L'alimentation des carpes en pisciculture : composition et optimisation

Choisir la bonne nourriture pour vos carpes est essentiel pour leur bien-être et leur croissance. Une alimentation de qualité contribue à réduire la pollution de l'eau et assure une assimilation optimale des nutriments. Voici un aperçu détaillé des éléments à considérer pour l'alimentation de vos carpes en pisciculture.

Importance de la qualité de la nourriture

Une mauvaise assimilation ou une dégradation rapide de l'aliment dans l'eau peuvent entraîner une pollution importante. La piètre qualité des protéines accentue ce phénomène en se décomposant plus rapidement. Il est donc crucial de choisir une nourriture de haute qualité pour minimiser les déchets et optimiser la conversion alimentaire.

Voici quelques marques et types de nourriture reconnus pour leur qualité :

  • Nishikigoi : Une gamme étendue adaptée à tous les besoins des poissons tout au long de l'année. Elle est idéale pour la croissance des jeunes et moyens poissons en été, et propose des options spécifiques pour les périodes difficiles ou les saisons intermédiaires comme le printemps et l'automne.
  • Une nourriture premier prix, peu polluante, avec un mix de granulés couvrant les besoins des carpes koi.
  • Une très bonne nourriture qui assure une belle croissance.
  • Nourriture japonaise reconnue : Une nourriture japonaise connue et reconnue depuis des années.

Sources de protéines alternatives

La recherche s'est orientée vers des sources de protéines alternatives pour remplacer les farines et huiles de poisson, en particulier des matières premières végétales. Bien que moins adaptées aux besoins des poissons et ayant des valeurs nutritionnelles et une appétence différentes de la farine de poisson, ces matières premières végétales offrent des avantages en termes de durabilité et de coût.

Matières premières d'origine végétale

Les matières premières d'origine végétale sont nombreuses. Bien qu'elles soient pourvues de pouvoir liant favorisant la cohérence des granulés, leurs propriétés d’intégration dans des aliments composés sont différentes.

La fabrication des farines végétales s’appuie sur la réglementation, afin :

  • de préserver des risques de divers contaminants d’origine microbienne, chimique, toxicologique,
  • de permettre une traçabilité des différents constituants et vérifier que les aliments intègrent la maîtrise du risque OGM.

L’utilisation des végétaux dans les aliments aquacoles tient compte des conséquences sur l’environnement en matière de rejets des matières non assimilées (rejets phosphorés ou azotés). Ainsi, le phosphore, lié au phytate des produits végétaux, est rendu disponible par les phytases qui par hydrolyse enzymatique, accroissent son absorption et son utilisation chez les poissons, réduisant ainsi l’excrétion phosphorée.

En alimentation animale, les aliments aquacoles occupent une place croissante, mais tributaire de la mondialisation du marché des ingrédients.

Types de protéines végétales

Une large gamme d’ingrédients végétaux est déjà prospectée pour remplacer la farine de poisson. Les aliments commerciaux actuels contiennent de 30 à 40 % de produits de source végétale.

En Europe, ce sont des oléagineux comme le colza, le tournesol et le soja ou des protéagineux tels que le pois, la féverole ou le lupin ou encore des coproduits de céréales comme le gluten. Le potentiel de fourrages déshydratés (luzerne) est aussi exploré.

En dehors du gluten, la teneur en protéines de ces végétaux, est plus faible que celle de la farine de poisson (60 à 75 %) : 60 % pour le gluten, 45% pour le soja et 26-30% pour le pois et le lupin. Les protéines végétales sont aussi un peu moins digestes et certains acides aminés essentiels sont faiblement présents (lysine, méthionine). Les végétaux sont toutefois riches en vitamines.

Pour accroître la digestibilité des farines végétales, et limiter les effets de certains constituants peu digestes ou composés réduisant la valeur alimentaire de l’ingrédient, celles-ci doivent être traitées par la chaleur à forte pression (extrusion) et/ou débarrassées de l’enveloppe des graines (dépelliculage).

Ces propriétés négatives sont toutefois compensées lors d’un mélange de plusieurs ingrédients dans la formulation, adaptée selon l’espèce de poisson ciblée.

Chez les salmonidés, les meilleurs résultats de substitution de la farine de poisson, ont été obtenus avec le soja. Concernant la truite et la daurade, des progrès ont été obtenus en combinant les protéines de différentes sources végétales. Il est possible de remplacer 75% de la farine de poisson par un mélange de céréales, protéagineux et oléagineux (gluten de maïs ou de blé, pois extrudé, lupin et colza) sans altérer la croissance, le métabolisme et le système immunitaire des poissons, ni les qualités organoleptiques et nutritionnelles de leur chair.

Chez certaines espèces de poissons herbivores et omnivores, (carpe, tilapia, poisson-chat) et de crustacés (crevette du Pacifique) des sources protéiques peu conventionnelles, de faible coût de production et à proximité des sites d’élevage, ont déjà donné de bons résultats de croissance et de digestibilité : tourteaux de coton, sésame, lin, copra ou encore protéagineux comme les fèves.

L'utilisation d'algues ou de bactéries comme sources de protéines est aussi explorée, mais avec peu de succès jusqu'à présent.

Les produits d’algues sont employés comme liants (alginate, carréghane, agar), appétants alimentaires, source de minéraux essentiels notamment pour la crevette, pour leur propriété potentielle immunostimulante et comme source de pigment (spiruline). Les farines d'algues et leurs extraits sont relativement nouveaux sur le marché des ingrédients alimentaires et nécessitent plus de recherche afin d'établir leur véritable potentiel.

Les co-produits issus de la fabrication de bio-éthanol sont aussi riches en protéines.

En Europe, le bioéthanol est produit à partir de céréales (blé, maïs...) ou de betteraves. Les coproduits concentrés pour obtenir des drèches, sont riches en protéines et contribuent à réduire les importations de tourteaux de soja dont les filières animales françaises sont dépendantes.

Autres sources naturelles de protéines

De nouvelles sources naturelles, marines ou terrestres, sont des ingrédients possibles de substitution de la farine de poisson dans l’alimentation des poissons et sont explorées dans les pays nordiques:

  • le krill de l'Antarctique ( Euphausia superba) est un excellent ingrédient naturel (56 à 76% de protéines, selon qu’il est entier ou dépourvu d’exosquelette). Son incorporation jusqu’à 30%, favorise la prise alimentaire et la croissance chez le saumon, la truite, la morue et le flétan.
  • une autre source naturelle de protéines, issue de la classe des insectes, fournit une protéine de haute qualité appelée « ento-protéine » ; elle pourrait constituer un marché important pour les élevages d’appellation « bio ».

Alimentation et soins des CARPES KOï 🐟🎏 (Guide complet sur Cyprinus Carpio Koi)

Sources d'acides gras essentiels

Outre les protéines, les poissons requièrent pour leur développement et leur croissance, des vitamines, des minéraux et des acides gras essentiels. Il s'agit d'acides gras longs polyinsaturés le plus souvent de la série n-3 dits « omega 3 », constituant des membranes cellulaires.

Or, les poissons ont de très faibles capacités à les synthétiser à partir d’autres éléments lipidiques précurseurs comme l'acide linolénique abondant dans les huiles végétales.

L'aliment doit donc contenir ces acides gras essentiels, soit 1% de la ration alimentaire. Ce besoin peut être couvert soit par l’apport d’huile de poisson en fin de cycle d’élevage, soit par la farine de poisson si celle-ci est incorporée en quantité dans le régime, auquel cas, l’huile de poisson peut-être totalement remplacée par un mélange d’huiles végétales :

Espèces d’élevage Huile de poisson témoin Taux maximal possible de substitution de l’huile de poisson Sources d’huile végétale (proportion de chaque ingrédient)
saumon capelan 100% colza, ou colza-olive (50/50)
truite capelan 100% mélange colza, palme, lin (55 / 30 / 15)
poisson chat menhaden (alose tyran - nom officiel) 100% palme
turbot capelan 100% soja ou lin
bar anchois 60% soja ou lin ou olive ; mélange colza, palme, lin
daurade anchois 60% soja ou lin ou colza ou mélange des 3 huiles

Récemment, le remplacement total de l’huile de poisson par un mélange d’huiles végétales, élaboré de façon à obtenir une proportion d’acides gras similaire de celle de l’huile de poisson est donc possible chez certaines espèces sans modifier la croissance tout en minimisant les variations de composition en acides gras de la chair. (Une diminution du taux de cholestérol est aussi trouvée avec les régimes à base d’huiles végétales).

En outre, le maintien de la richesse en acides gras longs polyinsaturés de la série n-3 dans le muscle des poissons est important pour le consommateur humain, car ces composés lipidiques interviennent dans la prévention des risques liés aux maladies cardiovasculaires.

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