Le Chèque Alimentaire Macron : Promesse Tenue ou Oubliée ?

Le chèque alimentaire, promesse d'Emmanuel Macron pour les plus modestes, devait servir à acheter des fruits et légumes bios ou locaux. Proposé par la Convention citoyenne pour le climat en 2020 et repris ensuite par Emmanuel Macron dans sa campagne de 2022, le chèque alimentaire devait permettre aux foyers modestes d’acheter des produits frais et locaux. Face à l'inflation, le gouvernement pourrait étendre la mesure à tous les produits alimentaires.

Emmanuel Macron lors d'une allocution à l'Élysée.

Après plus de 3 ans d’atermoiements, la promesse d’Emmanuel Macron a été définitivement enterrée par Bruno Le Maire ce dimanche. Le chèque alimentaire ne verra pas le jour.

Genèse et Objectifs du Chèque Alimentaire

Le chèque alimentaire, c’était d’abord l’une des propositions phares de la Convention citoyenne pour le climat. Son principe : verser chaque mois une aide aux foyers les plus modestes, pour les aider à consommer des produits alimentaires durables, français et bio. Sur le plan logistique, la distribution de ces chèques devait être confiée aux centres communaux d’action sociale.

En juin 2020, Emmanuel Macron valide en personne la proposition devant le parterre de la Convention citoyenne réunie dans les jardins de l’Elysée. Mais voilà que six mois plus tard, face à une Convention citoyenne bien remontée et qui attend des actes après les promesses, Emmanuel Macron répète son feu vert pour la mesure citoyenne : « Je suis d’accord avec le chèque alimentaire, donc il faut qu’on le fasse. »

Obstacles et Complexités de Mise en Œuvre

Si l’idée est consensuelle, la mise en œuvre vire au casse-tête. Le chèque alimentaire figure bien dans la loi Climat et résilience de 2021, mais de façon très timide. L’article 259 du texte se contente de déclarer que le gouvernement doit remettre au Parlement dans les deux mois suivant la promulgation, un rapport sur les « modalités et les délais d’instauration d’un « chèque alimentation durable » ainsi que sur les actions mises en place en la matière ».

En octobre 2021, l’inspection générale des affaires sociales, l’inspection générale des finances, le conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux sont saisis et doivent produire les rapports promis par la loi Climat et résilience. Près de deux ans plus tard, des parlementaires s’interrogent sur ces rapports qui n’ont jamais été rendus publics et posent d’ailleurs la question (écrite) au gouvernement.

Le syndicat ne s’avance en revanche pas sur le coût de la mesure. Et finalement le projet de loi de finances 2022 ne parle pas plus du chèque alimentaire, qui, une nouvelle fois, est remis au placard.

Pour les spécialistes, le dispositif est difficile à mettre en œuvre dans les rayons. "C'est de la chirurgie de définir le bon périmètre pour les produits qui seraient valables pour ce chèque alimentaire. (…) Dès lors que ça devient très compliqué à mettre en œuvre, en règle générale, l'histoire nous montre que ça n'est pas mis en œuvre", alarme Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution.

Promesse de Campagne et Évolution du Projet

Mais c’est sans compter sur la campagne présidentielle et ses promesses ! Le candidat Macron s’exprime très tôt sur ce projet, le jour même de son entrée dans la course suprême. Lors d’un déplacement à Poissy (Yvelines) le 7 mars 2022, le président sortant reparle de ce qui apparaît déjà comme l’un des serpents de mer du quinquennat précédent. A nouveau, il promet, mais ne donne pas plus de détails.

Le 17 avril, déjà dans Dimanche en politique sur France 3, le ministre de l’Agriculture d’alors Julien Denormandie indique que le « chèque alimentaire » sera mis en place « dès après l’élection ». On parle enfin de chiffres : un chèque alimentaire d’urgence de 100 euros par foyer et 50 euros par enfant doit permettre de soutenir les plus modestes. Cette mesure, et bien d’autres, vont figurer dans le projet de loi sur le pouvoir d’achat qui est adopté au mois de juillet 2022.

Reste que ce chèque n’a d’alimentaire que le nom, puisqu’il n’est pas conditionné à l’achat de denrées alimentaires et qu’il n’est pas pérenne. Il s’agit en réalité d’un simple coup de pouce destiné aux 9 millions de Français les plus modestes et qui sera ensuite rebaptisé « chèque inflation ».

En mars dernier, le ministre de l’Economie a d’ailleurs dit exactement le contraire de ce qu’il a avancé dimanche. Catégoriquement, il a assuré « qu’une expérimentation [allait être] lancée dans les prochains mois ».

En plus de la hausse des coûts de l'énergie et des carburants, les Français doivent composer depuis plusieurs mois avec une inflation alimentaire galopante. En pleine campagne présidentielle, le pouvoir d'achat est ainsi devenu l'une des plus grandes préoccupations des électeurs.

Ce dimanche, Julien Denormandie, le ministre de l'Agriculture, a assuré que le chèque alimentation promis par l'exécutif depuis de nombreux mois sera mis en place « dès après l'élection, courant de l'année 2022 » en cas de reconduction du président sortant. Mais on ne sait pas encore précisément comment il fonctionnera.

En France, des millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. Afin de lutter contre la précarité alimentaire, plusieurs acteurs se mobilisent.

Les Différentes Formes d'Aide Alimentaire

  • Les épiceries sociales : ces commerces proposent des denrées à prix réduit pour les personnes en difficulté.
  • Les paniers alimentaires : ils sont constitués de produits de première nécessité.
  • Les tickets ou chèques alimentaires : ils permettent de payer des achats dans des commerces partenaires.
  • Les repas chauds : proposés par des services d’accueil, ils sont accessibles gratuitement.

De nombreux organismes jouent un rôle essentiel dans la distribution de l’aide alimentaire comme les associations d aide. Depuis 1984, les banques alimentaires jouent un rôle primordial dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et la précarité.

Le Secours populaire français (SPF) est une association française de solidarité qui aide 1,8 millions de personnes à se nourrir chaque année. En France, La Croix-Rouge possède près de 80 épiceries sociales réparties sur le territoire, et qui sont gérées par les bénévoles et des salariés.

Créée par Coluche, cette association compte près de 1 915 Restos du Cœur en France. L’association s’occupe de la distribution des paniers repas équilibré dans lesquels les produits frais sont présents en grande quantité.

Le FEAD est fourni par l’Union européenne et soutient des initiatives qui ont pour mission de faire sortir les plus démunis de la pauvreté et l’exclusion sociale.

Au final, le chèque alimentaire Macron prendra donc la forme d’un virement bancaire, librement utilisable, versé auprès de 9 millions de Français. Cette aide alimentaire d’urgence de 100 euros par foyer (et non par personne comme annoncé initialement) et de 50 euros par enfant à charge de moins de 20 ans, en faveur des neuf millions de foyers les plus modestes.

Le débat : Chèque alimentation, pour acheter quoi ?, par Stéphane Pedrazzi et Béatrice Mathieu

Alternatives et Propositions Récentes

Exclus par la majorité alors même que c’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, les chèques alimentaires pourraient revenir sur la table sous forme de carte. RMC Conso a interrogé le député socialiste Guillaume Garot à l'origine de cette proposition de loi.

Sa proposition de loi Territoires zéro faim a d'ailleurs été adoptée ce mercredi par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Ce dispositif serait basé sur le même principe que les chèques alimentaires promis par Emmanuel Macron lorsqu’il était en campagne pour la présidentielle 2022.

L'inflation a contraint une partie des Français à revoir leur alimentation. Près de 44% des Français ont dû réduire leurs dépenses alimentaires par manque de moyens. Pire encore, 1 Français sur 6 déclare ne pas manger à sa faim, soit 10 millions de personnes.

Un des leviers de ce projet consiste à mettre en place un “chèque alimentation durable” qui serait en réalité plutôt une carte. Cette dernière fonctionnerait sur le même principe qu’une carte de paiement classique. "Elle permettrait aux bénéficiaires d'acheter certains aliments soit en grande surface, soit en magasin dédié", explique-t-il.

Cette carte alimentation durable a également un objectif incitatif. "Les bénéficiaires pourraient acheter leurs aliments en grande distribution, mais on espère mettre en place un système de bonification de la somme si ces derniers se tournent vers des produits bons pour la santé, comme des fruits et légumes ou du bio", explique l'élu.

Si ce projet de loi est adopté par le Sénat, ce sont les collectivités territoriales qui seraient chargées d'en déterminer les détails. "Le montant crédité chaque mois sur la carte, ainsi que les personnes qui pourraient en être bénéficiaires, seraient determinés par les collectivités. On pourrait tout à fait avoir des montants différents en fonction des territoires", détaille-t-il.

La proposition de loi doit maintenant être adoptée en séance publique le 29 février prochain.

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