Aliment de Construction: Définition et Importance

Au-delà de la question du rapport à soi, l’alimentation est une affaire fondamentalement collective qui met en lien les êtres humains depuis des millénaires. En effet, c’est à la faveur de la domestication du feu, il y a environ 400 000 ans, que les comportements sociaux relatifs à l’alimentation se sont généralisés.

Dès lors, en lien avec une complexification de l’organisation sociale, la dimension collective de l’alimentation s’est affirmée. D’abord à travers l’acte de manger, puis à travers le développement d’activités comme l’agriculture et la cuisine.

La Dimension Collective de l'Alimentation

Dans de nombreuses sociétés, les repas pris en commun tiennent une place toute particulière dans la vie collective. Partager un repas signifie être ensemble au sein d’un même « cercle commensal ». Si cet espace d’apparence ordinaire semble surtout être le théâtre d’une succession de gestes visant à absorber de la nourriture, il s’y joue en réalité beaucoup plus.

En effet, le moment du repas est encadré par un ensemble de règles, qui définissent par exemple la tranche horaire du repas et l’ordre du service, en passant par la composition du menu, la façon de préparer les aliments, la manière de les consommer ou de se tenir. Ces règles s’expriment bien sûr différemment selon le contexte culturel et social considéré.

Tout n’est pas permis ou bien vu au cours d’un repas et les convives voient leurs comportements (de consommation et d’interactions entre eux) encadrés par ce que les sociologues appellent des « normes sociales ». Jean-Pierre Poulain en souligne l’origine composite en les désignant comme un « agrégat d’injonctions qui s’enracinent dans des traditions à la fois culturelles, sociales et familiales ».

Ces normes mettent souvent en scène des valeurs fortes - comme le partage, la hiérarchie sociale, le respect des aînés, la régulation de la gourmandise ou encore l’attention portée à l’hygiène - qui ne doivent pas être enfreintes sous peine de générer des tensions. Le repas constitue par ailleurs un moment privilégié de transmission des adultes aux enfants de ces valeurs et règles de vie en société : on parle de « socialisation alimentaire ».

Manger ensemble, c’est aussi, du point de vue symbolique, entrer en « communion alimentaire » avec autrui. Pour Claude Fischler, « le fait de manger ensemble est réputé rapprocher : puisque manger la même chose, c’est produire la même chair, le même sang, c’est construire ou reconstruire symboliquement une communauté de destin ».

Symboliquement, le fait de partager la même chair permet d’affirmer une appartenance, de souder une communauté. Le terme « compagnon » (celui qui partage notre pain) rend compte de ce lien. Partager la même nourriture est aussi un gage de confiance, qui sert de base pour sceller des alliances (mariages, accords commerciaux, accords de paix).

Il convient pourtant de noter que les liens établis lors du repas collectif peuvent aussi être négatifs, et donc craints, voire évités. Enfin, si la convivialité peut être associée à des excès passagers, comme lors d’événements festifs ou d’un repas au restaurant, d’autres lectures suggèrent que la commensalité peut favoriser la régulation des comportements alimentaires et joue un rôle de prévention contre l’obésité et autres troubles de l’alimentation.

En confrontant les mangeurs aux prescriptions sociales de l’être-ensemble, la commensalité tendrait à limiter la portée de l’individualisme alimentaire et les éventuelles dérives associées (grignotage immodéré par exemple).

Les enjeux sociaux de notre alimentation | Thibaut de Saint Pol | UPA

Les Besoins Fondamentaux de l'Organisme

Pour vivre, les cellules de l'organisme ont trois types de besoins :

  • Les besoins énergétiques
  • Les besoins plastiques (ou bâtisseurs)
  • Les besoins fonctionnels

Les Besoins Énergétiques

On distingue :

  • Le métabolisme de base : quantité d'énergie, exprimée en kJ, dépensée en 24 heures par une personne allongée, au repos.
  • Le métabolisme global : c'est la quantité d'énergie exprimée en kJ dépensée en 24 heures. Elle correspond à la somme des dépenses énergétiques quotidiennes d'une personne.

La production d'énergie se déroule dans les mitochondries des cellules animales. Il se produit une réaction appelée oxydation ou respiration cellulaire qui utilise du glucose (C6H12O6) et du dioxygène (O2) pour produire de l'énergie.

Représentation schématique d'une cellule animale

Les glucides, les lipides et les protides apportent de l'énergie grâce à leur transformation en pyruvate.

L'énergie se mesure en kilojoules (kJ) ou en kilocalories (kcal). 1 kcal = 4.18 kJ

Les Besoins Plastiques

L'organisme doit trouver les substances, véritables pièces détachées, nécessaires à la synthèse et au renouvellement des cellules. Ce besoin en matériaux est appelé besoin plastique (ou bâtisseur ou constructeur).

On distingue :

  • Les besoins de construction : pour la synthèse de nouvelles cellules (important lors de la grossesse et de la croissance)
  • Les besoins d'entretien : pour permettre la réparation (plaie, hémorragie) et le renouvellement des cellules usées.

Les constituants alimentaires les plus aptes à satisfaire ces besoins sont l'eau, les protides, les sels minéraux et les lipides.

Les Besoins Fonctionnels

Pour assurer un certain nombre de fonctions, l'organisme a besoin de substances indispensables apportées par l'alimentation.

Les constituants alimentaires les plus aptes à satisfaire ces besoins sont l'eau, les protides, les minéraux, les vitamines et les fibres.

Tableau des besoins fonctionnels de l'organisme

Le Système Alimentaire et ses Composantes

L’alimentation représente un domaine d’activités qui s’étend de la sphère domestique à la sphère économique et qui regroupe plusieurs étapes que sont la production agricole, la transformation alimentaire, la distribution, la cuisine et la consommation. Ces étapes sont à la base du fonctionnement d’un système alimentaire défini par Louis Malassis comme « la manière dont les Hommes s’organisent, dans l’espace et dans le temps, pour obtenir et consommer leur nourriture ».

À l’échelle domestique, le foyer est un espace privilégié d’organisation de l’alimentation quotidienne. Dans de nombreuses sociétés, la majeure partie de la responsabilité - pratique et mentale - en matière d’alimentation est portée par les femmes, depuis la production agricole jusqu’à la cuisine. Au-delà de la cuisine, faire ses courses est aussi une activité économique et sociale à part entière.

Aller au marché ou dans un magasin ne permet pas seulement d’y acquérir des aliments. C’est un moyen de rencontrer ses voisins, ou au contraire de se fondre dans une foule anonyme et, par là, se sentir en faire partie. Pour certains consommateurs, le supermarché est le lieu de mixité sociale par excellence : on y côtoie tout le monde.

De même, les espaces de restauration sont à la fois des lieux d’activité économique et de rencontre. Pour Ronan Le Velly, ces échanges « se réalisent dans un contexte enchevêtré de relations interpersonnelles, de règles formelles, d’outils et de représentations collectives ».

L'Alimentation comme Médiateur Culturel et Social

À l’instar du langage, l’alimentation représente un puissant élément de médiation entre les êtres humains. Si, par l’incorporation, l’acte alimentaire façonne les identités individuelles, il transforme dans le même temps l’individu dans son appartenance à l’identité collective, qu’elle soit culturelle, sociale, religieuse ou générationnelle.

Ainsi, par nos pratiques alimentaires, nous avons la capacité de marquer notre appartenance (ou nos différences) au sein de différents collectifs. Plutôt qu’une combinaison aléatoire de denrées, l’alimentation forme un système unifié et cohérent de pratiques, de valeurs et de représentations sociales.

C’est un espace d’ancrage des spécificités culturelles où se renforcent les liens entre les individus d’une même identité collective. L’ensemble des éléments matériels (aliments, recettes, outils, etc.) ou immatériels (manières de table, rituels, valeurs, etc.) des cultures alimentaires forme alors un patrimoine relevant d’un héritage partagé.

Ce patrimoine constitue à la fois un objet de transmission, perpétuant une partie de l’identité collective, et un espace d’inventions et de recompositions. Ainsi, à travers la cuisine, les mangeurs peuvent tout autant réactiver le lien à leurs origines que s’ouvrir, ou non, à l’altérité, à celui qui mange différemment.

Dans les sociétés à forte diversité culturelle, l’alimentation organise un « vivre ensemble ». Elle marque tout à la fois « l’en-commun » et les différences. En ville, au travers d’innovations culinaires, l’alimentation est un support de la construction d’une identité propre qui transcende les appartenances aux régions rurales d’origine des citadins.

Même si manger avec des individus qui ne partagent pas les mêmes goûts et les mêmes interdits peut nécessiter quelques ajustements, cela favorise la création de ponts culturels entre les groupes. Dans les situations de migration ou d’exil, les choix alimentaires sont au cœur des sentiments d’appartenance et d’intégration. Ils deviennent ainsi une ressource pour se positionner entre pays d’origine et société d’accueil.

Nutrition et Santé

La nutrition est un terme utilisé en santé publique, qui désigne le processus par lequel un être vivant va assimiler les aliments pour assurer son bon fonctionnement. Et selon l’OMS, la nutrition est l’apport alimentaire répondant aux besoins de l’organisme.

L’équilibre alimentaire doit être atteint chez un individu ; ses apports alimentaires, diversifiés, doivent couvrir ses besoins énergétiques, qui sont eux-mêmes déterminés par les dépenses de son organisme. En effet, les aliments vont apporter des substrats nécessaires à la production d’énergie.

Pas de bonne santé sans cet équilibre alimentaire. Une bonne pratique nutritionnelle repose sur la consommation de produits variés et en quantité adaptée, permettant ainsi d’apporter l’ensemble des nutriments nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme.

Les besoins nutritionnels varient selon le sexe, l’âge, ainsi que l’intensité et la durée de l’activité physique pratiquée. Il a été établi des références nutritionnelles comme la Référence Nutritionnelle pour la population (RNP), qui indique les quantités de constituants alimentaires à consommer chaque jour pour une bonne santé.

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