Additif Alimentaire E310 : Danger pour la Santé ?

Il n'est pas toujours facile de décrypter les étiquettes pour savoir ce qu'on mange exactement. Dans la liste des ingrédients, les « E suivi de chiffres » pourraient aussi bien être remplacés par des points d'interrogations, et l'information donnée à la grande majorité des consommateurs serait la même. Sauf si on a les clés pour les traduire concrètement. Les additifs alimentaires sont omniprésents dans notre alimentation et destinés à améliorer la conservation, l’aspect ou le goût des produits industriels. Face à la multiplication des études scientifiques alertant sur leurs dangers, il devient essentiel de connaître ces substances pour mieux les éviter. Parmi ces additifs, le E310, ou gallate de propyle, suscite des interrogations.

Qu'est-ce que l'E310 ?

E310 désigne le gallate de propyle. Ces codes (européens et officiels) désignent des additifs alimentaires de structure et d'utilisation très similaires.

À quoi ça sert ?

Les gallates sont des antioxydants. Comme tous les additifs de cette famille, ils permettent de limiter les effets de l'air, de la lumière ou de certains composés oxydants (comme le fer, par exemple) qui peuvent altérer la saveur, l'apparence ou la qualité nutritionnelle des denrées alimentaires, en leur faisant subir un vieillissement prématuré. Au début, il y avait le sel et le sucre, le séchage, la fumaison et la fermentation. Mais depuis la seconde guerre mondiale, l’explosion de la chimie est arrivée jusqu’à notre assiette.

Pourquoi ?

  • Les pénuries liées à la guerre
  • Les carences
  • L’essor de l’agriculture industrielle
  • Les transformations des aliments
  • L’éloignement progressif des lieux de production et de consommation
  • Le développement des « diet » pour perdre le poids lié à la malbouffe : sans sucre, sans graisse, sans lactose, sans gluten, etc.

Les additifs ont plusieurs avantages pour l’industrie alimentaire et les consommateurs :

  • Améliorer la texture
  • Améliorer la saveur
  • Améliorer la conservation
  • Améliorer l’aspect
  • Réduire le coût de fabrication

Il y a des additifs même dans le bio ! 51 additifs autorisés, et ses 7 additifs à éviter

Que sont les additifs ? On distingue deux types d’additifs : naturels (c’est-à-dire obtenus à partir de microorganismes, d’algues, d’extraits végétaux ou minéraux) et de synthèse.

Ils sont classés selon leur fonction : les colorants, les conservateurs, les émulsifiants, les édulcorants,les exhausteurs de goût.

  • Les colorants : E 100 : Un colorant alimentaire est un additif qui rajoute de la couleur à nos aliments, il peut être naturel ou chimique. Ils sont génotoxiques et coupables d’engendrer l’hyperactivité (exemple : dioxyde de titane qui donne le blanc : E171).
  • Les conservateurs : E 200 : Il s’agit de substances qui prolongent la durée de vie d’un aliment en le protégeant des micro-organismes. Ils sont très allergisants.
    • Substances minérales (nitrates, nitrites, sulfites…)
    • Substances organiques (acide sorbique, sorbate de potassium, benzoate de sodium, parabènes, acide lactique …)
  • Les antioxydants : E 300 : Ce sont des substances très proches des conservateurs qui luttent contre l’effet de l’oxygène.Leurs conséquences peuvent induire des maladies cardiaques et rénales ou des risques de cancer de l’estomac.
  • Les agents de textures : E 400 : Épaississants, émulsifiants (détachants du gras dans les lessives), gélifiants, stabilisants, ils perturbent, chacun à un étage différent, la barrière intestinale, provoquant un risque accru de Maladies Auto-immunes et Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin.
  • Les antiagglomérant : E 500 : Ils limitent l’agglutination des particules, on y trouve beaucoup d’aluminium.
  • Les exhausteurs de goûts : E 600 : Ils renforcent le goût ou l’odeur de l’aliment. Le plus connu est le glutamate : neurotoxique, il ouvre l’appétit (autres noms du glutamate : extraits de levure, levure hydrolysée, levure autolysée, extrait de soja, isolat de protéine).
  • Les édulcorants : E 900 : Connus pour leur pouvoir sucrant sans apport de calories. Ils sont laxatifs et troublent le microbiote.
  • Autres : E 1105 à E1202 : Tels que le lyzozyme ou le polydextrose, on les retrouve dans les fromages et gâteaux. Ils sont allergisants et induisent des troubles digestifs.
  • Les amidons modifiés : E1400 : Ce sont des épaississants, ils retiennent l’eau, évoluent mieux à la chaleur, apportent un côté croustillant sans utilisation de graisse (aliments pour bébé, nappage…). Il existe 12 amidons modifiés dont le E1452 qui contient de l’aluminium.

L’important est de ne pas oublier l’effet cocktail. Chaque additif a une Dose Journalière Admissible (DJA). Par ailleurs, il est déjà démontré que l’interaction d’additifs avec d’autres molécules produit des composés secondaires toxiques (par exemple : nitrites + acides aminés qui donnent des nitrosamines).

Où le trouve-t-on?

On trouve le gallate de propyle dans les viandes, soupes, chewing-gums, et certaines huiles végétales.

Comment décrypter les étiquettes alimentaires

E310 : Un danger ?

Plus de 300 additifs ont été autorisés par l’UE. Cependant, la plupart d’entre eux peuvent provoquer diverses réactions chez des personnes sensibles ou allergiques. Pire, d'autres sont soupçonnés de favoriser des cancers ou d'autres troubles. Les additifs alimentaires sont des produits ajoutés aux denrées alimentaires commerciales (notamment aliments industriels) destinés à l’alimentation humaine et/ou animale. Pour les animaux, on parle en Europe d’« additifs zootechniques », qui comprennent notamment le groupe fonctionnel des « améliorateurs de digestibilité ». Il peut s’agir de produits d’origine naturelle, ou de produits chimiques de synthèse.

Tous font l’objet d’une évaluation de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA). Pourtant, des publications scientifiques jettent régulièrement le doute sur certains d’entre eux. Tous les additifs autorisés ne sont donc pas forcément à mettre dans le même panier. Mais comment faire le tri ?

La Commission du Codex Alimentarius élabore aussi des normes et des lignes directrices applicables à l’étiquetage alimentaire. Ces normes sont mises en œuvre dans la plupart des pays et les producteurs d’aliments sont obligés d’indiquer quels additifs sont présents dans leurs produits.

Le gallate de propyle (E310) peut être responsable de troubles sanguins, causer des irritations de l'estomac et des muqueuses buccales, et engendrer des réactions allergiques. Il est particulièrement déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes et aux jeunes enfants.

Méfaits des additifs alimentaires : Dès que des additifs sont présents, il y a ultra transformation, c’est-à-dire que la matrice du produit a été déstructurée et reconstituée.

Les additifs à éviter:

  • Les nitrites et nitrates (E250, E251) : agents de conservation et de lutte contre la toxine botulique (charcuterie). Les nitrites cuits sont cancérigènes.
  • Les Sulfites : (E221, 226, 227, 228) pour préserver la couleur et la conservation (vins, bières, fruits secs, aromates, emballage alimentaire, crustacés…).
  • Le Gallate de propyle (E310) : évite le rancissement (gommes à mâcher, pâtisserie…). Il est cancérigène.
  • Le BHA (Butylhydroxyanisol) E320 et BHT (Butylhydroxytoluène) E321 : souvent en duo avec le précédent pour éviter le rancissement , ils se potentialisent (sont présents dans les fritures).
  • Le Sulfate d’aluminium (E517) : structurant (produits à base d’œuf, pâtisserie, légumes transformés).
  • L’Acide phosphorique (E338) : agent de conservation, de texture et acidifiant (boissons gazeuses).
  • Le Glutamate monosodique (E621) : exhausteur de goût (plats asiatiques et aliments transformés).
  • L’Aspartame (E951): édulcorant.
  • L’Acésulfame de potassium (E950) : édulcorant.
  • La Tartrazine ou colorant jaune no 5(E 102) : peut provoquer hyperactivité et allergies (pâtisseries, céréales, moutarde, bonbons).

Autres additifs alimentaires controversés

Focus sur d'autres additifs alimentaires controversés :

  • L'aspartame : Un des édulcorants les plus utilisés au monde. On l’utilise notamment pour sucrer des aliments et des boissons. On le trouve dans plus de 6000 produits, des sodas « light » au chewing-gum en passant par des produits laitiers et des médicaments.
  • L'acésulfame K ou l'acésulfame de potassium : Un édulcorant artificiel environ 200 fois plus sucré que le sucre. Il est soupçonné d'être cancérigène pour l'homme.
  • Le glutamate monosodique : Un exhausteur de goût de synthèse que l'on retrouve dans de nombreux produits alimentaires. Il est un additif neurotoxique, c'est-à-dire qu'il peut détruire les neurones du cerveau.
  • Le nitrite de sodium : Un conservateur chimique qui est également utilisé pour colorer et aromatiser les viandes et les charcuteries. Lorsqu'il est ingéré, il se transforme en nitrosamine, une substance cancérigène.
  • Le "bleu brillant FCF" : Un colorant synthétique. Après avoir été interdit dans de nombreux pays européens, il a finalement été autorisé dans toute l’Union Européenne. Sa consommation présentant divers risques : allergies, hyperactivité, asthme... il est fortement déconseillé et plus particulièrement chez les enfants.
  • Le dioxyde de titane : Un colorant blanc. Il est le résultat de la combinaison de deux atomes d’oxygènes avec du titane. Le dioxyde de titane présente de nombreux risques et est notamment suspecté d’être cancérogène, d'autant plus lorsqu'il est produit sous forme de nano-particule.
  • L' hydroxyanisole butylé : Un antioxydant de synthèse dont les effets sont proches du gallate de propyle.
  • L'érythrosine : Un colorant rouge de synthèse. Des études menées dans les années 1980 ont démontré que l'érythrosine provoquait la formation de tumeurs de la thyroïde chez le rat.
  • Le jaune orangé S : Un colorant jaune de synthèse. Il est suspecté d'être cancérigène.

Les 7 additifs alimentaires les plus toxiques

Les 7 additifs alimentaires les plus dangereux pour la santé humaine:

  1. Nitrites et nitrates (E249, E250, E251, E252)
    • Dangers des nitrites: Les nitrites de sodium (E250) et les nitrates représentent probablement les additifs alimentaires dangereux les plus préoccupants actuellement. Les recherches épidémiologiques sur la cohorte NutriNet-Santé ont révélé des associations entre l’exposition aux additifs nitrités et des risques plus élevés de cancer de la prostate et du sein.
  2. Aspartame (E951)
    • Classification cancérogène récente: En juillet 2023, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS a classé l’aspartame comme "cancérogène possible pour l’homme" (groupe 2B).
  3. Dioxyde de titane (E171) - Interdit mais encore présent
    • Effets cancérogènes confirmés: Bien qu’interdit dans l’alimentation depuis 2020 en France et 2022 en Europe, le E171 mérite d’être mentionné car il reste présent dans les médicaments et cosmétiques. L’étude de l’INRAE de 2017 a démontré que 40% des rats exposés au dioxyde de titane développaient des lésions précancéreuses du côlon.
  4. Émulsifiants monoglycérides et diglycérides d’acides gras (E471)
    • Nouvelle étude alarmante sur le cancer: Une étude française de 2024 publiée par l’équipe d’INRAE et de l’Inserm a analysé les données de 92 000 participants de la cohorte NutriNet-Santé.
  5. Carraghénanes (E407, E407a)
    • Risques confirmés par la recherche: Les carraghénanes, bien qu’extraits d’algues rouges, présentent des dangers significatifs. Des études animales ont démontré qu’ils favorisent la perméabilité intestinale, les inflammations et les ulcères de la muqueuse intestinale. Une étude française de 2024 associe une consommation élevée de carraghénanes à un risque accru de 32% de cancer du sein.
  6. Glutamate monosodique (E621)
    • Un additif neurotoxique: Le glutamate monosodique est reconnu comme un additif neurotoxique capable de détruire les neurones du cerveau.
  7. Colorants azoïques (E102, E110, E122, E124, E129)
    • Impact sur le développement des enfants: Ces colorants synthétiques dérivés du pétrole sont particulièrement problématiques pour les enfants. Depuis 2010, les produits contenant ces colorants doivent obligatoirement mentionner : "Peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez l’enfant".

Autres additifs problématiques

Au-delà de cette liste des 7 additifs alimentaires dangereux les plus préoccupants, d’autres substances méritent une attention particulière en raison du danger des additifs alimentaires qu’elles représentent.

  • BHA et BHT (E320, E321): Ces antioxydants synthétiques sont fortement soupçonnés d’être cancérigènes et sont listés comme "probablement cancérigènes" par l’Association française pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse. Ils sont présents dans les matières grasses, les chewing-gums, les céréales de petit-déjeuner et certains produits à base de noisettes.
  • Gallate de propyle (E310): Considéré comme probablement cancérigène par le CIRC, cet antioxydant se trouve principalement dans les huiles, les chewing-gums et les préparations pour gâteaux.
  • Acésulfame K (E950): Cet édulcorant artificiel est soupçonné d’être cancérigène et de perturber le microbiote intestinal. Il perturbe également la production d’hormones comme l’insuline. On le trouve dans les produits light, les boissons sans sucre et les chewing-gums.
  • Sulfites (E220 à E228): Ces conservateurs peuvent provoquer des réactions allergiques graves, particulièrement chez les asthmatiques. Les manifestations incluent des difficultés respiratoires, de l’urticaire, des maux de tête et des troubles digestifs. Ils sont présents dans le vin, les fruits secs, les salades en sachet et les plats déshydratés.
  • Phosphates (E338 à E343, E450 à E452): Ces additifs perturbent l’équilibre calcium-phosphore dans l’organisme, favorisant l’ostéoporose et les maladies rénales. L’acide phosphorique (E338) est particulièrement présent dans les sodas type cola. Une étude a montré qu’à partir de deux verres de Coca-Cola par jour, le risque d’insuffisance rénale est multiplié par deux.
  • Sirop de glucose-fructose (HFCS): Bien que n’ayant pas de code E, ce sirop industriel mérite d’être mentionné pour sa dangerosité. Extrêmement violent pour le pancréas, il est soupçonné de favoriser l’obésité, le diabète de type 2 et la stéatose hépatique non alcoolique. Sa consommation peut entraîner une résistance à l’insuline et une dyslipidémie.

Comment se protéger du danger des additifs alimentaires

Il est important de prendre des mesures pour réduire l’exposition aux additifs alimentaires nocifs:

  • Lecture des étiquettes: La première protection consiste à lire systématiquement la liste des ingrédients. Les additifs doivent être mentionnés soit par leur nom, soit par leur code E précédé de leur fonction technologique (exemple : "conservateur : E250").
  • Privilégier le fait-maison: La préparation d’aliments frais à partir de produits bruts reste la meilleure stratégie pour éviter les additifs alimentaires dangereux. Cette approche permet un contrôle total des ingrédients utilisés.
  • Éviter les produits ultra-transformés: Les aliments ultra-transformés concentrent le plus grand nombre d’additifs problématiques.

En outre, les personnes souffrant d’allergies ou d’intolérances alimentaires devaient consulter un professionnel de la santé avant de consommer des aliments contenant des additifs alimentaires. Enfin, il est important de varier son alimentation et de consommer une grande variété d’aliments naturels pour assurer une bonne santé et un bon équilibre nutritionnel.

Le danger des additifs alimentaires représente un enjeu majeur de santé publique. Malgré les réglementations en vigueur, de nombreuses substances autorisées présentent des risques avérés ou suspectés pour la santé humaine. Face à cette situation, la responsabilité individuelle devient cruciale. L’évolution de la réglementation, comme l’interdiction du dioxyde de titane, montre que les autorités peuvent réagir face aux preuves scientifiques. Cependant, cette évolution reste lente face à l’urgence sanitaire.

Qu’est-ce qu’un additif alimentaire ?

Définition officielle

Selon le règlement européen 1333/2008, un additif alimentaire est défini comme "toute substance habituellement non consommée comme aliment en soi et non utilisée comme ingrédient caractéristique dans l’alimentation, possédant ou non une valeur nutritive, et dont l’adjonction intentionnelle aux denrées alimentaires, dans un but technologique, au stade de leur fabrication, transformation, préparation, traitement, conditionnement, transport ou entreposage a pour effet, ou peut raisonnablement être estimée avoir pour effet, qu’elle devient elle-même ou que ses dérivés deviennent, directement ou indirectement, un composant de ces denrées alimentaires."

Classification et codification des additifs alimentaires

Les additifs alimentaires autorisés en Europe sont identifiés par un code précédé de la lettre "E" (pour Europe), suivi d’un numéro à trois chiffres.

Réglementation et autorisation

Pour être autorisé, un additif alimentaire doit répondre à plusieurs conditions strictes. Il ne doit présenter aucun risque pour la santé aux doses d’utilisation proposées, répondre à un besoin technologique réel, et ne pas induire le consommateur en erreur. Cependant, malgré ces évaluations, de nouvelles études scientifiques révèlent régulièrement des dangers potentiels pour certains additifs alimentaires dangereux, remettant en question leur innocuité supposée.

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