Les troubles du comportement alimentaire (TCA) représentent un enjeu majeur de santé publique en raison de leur fréquence très élevée dans la population générale. Ce sont des troubles psychiques qui affectent la relation d’une personne avec l’alimentation, le corps et l’image de soi. Les TCA concernent près d’un million de personnes en France, majoritairement des femmes (90 %), avec un début souvent à l’adolescence. Ces troubles sont graves : ils sont associés à une forte mortalité, par dénutrition, arrêt cardiaque ou suicide.
Pour illustrer la souffrance liée aux TCA, on peut évoquer le parcours d’Isabelle Caro, comédienne et mannequin française atteinte d’anorexie mentale, devenue le visage de la campagne « No Anorexia ». Son ouvrage témoigne de la violence de cette maladie et de la souffrance qui en découle.
L’anorexie mentale est un trouble des conduites alimentaires (TCA), c’est-à-dire une perturbation de la relation à l’alimentation. Elle se caractérise par une perte de poids intentionnelle. Les personnes les plus concernées sont les jeunes filles, à l’adolescence, mais cela peut aussi toucher les jeunes hommes. L’anorexie, comme les autres TCA, peut avoir des conséquences importantes sur notre vie affective, familiale, sur les études, le travail et les relations amicales. Malgré ces difficultés, il est possible de se rétablir de ce trouble.
Les symptômes de l’anorexie mentale comprennent :
Pendant un moment, les symptômes de l’anorexie peuvent passer inaperçus. Puis, les conflits entre la personne et son entourage deviennent majeurs.
Certains signes doivent nous alerter ou alerter notre entourage, et nous encourager à chercher l’aide de professionnels. Parmi ceux-ci :
La boulimie est également un trouble des conduites alimentaires. Elle correspond à une envie irrésistible de manger beaucoup et vite, un comportement qu’on appelle hyperphagie. Cette pulsion se manifeste dans des moments de crise, sans aucune sensation de faim ni sentiment de plaisir. La quantité de nourriture consommée est importante. Celle-ci peut être ingérée sans être mâchée. Ce trouble a des points communs avec l’anorexie, notamment la préoccupation excessive du poids et des formes du corps.
On distingue deux types de boulimie :
La boulimie et l’hyperphagie boulimique sont souvent associées à un état dépressif, une anxiété, un sentiment de honte lié à la perte de contrôle, une faible estime de soi.
La crise de boulimie survient presque toujours en dehors des repas. Souvent, nous nous cachons et nous mangeons le plus vite possible car nous nous sentons coupable. Aussi il est utile que l’entourage soit attentif à tout comportement qui pourrait évoquer une boulimie, afin d’amener la personne à en parler. S’il nous arrive de faire des crises de boulimie, nous pouvons nous interroger sur leur fréquence. Quand elles se reproduisent régulièrement, alors il peut être utile de chercher de l’aide.
On dénombre dans la classification internationale du DSM-5 plusieurs grandes catégories de troubles du comportement alimentaire. Les plus courants sont l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique. Ces affections complexes engendrent généralement une grande souffrance chez les patients, c’est pourquoi elles nécessitent une prise en charge adaptée, le plus tôt possible.
Le trouble des conduites alimentaires non spécifié est un diagnostic du DSM-5 utilisé pour qualifier toutes les problématiques qui ne répondent pas précisément aux critères des troubles du comportement alimentaire spécifiques, tels que l’anorexie mentale, la boulimie et l’accès hyperphagique.
Il s’agit d’une régurgitation ou d’une re-mastication des aliments qui peut durer des heures. Ceux-ci sont à nouveau mastiqués, ruminés, puis généralement ravalés, en l’absence de nausées ou de sentiment de dégoût. Dans le DSM-5, il est précisé que cette conduite doit être fréquente, répétée, et donc « survenir plusieurs fois par semaine, en principe quotidiennement ». Le mérycisme peut en outre débuter à tout âge, dès la première enfance. Le mérycisme est un trouble du comportement alimentaire lié à la notion de plaisir. En effet, par cette remontée volontaire des aliments, la personne revit, inconsciemment ou non, la satisfaction qu’elle a vécu lorsqu’elle les a ingérés.
Il s’agit d’une prise alimentaire non contrôlée, excessive, pendant la nuit. L’individu se réveille pour aller manger copieusement. Cette conduite alimentaire peut se produire dans un état de demi-sommeil, la personne n’en étant pas toujours consciente. Le lendemain, elle se réveille avec un souvenir plutôt imprécis de ce qu’elle a consommé pendant la nuit.
La potomanie est un trouble du comportement alimentaire qui se définit par un besoin irrépressible de boire en grande quantité, principalement de l’eau (polydipsie) ou de l’alcool (dipsomanie). Ce trouble alimentaire s’inscrit dans une volonté de se purger, se purifier, se nettoyer. Il peut également avoir pour objectif de se remplir l’estomac au maximum et être associé à une anorexie mentale.
Des travaux scientifiques récents tendent à rapprocher les TCA des conduites addictives comme la toxicomanie ou la dépendance à l’alcool.
Le ou la médecin traitant habituel, généraliste ou pédiatre, pose le diagnostic. Elle ou il prescrit les examens nécessaires et conseille sur le choix d’une consultation spécialisée ou d’un service hospitalier, de professionnels tels que psychiatre ou pédopsychiatre, psychologue, diététicien. Par la suite, ce médecin devient le référent pour assurer le suivi dans le temps, en lien avec les autres intervenants.
Un TCA implique un suivi de notre état général et de notre poids. Des examens peuvent être prescrits, comme des bilans sanguins, dentaires, digestifs ou cardiaques. Des compléments nutritionnels comme des vitamines ou du fer peuvent être proposés. A la date de novembre 2023, le CHU Paul-Brousse à Villejuif (Val-de-Marne), le CHU de Nantes (Loire-Atlantique) et l’hôpital Saint Vincent de Paul à Lille (Nord) proposaient l’APA dans leur programme de soins.
Le suivi psychologique permet d’évaluer notre état psychique et de rechercher d’éventuels troubles psychiques associés au TCA. Il est fréquent, notamment au début, que la personne ne reconnaisse pas l’existence d’une anorexie et considère ne pas avoir besoin d’aide. L’installation d’une relation de confiance permet le plus souvent une prise de conscience et amène à rechercher du soutien.
Pour la personne concernée par l’anorexie, un programme de réalimentation progressive est mis en place. Ce programme est négocié entre la personne et l’équipe soignante, afin d’aboutir à une sorte de contrat décrivant les différentes étapes pour le retour à une vie satisfaisante. S’il s’agit d’une ou d’un adolescent, les parents peuvent y être associés.
Dans le cas de la boulimie, le contrat porte sur la conduite à tenir face à la nourriture. Il doit permettre de réapprendre à se nourrir de manière diversifiée et équilibrée, en retrouvant une régularité dans le rythme des repas. Dans les TCA, la rééducation nutritionnelle vise, plus globalement, à nous aider à retrouver le plaisir de la nourriture.
Le traitement inclue une psychothérapie adaptée aux TCA. Il existe différentes formes de psychothérapies dont nous pouvons bénéficier : cognitivo-comportementale, systémique, individuelle ou en groupe, analytique, etc.
La famille est soutenue et impliquée dans les soins, en particulier lorsque la personne concernée est une ou un adolescent. Des entretiens réunissant, à l’initiative d’un thérapeute, la personne et ses parents, ses frères et sœurs, sa compagne ou compagnon, aident à améliorer la relation avec l’entourage et à se rétablir.
Le traitement des TCA est réalisé, de manière privilégiée, à travers des consultations et, si besoin, des hospitalisations la journée seulement. Le rythme plus ou moins soutenu de ces consultations dépend de notre état de santé physique et mentale. Ce mode de soins, dits ambulatoires, permet de ne pas couper la personne de sa famille, de sa scolarité, de ses études ou de son travail.
Une hospitalisation peut se révéler nécessaire dans certains cas :
Dans le cas où une personne concernée par l’anorexie court un danger vital, ou si prendre de la nourriture lui est devenu trop difficile, l’équipe médicale utilise une sonde (un tube fin et flexible allant de la bouche ou du nez jusque dans l’estomac). Ce dispositif permet une alimentation artificielle par une solution apportant les principaux nutriments.
Quelle que soit leur origine, les fringales compulsives, appelées aussi pulsions ou compulsions alimentaires, peuvent être freinées et prévenues par quelques recommandations psychologiques ou diététiques.
La fringale compulsive ou compulsion alimentaire, nommée « craving » en anglais, est une envie incontrôlable de manger de toute urgence un aliment « plaisir » pour obtenir un réconfort immédiat. Elle devient pathologique dès lors que les aliments sont absorbés sur un temps très court, sans réelle sensation de faim, sans arriver à s’arrêter, et souvent en grande quantité.
Les compulsions alimentaires peuvent avoir plusieurs causes : stress, anxiété, fatigue, mal-être, émotions difficiles, baisse d’estime de soi, dépression, manque de sommeil… Elles peuvent aussi être le symptôme d’un trouble du comportement alimentaire (TCA).
Il n’y a rien de pire pour générer des pulsions que de sauter un repas ou de trop l’alléger : l’organisme a besoin d’un apport énergétique réparti tout au long de la journée. On programme donc un vrai petit-déjeuner, un déjeuner et un dîner à heures régulières.
La dépendance à la nourriture, ou addiction à la nourriture, est un terme « apparu pour la première fois en 1956 » [1], qui correspond à un trouble de l’alimentation caractérisé par une consommation excessive et incontrôlée de nourriture. En effet, la dépendance alimentaire est liée à des apports incontrôlés associés à l'obésité et aux troubles du comportement alimentaire. Il s'agit d'un trouble cérébral complexe, chronique et multifactoriel qui résulte de l'interaction de plusieurs gènes et facteurs environnementaux.
Les effets de certains aliments sur le cerveau rendent parfois certaines personnes dépendantes, de la même façon que les autres dépendances, ce qui explique pourquoi elles ne peuvent pas se contrôler face à certains aliments. Rarement possible à résoudre tout seul, la dépendance alimentaire est un problème qui nécessite de demander de l'aide auprès d'un professionnel de santé.
Un trouble des conduites alimentaires n’est pas quelque chose à prendre à la légère, notamment pour une personne vivant avec un diabète. Des solutions d’accompagnement existent !
Pour les personnes souffrant de troubles des conduites alimentaires et pour leurs proches, des solutions d’aide et d’écoute peuvent être utiles :
L’entourage ne peut se substituer à l’équipe médicale, mais il peut assurer un soutien essentiel dans ces moments difficiles. Ce soutien peut notamment passer par :
L’entourage peut trouver de l’aide pour lui-même, de l’écoute et des conseils auprès d’associations de patients et de proches.
| Trouble | Caractéristiques | Comportements |
|---|---|---|
| Anorexie Mentale | Restriction alimentaire intense, peur de grossir, altération de la perception du corps | Perte de poids significative, utilisation de laxatifs, exercice excessif |
| Boulimie | Crises de boulimie suivies de comportements compensatoires | Vomissements provoqués, utilisation de laxatifs, jeûne |
| Hyperphagie Boulimique | Crises de boulimie sans comportements compensatoires | Ingestion de grandes quantités de nourriture, sentiment de culpabilité |
| Méricysme | Régurgitation et re-mastication des aliments | Remontée volontaire des aliments, re-mastication et ravalement |
| Syndrome d'alimentation nocturne | Prise alimentaire non contrôlée pendant la nuit | Réveil nocturne pour manger, souvent sans conscience |
| Potomanie | Besoin irrépressible de boire en grande quantité | Consommation excessive d'eau ou d'alcool |
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