorganismes (protozoaires et bactéries) dans le rumen. En conditions normales, ces microorganismes sont capables de métaboliser une partie des mycotoxines présentes dans l’alimentation. Les DON, T2 et OTA sont donc partiellement détoxifiées. Les génisses, qui souvent ont des rations à transit lent, semblent moins sensibles. L’action de transformation des mycotoxines est cependant fortement dépendante de l’activité du rumen.

Un dysfonctionnement de ce dernier (alimentation avec une proportion importante de concentrés, transition alimentaire rapide, jeune ruminant, distribution d’additifs agissant contre le développement des bactéries du rumen (ionophores, huiles essentielles…), transit rapide dans le rumen, etc.) limitera donc cette détoxification.

Au départ de l’exposition des ruminants aux mycotoxines, celles-ci ne causent que des problèmes relativement mineurs souvent non décelables. Toutes les mycotoxines auront un effet sur la résistance immunitaire. Certaines auront des effets plus spécifiques, sans qu’il soit possible d’identifier les mycotoxines uniquement sur la base des symptômes observés. Les Zéa sont proches des œstrogènes. Les DON auront un impact sur la taille des villosités intestinales et sur la barrière intestinale. Les mycotoxines ont un effet cumulatif en cas de poly-contamination.

Des seuils pour les principales mycotoxines rencontrées sont proposés par l’observatoire des Mycotoxines (cf. Figure 1). Prudence dans l’interprétation en élevage. Tous les problèmes rencontrés ne doivent pas être attribués aux mycotoxines.

La Listériose

La Listériose est une maladie infectieuse due au microbe Listeria monocytogenes qui affecte l'homme et de nombreux animaux (ruminants, oiseaux, lapins,...). Bien qu'elle soit parfois une zoonose (maladie qui se transmet de l'animal à l'homme et inversement), la listériose est avant tout causée par l'ingestion d'aliments contaminés (par de la terre ou des souillures fécales) et mal conservés ensuite.

Les listeria survivent jusqu'à deux ans dans les sols. En présence d'humidité et de matière organique, elles se multiplient en se divisant. Entre 30 et 37°C, leur nombre double en une demi heure environ. Aussi, contrairement à la plupart des bactéries, elles continuent à se multiplier (plus lentement) à basse température. La chaîne du froid est donc moins efficace que contre d'autres germes. La listériose est une maladie grave pour l'élevage.

La listériose prend surtout deux formes : avortements et méningites. Les méningites épidémiques sont présentes avec de la fièvre et des paralysies sur une moitié du corps (hémiplégie faciale, tourner en rond, etc.). La mort survient alors en quelques jours. Les avortement se font plutôt en fin de gestation. On peut aussi voir des septicémies des jeunes, des épidémies de conjonctivite et des mammites subcliniques. Ces dernières sont graves pour la santé publique : il y a presque tout le temps des Listeria dans le lait. Ce sont des mammites invisibles, donc d'autant plus dangereuses. Le seul signe est l'augmentation de la quantité de cellules. Elles peuvent durer plusieurs années, malgré les tarissements et il n'y a pas de traitement.

La plupart des animaux contaminés ne sont pas malades. Ils hébergent des Listeria dans leur intestin sans aucun trouble et on les appelle alors des « porteurs sains ». Ils pourraient représenter 6 à 15% des bovins et jusqu'à plus de 50% dans les troupeaux où il y a eu des malades. Leurs excréments sont une deuxième source de microbes, à côté de l'eau et du sol. Ils contribuent à infecter la nourriture du troupeau. On pourrait les détecter que par des analyses répétées, ce qui n'est pas réalisable en pratique.

En général, on ne voit pas les deux formes en même temps. Elles ne sont pas très typiques car d'autres maladies peuvent donner les mêmes signes. Il faut réaliser des analyses pour valider le diagnostic. Heureusement, la listériose est assez rare. En région Rhône-Alpes, la listériose pourrait causer de 1 à 2% des avortements des vaches.

Les Analyses

Elles se font en plusieurs étapes :

  • Après mise en culture des prélèvements, on peut savoir si il y a ou non des Listeria. Le laboratoire répond : présence ou absence de Listeria spp. (Spp. est une abréviation qui signifie « toutes espèces », sans qu'on puisse encore préciser si il s'agit de monocytogenes ou d'une espèce inoffensive). C'est une première indication : les conditions de vie des espèces non dangereuses sont très proches de celles de Listeria moncytogenes, et cela signifie qu'il peut y avoir un risque.
  • Il faut d'autres d'analyses pour connaître l'espèce de Listeria.
  • Une troisième série d'analyses donne le nombre de Listeria présentes par gramme de produit.
  • Enfin, si l'on veut préciser la souche de Listeria monocytogenes, ce qui est important dans les enquêtes, il faut en général s'adresser au laboratoire national de référence.

Le processus est assez long. Avec la méthode officielle normalisée, le délai de réponse pour l'espèce de Listeria est en moyenne d'une semaine. Il y a des méthodes plus rapides, mais le délai reste de 4 ou 5 jours.

La conduite à tenir

La propreté des vaches est indispensable et cela passe par exemple par l'entretien de l'aire d'exercice, des surfaces de couchages et le nettoyage du local de traite, du parc d'attente et des mammelles.

Lorsque les fourrages sont contaminés par des Listeria monocytogenes, il n'y a rien pour les assainir. Il va y avoir alors fatalement de nouveaux animaux infectés qui vont, à leur tour, amplifier la contamination de l'environnement et des aliments. Les Listeria peuvent venir d'infiltrations de terre de surface, d'excréments, d'épandages de fumier ou d'effluents. Les abreuvoirs sont un point sensible.

Tous les aliments ne sont pas également sensibles. Le foin est pauvre en eau et très défavorable aux Listeria. A l'opposé, les ensilages et les balles rondes enrubannées sont riches en eau et présentent plus de risque. Il vaut donc mieux prendre des précautions pour la fabrication et l'utilisation des ensilages. Le risque semble limité avec un produit qui atteint 40 à 45% de matière sèche. Cela suppose un préfanage important, contradictoire avec une utilisation en dépannage, quand le temps est trop humide pour ensiler. En dessous de cette matière sèche, l'acidité paraît très importante pour la conservation et la sécurité. Il faut rechercher un pH de 5 ou moins. Cela peut se faire avec des plantes riches en sucre et à faible pouvoir tampon, qui fermentent vite et bien, c'est à dire des graminées comme le ray grass. Le tassage doit être suffisant pour éliminer l'air.

C'est dans les parties altérées qu'on trouve le plus de Listeria, il faut donc les trier soigneusement avant distribution. L'extérieur des balles rondes semble également plus facilement contaminé. Signalons enfin la fragilité des balles (perforations du film et, en conséquence, détérioration de l'enrubannage) qui implique de mettre suffisamment de couches de film, de les manipuler et de les stocker avec précautions. L'herbe ensilée a plus de risque que le maïs : moins riches en sucre (particulièrement les luzerne - dactyle), elle atteint moins facilement l'acidité requise pour être protégée.

Quand un aliment est contaminé, cela ne se voit ni ne se sent. Si le lactosérum de fromagerie est contaminé, les Listeria peuvent y survivre plusieurs jours. Si le lait est sain, les Listeria n'arrivent pas toutes seules dans les fromages. C'est l'Homme qui les y amène par ses pratiques, ses manipulations et ses éclaboussures.

Comme le risque est grave, la réglementation est contraignante. Les listérioses animales ne sont pas des Maladies Légalement Réputées Contagieuses mais les éleveurs ont des obligations. Il est interdit de livrer du lait de bêtes ayant des signes de maladies contagieuses à l'Homme ou qui ont des troubles tels qu'avortements ou mammites. Les laiteries doivent suivre une démarche de qualité incluant une analyse HACCP de leur mode de fonctionnement et des autocontrôles de vérification. Elles ne doivent accepter aucun ingrédient dont on sait ou on a tout lieu de supposer qu'ils sont contaminés par des microbes dangereux si le mode de fabrication du produit ne permet pas de l'assainir (ce qui est le cas, par exemple, pour les fromages au lait cru, mais pas pour ceux au lait pasteurisé). Elles doivent s'assurer qu'elles ne mettent sur le marché que des produits sans risque pour la santé. La fréquence des Listeria dans les produits est surveillée par des prélèvements planifiés et faits au hasard pour obtenir des résultats significatifs sur le plan statistique (plans périodiques de surveillance).

Autres Aliments Toxiques

Outre les mycotoxines et la listériose, d'autres aliments peuvent être toxiques pour les bovins :

  • Allium : Les signes cliniques d’une intoxication à l’Allium peuvent survenir un à quelques jours suivant l’ingestion.
  • Raisin : L’ingestion de raisin ou de tout produit contenant du raisin doit être considérée comme un problème clinique potentiel. L’ingestion de raisin entraîne souvent des vomissements dans les 24h suivant l’ingestion. Les autres symptômes incluent de la diarrhée, une diminution de l’appétit, de la léthargie et des signes d’atteinte rénale tels qu’une augmentation des urines autant en fréquence qu’en volume et augmentation de la consommation d’eau.
  • Noix de macadam : L’ingestion de noix de macadam, crues, cuites ou sous forme de beurre peut causer des intoxications chez le chien.
  • Xylitol : Le xylitol est un édulcorant utilisé pour substituer le sucre dans plusieurs produits transformés. Le xylitol cause une relâche importante d’insuline. Ceci a pour conséquence de diminuer le taux de glucose dans le sang et mène donc à une hypoglycémie. De plus, le xylitol cause également des atteintes hépatiques (atteinte au foie).
  • Houblon : Le houblon comprend plusieurs composés chimiques qui perturbent le processus de phosphorylation oxydative, un processus cellulaire qui permet de générer de l’énergie. Cette perturbation peut mener à une condition qu’on nomme l’hyperthermie maligne.
  • Alcool : L’intoxication à l’alcool, ou plus spécifiquement à l’éthanol, peut arriver lors d’ingestions de fruits qui ont fermenté (ex.: pommes pourries), de pain ou de pâte à pizza non cuits faits avec de la levure.
  • Solanacées : Bien que quelques morceaux de tomates bien mûres ou même une frite de temps en temps ne soient pas toxiques pour les animaux, les parties non mûres ou les plants de ces légumes peuvent être dangereux pour vos compagnons à quatre pattes.
  • Champignons : Parmi les milliers d’espèces de champignons en Amérique du Nord, quelques centaines sont répertoriées comme toxiques pour les animaux. La plupart des cas répertoriés d’intoxication chez les animaux sont attribués à des champignons du genre Amanita.
  • Sel : L’intoxication au sel, également connue sous le nom d’hypernatrémie, peut se produire chez les chiens s’ils ingèrent une quantité excessive de sel.

Question Nutrition - Se remettre d'une intoxication alimentaire

Autres Maladies et Troubles Digestifs

Outre les intoxications, les bovins peuvent souffrir de diverses maladies et troubles digestifs :

  • Stomatite papuleuse : Maladie bénigne virale contagieuse des bovins.
  • Actinobacillose : Maladie infectieuse chronique, commensal de la cavité buccale et du rumen.
  • Nécrobacillose : Souvent associé à de mauvaise conditions d'hygiène.
  • Diarrhée virale bovine (BVD) : Maladie infectieuse et contagieuse des bovins.
  • Fièvre Q ou coxiellose : Maladie causée par la bactérie Coxiella burnetii.
  • Parasites externes : Les bovins sont concernés par différents parasites externes, notamment des insectes et leurs larves.
  • Acidose : Le problème le plus fréquent est l'acidose, qui se caractérise par un pH trop acide dans la panse et est liée à une consommation excessive d'aliments riches en amidon comme les céréales.
  • Alcalose : L'alcalose est au contraire liée à une augmentation du pH. Elle est provoquée par une augmentation rapide de la teneur en ammoniac dans le rumen à la suite de la dégradation de la matière azotée de la ration.
  • Entérotoxémie : Si il y a un ralentissement du transit intestinal, certaines bactéries, les clostridies, peuvent proliférer dans les intestins et la toxine qu'elles synthétisent met en péril l'animal.
  • Carence en minéraux : Les cas les plus fréquents sont la carence en calcium, également appelée fièvre de lait, après le vêlage, et la carence en magnésium ou tétanie d'herbage à la mise à l'herbe.

Problèmes de Pieds

Les problèmes de pieds sont également une cause fréquente de boiteries chez les bovins :

  • Fourchet : Infection bactérienne qui se développe dans un milieu chaud et humide.
  • Panaris : Inflammation douloureuse et rouge due à l'entrée de germes microbiens par une plaie de la peau.
  • Ulcère de la sole : Trou situé dans la sole à la jonction entre le talon et la sole.

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