L'Abbaye de Sept-Fons : Histoire, Confitures et Fabrication

Sur les bords de la Loire, aux confins des départements de l'Allier, de la Saône-et-Loire et de la Nièvre, se dresse l’Abbaye Notre-Dame de Sept-Fons. Anciennement connue sous le nom d'"Abbaye Notre Dame de Saint-Lieu", elle a été fondée en 1132 dans le Bourbonnais, dans le cadre de la réforme cistercienne initiée par l'Abbaye de Cîteaux.

Histoire de l'Abbaye

Pour bien comprendre l’histoire de l’abbaye de Sept-Fons, il faut remonter loin en arrière. En 1098, trois moines fondent l’abbaye de Cîteaux et initient ainsi la réforme « cistercienne ». Leur but ? Ensuite, tout va très vite ! Dès 1118, l’abbé de Cîteaux envoie le très charismatique Bernard (oui, le futur « saint Bernard de Clairvaux » !) fonder l’abbaye de Fontenay.

Ainsi, pendant plusieurs siècles, la communauté vit à l’abbaye de Sept-Fons dans la rigueur et le calme, et connaît un certain rayonnement économique et spirituel. Mais à partir du XVIIe siècle, petit à petit, la ferveur diminue, l’abbaye tombe en ruine, et la communauté se vide. Il est temps de rebooster tout ça !

Sept-Fons sort de l’anonymat vers 1656, grâce à la réforme introduite par son abbé, le jeune Dom Eustache de Beaufort, et connaît alors une de ses périodes les plus florissantes, comptant jusqu’à 150 moines. Ce dernier redonne de l’énergie à la communauté en relançant une vision ambitieuse et exigeante de la vie monastique.

Ses bâtiments actuels, aux toits mansardés et harmonieux, datent de la veille de la Révolution française. Jusqu’à la Révolution française, l’abbaye de Sept-Fons a toujours plutôt bien carburé, mais la triste fin du XVIIIe siècle a fait beaucoup de mal aux moines. C’est à cette époque aussi que se déroule la fameuse histoire des pontons de Rochefort : les moines et prêtres qui ne voulaient pas prêter serment à la constitution civile du clergé sont exilés dans trois prisons flottantes, appelées « les pontons de Rochefort ».

Après un déclin au XVIIe siècle, elle a connu un renouveau avant d'être affectée par la Révolution française. Après un long exode, les moines sont obligés de racheter leur propre abbaye. Ils y reprennent la vie monastique en 1845. Ensuite, en 1816, après un long exode, les sept derniers moines survivants s’installent en Picardie à l’abbaye du Gard, mais reviennent finalement en 1845 à l’abbaye de Sept-Fons !

C’est ainsi qu’en 1892, le Pape Léon XII charge l’abbé de Sept-Fons de réunir en un seul ordre les communautés qui avaient commencé cette réforme, dont la figure majeure est l’abbaye de la Trappe à Soligny. De 1899 à 1935, sous l’abbatiat de Dom Chautard, Sept-Fons fonde plusieurs monastères de par le monde et lutte pour sa propre survie économique en lançant la Germalyne®, point de départ de gamme GERMA®.

Aujourd’hui, l’Abbaye de Sept-Fons compte plus de 80 membres, dont de nombreux jeunes venant des quatre coins du monde. Fidèles à la règle de S. Benoît, ils s’efforcent de maintenir l’équilibre entre la prière, l’étude et le travail, notamment le travail manuel. Aujourd’hui, l’abbaye Notre-Dame de Sept-Fons compte 85 moines, jeunes et énergiques, qui viennent des quatre coins du monde.

Expansion Internationale

L’abbaye de Sept-Fons a également étendu son influence à l’étranger, notamment avec la fondation de l’abbaye de Yangjiaping en Chine en 1883. Oui oui, en Chine ! Cette année là, l’évêque de Pékin sollicite l’abbaye pour une fondation en Chine du Nord. L’abbaye de Yangjiaping connaît rapidement un très important succès, à tel point que plusieurs moines sont envoyés renforcer l’abbaye japonaise du Phare, à Hokuto.

Une autre communauté a été créée en République tchèque où les frères adaptent leurs productions. «Ils disposent de nombreuses forêts, ce qui leur permet de développer la sylviculture. Ils élèvent également des moutons et des brebis pour produire de la laine, tout en pratiquant un peu de maraîchage pour leur consommation personnelle », observe frère Raphaël. Un projet du même type est en cours au Vietnam.

La Vie Monastique et le Travail Manuel

Les moines de l'Abbaye de Sept-Fons vivent selon la règle de Saint Benoît, "Ora et labora", combinant prière, lecture et travail manuel. Un certain temps est alloué au travail manuel dans la journée encadrée des moines. Le travail manuel est une valeur indissociable de la vie d’un moine, afin de trouver un équilibre avec son temps de prière.

Saint Benoît est réaliste. Appelé à une aventure extraordinaire - vivre proche de Dieu et collaborer à l’œuvre du salut -, le moine reste un homme ordinaire. L’idéal de sa vocation, il le réalise au milieu des exigences communes à toute vie humaine.

Plus profondément, il s’agit d’acquérir un certain nombre de qualités indispensables à la vie d’union à Dieu. Le travail est l’occasion de développer les vertus du désert. « Qu’il est nécessaire aux moines de travailler dans les champs, sous la pluie, le soleil, dans la boue, la glaise et le vent ! Ils nous inspirent la vertu, nous rendent stables comme la terre où nous vivons.

Le travail manuel en équipe procure le sens du sacrifice. Savoir payer de sa personne, s’oublier, donner son temps et sa fatigue, sans espérer de louange. Ce dévouement que donne la vie concrète, les livres peuvent le faire oublier. C’est pourtant là une attitude essentielle. En même temps, le travail est apprentissage de la vie commune. C’est le lieu par excellence où cristallisent les relations fraternelles. Ainsi, en plus du courage et de la ténacité, du sens du réel et de la responsabilité, le travail inculque au moine l’attention aux autres, la délicatesse, la générosité, la patience. Toutes qualités dont l’absence pourrait compromettre sa vie de prière.

La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout, d’unir des hommes. La part lucrative du travail, celle qui garantit à la communauté sa subsistance matérielle, repose pour l’essentiel sur l’activité de notre atelier de confitures et celle du Moulin de La Trappe. Cette petite PME fabrique, conditionne et expédie toute la gamme de nos compléments alimentaires. Ce sont des dérivés de la fameuse Germalyne, notre produit phare à base de germe de blé, mis au point dans les années 1930. Ces deux emplois occupent à eux seuls une bonne douzaine de frères.

L’autre part du travail est plus « gratuite ». Si l’on excepte les tâches domestiques (cuisine, buanderie, vestiaire, divers entretiens et nettoyages), c’est principalement le travail de la terre - dans la grande tradition trappiste - qui assure cette fonction. Avec quelques 100 hectares de surfaces agricoles, ce n’est pas la besogne qui manque ! Celle-ci comprend l’élevage et la traite d’un troupeau de vaches normandes (80 têtes de bétail environ), dont le lait est destiné à la transformation fromagère. Elle comprend aussi les cultures nécessaires à l’affourragement du bétail (maïs, céréales, légumineuses, foin) et au paillage des litières. L’excédent de production est vendu à l’extérieur.

Les productions maraîchères et fruitières du potager et du verger viennent agrémenter de produits frais de saison la table des moines et celle des hôtes.

Les Activités Agricoles et Agroalimentaires

Sur plus de 100 hectares, ils cultivent des céréales (blé, orge, maïs), élèvent des vaches laitières, et entretiennent un potager, un verger et un rucher. Ils dirigent également des ateliers agroalimentaires où sont produits miels, confitures, fromages, ainsi que leur produit phare, Germalyne, un complément alimentaire à base de germes de blé.

Tandis que la culture céréalière est exclusivement orientée vers l’alimentation de leur troupeau de vaches laitières, les récoltes issues de leurs verger, jardin potager et rucher couvrent à peine les besoins internes de la communauté. Aussi les moines ne peuvent-ils se contenter de l’agriculture pour vivre.

L’abbaye est équipée d’une usine agro-alimentaire (moulin, atelier confitures, bâtiment de stockage et d’expéditions). La capacité de production de l’abbaye des Sept Fons est assez impressionnante. Plus de 500 000 pots de confiture sont produits par les moines chaque année.

Une quarantaine de confitures différentes sont fabriquées (gelées, allégées, concentrées). Elles sont entreposées, avec le reste des produits de l’abbaye de Sept Fons, dans un grand entrepôt.

En cultivant et en produisant la majorité de leurs produits, les moines garantissent une qualité élevée. Les produits de l’Abbaye de Sept-Fons sont fabriqués par ces derniers, à raison de 4h de travail par jour. On trouve des compléments alimentaires, des biscuits et des petits déjeuners, des confitures, des boissons etc.

Le Moulin des Trappes est une société possédée par l’abbaye de Sept Fons. Les confitures et le Germalyne tradition sont conçus par les moines eux-mêmes. Quelques produits de la gamme “Germa” sont fabriqués par des ouvriers, afin de préserver le temps de prière des moines, qui a lieu sept fois par jour.

L’abbaye de Sept Fons sous-traite de rares produits, par manque d’équipement. Par exemple, les biscuits et les piluliers sont fabriqués en externe, bien qu’ils soient fabriqués à partir des ingrédients des moines. Enfin, l’abbaye de Sept Fons conditionne certains produits, tels l’huile de germe de blé ou le cacao.

La plupart des produits de l’abbaye de Sept Fons sont bio. C’est pourquoi on les retrouve dans des magasins spécialisés du réseau bio et sur Official Vegan Shop.

Tableau des Activités et Productions

Activité Produits
Agriculture Céréales (blé, orge, maïs), légumes, fruits
Élevage Vaches laitières (lait pour fromage)
Apiculture Miel, gelée royale
Agroalimentaire Confitures (500 000 pots par an), Germalyne, fromages, compléments alimentaires

La Germalyne : Produit Phare de l'Abbaye

Mais c’est surtout la gamme de produits “Germa” qui fait le succès de l’abbaye, avec une production historique qui démarre en 1930. La Germalyne est une marque déposée qui fait notamment la renommée des produits de l’abbaye, bien qu’il s’agisse d’une gamme non bio.

Depuis 1930, les moines déclinent ce complément alimentaire en plusieurs produits, en fonction des ingrédients qui sont ajoutés à la farine de germe de blé. Ce produit nécessite une grande quantité de blé, afin d’en isoler le germe et de le transformer en poudre. 1,5 tonne de blé est nécessaire pour produire un seul kilo de germe de blé. Ainsi, le monastère ne peut pas s’en procurer autant en Europe en provenance de l’agriculture biologique. Les moines achètent donc le germe non bio auprès de grands moulins français.

Il est ensuite travaillé au moulin des Trappes de l’abbaye de Sept Fons, jusqu’à obtenir une fine poudre. Le travail sur meule de pierre est privilégié : l’automatisation est extrêmement réduite dans l’abbaye des Sept Fons.

Les valeurs de l’Abbaye de Sept-Fons guident non seulement leur mode de vie monastique mais également la production et la commercialisation de leurs produits, reflétant leur engagement envers la spiritualité, la qualité, l'environnement et la communauté.

Le Travail Manuel et les Techniques de Production

Les produits confectionnés sur place sont faits à la main par les moines. Les céréales issues des champs cultivables de l’abbaye sont travaillées de manière ingénieuse.

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