La perte de l’odorat (anosmie) et la perte du goût (agueusie) sont des symptômes fréquents de la Covid-19. Or, ne plus sentir les odeurs ni les saveurs peut avoir des conséquences sur votre qualité de vie au quotidien. Alors, comment mieux retrouver ces deux sens ?
L’anosmie est la perte totale de l’odorat, c’est-à-dire que vous ne sentez plus aucune odeur. C’est le cas le plus fréquent chez les personnes atteintes de la Covid-19, car le virus attaque les cellules nerveuses sensorielles. Ce trouble est généralement transitoire et peut également survenir en cas d’allergies saisonnières, de rhinites à répétition, d’infection ORL, etc.
Les papilles gustatives de la langue identifient le goût (salé, sucré, acide, etc.) pendant que les nerfs olfactifs (présents dans le nez) identifient les arômes des aliments. C’est la combinaison de ces deux sensations qui vous permet de reconnaître une saveur et de l’apprécier pleinement. Quand votre système olfactif est détérioré par une infection, vous pouvez perdre aussi les arômes et donc la saveur des aliments.
En effet, trois sensibilités participent à ce que nous appelons communément le «goût». La gustation, portée par la langue et les papilles, permet de percevoir la saveur d'un aliment, c'est-à-dire les saveurs sucrées, salées, acides, amères, ainsi que l'umami et le gras. Le système trigéminal permet de déterminer si un aliment est frais (comme la menthe), piquant (comme le piment ou le gingembre), pétillant (comme les boissons gazeuses), ou encore irritant (comme l'oignon). Enfin, la rétro-olfaction, intimement liée à l'odorat, permet de distinguer les différents arômes et aide par exemple à faire la différence entre une pomme et une poire.
Alors, être privé d'odorat, c'est être privé des arômes et ainsi de près de 80% de l'expérience sensorielle liée à la dégustation.
Si dans un délai de 2 à 4 semaines après les premiers symptômes de la Covid-19, votre sens de l'odorat ne revient pas, il faut vous rendre au cabinet de votre médecin traitant (sous réserve que votre test PCR ne soit plus positif) ou consulter en ligne grâce à la téléconsultation.
Pour soigner l’anosmie, la rééducation olfactive fonctionne bien. Environ 60 % des personnes qui suivent un training olfactif retrouvent l'odorat. Cette méthode consiste à sentir deux fois par jour (matin et soir) des huiles essentielles à base de fleurs, de fruits, d’épices ou de plantes aromatiques.
Il faut vous concentrer sur l’odeur pendant 5 minutes, sans aucune pollution sensorielle. Vous pouvez répéter cet entraînement durant deux à trois mois, en utilisant les mêmes odeurs jusqu’à amélioration, avant d’en intégrer de nouvelles au fur et à mesure.
Pour suivre fidèlement le protocole proposé, il faut réunir des produits simples, disponibles pour certains en magasin d’alimentation et pour d’autres en pharmacie : vanille (en poudre ou en gousse), café, clou de girofle, vinaigre de vin, poudre de curry, cannelle, huile essentielle de citron, huile essentielle de lavande, huile essentielle de rose. Chaque produit sera déposé dans un pot fermant hermétiquement et étiqueté avec le nom de son contenant.
L’entrainement doit être pratiqué matin et soir, chaque jour. A chaque séance, il faut commencer par lire le nom inscrit sur le flacon que l’on va sentir, pour solliciter la mémoire olfactive. Ensuite, déboucher le flacon et le sentir pendant 15 secondes « en le plaçant à 2 centimètres environ du nez, et en réalisant un mouvement de va-et-vient de droite à gauche afin de stimuler les deux narines ».
Pour suivre l’évolution de son odorat, on peut noter chaque semaine les odeurs que l’on a repérées, celles que l’on a reconnues.
Ces exercices de stimulation odorante sont réalisés à partir d’odeurs et d’arômes d’épices et des aromates comme le basilic, le thym ou le romarin. Un travail sur la rétro-olfaction peut aussi être entrepris. On va alors mâcher des aliments puis souffler par le nez.
Alors que faire? Surtout, il ne faut pas se résigner et se résoudre à ne manger que pour se nourrir. Il préconise, en parallèle à un parcours médical et à une rééducation olfactive, d'enrichir au contraire son expérience sensorielle et de continuer à partager ses repas avec ses proches. Cela peut être bénéfique à différents titres.
Ainsi, maintenir des stimuli gustatifs peut contribuer à la récupération de l'odorat et/ou à conserver ce qu'il en reste. L'idée est alors de porter une grande attention à ce que l'on déguste, à faire appel à ses autres sens ainsi qu'à ses souvenirs.
Les personnes affectées par l'anosmie pourront essayer de jouer avec les textures -le croquant, le croustillant, le moelleux, le caoutchouteux-, les épices, le piquant, le gras, le chaud, le froid, afin de retrouver une certaine satisfaction à manger.
Voici quelques exemples d'aliments et de textures à privilégier :
Il est important de travailler à une échelle individuelle, c'est-à-dire à «prendre en compte ce que la personne anosmique apprécie ou non, ce qu'elle supporte ou non…»
C'est la raison pour laquelle la jeune femme invite les personnes concernées à trouver conseil auprès d'un diététicien afin de concilier satisfaction alimentaire et équilibre nutritionnel.
Dernier conseil : armez-vous de patience, car la récupération de l’odorat peut, pour certains patients, être lente et difficile à vivre psychologiquement. On estime que 25 à 30 % des personnes souffrant d’anosmie présentent des symptômes dépressifs à long terme. Si vous vous sentez en détresse face à cette perte de sens, parlez-en à vos proches, car ce n’est pas toujours évident pour les personnes non atteintes de comprendre cet handicap invisible.
Il ne faut pas hésiter à en parler à ses proches, à ses amis, à ses collègues.
Durant la période où elles commencent à retrouver leur odorat, certaines personnes développent des fantosmies. Autrement dit, elles sentent des odeurs désagréables (cigarette, fer, vinaigre, chlore…), alors qu’il n’y a rien à sentir ! D’autres perçoivent des odeurs déformées, qui leur inspirent du dégoût (parosmie). Ces hallucinations olfactives surviennent plusieurs semaines après une perte brutale du goût ou de l'odorat.
Heureusement, l’étude danoise propose des solutions qui stimuleraient les patients à retrouver le plaisir de manger. Les scientifiques y expliquent comment des aliments avec différents goûts, textures et sensations en bouche peuvent augmenter le plaisir de manger d'un patient.
« Les patients ont exprimé le souhait de terminer la cuisine le plus rapidement possible. Ils trouvent que la cuisine n'est plus une activité aussi agréable qu'auparavant, ils sont moins intéressés à cuisiner pour les autres et ont perdu le désir d'essayer de nouveaux aliments », explique Alexander Wieck Fjældstad.
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