Akkermansia muciniphila est une bactérie saprophyte présente dans notre flore intestinale, ou microbiote. L’intérêt pour Akkermansia muciniphila est né du fait qu’elle a été retrouvée en plus grande quantité chez des personnes moins touchées par le diabète et d’autres maladies liées aux régimes alimentaires occidentaux. C’est une bactérie ellipsoïdale, Gram négative, anaérobie, non sporulée et immobile.
Plusieurs études ont démontré son rôle dans la régulation du poids, la gestion du glucose et l’immunité intestinale. Elle exerce des effets antidiabétiques, anti-inflammatoires et anti-obésité, entre autres. Akkermansia muciniphila et Faecalibacterium prausnitzii sont des bactéries essentielles d’une muqueuse intestinale en bonne santé.
Le microbiote intestinal joue un rôle crucial dans le métabolisme, l’immunité et la régulation de l’axe intestin-cerveau chez les animaux, y compris chez l’humain. L’un des microorganismes intestinaux qui ont retenu l’attention des chercheurs depuis une vingtaine d’années est la bactérie Akkermansia muciniphila, un membre du phylum Verrucomicrobiota qui a été isolé pour la première fois dans des échantillons fécaux en 2004.
Cette bactérie a été nommée ainsi en l’honneur du Dr Antoon Akkermans (1940-2006), un microbiologiste néerlandais reconnu pour ses contributions à l’écologie microbienne. Il a été estimé qu’Akkermansia muciniphila représente 1-3% du microbiote entier, et jusqu’à 3 à 5% du microbiote intestinal chez des personnes en santé. Cette bactérie colonise la couche de mucus, une couche visqueuse qui recouvre et protège les cellules épithéliales qui tapissent la muqueuse intestinale.
Le mucus est sécrété par des cellules épithéliales spécialisées, nommées cellules caliciformes ou cellules mucipares. Les constituants du mucus les plus abondants sont les mucines, des protéines fortement glycosylées qui ont comme principale caractéristique de pouvoir former un gel aux propriétés lubrifiantes. Akkermansia muciniphila est l’une des bactéries intestinales qui a la capacité de produire des enzymes (mucinases) qui dégradent les mucines, ce qui génère des produits contenant du carbone et de l’azote qui sont des sources d’énergie pour elle-même, ainsi que pour les autres microorganismes présents dans l’intestin.
Akkermansia muciniphila colonise la couche de mucus des enfants peu après leur naissance et atteint les niveaux observés chez l’adulte en à peine un an. La dégradation en continu de la mucine par les enzymes sécrétés par Akkermansia muciniphila participe au maintien de l’épaisseur optimale de la couche de mucus, et de l’intégrité de la barrière intestinale.
L’obésité est un facteur de risque majeur pour le diabète de type 2, la maladie coronarienne, la stéatose hépatique, certains cancers et la mortalité prématurée. Une étude réalisée chez la souris a montré qu’Akkermansia muciniphila est présente en quantité réduite (3 300 fois moins) dans l’intestin des souris obèses (génétiquement déficientes en leptine, une hormone de la satiété) que dans celui des souris minces.
De plus, Akkermansia muciniphila était 100 fois moins abondante dans l’intestin de souris devenues obèses par un régime alimentaire très riche en gras que dans celui de souris minces, nourries normalement. L’ajout de prébiotiques (oligofructose) dans la nourriture des souris obèses a normalisé les niveaux d’Akkermansia muciniphila et amélioré leur profil métabolique.
L’administration (par gavage) d’Akkermansia muciniphila aux souris obèses a aussi amélioré significativement les troubles métaboliques retrouvés chez ces souris : réduction de l’endotoxémie (présence d’endotoxines dans le sang), de l’adiposité, de l’inflammation du tissu adipeux, du poids corporel, du rapport masse adipeuse/masse maigre et la résistance à l’insuline.
Des niveaux d’Akkermansia muciniphila significativement moins élevés ont été mesurés chez des enfants d’âge préscolaire en surpoids ou obèse et chez des femmes obèses adultes, par comparaison à des personnes du même groupe d’âge qui avaient un poids normal. Selon une étude française, il semble que les niveaux d’Akkermansia muciniphila sont encore plus bas chez les personnes atteintes d’obésité sévère (IMC : 35-39,9 kg/m2) ou morbide (IMC : ≥40 kg/m2) que chez celles qui sont atteintes d’obésité modérée (IMC : 30-34,9 kg/m2).
Une étude clinique a montré que des patients prédiabétiques, intolérants au glucose, avaient moins d’Akkermansia muciniphila présentes dans leur intestin que des personnes dont la tolérance au glucose était normale. Dans une autre étude, l’administration d’Akkermansia muciniphila à des souris a renversé l’effet négatif de la cytokine IFN-γ sur la tolérance au glucose, ce qui suggère qu’une réduction d’Akkermansia muciniphila pourrait être responsable des mêmes effets de IFN-γ sur la tolérance au glucose chez l’humain.
L’athérosclérose est une maladie inflammatoire chronique qui est la principale cause de la mortalité cardiovasculaire. On sait aussi que le risque cardiovasculaire est inversement associé au niveau d’Akkermansia muciniphila dans l’intestin. Dans un modèle animal d’athérosclérose (souris ApoE-/-, c.-à-d. déficiente en Apolipoprotéine E), il a été montré que l’administration d’Akkermansia muciniphila atténue les lésions athérosclérotiques en diminuant l’inflammation induite par l’endotoxémie.
Un groupe de recherche espagnol a examiné le rôle du microbiote intestinal dans le vieillissement et la progéria (syndrome de Hutchinson-Gilford), une maladie génétique très rare caractérisée par un vieillissement accéléré dès la première ou deuxième année de vie. La transplantation du seul microorganisme Akkermansia muciniphila a aussi augmenté significativement la durée de vie des souris modèles de la progéria, quoique plus modestement. Chez l’humain, les analyses ont montré une diminution des bactéries du phylum Verrucomicrobiota (dont Akkermansia muciniphila fait partie) chez des enfants atteints de progéria par comparaison à des enfants en santé, et une augmentation chez des centenaires par comparaison à des adultes en santé.
Des interventions alimentaires riches en polyphénols (présents dans le thé, les fruits, etc.), ainsi que certains médicaments comme la metformine et la vancomycine, augmentent la concentration d’A. muciniphila. Il est conseillé de limiter la consommation de produits raffinés ou transformés. Pour que la muqueuse intestinale reste saine, il est important de maintenir un équilibre dans le microbiote intestinal.
Il est aussi possible d’utiliser des suppléments contenant A. muciniphila. La supplémentation avec Akkermansia muciniphila chez des humains a été testée en 2019 sur 32 volontaires en surpoids ou obèses. La supplémentation par voie orale durant trois mois avec 10 milliards de bactéries Akkermansia muciniphila (vivantes ou pasteurisées) par jour s’est avérée sécuritaire et a été bien tolérée. En comparaison avec le placebo, la supplémentation avec Akkermansia muciniphila a amélioré la sensibilité à l’insuline, et réduit l’insulinémie et le cholestérol sanguin total.
Les prébiotiques sont des substances qui favorisent la croissance des microorganismes dans l’intestin. Quelques exemples de prébiotiques sont : les fructo-oligosaccharides, les galacto-oligosaccharides, l’arabinose, le galactose, l’inuline, le raffinose et le mannose. Plusieurs études réalisées chez la souris et quelques études chez l’humain ont montré que l’inuline augmente la quantité de plusieurs bactéries intestinales, incluant Akkermansia muciniphila.
D'autres méthodes peuvent aider à augmenter les niveaux d'Akkermansia muciniphila:
| Effet | Maladies/Conditions associées |
|---|---|
| Régulation du poids | Obésité, surpoids |
| Gestion du glucose | Diabète de type 2, intolérance au glucose |
| Immunité intestinale | Maladies inflammatoires de l'intestin, colite |
| Santé cardiovasculaire | Athérosclérose |
| Longévité | Vieillissement, progéria |
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