Aide Alimentaire en Afrique: Causes et Solutions

L’Afrique est le continent où l’insécurité alimentaire a le plus progressé ces dernières années. Les chiffres sont alarmants : une personne sur cinq y souffre de la faim, soit le double de la moyenne mondiale, selon un rapport des Nations unies publié en 2023. Près des deux tiers de sa population sont en situation d’insécurité alimentaire, ce qui signifie qu’elle n’a pas accès de façon régulière à une alimentation adéquate. Dans la Corne de l’Afrique et au Sahel, des millions d’enfants souffrent de malnutrition et d’émaciation sévères.

Pourtant, de 65 % à 70 % de la population vit de l’agriculture, de l’élevage ou de la pêche, ce qui rappelle que le potentiel de souveraineté alimentaire est là. Ce n’est pas tant l’insuffisance de la production qui est en cause que des problèmes structurels : pauvreté, effets du dérèglement climatique, fragilisation des tissus agricoles familiaux, conflits et instabilité politique.

Causes de l'Insécurité Alimentaire en Afrique

Plusieurs facteurs contribuent à cette crise alimentaire, notamment :

  1. Changements Climatiques: Au Sahel, les cultures ont été abîmées par un cumul de pluies anormal. Le maïs et le haricot, qui n’ont d’habitude pas besoin de beaucoup d’eau, ont été noyés. Le réchauffement climatique, les conflits à répétition, la crise économique et l’inflation en sont les principales causes.
  2. Guerre en Ukraine: Les paysans ont eu du mal à acquérir les intrants (produits phytosanitaires, semences, engrais) et le matériel agricole qu’ils importaient traditionnellement. De même, le Kenya et le Burkina Faso, par exemple, achètent 30% de leur blé en Russie ou en Ukraine, l’Ethiopie 40% et la Somalie 90%. La chaîne d’approvisionnement a été perturbée, et le prix du blé s’est envolé, alors que les Africains font leur pain avec de la farine de blé. Les familles pauvres ont eu du mal à acheter du pain.
  3. Mauvaise Gouvernance: La mauvaise gouvernance est en cause. Par exemple, on pourrait fabriquer des engrais sur notre continent plutôt que de les importer. Par ailleurs, les gouvernants achètent le maïs, le haricot et le mil aux paysans mais ils l’exportent ou le revendent plus cher.
  4. Conflits et Instabilité Politique: Les conflits armés entraînent des déplacements massifs de populations qui sont alors démunies et ne peuvent plus subvenir à leurs besoins vitaux : manger et boire. L’instabilité politique de certaines régions a un impact direct sur le commerce et la disponibilité des denrées alimentaires en quantité suffisante.
  5. Pertes Agricoles: Le continent enregistre les plus forts taux de pertes agricoles (de 30 % à 40 % de la production), qui s’expliquent notamment par la distance qui sépare les cultures des lieux de transformation et de consommation, et des difficultés logistiques (transport, stockage…).

L'agriculture au service de la sécurité alimentaire

Solutions Proposées

Pour lutter contre l'insécurité alimentaire en Afrique, plusieurs solutions peuvent être envisagées :

  • Bonne Gouvernance: Il faut tout d’abord faire pression sur les pays pour qu’il y ait une bonne gouvernance. Caritas Africa porte ce plaidoyer auprès des autorités des pays via ses Caritas nationales.
  • Soutien aux Producteurs Locaux: Il faudrait à l’inverse former et financer les producteurs à fabriquer et entretenir des silos pour stocker les récoltes et conserver la production. Les gouvernements pourraient soutenir les paysans en ne revendant pas plus cher les stocks.
  • Politique de Subvention des Intrants Agricoles: Une meilleure politique de subvention des intrants agricoles est nécessaire.
  • Consommation de Produits Locaux: Il faut également sensibiliser les populations à la consommation des produits locaux.
  • Agroécologie: De même nous croyons qu’il faille encourager l’agroécologie, une agriculture résiliente qui permet de s’adapter aux changements climatiques.
  • Autonomie dans la Réponse aux Crises Alimentaires: Un consensus s’est progressivement imposé au sein de la Cedeao quant à l’urgence de doter la région d’une plus grande autonomie dans la réponse aux crises alimentaires.

Le groupe AFD contribue aux dialogues de politique publique et finance des projets favorisant notamment la disponibilité des denrées alimentaires, l’accès à l’alimentation, la production agricole durable. En Mauritanie, le projet Asarigg vise à améliorer la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables, la restauration de l’environnement, la réduction des risques de conflits fonciers et le renforcement de la cohésion sociale dans six bassins-versants (régions du Gorgol et du Guidimakha). Le projet comporte un volet d’actions rapides confié à un groupement d’ONG françaises et mauritaniennes (GRDR, Gret, Tenmya) et vise plus particulièrement à améliorer la productivité des terres, les services d’appui à l’agriculture irriguée et les capacités des acteurs intervenant dans la filière.

Proparco, filiale de l’AFD dédiée au secteur privé, soutient l’entreprise Nutriset qui produit la Plumpy’Nut, pâte nutritive à base de lait en poudre, d’arachides, d’huiles végétales et de sucre. Créée en 1996, cette pâte a révolutionné la prise en charge de la malnutrition sévère. Depuis 2005, Nutriset s’engage à faciliter l’accès et la disponibilité de ce type de produits au plus près des personnes vulnérables, à travers un réseau de producteurs nommé PlumpyField.

Afin de contribuer à l’accélération de la mise en œuvre de l’initiative de la Grande muraille verte, l’AFD a initié en février 2022 un appel à projets « Crise et sortie de crise » à l’intention des organisations de la société civile déjà présentes dans les onze pays de la Grande muraille verte. Un des projets sélectionnés est porté par CCFD-Terre solidaire. L’objectif global de ce projet est d’améliorer durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations des provinces du Chari Baguirmi, d’Hadjer-Lamis et du Lac, tout en renforçant la prévention et la résolution des conflits liés à la concurrence pour l’accès aux ressources naturelles.

Le groupe AFD accompagne des cantines scolaires dans 47 écoles de neuf départements au Sénégal. En fournissant des repas à près de 9 000 enfants, l’objectif est d’améliorer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle, et donc leurs conditions d’apprentissage.

Dans la Corne de l’Afrique, une personne meurt de faim toutes les 48 secondes. Le phénomène El Niño et le manque de précipitations ont entraîné une nouvelle sécheresse en Ethiopie dans les régions Afar, Amhara, Tigray, Oromia, dans le nord de la Somalie et les régions du sud et les régions méridionales. Ce contexte empêche alors les populations d’accéder aux services de base (eau, hygiène, soins de santé) ou même à une aide humanitaire. Dans de nombreuses régions, il est devenu impossible de se soigner : les centres de santé ont été pillés et les campagnes de vaccination sont à l’arrêt.

Selon l’IPC, organisme mondial en matière d’analyse de l’insécurité alimentaire et des conditions de famine dont l’UNICEF est un partenaire, la famine est un « un état de privation alimentaire extrême ». On parle de famine lorsque la crise alimentaire dans une région est considérée comme une « catastrophe » : la phase 5 de l’échelle de l’IPC. C’est ce qui s’est passé en 2011, en Somalie, après que 490 000 personnes ont connu des niveaux catastrophiques de crise alimentaire. Déclarer l’état de famine dans une région, c’est essayer, tant que possible, de limiter le drame en allouant des ressources pour venir en aide aux communautés affectées.

Les acteurs humanitaires tels que l’UNICEF déploient alors une réponse ciblée en fournissant de la nourriture, de l’eau, et des soins de santé. L’UNICEF focalise donc son action sur ces trois piliers, notamment grâce à la distribution d’aliments thérapeutiques, de vitamines et de micronutriments.

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