"A ma sauce" à Limoges : Histoire d'un chef et d'une ville

Une rencontre avec le chef limougeaud Kevin Roman révèle un parcours étonnant et une passion pour la cuisine inventive. De plus, plongeons dans l'univers de jeunes talents à travers le Prix de la Jeune Création Métiers d'Art.

Kevin Roman en cuisine. Source: France Bleu Gironde

Kevin Roman : Un chef limougeaud au parcours atypique

Basé à Limoges en Haute-Vienne, le chef Kevin Roman n’a pas toujours officié derrière les fourneaux. Journaliste pendant 10 ans, il change de vie après le confinement lié à la crise sanitaire. Il part se former à l’Institut Bocuse à Lyon et se lance. “J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai créé mon entreprise”, explique-t’il. C’est ainsi que née “A ma sauce”. Désormais, Kevin Roman multiplie ses activités : chef à domicile, traiteur… “Toutes mes journées sont différentes” avoue le chef.

Rencontre avec ce chef limougeaud au parcours étonnant ! Kevin Roman a accepté le défi : cuisiner en public avec chef Jésus Hurtado pour mettre en valeur les produits de la région Nouvelle-Aquitaine. À l'occasion de la Foire internationale de Bordeaux 2024 et du salon de l'agriculture de Nouvelle-Aquitaine, faisons connaissance avec un des chefs invités dans les cuisines de France Bleu Gironde.

En cuisine, Kevin Roman a un univers bien à lui. “Il est rempli de saveurs, d’épices, de condiments et de marinades… mais sans sel.” Zéro ajout de sel ! “C’est un parti pris” reconnaît le chef. Ainsi il utilise d’autres produits pour apporter le goût à ses plats. En cette saison, il adore cuisiner la tomate. “C’est un produit génial en période estivale”.

Pendant le salon de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine, il a d’ailleurs pu mettre les produits de la région à sa sauce. La tomate en faisait partie. “J’ai préparé une marmelade de tomates au poivre blanc pour accompagner un beau Rocamadour. Juste ça, les produits… Je suis très franc dans mes recettes.”

Après ce passage sur les bancs de l'école, l'aventure "A Ma Sauce", nom de ma société, a débuté. De montrer qu'avec peu d'ingrédients, on peut faire un plat de chef chez soi en peu de temps. C'est un produit d'une qualité rare et nous avons la chance d'en avoir à proximité. Je suis un gastronome et il est difficile pour moi de trouver une recette ou plusieurs recettes préférées parce que j'aime tout.

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Limoges : Ville natale et source d'inspiration

Dans Limoges, le narrateur revient quelques jours dans sa ville natale, « lieu administratif de naissance, d’accouchement, de maternité, d’état civil », mais pas seulement. À travers ce récit de ville aux allures de récit d’enfance, Pascal Herlem interroge avec humour et gravité, l’expression figée et les préjugés qui l’accompagnent.

Limoges, ville natale, est aussi la ville où le narrateur a passé son enfance et sa jeunesse. Limoges, ville de naissance, est aussi la ville de décès de sa sœur, Françoise, évoquée dans le premier récit de Pascal Herlem, La sœur (2015).

Limoges, « ma ville natale, celle où je vins au monde, le monde ayant pris ce jour-là à mes yeux de nouveau-nés la forme, la substance, la couleur, l’odeur, le poids de Limoges. » La ville, pour Pascal Herlem, n’est pas seulement un lieu. Limoges apparaît comme un corps sensible, que l’on touche, que l’on parcourt, que l’on regarde, que l’on sent, et que l’on porte en soi.

Ce corps a le goût de châtaignes, de pommes au four, de « fressure de porc sauce gribiche » et de « fraise de veau à la poulette ». Il sent la manufacture de porcelaine « oxydes et cristaux en fusion, cuivre chaud, térébenthine, caramel, sucre, miel du tabac Clan pour la pipe », ou le parfum de son père « du vétiver avec une note sucrée non identifiée, du chypre puissant, persistant ».

Limoges apparaît alors comme le récit, tout en retenue, d’un corps à corps sensible, entre une ville, jadis mal aimée, et un homme : « (…) je laisse plus facilement Limoges entrer en moi, me traverser, m’habiter, me parler ».

Le narrateur est enthousiaste, mais exerce toujours avec humour, une retenue ou un pas de côté. Il semble tendu entre le désir de dire, de se dire, et de se taire, de jouer avec les ellipses et les raccourcis pour ne jamais s’épancher : « Je ne m’y arrête que pour aller fleuri leur tombe, donner un petit coup de balai, et basta, on n’en parle plus ».

Limoges n’est pas seulement un lieu d’introspection. Elle est un lieu de croisements et d’échanges avec le monde entier. La rencontre impromptue avec les Liégeois et le déjeuner dans un restaurant antillais, souligne bien l’ouverture du récit à d’autres histoires, d’autres corps et d’autres espaces.

À travers les rencontres et la diversité des personnages, c’est encore la question de la « ville natale » qui se pose. « Ne pourrait-on pas avoir plusieurs villes natales, après tout ? Elles finiraient bien par coexister non ? » Pascal Herlem dit, avec finesse, combien l’expression de « ville natale » gomme la diversité des lieux et des « moi ».

Sous sa plume, grâce à la forme même du récit et des jeux temporels qu’il permet, Limoges tend à se démultiplier : elle est à fois granit austère et infinies variations de gris, lieu de naissance et de mort, ville romaine et ville moderne, accent limougeaud et accent liégeois, châtaignes et poulet boucané, planteur et liqueur d’Obazine, porcelaine de Limoges et d’Asie. Il s’en dégage une impression de vie et de mouvement.

La description du jardin d’enfance, topos littéraire s’il en est, donne littéralement vie à ce « périmètre » magique du passé, venant alors habiter et délivrer le narrateur du poids des morts et des souvenirs : « (…) le jardin est simple, une petite plate-bande court le long du mur mitoyen à main droite, elle est plantée de rosiers grimpants, des rosiers classiques, des ghislaine-de-féligonde, des zéphirine-drouhin, peut-être quelques maria-lisa. (…) Le jardin de cette maison m’appartient, il est à moi, il est en moi, c’est une parcelle de Limoges qui m’habite.

Prix de la Jeune Création Métiers d'Art. Source: Ateliers d'Art de France

Prix de la Jeune Création Métiers d’Art

Depuis 1960, le Prix de la Jeune Création Métiers d’Art révèle chaque année de jeunes talents métiers d’art. Organisé par Ateliers d’Art de France, ce prix met en lumière une nouvelle génération de créateurs, tous choisis par un jury composé d’experts et de professionnels des métiers d’art.

À chaque édition, plusieurs lauréats sont sélectionnés sur des critères de qualité artistique et de maîtrise technique d’un savoir-faire associée à un regard innovant. Ces jeunes créateurs émergent à l’occasion de ce prix qui témoigne de l’attractivité toujours plus forte de ces métiers.

Véritable tremplin, de nombreux lauréats de ce Prix sont aujourd’hui plusieurs fois primés, accèdent à une reconnaissance nationale et même internationale pour certains.

Quelques lauréates et leurs créations

  • Mathilde Sauce: Sculptrice, interroge la relation entre le corps et la nature.
  • Adèle Goulet: Dinandière et brodeuse, fusionne textile et métal pour créer des objets poétiques.
  • Garance Ricol: Conservatrice-restauratrice du patrimoine, révèle les secrets des œuvres à travers un travail minutieux.

Jury d'experts et de professionnels

Le jury du Prix de la Jeune Création Métiers d’Art est composé de professionnels reconnus dans leur domaine :

  • Stéphane Galerneau, Fondeur d'art, Président d'Ateliers d'Art de France
  • Bertrand Lacourt, ébéniste-bûcheron, Administrateur d'Ateliers d'Art de France
  • Anne-Claire Duprat, Directrice de la Fondation d’entreprise Martell
  • Héloïse Leboucher, Directrice opérationnelle du Campus Mode, Métiers d’Art & Design
  • Sophie Rolin, Directrice du Pôle Expérimental Métiers d’Art de Nontron
  • Samira Hamiche, Journaliste
  • Victor Tison, Métallier d’art & lauréate PJCMA 2025

Ces experts évaluent les candidatures et sélectionnent les lauréats en fonction de leur créativité, de leur maîtrise technique et de leur vision innovante.

Le Prix de la Jeune Création Métiers d’Art est réservé aux professionnels de métiers d’art.

À travers ces initiatives, Limoges se révèle comme un terreau fertile pour l'émergence de talents, qu'ils soient culinaires ou artistiques.

Lauréats du Prix de la Jeune Création Métiers d'Art
Nom Métier Description
Mathilde Sauce Sculptrice Interroge la relation entre le corps et la nature.
Adèle Goulet Dinandière et brodeuse Fusionne textile et métal pour créer des objets poétiques.
Garance Ricol Conservatrice-restauratrice Révèle les secrets des œuvres à travers un travail minutieux.

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