L'alimentation du cheval est un élément crucial pour sa santé, son bien-être et ses performances. Comprendre les différents types d'aliments et leurs impacts sur l'organisme équin est essentiel pour assurer une ration équilibrée et adaptée à ses besoins spécifiques.
Les aliments concentrés simples sont principalement dérivés des grains ou graines de végétaux, tels que :
Apportés en complément du fourrage, ils permettent d'augmenter la valeur énergétique et protéique de la ration journalière, notamment pour les chevaux ayant des besoins nutritionnels élevés (croissance, travail intensif). Cependant, il est crucial de surveiller la quantité de concentrés, car un excès peut entraîner des désordres métaboliques importants, tels que des coliques et la fourbure.
Le tube digestif du cheval est principalement optimisé pour la digestion microbienne des fourrages dans le gros intestin. Les aliments concentrés sont, quant à eux, principalement digérés par la voie enzymatique dans l'intestin grêle.
Les céréales, composées principalement d'amidon, représentent une source d'énergie élevée. Cependant, leurs teneurs en protéines, minéraux et oligo-éléments sont variables, ce qui nécessite souvent de mélanger plusieurs aliments pour équilibrer la ration quotidienne en fonction du type de fourrage apporté.
Pour bien nourrir son cheval, la distribution des céréales doit se faire de façon fractionnée afin d'éviter un trop fort désordre dans le gros intestin. Le mélange des différentes céréales avec la distribution de fourrages dans la ration journalière permet d’équilibrer l’apport des éléments nutritifs. La ration doit contenir au moins de 15% de cellulose brute pour assurer une bonne hygiène digestive.
Il est préférable de donner le fourrage avant les concentrés pour éviter que le fourrage ne pousse les concentrés vers le gros intestin. En effet, la digestion des concentrés doit être privilégiée dans l'intestin grêle.
Il est préférable de distribuer la ration de concentrés au minimum 2 heures avant le travail, voire 4 à 6 heures avant une compétition importante (course, endurance, concours complet). En effet, l'exercice peut générer une diminution du volume sanguin en raison d’un mouvement des fluides vers le tractus digestif, compromettant le fonctionnement du coeur et la thermorégulation.
Lors d'un travail intense, l'apport de sucres et amidon dans la ration juste avant l'exercice entraîne une décharge d'insuline (2h après) qui empêche ensuite le cheval de mobiliser le glycogène musculaire et les réserves de graisses dont il a besoin pour alimenter les muscles pendant l'exercice. Cela entraînera une fatigue plus rapide lors d'efforts intenses.
Cependant, le jeûne avant l'épreuve n'est pas bon non plus, puisqu'il prédispose aux ulcères (augmentation de l'acidité dans l'estomac). Des études précisent aussi que les stéréotypies (tics à l'appui) peuvent être reliées à des problèmes d'ulcères.
Ainsi, de petites quantités de fourrage (1-2 kg, voire plus) distribuées 1-3h avant l'exercice sont bénéfiques. Elles ont des effets minimes sur la disponibilité des substrats et l’oxydation au cours d’un exercice soutenu.
Après l'épreuve, le foin est distribué à volonté et une ration riche en amidon sera distribuée de préférence 2 à 4 heures après, ne dépassant pas 0,3% du poids vif du cheval.
Il est essentiel de peser régulièrement (à chaque nouvelle livraison par exemple) la mesure servant à la distribution. De plus, il est important de ne pas substituer une céréale par une autre céréale à volume égal. Toutes les céréales peuvent être distribuées entières. Cependant, pour les grains les plus durs (maïs, blé, orge), il est préférable de les aplatir ou les concasser, en particulier pour les chevaux âgés.
Lorsque des quantités importantes de céréales sont distribuées par repas, une partie de l'amidon non digéré dans l'intestin grêle se retrouve dans le gros intestin où il va fermenter. Ce processus de fermentation va entraîner des désordres métaboliques par acidification, en provoquant des coliques et de la fourbure. A terme, il peut aussi réduire la sensibilité à l'insuline (régulatrice de la glycémie dans l'organisme), les animaux devenant alors insulino-résistants, caractéristiques des chevaux atteints du syndrome métabolique équin.
Des excès énergétiques dans la ration de poulains en croissance peut contribuer au développement de maladies ostéo-articulaires comme l'ostéochondrose.
L'index glycémique représente le taux de glucose libéré suite à la digestion d'aliments qui entraînent une glycémie (taux de glucose dans le sang) élevée et une décharge d'insuline au moment du repas. L'insuline a pour rôle de maintenir l'équilibre du taux de glucose contenu dans le sang, en le faisant consommer à l'issue de la digestion par les tissus de l'organisme (muscles, tissus graisseux...) et en diminuant sa production par le foie.
L'alimentation de chevaux à forts besoins énergétiques (chevaux de compétition de haut niveau) conduit à augmenter la part de sucres solubles digérés rapidement dans l'intestin grêle (sous forme de céréales, amidon) au détriment de sucres lents présents dans les fourrages et digérés principalement dans le gros intestin. Ainsi, les régimes riches en glucides solubles ont un index glycémique élevé.
L'index glycémique est variable selon les aliments.
| Index glycémique bas | Index glycémique élevé |
|---|---|
| Type d'aliment | |
| Foins | Céréales : avoine > maïs > orge |
| Aliments riches en fibres (son de riz, son de blé, pulpes de betterave, coques de soja) | Céréales concassées > céréales entières |
| Huiles | Céréales traitées thermomécaniquement (floconnage, extrusion, granulation, cuisson) > céréales non traitées |
L'index glycémique varie aussi selon l'état physiologique des chevaux. La réponse glycémique pour un même aliment sera plus élevée pour les poulains, les juments en fin de gestation, les chevaux obèses ou sédentaires.
| Index glycémique bas | Index glycémique élevé |
|---|---|
| Comparaison de la réponse glycémique entre deux états physiologiques différents pour un même aliment | |
| Adulte | Jeune poulain |
| Adulte normal | Adulte obèse |
| Jument en lactation | |
| Jument en gestation | |
| Cheval à l'entraînement | Cheval sédentaire |
Une ration avec un index glycémique bas est à privilégier.
Les glucides constituent la source d'énergie la plus importante pour couvrir les besoins du cheval fournissant notamment un travail intense. Une ration avec un index glycémique élevé sera privilégiée pour le travail de courte durée et de forte intensité. Une ration avec un index glycémique bas sera adaptée pour le travail d'endurance.
Toutefois, l'incorporation d'huiles (en complément ou en les substituant aux céréales) est un excellent moyen d'apporter de l'énergie sans l'inconvénient des aliments riches en amidon.
| Aliment | Teneur en amidon (en g/kg brut) (INRA, 2011) | Quantité maximale par repas (en kg brut d'aliment) | Quantité maximale par jour (en kg brut d'aliment) |
|---|---|---|---|
| Avoine | 362 | 1,4 | 2,7 |
| Orge | 521 | 0,96 | 1,9 |
| Maïs | 641 | 0,78 | 1,56 |
| Riz | 758 | 0,66 | 1,31 |
L'apport de fourrages est indispensable dans la ration journalière.
En conclusion, il est crucial de distribuer des concentrés aux chevaux qui en ont réellement besoin et de faire attention aux excès d'amidon !
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