L'histoire de l'industrie papetière en France est riche et complexe, marquée par des innovations, des crises et des enjeux environnementaux. De la production artisanale de papier à partir de chiffons à l'essor de la pâte à bois et à la mondialisation, cette industrie a connu des transformations profondes qui ont façonné le paysage économique et environnemental du pays.
À Jouy-sur-Morin, en Seine-et-Marne, une usine à hydrogène se dressera bientôt sur les décombres de la dernière grande papeterie d’Île-de-France. La fermeture de cet établissement, spécialisé depuis un siècle et demi dans la confection de papier-monnaie, marque la fin d’une industrie régionale, née au XIVe siècle, et dont la matière première n’est autre que le chiffon !
Retour sur une histoire locale, qui commence avec des moulins, s’emballe avec la Révolution, puis la vapeur, la pulpe de bois… et qui perd finalement tout rapport avec la terre ferme.
Notre enquête historique commence dans la vallée du Grand Morin, affluent de la Marne coulant à l’est de Disneyland Paris, et qui fit parler de lui cet automne en inondant Coulommiers.
« Ça a été un véritable coup de massue », témoigne Patrick Quignot, qui a travaillé 40 ans à Crèvecœur.
Hélas, même si le fabricant de Jouy-sur-Morin fournit encore le papier sécurisé de nombreuses monnaies étrangères, ou celui des cartes grises françaises, l’État refuse de soutenir le projet de reprise porté par un groupe d’employés.
Alors, en janvier 2020, les anciens d’« Arjo » créent une association, baptisée Les Compagnons papetiers de Crèvecœur et du Marais, pour entretenir la mémoire d’un savoir-faire bien enraciné dans le terroir.
« Dans le pays briard, nous raconte M. Quignot, les sols sont très fertiles. Et il y a un réseau hydrographique important. D’où la présence d’un paquet de moulins agricoles au Moyen Âge. »
Quel rapport avec le papelard ? Premier élément : l’eau. Dont la force n’est plus utilisée pour moudre, tisser ou tanner, mais pour fabriquer de la pâte à papier. Et ce, à partir d’un second ingrédient essentiel : les chiffons !
Partant, on récupère tous ces produits à l’état de déchets. Puis, les chiffons sont soigneusement triés, découpés, mis à fermenter dans un pourrissoir, pour être enfin triturés par de gros marteaux de bois cloutés, actionnés par la roue à aubes.
Résumé de la recette : du courant, des chiffons (donc du chanvre ou du lin), de l’eau claire (pas trop calcaire)… et encore de l’eau, vu que la papeterie doit être reliée aux gisements de chiffe et au consommateur final.
En fouillant dans les travaux des historiens, nous découvrons d’ailleurs que Jouy-sur-Morin n’est pas la première bourgade francilienne à fournir les graphomanes parisiens. Au XIVe, déjà, un papetier est installé à Essonnes (l’actuelle Corbeil-Essonnes).
Une proto-industrie qui essaime dans toute l’Hexagone et ne connaît pas de bouleversement avant la fin du XVIIIe : « À Jouy, précise ainsi Patrick Quignot, le premier moulin à papier, celui du Marais, démarre vers 1580. Il produit entre 500 et 1 000 feuilles par jour.
Certes, les entrepreneurs n’ont pas attendu la fin de l’Ancien Régime pour chercher à faire plus et mieux. M. Quignot nous en donne un exemple : « En 1782, une famille de négociants, déjà propriétaire de la papeterie de Courtalin (à 20 kilomètres de Jouy-sur-Morin), achète le moulin du Marais.
Au même moment, les patrons de la fabrique d’Essonnes investissent dans six piles hollandaises, de gros cylindres munis de lames qui défibrent les chiffons avec un bien meilleur rendement.
Néanmoins, le développement industriel reste tempéré par les ouvriers papetiers. Car ces derniers forment un groupe très endogame, qui préserve son mode de vie et de travail avec la force d’un super-syndicat. Mais la productivité devient bientôt raison d’État avec la création des assignats.
Comme les révolutionnaires paient toutes leurs factures avec ce nouveau papier-monnaie, la planche à billets doit impérativement tourner à fond. Or, cette expérience productiviste inspire un technicien à la papeterie d’Essonnes. Nous sommes en 1798.
Comme l’a observé Marx, « le système mécanique progresse lentement tant que les forces motrices traditionnelles, l’animal, le vent, et même l’eau ne sont pas remplacés par la vapeur4. »
Or, au XIXe, la vapeur est principalement produite en brûlant du bois. Côté Jouy-sur-Morin, l’activité est soutenue par un second marché public, puisqu’en 1811, la Banque de France attribue la confection de son papier-monnaie à la manufacture du Marais.
L’accès aux capitaux permet à la SA de grossir, comme en 1857, lorsqu’elle fait l’acquisition du moulin (à huile de noix) de Crèvecœur, transformé pour produire exclusivement du papier-monnaie.
Depuis un moment, les industriels cherchent des substituts à la chiffe. À l’image de Paul Darblay, repreneur de la manufacture d’Essonnes, qui « dès 1867, fait élever une grande unité de fabrication de pâte de paille. »
Puis la vente des Grands Moulins de Corbeil lui rapporte de quoi réaliser « une stratégie de monopole », consistant à « livrer la presse parisienne ».
Résultat : « Vers 1900, l’usine emploie 2 500 personnes.
Mais d’où vient le bois qui sert à faire la pulpe ? Il sort massivement des forêts du nord de l’Europe. Tandis que les machines à vapeur, ne peuvent se multiplier sans le recours à la houille.
Comme l’écrit l’historien J.-B. Cette évolution productive est illustrée à merveille par une autre manufacture francilienne, créée en 1904 par le directeur du Petit Parisien, à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Comme le coût de fabrication de son canard provient à 77% du papier, Jean Dupuy veut se libérer de son fournisseur, la papeterie Darblay.
D’abord, l’usine est implantée « à l’aval de Paris, ce qui évite la traversée de la capitale ».
En bord de Seine, naturellement, « tant pour son alimentation en eau que pour le transport fluvial des matières premières, notamment de la pâte à papier importée de Scandinavie ».
Cette extraordinaire progression repose en effet sur l’importation croissante des pâtes de bois : « de 1894 à 1914, elle est passée de 130 000 à 465 000 tonnes, auxquelles s’ajoutent les bois importés et transformés en pâte dans les usines françaises.
Comme on le voit, la région-capitale s’est ouverte sur le commerce mondial, via « l’Axe Seine » (lire Le Chiffon n°14). Elle jouit encore de l’importance du marché parisien, qui représente au début du XXe siècle les deux tiers de la consommation papetière du pays.
Dans un premier temps, l’industrie se concentre, à domicile : « En 1956, nous dit M. Quignot, les Papeteries du Marais et de Sainte-Marie deviennent Arjomari, après intégration de trois autres établissements français.
Mais si « l’industrie est encore florissante après-guerre, une vision purement économiciste commence à s’installer au milieu des années 70, nous explique Jean-Yves Mollier, spécialiste de l’histoire de l’édition.
Au nom du grand marché libéral, continue-t-il, la France a accepté de brader ses grandes industries.
Une tendance que nous confirme Bernard Lombard, porte-parole du lobby de l’industrie papetière européenne : « Ces dernières années, l’Amérique du Sud est devenu le fournisseur n°1 de fibres courtes pour le papier. Il y a un climat favorable là-bas, notamment pour les eucalyptus, qui poussent vite.
Il est également évident que cette « industrie lourde » est devenue obèse.
« Aujourd’hui, précise encore M. « Aménagements hydrauliques médiévaux… », P. Benoit, K. Berthier et al., piren-seine.fr. » « La longue agonie de la « République » des ouvriers papetiers… », François Jarrige, Revue d’histoire du XIXe siècle, 2011.
La France dispose d’une ressource forestière abondante (autour de 3 milliards de mètres cubes de bois en forêt), qui continue de croître malgré une mortalité et des prélèvements en hausse, et plus diverse (composée à 65 % de feuillus) que celle de ses voisins allemands ou de Scandinavie.
Dans ce contexte, les rapporteurs s’interrogeront sur les principaux leviers à activer et obstacles à lever pour améliorer la compétitivité de la filière bois en France, tout en veillant à maintenir voire à renforcer sa décarbonation, celle-ci constituant l’un de ses principaux atouts.
Lancée le 30 avril 2025, la mission, transpartisane, rendra ses conclusions le 9 juillet. Tous les acteurs « aval » de la filière seront entendus. 8,5 % : c’est en 2023 la part du déficit commercial de la France (près de 100 Md€) imputable au bois (environ 8,5 Md€).
Il n’est pas nécessaire de se rendre en Amazonie ou en Birmanie pour constater que la déforestation est en cours. À une échelle bien moindre, on la trouve parfois à nos portes, comme le montre l’enquête réalisée par la cellule investigation de Radio France avec ses partenaires de l’ICIJ, dans le cadre du projet “Deforestation Inc”.
Ainsi, le 23 février 2023, la Cour d’appel de Toulouse a condamné un exploitant forestier espagnol, Manuel Bautista, à deux ans de prison avec sursis et 80 000 euros d’amende pour avoir abattu et volé des arbres sur les parcelles de 21 personnes en Ariège entre 2020 et 2021.
Parmi les petits propriétaires grugés, sur la commune de Perles-et-Castelet, figurent Yves et Hélène Rameil. “C'est vraiment un dommage écologique qui a été commis. On nous a pillés de nos souvenirs”, déplore la retraitée.
Ils sont d’autant plus en colère que leurs parcelles étaient classées comme forêts de protection : un statut dédié notamment aux zones de montagne où les arbres protègent des avalanches et de l’érosion des sols.
La défense de l’exploitant espagnol a toujours été la même. Dans chaque cas, il affirme que ses salariés ou ses sous-traitants l’avaient mal compris, que les parcelles de forêt qu’ils devaient couper étaient mal délimitées et que ses coupes ont “débordé” sur d’autres propriétés.
Pour savoir où sont passés leurs arbres, les propriétaires ont de nouveau porté plainte contre X en décembre 2022 auprès du procureur de Toulouse.
Le forestier espagnol a affirmé aux enquêteurs les avoir vendus à des scieries dans son pays. Mais nous avons découvert qu’il était aussi depuis longtemps un fournisseur de l’usine de pâte à papier de Saint-Gaudens en Haute-Garonne.
Cette usine, aussi appelée “la cellulose”, tout comme son usine sœur de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône, appartient à l’entreprise Fibre Excellence, une filiale française du groupe canadien Paper Excellence.
“En mars 2021, Fibre Excellence a eu connaissance de plaintes de propriétaires portées à l’encontre d’un fournisseur pour une coupe illégale sur la commune de Perles-et-Castelet (Ariège)", nous a écrit la direction de l’entreprise.
"Fibre Excellence a immédiatement activé son principe de précaution avec la suspension immédiate du fournisseur lui interdisant toute livraison de bois, avant de l’exclure définitivement.”
Le nécessaire aurait donc été fait. Mais Mathieu Pons-Serradail, l’avocat de l’exploitant espagnol les relativise : “Ses co-contractants, contrairement aux enquêteurs, savent comment ça se passe en forêt.”
Avant les plaintes du printemps 2021, plusieurs élus avaient en effet déjà alerté sur les pratiques de ce forestier, notamment dans le département voisin de l’Aude. “C'est quelqu'un qui, dans les Pyrénées audoises, a mal travaillé", explique Christian Aragou maire du Bousquet et vice-président des communes forestières de l’Aude.
"Il a laissé de très mauvais souvenirs. J’ai encore à gérer les conséquences de ses coupes sur un chemin communal. J'avais même suggéré à l'Office national des forêts (ONF) de ne plus avoir affaire à lui.”
Le plus étonnant dans cette affaire, c’est que l’usine qui avait recours à ce fournisseur possède une certification de gestion durable du bois. Le fameux label FSC, aujourd’hui indispensable pour avoir accès au marché et attester de ses bonnes pratiques environnementales.
Comment dans ces conditions Manuel Bautista n'a-t-il pas été identifié par les certificateurs ? Aucun des audits conduits par une société dite “tierce partie” entre 2018 et 2021 pour bénéficier du label de certification “FSC Bois Contrôlé” n’a décelé quoi que ce soit.
L'auditeur payé par l’entreprise doit pourtant contrôler les fournisseurs et leurs pratiques. La cellule investigation de Radio France a pu consulter son rapport d’audit du groupe Fibre Excellence.
Il est signé par Fabio Pesce, qui auditait pour le compte d’une société de certification mondiale basée en Suisse, la Société générale de surveillance (SGS). Or, nous avons découvert que Fabio Pesce n’est pas salarié de SGS mais sous-traitant et qu’il dirige une société de conseil en gestion forestière nommée Fortea.
Pouvait-il dans ces conditions avoir un regard indépendant ? “Il y a clairement un conflit d'intérêts, s’étonne Grégoire Jacob, lui aussi consultant pour le privé. On ne peut pas être juge et partie.”
Aurélien Sautière, le directeur général de FSC France reconnaît que : “La même personne ne doit pas faire à la fois du conseil et du contrôle.” Interrogé, Fabio Pesce nous a confirmé avoir contrôlé les sites de Fibre Excellence qu’il juge “irréprochables”.
Mais lorsque nous l’avons interrogé sur l’existence d’un possible conflit d’intérêts, il a mis fin à notre conversation.
Autre conflit d’intérêts possible : Thomas Pétreault, le responsable des relations publiques du groupe Fibre Excellence (qui gère donc l’usine en cause) siège aussi au sein du conseil d’administration de FSC France, l’association qui fait la promotion du label "bois durable".
En tant qu’entreprise, Fibre Excellence est donc un important contributeur financier de l’association FSC France, et il est en même temps décisionnaire au sein de l’association. “Il n’a pas plus de poids que le WWF ou le Commerce du bois”, relativise Aurélien Sautière, le directeur de FSC France.
Plus troublant encore, Fibre Excellence appartient au groupe canadien Paper Excellence, dirigé par Jackson Widjaja. Depuis sa création en 2006 au Canada, ce groupe a racheté de nombreuses usines et envisage d’acquérir Resolute Forest Products.
“Cela lui donnera accès à près de 22 millions d’hectares de forêts au Canada”, explique Joan Baxter du Halifax Examiner. Paper Excellence lorgne aussi Eldorado Brésil qui possède des milliers d’hectares de forêts certifiées.
L’entreprise pourrait donc multiplier son chiffre d’affaires par cinq pour atteindre les 10 milliards de dollars annuels. Mais surtout, Jackson Widjaja fait partie d’une riche famille indonésienne d’origine chinoise dont plusieurs membres sont à la tête d’Asia Pulp and Paper (APP).
Un groupe de traitement du bois qui, depuis 2007, a été exclu de la certification FSC, à la suite de plusieurs enquêtes menées par des ONG qui ont constaté que certaines de ses filiales et de ses sous-traitants se livraient à la déforestation.
“En 2006, nous avons montré qu’APP continuait à déforester des zones à haute valeur de conservation, affirme Grant Rosoman, chargé de campagne Forêt à Greenpeace International. Surtout en Indonésie où l’entreprise et ses sous-traitants sont responsables de milliers d’hectares de déforestation, mais aussi de violences envers les communautés locales.”
Ces liens existants entre Paper Excellence (qui contrôle les deux usines françaises) et le groupe indonésien APP, des ONG les avaient déjà établis en octobre 2022 dans un rapport. Mais le vice-président de Paper Excellence, Graham Kissack les avait démentis, déclarant que sa société opérait de manière “complètement indépendante” d’APP.
“Ce n’est pas parce qu’il y a des membres de la même famille Widjaja au sein de ces entités qu’elles se coordonneraient comme un groupe”, expliquait-on. L’enjeu de ce débat n’est pas mince pour Fibre Excellence. Car s’il était reconnu que sa maison mère, Paper Excellence et APP en Indonésie étaient liés, les usines de Saint-Gaudens et de Tarascon notamment pourraient perdre leur label FSC.
Plus d’une dizaine de cadres travaillent en effet dans les deux sociétés, et parfois même, en même temps. C’est le cas de Danilo Benvenuti qui a été à la fois dirigeant de Fibre Excellence SAS jusqu’en 2018 et cadre d’APP France.
“J'ai travaillé pour le père de Jackson (Widjaja) chez APP, admet-il, mais il n’y a pas eu à ce que je sache d’échange d’informations confidentielles entre des employés d’APP et de Fibre Excellence”, nous a-t-il assuré.
Même son de cloche de la part de l’entreprise Fibre Excellence en France. Elle précise à la cellule investigation de Radio France, qu’“il n’y a aucune implication d’aucun autre membre de la famille Widjaja dans Fibre Excellence”.
Et pourtant, en 2010, lorsque le groupe Tembec vend à Fibre Excellence les usines de Saint-Gaudens et de Tarascon, les salariés français sont convaincus qu’APP et la famille Widjaja prennent les commandes de leurs usines. “J’ai vu plusieurs fois Teguh Widjaja (le père du patron de l’usine de Tarascon) à Vancouver et à Shangaï", explique un ancien haut cadre de Fibre Excellence.
Selon lui, “il était directement impliqué dans les décisions prises par le groupe”. Or, “si des entreprises sont considérées comme indépendantes, il leur est interdit de s’échanger des informations pour tout ce qui est stratégique”, précise Aurélie Dellac, avocate en droit de la concurrence.
Un chef analyste au sein du groupe APP s’est même inquiété, sans résultat, de ces pratiques qui pourraient s’apparenter à celle d’un “cartel” auprès des autorités de la concurrence chinoise et européenne. De son côté, FSC International continue cependant de voir deux groupes distincts, et donc, d’accorder un label à un groupe alors qu’il l’a retiré à l’autre.
“Il n'y a pas de relation entre APP d'une part et Paper Excellence, Fibre Excellence d'autre part”, nous a affirmé Kim Carstensen, le directeur général de FSC International.
Au-delà de la question de la certification FSC, les pratiques de l’usine de Tarascon ont plusieurs fois fait parler d’elles pour d’autres raisons. De nombreux problèmes techniques sont apparus en 2010. “On rafistolait les tuyaux avec des bandes de scotch”, nous explique un salarié qui y a travaillé jusqu’en 2020.
“Des idées pour faire évoluer les pratiques, il y en a eu, poursuit-il. Mais de l’argent pour réparer et investir dans ce qui n’allait pas, il y en avait moins.” Autre incident : en 2016 des riverains de l’usine se mobilisent lorsque des poussières se répandent sur les cultures maraîchères de la région.
Les contrôles des inspecteurs de l’environnement mettent en évidence des dépassements allant jusqu’à 27 fois au-delà des normes. Le groupe promettra finalement de réaliser une étude de faisabilité afin de réduire ses rejets de poussière. Il s’engage aussi à investir 180 millions d’euros dans l’usine.
L’usine de Fibre Excellence à Saint-Gaudens a connu de nombreux incidents, dont un incendie le 27 février 2023. Mais ce n’est pas tout. Depuis 2012, l’entreprise ne paye plus la taxe qu’elle doit à l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, contrairement aux autres industriels qui polluent le milieu aquatique.
Et en 2018, l’agence lui a accordé une remise gracieuse, à hauteur de 11 millions d’euros. Les préfectures respectives mettront aussi plusieurs fois en demeure les usines de Saint-Gaudens et de Tarascon pour des dépassements d’oxyde d’azote et de dioxyde de souffre ainsi que pour leurs rejets aquatiques.
Mais, là encore, elles leur accorderont des dérogations contre l’engagement de faire des travaux pour réparer des usines vieillissantes.
En octobre 2020, l’usine de Tarascon est placée en redressement judiciaire. Par un dispositif exceptionnel destiné à aider les entreprises après la pandémie de Covid, l’État va alors autoriser le groupe à se racheter lui-même, effaçant au passage près de 110 millions d’euros de dettes.
Paper Excellence récupère du même coup son propre stock de bois d’un montant de 3,5 millions d’euros pour un euro symbolique. Fibre Excellence Tarascon devient alors Fibre Excellence Provence, avec à sa tête une holding hollandaise Hervey Investments BV... détenue toujours par Jackson Widjaja.
Les salariés acceptent aussi une baisse de 10% de leur salaire, tandis qu’une trentaine de postes sur 280 sont supprimés. Et l’État va donner un nouveau coup de pouce en classant l’usine de Tarascon comme un site amianté.
Ses salariés de plus de 50 ans bénéficieront du plan amiante qui leur permet de partir à la retraite. Le cabinet de Bruno Lemaire nous a confirmé que Fibre Excellence avait bénéficié de plus de 70 millions d’euros d’aides publiques.
Mais concernant ses liens avec APP, il estime ne pas pouvoir s’exprimer, l’entreprise étant susceptible de faire l’objet d’investigations de la part de la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) ou de l’Autorité de la concurrence.
Ni cette dernière, ni la Commission européenne n’ont répondu à nos sollicitations.
Selon l'arrêt «Pâte de bois» (C.J.C.E., 27 septembre 1988, Rec. p. 5193) le critère de la mise en oeuvre de l'entente est satisfait par la simple vente dans la Communauté, indépendamment de la localisation des sources d'approvisionnement et des installations de production.
Or, il n'est pas contesté que Gencor et Lonrho réalisaient des ventes dans la Communauté avant la concentration et auraient continué à le faire après.
Dans ces conditions, en appliquant en l'espèce le règlement no 4064/89 à un projet de concentration notifié par des entreprises ayant leur siège social et déployant leurs activités d'extraction et de production en dehors de la Communauté, la Commission n'a pas fait appréciation erronée du domaine d'application territorial du règlement no 4064/89.
Tribunal de première instance des Communautés européennes (5e ch. élargie), 25 mars 1999, non encore publié au recueil, affaire jointe T-102/96, ayant pour objet une demande d'annulation de la décision 97/26/C.E. Commission - M. B.
Les Années 1980 sont une époque florissante pour ces entrepreneurs bretilliens dont les entreprises tournent encore pour la plupart aujourd’hui. Homme d’affaires à l’origine dans le bois et la pâte à papier, François Pinault, ici en octobre 1988, va multiplier les rachats d’entreprises en difficulté dans les années 80.
« Bolloré, Leclerc ou autres Yves Rocher… Voici François Pinault. Faudra s’y faire : une nouvelle étoile montante au firmament des grands patrons bretons » explique Ouest-France, le 4 novembre 1987. Fils d’un exploitant forestier, originaire de la petite commune de Trévérien, François Pinault fait ses affaires dans le bois et la pâte à papier, avant de reprendre des entreprises en difficulté dans les années 1980.
« La comparaison est flatteuse mais je ne connais pas personnellement Bernard Tapie », répond l’entrepreneur à Ouest-France en 1985.
François Pinault, homme d'affaires ayant débuté dans le bois et la pâte à papier.
| Année | Production |
|---|---|
| 1894 | 130 000 |
| 1914 | 465 000 |
tags: #affaire #pate #de #bois #histoire
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
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