Les algues comestibles gagnent en popularité en France, portées par leur valeur nutritionnelle, leur potentiel environnemental et l'intérêt croissant des consommateurs pour des alternatives alimentaires saines et durables. Cet article explore l'évolution du marché des algues comestibles, les initiatives de Carrefour pour promouvoir leur consommation, ainsi que les enjeux et perspectives de développement de la filière en France.
Carrefour a pris l'initiative de proposer des algues fraîches salées dans deux de ses magasins de la région parisienne, au rayon marée. L'entreprise bretonne Globe export fournit à l'enseigne des laitues de mer, des haricots de mer et de la dulse. Le prix de vente recommandé se situe entre 15 et 18 €/kilo, en fonction des espèces. Cette initiative témoigne de l'intérêt grandissant des distributeurs pour les algues alimentaires.
En effet, Carrefour a déjà testé les algues fraîches salées en barquettes de 80 g, lancées par Globe export, dans quatre de ses magasins, et pas seulement à proximité de la Bretagne. Conservées à 4°C, leur durée de conservation serait de six mois, indique Mathieu Isoard, directeur général de Globe export.
Les algues présentent un excellent apport nutritionnel, bien que variable selon les types d'algues. Les algues brunes ont une teneur en protéines de 8 à 15% de leur poids sec, les vertes de 10 à 26%, et les rouges peuvent aller jusqu'à 47% de leur poids sec. Certaines algues offrent des particularités intéressantes. Par exemple, 100 grammes de spiruline contiennent entre 60 et 80 grammes de protéines, soit quasiment les besoins quotidiens d'une personne adulte. Pour ceux qui mangent de la viande à tous les repas par peur de carences, les algues sont donc une option intéressante.
Bourrées de vitamines et de minéraux, la dulse, la laitue de mer, la nori ou encore le wakamé ont tout du superaliment. Il faut en consommer dans des proportions raisonnables en essayant d’en intégrer dans tous les plats du quotidien.
La culture d'algues à des fins de biocarburants capte le CO2 ambiant et produit 30 fois plus d'huile par hectare que les plantations de la première génération de biocarburants. De plus, la culture d'algues étant particulièrement peu gourmande en ressources, on peut en faire pousser partout et même en centre-ville.
Grâce aux photobioréacteurs, les algues captent beaucoup de CO2 sans prendre beaucoup de place. Ainsi, Suez en partenariat avec Fermentalg a développé un puits de carbone à base de micro-algues, capable de capter CO2, particules fines et dioxyde d’azote (NO2). Haut de seulement deux mètres, ce photobioréacteur a une capacité d’absorption équivalente à une quarantaine d’arbres ou aux émissions dégagées par 150 voitures.
Les algues peuvent d’ailleurs être une solution à ce problème car utilisées comme engrais naturels, elles peuvent permettre aux agriculteurs de changer leurs pratiques en réduisant l’usage des intrants chimiques.
Les algues sont principalement cultivées en Asie, Amérique du Nord et en Europe. Le principe de culture est simple : il s'agit de développer des coupes d'algues d'ensemencement de 50 à 100 grammes chacune. Elles n'ont besoin que de lumière, de CO2 et de nutriments. La culture d'algues à grandes échelle se fait généralement dans des bassins à ciel ouverts de faibles profondeurs. Les systèmes « ouverts » sont sensibles à différentes contaminations. C'est pourquoi, on n'y cultive que des espèces poussant dans des milieux très alcalins (Spiruline), hypersalins (Dunaliella Salina) ou à pH très bas. Les rendements de cette méthode de culture sont plutôt faibles comparés à ceux obtenus par des photobioréacteurs.
La France, qui possède le deuxième espace maritime mondial, ne part pas de rien. Avec environ 90.000 tonnes produites chaque année, dont 90 % en Bretagne, elle est le deuxième pays producteur d’algues européen derrière la Norvège. Mais face à une demande croissante, elle reste encore très dépendante des importations, principalement d’Asie.
En cette Année de la mer, le gouvernement entend donc mieux exploiter ce potentiel. Avec des ambitions fortes : tripler la production d’algues cultivées pour atteindre 1.000 tonnes en 2027. Car pour l’heure, la quasi-totalité de la production provient de la récolte d’algues sauvages. Et comme toute ressource naturelle, elle n’est pas illimitée. Attendue de longue date par les professionnels, la feuille de route du gouvernement doit donc permettre le développement de l’algoculture, une filière encore naissante et peu structurée.
Les bases du développement de la filière sont en tout cas posées. « On doit maintenant se structurer pour continuer d’innover et susciter l’intérêt des investisseurs, des grands acteurs économiques et du grand public », indique son porte-parole, qui pense que le décollage du marché passera d’abord par les biomatériaux ou les engrais plutôt que par l’alimentation.
Les algues comestibles ont été popularisées en occident par les sushis japonais mais les possibilités de les cuisiner dépassent ce met exotique. Elles sont une alternative végétale culinaire à forte valeur nutritive et devraient s'imposer de plus en plus dans nos menus. L'émission Top Chef les a d'ailleurs mis à l'honneur dans un de ses épisodes.
Sur 2.500 nouveaux produits alimentaires sortis en 2016 en France, 47 (près de 2%) sont élaborés à partir d'algues, selon le cabinet XTC Innovation. "Ca peut paraître peu, mais c'est beaucoup pour un marché qui n'existait pas jusqu'à il y quelques années", souligne Xavier Terlet.
Alors, prêts à remplacer la laitue par la laitue de mer ?
| Année | Production (tonnes) |
|---|---|
| Actuelle | 90 000 |
| Objectif 2027 | 1000 (algues cultivées) |
tags: #algues #comestibles #espèces #carrefour
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