Alimentation et conseils pour la thyroïde : guide complet

La thyroïde, glande située dans le cou, produit des hormones qui régulent le métabolisme. Elle est absolument fondamentale pour que notre corps fonctionne correctement. Si vous souffrez de problèmes de thyroïde, certains aliments sont à privilégier, et d’autres à limiter ou éviter.

Les recommandations de cet article sont à inclure dans une hygiène de vie globale, pour les personnes ayant une dysfonction de la thyroïde, avec ou sans traitement médical. En aucun cas elles ne remplacent un traitement médical.

Anatomie de la glande thyroïde et son fonctionnement.

1. Aliments goitrogènes : faut-il les interdire ?

On entend souvent que les aliments goitrogènes sont interdits en cas d’hypothyroïdie. En réalité, on doit simplement les limiter. En effet, consommés crus, ils ralentissent le fonctionnement de la glande thyroïde en inhibant la captation de l’iode. Or, l’iode est un élément indispensable à la production des hormones thyroïdiennes.

Cependant : des études montrent que la cuisson inhibe en bonne partie cet effet goitrogène. Et heureusement, car ces aliments ont plein de vertus, notamment les choux : ils sont anti-inflammatoires, soutiennent l’action du foie, combattent la dominance oestrogénique, sont plein d’anti-oxydants et participent à un microbiote sain.

Image d'un goitre thyroïdien.

Le cas du soja

Le soja quant à lui aurait des effets goitrogènes uniquement en cas de déficience en iode et de problème de thyroïde. Il bloque l’activité de la TPO (enzyme nécessaire à la fabrication de l’hormone T4). En revanche, certaines études suggèrent que les aliments à base de soja, en inhibant l’absorption d’iode, peuvent augmenter la dose d’hormone thyroïdienne requise par les personnes hypothyroïdiennes. Ceci nécessite donc de doser l’iode régulièrement.

A noter que chez certaines personnes ayant la maladie auto-immune d’Hashimoto ou de Basedow, le soja est à éviter. Comme source de soja (si vous en consommez), je vous recommande de consommer des aliments à base de tofu lacto-fermenté, ou du miso, et de limiter néanmoins à 2 fois par semaine.

Donc, pour conclure, une consommation modérée d’aliments goitrogènes (hors soja) serait acceptable pour les personnes en hypothyroïdie (par ex 1 fois par semaine cru, et 2-3 fois par semaine cuits à la vapeur douce). Dans ce cas, consommer des aliments goitrogènes crus de préférence freinera la thyroïde en sur-régime, ce qui serait bénéfique.

Comme dit plus haut, les crucifères notamment sont super intéressants à plein de points de vue. Citons ici par exemple le chou kale: celui-ci, en plus d’avoir cette action freinatrice de la glande papillon, apporte plein de calcium bien assimilable (bien en hyperthyroïdie, qui provoque une diminution de la densité osseuse), et qui a une action anti-proliférative.

2. L'importance de l'iode

L’iode est un élément indispensable à la production d’hormones thyroïdiennes. Donc pour prendre soin de sa thyroïde, et en hypothyroïdie, l’alimentation doit apporter de l’iode. Or, plus de 50% des Français seraient carencés.

L’iode se trouve dans les aliments suivants: poissons de mer, crustacés, algues (attention aux sources, afin d’éviter les métaux lourds), œufs, laitages.

Le sel de table enrichi en iode n’est pas idéal car raffiné et contenant des additifs ; le sel doit dans tous les cas être utilisé avec modération, et être non raffiné, en raison des risques sur le plan cardio-vasculaire, des œdèmes, et de son effet acidifiant.

Pour une bonne fonction thyroïdienne, il faudrait apporter 150µg/j d’iode (sauf en hyperthyroïdie, et attention si au-delà en cas d’Hashimoto), alors que la consommation actuelle des Français est plutôt de la moitié.

En cas d’hypothyroïdie, vous pouvez consommer 5g d’algues sèches en paillettes ou 30g réhydratées non cuites. Vous les trouverez en magasin bio : dulse, wakamé, haricots de mer, laitue de mer, et nori qui en contient moins. Les algues ne vous disent rien ? Je vous recommande de tester le tartare d’algues !

A l’inverse, en hyperthyroïdie (hors maladie de Basedow), on conseille généralement de limiter l’apport en iode, donc le sel iodé, les poissons de mer, les algues, les laitages.

En cas de maladie auto-immune de Basedow, des études ont montré que bon nombre de personnes étaient en fait carencées en iode. Donc dans ces cas, je vous recommande plutôt de faire vérifier votre statut en iode, avant de limiter tout apport iodé.

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3. Sucres et troubles thyroïdiens

Les sucres à index glycémique élevé sont ceux qui font grimper le taux de sucre dans le sang trop rapidement. Ceux-ci, ainsi que trop de sucre d’une manière générale augmentent l’inflammation et perturbent la synthèse des hormones thyroïdiennes.

Les sucres raffinés (= sucre blanc, céréales blanches) épuisent l’organisme. Selon le Dr Clayes, cet excès engendre notamment un épuisement de l’hormone T3.

Attention, ce n’est pas parce qu’en hyperthyroïdie on produit trop de T3 qu’il faut consommer plein de sucres pour le réduire ! Le sucre reste acidifiant et inflammatoire, et les excès sont à éviter d’une manière générale, ou à limiter aux grandes occasions.

Tout sucre est-il donc interdit en cas de troubles thyroïdien? Non, nous en avons besoin, mais privilégiez les versions semi-complètes ou complètes si vos intestins les supportent bien sûr. Vous pouvez aussi avantageusement les remplacer par du quinoa, des tubercules (courges par exemple), du sarrasin.

4. Acides gras : attention aux excès

Je vous incite à lire attentivement les étiquettes des produits que vous achetez. Dans les produits transformés et surtout ultra-transformés, vous pourriez y trouver des acides gras « trans » ou « partiellement hydrogénés » ou « hydrogénés ».

Plusieurs études ont montré qu’ils sont associés à plusieurs maladies chroniques comme les maladies de la thyroïde, les troubles cardio-vasculaires, cardiaques, le diabète, etc. De même, trop d’acides gras saturés sont pro-inflammatoires et rigidifient les membranes des cellules, qui ne peuvent fonctionner plus de manière optimale.

On trouve les acides gras saturés principalement dans les viandes et laitages, et dans les produits frits et panés. Les viennoiseries en contiennent une bonne dose aussi.

Trop d’omégas 6 (huiles de tournesol, maïs, pépins de raisin, animaux nourris aux céréales, oléagineux - sauf noix) n’est pas souhaitable non plus, en comparaison aux omégas 3. En effet, ils favorisent l’inflammation aussi.

5. Perturbateurs endocriniens

Sans rentrer dans les détails ici, sachez juste que ceux-ci sont des perturbateurs endocriniens. Ils perturbent donc le fonctionnement hormonal du corps, et ainsi celui de la thyroïde.

Mieux vaut donc consommer des aliments biologiques, naturels.

6. Maladies auto-immunes : Hashimoto et Basedow

L’hypothyroïdie d’Hashimoto et l’hyperthyroïdie de Basedow (ou Graves) sont d’origine auto-immunes, ce qui nécessite aussi de revoir son alimentation. Dans ces cas, les laitages via la caséine et le gluten sont encore plus impliqués dans l’inflammation.

A cause de différents facteurs, les personnes qui ont une maladie auto-immune ont des intestins « poreux ». Ainsi, la gliadine (protéine contenue dans le gluten) et la caséine (dans les laitages), pro-inflammatoires, se retrouvent dans la circulation sanguine.

On a retrouvé des taux significativement élevés d’anticorps anti-gluten chez des personnes ayant la maladie d’Hashimoto. D’après le Dr Gimbert, ceci serait dû à la ressemblance trompeuse entre la gliadine et celles des tissus thyroïdiens.

De fait, un régime sans gluten améliore sensiblement l’état de santé des personnes ayant une maladie auto-immune, et singulièrement l’hypothyroïdie d’Hashimoto.

Parallèlement, et pour les mêmes raisons, le lait animal (de vache surtout, mais aussi brebis et chèvre) favorise aussi les maladies auto-immunes, à cause de la caséine.

Dans ces deux cas, faire une éviction (au moins sur plusieurs mois) du gluten et des laitages est nécessaire, pour voir les effets. Procéder à cette double éviction en même temps n’est pas conseillée car trop difficile.

Le gluten se trouve dans les céréales suivantes : seigle, avoine (sauf ceux « sans gluten »), blé, orge, l’épautre, le petit épautre, le kamut.

En les enlevant, attention à ne pas générer des carences en nutriments et micro-nutriments (calcium et autres minéraux, fibres, glucides etc). Pour donner un exemple, le pain de mie industriel sans gluten, même bio, étant ultra-transformé, est loin d’être la solution idéale.

Il faut donc trouver comment les remplacer (le calcium par exemple se trouve dans pleins d’autres aliments), ou plutôt, il s’agit de revoir sa façon de s’alimenter d’une manière globale.

7. Ablation de la thyroïde et alimentation

L’ablation de la thyroïde, bien que déconcertante, devient parfois nécessaire en présence de certains troubles. Des nodules qui sont suspects ou cancéreux exigent souvent une intervention. L’hyperthyroïdie persistante, impossible à réguler par des traitements conventionnels, force également à considérer cette chirurgie. Qui plus est, des goitres entraînant des problèmes de déglutition ou des douleurs importantes justifient cette décision.

Après une ablation de la thyroïde, ton alimentation joue un rôle crucial dans ton rétablissement. Certains ingrédients, comme le soja et ses dérivés, risquent de perturber l’absorption des hormones de substitution.

Aliments à privilégier après l'ablation

Pour favoriser une bonne santé après l’ablation de la thyroïde, intègre des aliments riches en iode, en sélénium, et en vitamine D. Les poissons tels que le saumon, les crustacés, et les œufs contiennent de l’iode, crucial pour la synthèse hormonale. Les noix du Brésil et les céréales complètent l’apport en sélénium, qui protège la glande. Quant à la vitamine D, elle facilite l’absorption du calcium, essentiel chez les patients thyroïdiens.

Aliments à limiter ou éviter

Certains aliments doivent être limités ou évités après l’opération car ils peuvent perturber l’absorption des hormones substitutives. Le soja et ses dérivés interfèrent avec l’assimilation de ces hormones, nécessitant un suivi attentif. Les aliments goitrogènes comme le brocoli, le chou, et les navets, bien que bénéfiques dans un régime général, restreignent l’assimilation de l’iode, ce qui n’est pas souhaitable post-opération. , la caféine présente dans le café ou le thé peut également affecter ce processus lorsque consommée en grande quantité.

Aspect d'une cicatrice après une thyroïdectomie.

Tableau récapitulatif des aliments conseillés et déconseillés

Ce tableau résume les recommandations alimentaires pour les personnes souffrant de troubles de la thyroïde, en particulier après une ablation de la glande.

Nutriment Aliments conseillés Aliments à limiter/éviter
Iode Poissons de mer, crustacés, œufs, algues (avec modération) Excès d'algues en hyperthyroïdie, sel iodé en excès
Sélénium Noix du Brésil, céréales complètes, poissons -
Vitamine D Poissons gras, œufs, exposition au soleil -
Goitrogènes Consommation modérée cuits (choux, brocolis, navets) Crus en grande quantité, soja en cas de déficience en iode
Sucres Sucres complexes (quinoa, sarrasin, tubercules) Sucres raffinés, excès de sucre
Acides gras Oméga-3 (poissons gras, huile de lin) Acides gras trans, excès d'oméga-6, acides gras saturés
Autres Aliments biologiques et naturels Aliments transformés, perturbateurs endocriniens

Reprise des activités après l'opération

Après l’intervention chirurgicale, il est capital de retourner progressivement à vos activités quotidiennes. Reprendre des tâches légères telles que les promenades est conseillé peu à peu, mais évitez les activités physiques intenses dans les semaines suivant l’opération. Respectez strictement les consignes de votre chirurgien en ce qui concerne les soins postopératoires, y compris la gestion de la cicatrice. Les vêtements amples sont préférables pour éviter toute irritation.

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