Acide Aspartique: Sources Alimentaires, Bienfaits et Rôle Essentiel dans l'Organisme

L’acide aspartique (ou aspartate) est un acide aminé non essentiel qui participe à la synthèse de nos protéines cellulaires et organiques. Hormis son groupe acide et amine commun à tous les acides aminés, il est caractérisé par une chaîne latérale en -CH2-COOH. Dans l’organisme, l’acide aspartique est présent sous deux formes moléculaires distinctes : L ou D-aspartate.

  • L’acide L-aspartique, forme lévogyre protéinogène.
  • L’acide D-aspartique dont plusieurs études scientifiques ont mis en valeur le rôle dans la synthèse de la testostérone.

Certains acides aminés présentent trois formes (énantiomères) dont deux sont les plus connues, les formes L (pour lévogyre) et D pour dextrogyre. En général, les acides aminés L- sont fonctionnels, la forme D ne l’est généralement pas. Par exception, la forme D- de cet acide aminé présente plusieurs rôles sur le plan biologique. C’est le cas de l’acide D-aspartique.

Découvert au début du 19ème siècle par un scientifique du nom d’Auguste-Arthur Plisson, l’acide aspartique a été isolé à partir du jus d’asperge, ce qui lui a donné son nom.

L'acide aspartique est un des acides aminés non essentiels que l’organisme sait synthétiser. La forme L est celle qui s’intègre aux protéines. L’acide aspartique agit aussi comme neurotransmetteur dans le système nerveux central. En stimulant des récepteurs excitateurs, l’acide aspartique participe à l’excitabilité neuronale. Les études sur modèles animaux montrent que la D‑aspartate peut moduler les mécanismes neuronaux impliqués dans l’orientation spatiale et la mémorisation des tâches.

L’acide aspartique intervient au cœur du métabolisme énergétique et azoté. Dans le cycle de l’urée, l’aspartate s’associe à la citrulline pour former de l’arginine, processus essentiel à la détoxification de l’ammoniac.

Améliorer la fertilité des hommes par des compléments alimentaires

Quel est le rôle de l’aspartate en tant qu’acide aminé ?

L’aspartate pourrait jouer sur la synthèse de la testostérone chez l’homme, notamment sur la maturation des spermatozoïdes (2). Des études cliniques ont confirmé l’intérêt de cet acide aminé chez des patients qui souffraient de troubles de la fertilité (1). Après la prise d’un complément alimentaire à base d’acide D-aspartique pendant 90 jours, la concentration et la vitalité des spermatozoïdes a augmenté dans le groupe traité par rapport au placebo.

Ainsi, l’acide aspartique pourrait s’avérer potentiellement intéressant chez l’homme souffrant d’un taux de testostérone faible ou de problèmes de fertilité. Il intervient également sur la synthèse d’une hormone, la GnRH, qui est secrétée par l’hypothalamus. Cette hormone entraîne ensuite la production de la LH et de la FSH par l’hypophyse, intervenant ensuite sur la synthèse des androgènes comme la testostérone.

Schéma du testicule

Bienfaits de l'acide aspartique

Au niveau du système nerveux central, l’acide aspartique présente une fonction de neurotransmetteur. Il intervient sur les fonctions neuronales du cerveau, sur la mémoire, l’activité cérébrale, l’orientation dans l’espace et l’apprentissage des tâches quotidiennes (3). Comme les autres acides aminés, essentiels ou non-essentiels, l’acide aspartique participe à la libération d’énergie par la gluconéogenèse, à la récupération post-exercices et à la croissance de la masse musculaire par la synthèse des protéines (4). Il a été prouvé que l’augmentation de l’acide aspartique dans l’organisme augmente la mémoire et améliore la fonction neuronale de l’individu.

L’acide aspartique est très sollicité dans la construction de la masse musculaire en favorisant la synthèse des protéines. Une intervention dans la glycogénèse, c’est-à-dire la synthèse du glucose à partir du glycogène. C’est un processus métabolique dans le foie et dans les muscles. Cette réaction biochimique permet de maintenir un taux stable de glucose dans le sang.

La gluconéogenèse

L’acide aspartique entre en intervention dans la synthèse des protéines et dans la glucogénèse.

L'une des fonctions majeures de l'acide aspartique dans l'organisme est de participer à la synthèse des protéines et des acides aminés. Il sert notamment de pionnier pour la production de plusieurs acides aminés que le corps ne peut fabriquer seul et qui doivent donc être apportés par l'alimentation. L'acide aspartique contribue directement à la construction et à la réparation des tissus musculaires, ainsi qu'au maintien de la masse maigre. L'acide aspartique intervient également dans le métabolisme énergétique. Il participe notamment au cycle de Krebs, une voie métabolique qui produit de l'énergie à partir des glucides, lipides et protéines.

Où trouve-t-on de l’acide aspartique ?

Sources Alimentaires

L’acide aspartique est naturellement retrouvé dans les sources de protéines complètes, notamment dans le soja, la farine de soja et protéines de soja (isolat ou concentrat) où il est présent en forte quantité (6 à 10 g/100 g) ainsi que dans le chou vert. Les arachides, la spiruline, le tofu, le tournesol, la farine de sésame, les noix, les amandes, le lupin, les lentilles, les haricots rouges, le pois cassé, l’asperge et d’autres végétaux apportent une quantité significative d’acide aspartique.

Quant aux protéines animales, le poulet, le blanc d’œuf, de nombreux poissons, l’agneau et le veau apportent une quantité significative d’acide aspartique sur le plan alimentaire.

Les aliments les plus concentrés en acide aspartique sont principalement d'origine animale. Parmi ces sources figurent la spiruline, la dinde, le bœuf, les crevettes ou encore les œufs. Bien que plus rares, certains végétaux contiennent aussi des quantités intéressantes d'acide aspartique. C'est notamment le cas des légumineuses comme les lentilles (1330 mg/100g) ou les haricots blancs (1130 mg/100g). Le soja et ses dérivés, à l'exemple du tofu, sont également des sources notables pour les sportifs végétariens.

Voici une liste des aliments riches en acides aminés:

  • La viande et la volaille.
  • Les produits laitiers, par exemple les fromages à pâte dure (parmesan, emmental…) ou encore le fromage blanc. Pour ce qui est du lait, le lait entier, le lait écrémé et demi-écrémé apportent tous autant de protéines.
  • Les poissons tels que le thon, le saumon, la sardine, le maquereau, la morue, etc.

Compléments alimentaires

Certains boosters de testostérone contiennent de l’acide D-aspartique étant donné son rôle sur la synthèse de la testostérone. Des extraits végétaux (ortie, fenugrec, Palmier de Scie…), des vitamines et minéraux essentiels (zinc, magnésium…) font également partie de la formulation des boosters naturels des androgènes. Il s’agit de compléments alimentaires qui vous aideront à stimuler la libération des hormones androgènes de manière optimale.

Les compléments alimentaires à base d’acide D-aspartique isolé ou associé à d’autres nutriments apportent entre 2000 à 3000 mg de l’acide aminé, une quantité significative souvent associée aux boosters de testostérone.

Dosage et risques de carence

Les risques de carence en acide aspartique sont peu probables à partir du moment où votre alimentation est normalement protéinée. Cependant, avec l’âge, l’acide aspartique, comme d’autres acides aminés, sera beaucoup moins assimilé car fortement retenu par les intestins. Dans ce cas, la fatigue, la perte de masse musculaire ou le manque d’énergie en journée pourraient être causés par ce type de carence.

Une supplémentation en acide aspartique peut être envisagée, selon les besoins individuels et les conseils de votre médecin. Si vous prenez un supplément d’aspartate, un apport compris entre 500 et 3000 mg est généralement préconisé par les fabricants.

Un individu en bonne santé doit apporter 500 mg à 2000 mg d’acide aspartique à partir de son alimentation. Les sources doivent être variées quotidiennement.

Le manque d’énergie est la conséquence première de cette carence. C’est le cas pour certaines personnes âgées. Il se peut aussi que le surentraînement pour les sportifs puisse aussi conduire à une carence d’acide aspartique. Cette carence peut aussi causer une dépression chez certaines personnes.

Bien qu'une carence en acide aspartique soit rare chez des individus en bonne santé, certaines situations peuvent augmenter les besoins ou réduire les apports. C'est notamment le cas lors d'un entraînement intensif ou en cas de régime déséquilibré. Les symptômes d'une carence peuvent inclure une fatigue chronique, une perte de masse musculaire voire des troubles de l'humeur.

Précautions

Evitez cependant de prendre des doses importantes de cet acide aminé le soir car il pourrait réduire notablement la synthèse de la mélatonine au moment du coucher.

Ces compléments alimentaires devraient être pris par cycle, un apport chronique en acide D-aspartique n’est pas souhaitable pour la santé du foie. Naturellement, l’avis d’un professionnel de santé peut être requis avant la prise de doses élevées d’acide aspartique.

D’abord, la surcharge peut avoir des effets indésirables pour le foie et pour les reins. Il a été prouvé qu’une accumulation peut favoriser les calculs rénaux et les marqueurs rénaux. Des débuts d’inflammation du foie peuvent aussi survenir. Enfin, l’excès d’acide aspartique peut aussi causer des troubles du sommeil chez l’individu. En effet, elle va avoir des effets négatifs sur la production de mélatonine ou l’hormone responsable de l’endormissement.

Il est important de noter que ces effets indésirables sont des cas exceptionnels.

Aspartame : Idées reçues

L’acide aspartique entre dans la composition de l’aspartame, un édulcorant de synthèse (40% de la molécule) avec la L-phénylalanine. L'aspartame (L-a-aspartyl-L-phénylalanine méthyle ester) est un édulcorant pauvre en calories utilisé pour sucrer une large variété d’aliments et de boissons pauvres en calories et réduites en calories, y compris les édulcorants de table pauvres en calories. Il se compose de deux acides aminés, l’acide aspartique et la phénylalanine, sous forme d’ester méthylique. Les acides aminés sont les blocs de construction de la protéine. L’acide aspartique et la phénylalanine sont également trouvés naturellement dans les aliments contenant des protéines, notamment la viande, les céréales et les produits laitiers.

Une récente campagne sur le web a eu pour thème l'aspartame et s'avère contenir de nombreuses allégations sans fondement, le produit étant notamment accusé de provoquer des maladies graves, sclérose en plaques, maladie d'Alzheimer ou autres fléaux!

L'aspartame est un édulcorant puissant, faible en calories, dont le pouvoir sucrant est environ 200 fois supérieur à celui du saccharose (sucre de table). Il est utilisé pour sucrer différents aliments et boissons. On fabrique l'aspartame en assemblant deux acides aminés (composants des protéines), l'acide aspartique et la phénylalanine, à une petite quantité de méthanol. Ces deux acides aminés se trouvent à l'état naturel dans tous les aliments contenant des protéines, y compris la viande, les céréales et les produits laitiers. Le méthanol se trouve pour sa part à l'état naturel dans le corps et dans de nombreux aliments comme le jus des fruits et des légumes.

Selon la législation alimentaire européenne, l'aspartame est classé comme additif alimentaire et, en tant que tel, il a subi des tests rigoureux ainsi qu'une évaluation de son innocuité par le Comité Scientifique pour les Aliments, avant son autorisation en 1981.

Les personnes souffrant d'une maladie héréditaire rare connue sous le nom de phénylcétonurie doivent contrôler leur consommation de phénylalanine, quelle qu'en soit la source, y compris si elle est issue de l'aspartame.

La campagne parue sur Internet qui tentait d'établir un lien entre l'aspartame et la sclérose en plaques, est simplement dénuée de fondement. De nombreuses associations professionnelles médicales ont réfuté cet argument. Le docteur David Squillacote, conseiller médical principal de la Fondation pour la Sclérose en Plaques, a confirmé l'absence d'éléments scientifiques prouvant que l'aspartame puisse, de quelque façon que ce soit, provoquer, simuler ou aggraver une sclérose en plaques.

Chronologie des études sur l'aspartame

  • 1975-1980 : La FDA suspend l’autorisation de mise sur le marché de l’aspartame et rassemble un comité scientifique indépendant, le Public Board of Inquiry (PBOI), pour ré-évaluer la toxicité de l’édulcorant.
  • 1981 : Un Comité mixte d’experts de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) sur les additifs alimentaires, appelé JECFA, estime que les données sont insuffisantes pour prouver la toxicité de l’aspartame.
  • 1981 - 1996 : La FDA réautorise l’utilisation de l’aspartame en 1981, contournant ainsi la décision du PBOI.
  • 1994 : Après évaluation par l’European Food Safety Authority (EFSA), l’Union Européenne autorise l’aspartame (1988 en France).
  • Plusieurs études (Olney, 1996 ; Soffritti, 2005, 2006, 2007, 2010) suggèrent un lien possible entre l’aspartame et un risque accru de tumeurs cérébrales, de leucémies et de lymphomes. Une étude danoise (Halldorsson, 2010) met en évidence une association entre la consommation de boissons contenant des édulcorants et un risque d’accouchement prématuré chez les femmes enceintes.
  • 2011 : L’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) évalue les risques et bénéfices nutritionnels de l’ensemble des édulcorants intenses.
  • 2013 : Sur une demande de la Commission européenne, l’EFSA entreprend une évaluation exhaustive de toutes les données disponibles sur l’aspartame.
  • De nouvelles études épidémiologiques de grande qualité font état d’une association entre la consommation de boissons édulcorées et l’incidence du cancer du foie ou la mortalité par cancer du foie (Stepien, 2016 ; Jones, 2022 ; McCullough, 2022). Une étude épidémiologique française met en évidence un lien entre la consommation d’édulcorants et un risque accru de cancer du sein, de cancer lié à l’obésité et de cancer en général (Debras, 2022).

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