Acide Salicylique : Son Utilisation Alimentaire, Avantages et Inconvénients

S’alimenter sainement, manger vrai, vivant, varié, coloré en favorisant une agriculture biologique ou raisonnée, de saison, c’est l’adage que personne ne remet en question. L’adoption de diète alimentaire à base de végétaux, céréales complètes, noix, graines, oléagineux et huiles végétales a été proposée comme une stratégie efficace dans la prévention de plusieurs maladies chroniques principalement liées à un stress oxydatif accru.

Des effets bénéfiques sur le poids, le contrôle de la glycémie, le profil lipidique, les maladies cardiovasculaires et la réponse inflammatoire ont été décrits dans plusieurs publications médicales. La consommation de fruits et de légumes a été associée à une réduction du risque de mortalité toutes causes confondues.

En termes d’alimentation et de nutrition, il est temps de revenir aux fondamentaux et d’écouter son corps. Manger varié, un peu de tout, en respectant les saisons et en écoutant ses capacités digestives et de détoxication, c’est la condition pour être « nourri », au vrai sens du terme.

Avez-vous déjà entendu parler des salicylates, des oxalates, des lectines ? Oui, certainement ! Mais quel est vraiment leur impact sur notre santé ? Sommes-nous tous concernés par ces sensibilités ?

Une étude du Dr Hanns-Wolf Baenkler suggère que 2,5 % des Européens seraient sensibles aux salicylates, avec en pratique clinique, 2 à 7 % des patients concernés par des troubles allergiques ou digestifs. La sensibilité aux oxalates est mal quantifiée, avec une composante génétique à prendre en compte. La prévalence pour les lectines est aussi très peu documentée.

Salicylates, oxalates, lectines sont des molécules chimiques synthétisées par les végétaux à l’état naturel pour se défendre des agresseurs extérieurs que sont les animaux, les infections bactériennes, fongiques, virales, les insectes, les dommages causés par les radiations UV, les variations de température… C’est un système de défense naturelle.

Rappelons que les oxalates sont des cristaux grâce auxquels les plantes se protègent du broutage des herbivores, par exemple. Ces molécules ont traditionnellement été considérées comme nocives pour la santé en raison de leur potentiel à limiter la biodisponibilité des nutriments essentiels de notre assiette. On les appelle des anti-nutriments.

Les salicylates sont des dérivés de l’acide salicylique que l’on trouve naturellement dans le saule blanc, la reine-des-prés. On a fabriqué à partir de cette molécule la célèbre aspirine ou acide acétyl salicylique. Le seul salicylate dont il a été clairement démontré qu’il provoque des réactions chez certains est l’aspirine. Il est impossible d’éviter les salicylates !

L'Acide Salicylique comme Conservateur Alimentaire

L’acide salicylique s’impose comme une solution efficace pour prolonger la durée de vie de vos préparations. Ce conservateur naturel, issu de l’écorce de saule, permet de préserver la fraîcheur et la saveur de vos sauces pendant plusieurs mois. Employé depuis des générations dans la conservation alimentaire, l’acide salicylique offre une alternative fiable aux conservateurs industriels.

Sa capacité à inhiber le développement des bactéries et des moisissures en fait un allié précieux pour vos conserves de sauce tomate. L’utilisation de l’acide salicylique comme conservateur pour la sauce tomate nécessite un dosage précis. La concentration idéale se situe entre 0,1 % et 0,5 % de la préparation totale. La dissolution de l’acide salicylique requiert une attention particulière. Mélangez toujours la quantité nécessaire dans de l’eau chaude avant de l’incorporer à votre préparation.

L’acide salicylique, extrait naturellement de l’écorce de saule, possède des propriétés antifongiques et antibactériennes remarquables. Dans le contexte des préparations culinaires, ce composé agit comme une barrière efficace contre le développement des micro-organismes.

La mise en bocaux constitue la technique privilégiée pour conserver vos sauces tomates traitées à l’acide salicylique. Cette méthode permet une conservation à température ambiante pendant plusieurs mois. La congélation offre une alternative intéressante, même si l’ajout d’acide salicylique devient facultatif dans ce cas. Le froid intense suffit généralement à préserver la qualité de votre sauce.

L’utilisation de l’acide salicylique demande certaines précautions. Le respect des dosages recommandés s’avère crucial pour éviter tout désagrément digestif. La transparence sur l’utilisation de ce conservateur reste primordiale. Étiquetez systématiquement vos préparations en mentionnant la présence d’acide salicylique.

L’acide salycilique

Alternatives Naturelles

Le vinaigre et le jus de citron représentent des alternatives naturelles intéressantes pour la conservation des sauces tomates. Ces ingrédients acidifiants permettent de prolonger la durée de vie de vos préparations sans recourir à des conservateurs chimiques. L’huile d’olive constitue également une méthode traditionnelle de conservation.

La durée de conservation de vos sauces tomates varie considérablement selon la méthode choisie. Les préparations sans conservateur nécessitent une attention particulière. Leur durée de conservation se limite souvent à quelques jours au réfrigérateur, ou quelques mois au congélateur.

Précautions et Réglementation

L’ajout d’acide salicylique dans vos sauces tomates n’altère pas significativement leurs qualités nutritionnelles. La cuisson prolongée représente le facteur principal de perte des nutriments. La réglementation concernant l’utilisation d’acide salicylique dans les conserves domestiques varie selon les pays. Les professionnels de l’agroalimentaire doivent respecter des normes strictes concernant l’utilisation de conservateurs.

L’apparition de bulles ou de moisissures à la surface de vos sauces indique généralement un problème de conservation. La formation d’une pellicule blanchâtre en surface ne signifie pas nécessairement une altération. Il peut s’agir d’une réaction naturelle des composés de la tomate.

Risques et Effets Indésirables

L’ingestion d’acide salicylique en quantité excessive peut provoquer des troubles digestifs, des nausées et dans les cas graves, une intoxication. L’acide salicylique peut également altérer le goût de vos préparations. Beaucoup d’utilisateurs rapportent un goût amer ou métallique qui peut gâcher le plaisir de déguster vos conserves maison.

Plusieurs plantes ont été identifiées comme présentant des effets contre-productifs dans la défense contre le coronavirus. Il s’agit des plantes contenant des dérivés de l’acide salicylique (analogues de l’aspirine), telles que le saule, la reine des prés, le bouleau, le peuplier, la verge d’or, les polygalas mais aussi des plantes contenant d’autres anti-inflammatoires végétaux, telles que l’harpagophytum, les échinacées, le curcuma, la griffe du chat (appelée aussi liane du Pérou), les plantes des genres Boswellia et Commiphora (connues pour leurs gommes-oléorésines appelées respectivement « encens » et « myrrhe »).

Bien que le niveau de connaissances disponibles soit inégal pour ces différentes plantes, les experts de l’Anses estiment qu’elles sont toutes susceptibles de perturber la réponse immunitaire et la réaction inflammatoire bénéfique développée par l’organisme au début des infections.

Que retenir sur l'intolérance aux salicylates ?

Quels sont les symptômes d’une intolérance aux salicylates ? Ces symptômes ressemblent fort à ceux d’une intolérance à l’histamine ou à la clinique d’une allergie saisonnière, d’où la difficulté de diagnostic. On retrouve :

  • Sinusite, polypes nasaux
  • Yeux irrités
  • Asthme : l’intolérance aux salicylés est plus fréquente chez les adultes asthmatiques. 5 à 10 % des asthmatiques adultes seraient affectés par l’AERD (Aspirine-Exacerbated Respiratoire Disease), une forme particulière d’intolérance aux inhibiteurs de la cyclooxygénase-1 (Cox-1), impliquant des symptômes respiratoires exacerbés.

Où trouve-t-on ces salicylates ? Les quantités les plus importantes se trouvent dans les fruits, les légumes, les épices, les herbes aromatiques (menthe, basilic), les oléagineux (tous sauf la noix de cajou et la graine de Pavot). En référence au poids, les épices se placent en haut du classement ! La poudre de curry, c’est 218 mg de salicylates pour 100 g de poudre. À titre de comparaison, les framboises, considérées comme un aliment à haute teneur en salicylates, ne sont qu’à 4,4 mg pour 100 g !

Parmi les aliments plébiscités dans un régime bas en histamine, on retrouve la courgette (peau), la patate douce, l’endive, l’asperge, riches en salicylates ! Les seuls fruits sans salicylates sont la banane bien mûre et la poire pelée.

Pourquoi sont-ils mal tolérés ? Une mauvaise tolérance est en lien avec une difficulté à les dégrader. C’est la voie de phase 2 de conjugaison de la détoxication hépatique qui entre en jeu. La phase 2 de conjugaison a pour rôle de rendre hydrosolubles diverses substances actives lipophiles et toxiques issues de la phase 1, afin de faciliter leur élimination dans la bile ou les urines.

Quels sont les problèmes ?

  • Une voie de sulfatation (ou sulfoconjugaison) peu efficace.
  • Une voie de la glucuronidation (ou glucuronoconjugaison) qui dysfonctionne par déficit en glucuronides, sous l’action des enzymes UGT (UDP-glucuronyltransférases).
  • Une méthylation (cycle des Folates donneurs de méthyles) et une voie du glutathion déficitaires.
  • Un déficit en PST (Phénolsulfo-transférase), retrouvé chez l’enfant et chez l’adulte avec une difficulté à détoxiquer les salicylates, les phénols d’où une sensibilité accrue.

Le foie est la plaque tournante du métabolisme de nos toxines et des xénobiotiques. Manger healthy et ne pas en tirer les bénéfices ?

Comment Minimiser les Effets des Anti-Nutriments

Pour ne pas diaboliser ces anti-nutriments, des astuces simples peuvent être mises en place. Le trempage est la méthode à retenir. Le trempage des légumineuses est lui bien connu et ce, pendant 8h à 12h (les temps de trempage peuvent varier selon le grain).

L’astuce est d’ajouter 1/2 cuillère à café de bicarbonate de sodium par litre d’eau, puis jeter l’eau, bien rincer et cuire avec de l’eau fraîche. Ce trempage élimine les lectines, l’acide phytique, les composés indigestes comme certains oligosaccharides (raffinose, stachyose) et autres inhibiteurs d’enzymes digestives, améliorant ainsi la digestibilité. Il permet de réhydrater les légumineuses et diminuer le temps de cuisson.

La germination après trempage prolongé et rinçage amorce ce processus intéressant en termes d’alimentation vivante, avec une meilleure biodisponibilité des nutriments, une digestibilité améliorée, une activation de certaines enzymes bénéfiques dont la phytase qui dégrade l’acide phytique, le verrou du germe dormant.

La lactofermentation est aussi bénéfique en termes de vitalisation de l’aliment avec un bémol pour les personnes intolérantes à l‘histamine pour lesquelles je ne recommande pas la fermentation. Concernant les salicylates, retenir que l’épluchage des fruits et légumes reste la seule solution afin d’en limiter l’ingestion, les salicylates étant concentrés surtout dans la peau.

Petit aparté sur les jus de fruits et légumes… vous comprenez pourquoi ces jus pris quotidiennement et à longueur d’année sont loin d’être bénéfiques (on conserve la peau la plupart du temps avant centrifugation).

Les oxalates sont solubles dans l’eau. Pour cette raison, l’ébullition et la cuisson à la vapeur permettent de réduire considérablement la teneur de ces composés. Un processus d'ébullition pendant 12 min a entraîné une réduction entre 30 % et 87 % des oxalates solubles. Dans la cuisson à la vapeur, la réduction des oxalates est d'environ 42 % à 46 % (Chai & Liebman, 2005). Avec le trempage, on retrouve une perte de teneur en oxalates comprise entre 40,5 % et 76,9 % (Akhtar, Israr, Bhatty & Ali, 2011).

Dans la fermentation, la réduction des oxalates peut également se produire par l'action d'enzymes de dégradation, telles que l'oxalate oxydase, l'oxalate décarboxylase et l'oxalyl-CoA synthétase (Lo et al., 2018).

Un régime d’éviction totale est impossible, qu’il s’agisse des salicylates, des oxalates, des lectines et autres antinutriments évoqués plus haut.

Applications Utiles

Certaines applications sur smartphone peuvent être utiles et consultables au besoin. Il s’agit de :

  • BALIZA (icône fraise) sur les intolérances à l’histamine, salicylates, benzoates, oxalates…
  • MONASH University Fodmap Diet qui recense les aliments certifiés pauvres en FODMAPs.

Attention, ces applications sont vite anxiogènes !

Conseils Pratiques

Quels sont mes conseils ?

  • Se faire accompagner, l’indispensable
  • Rééquilibrer son alimentation
  • Vérifier les carences en micronutriments de base et y remédier, avec des formes tolérées, bien assimilées et en concentration efficace (magnésium, vitamine D, vitamine A, vitamine du groupe B, vitamine C, zinc, sélénium, iode…)
  • Soutenir l’apport en bonnes graisses via l’alimentation et/ou la supplémentation.

Pour soutenir votre fonction de détoxication hépatique, vous pouvez :

  • Faire des bains ou des bains de pieds au sel d’Epsom ou au bicarbonate de sodium.
  • Faire un sauna ou mieux un sauna Infrarouge : plusieurs publications ou essais démontrent que l’utilisation de la lumière rouge ou Infrarouge améliore le métabolisme en général et favorisent des mitochondries fonctionnelles pour une bonne synthèse d’ATP (énergie), effectuer du brossage à sec afin de stimuler la circulation lymphatique.
  • S’endormir avec une bouillotte tiède sur le foie : le foie est un organe lymphoïde à drainer, siège des mastocytes. Le foie travaille de façon optimale autour de 42 °C.
  • Penser aux manœuvres d’ostéopathie viscérale : plus on mobilise les organes et plus on va tendre à remettre un équilibre entre eux.
  • Favoriser un sommeil réparateur : et oui, le foie travaille la nuit, pendant le sommeil.
  • Gérer le stress : nous sommes trop exigeants avec notre corps.

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